07/03/2016

Le F-35 trop sensible à la cyberguerre !

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Trop d’informatique peut s’avérer dangereux en matière de cybersécurité, c’est le constat qui vient d’être fait, par le directeur des essais opérationnels et d’évaluation (DOT & E) du programme de l’avion de combat Lockheed-Martin F-35.

 Ces prochains mois, le programme F-35 va recevoir une nouvelle version de son logiciel ALIS (Autonomic Logistics information System) mais des inquiétudes demeurent sur les performances et la sécurité de celui-ci. En effet, un rapport remis par le directeur des essais opérationnel et d’évaluation (DOT & E) publié en janvier dernier, suggère que le logiciel ALIS ne doit en aucun cas être mis en service dans sa version actuelle, en vue de la mise en capacité opérationnelle initiale (COI) du F-35 au sein de l’US Air Force. En effet, toujours selon le rapport le système n’offre pas les sécurités nécessaires en matière de cyberguerre. La mouture actuelle du logiciel est trop perméable face à une cyber attaque destinée à pénétrer le système du F-35 !

Il faut dire que, si un hacker arrive à pénétrer le système ALIS, qui communique depuis chaque avion directement au sol, il aura accès à l’ensemble de la gestion de la maintenance cellule, des systèmes de missions et des clés cryptographiques utilisées sur chaque F-35 en service. Inutile de préciser que, si l’ennemi accède à ces données, il pourra les modifier à son aise et clouer la flotte de F-35 au sol. De plus il aura également accès aux données des autres nations utilisatrices de l’avion.

Certes, le programme pourra être modifié pour offrir plus de sécurité, mais les critiques sur le « tout informatique » ne cessent d’augmenter à propos du F-35 et qui pour certains experts en cyberguerre estiment que l’électronique, si importante pour cet avion va se retourner contre lui.

 

Photo : F-35 C @ Lockheed-Martin

 

 

04/03/2016

Le second KC-46A a réussi son vol inaugural !

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Everett, Washington, Boeing a effectué avec succès le premier vol du second avion ravitailleur KC-46A « Pegasus ». L’avion a décollé des installations de l’avionneur de Paine Field près de Seattle. Durant le vol, les pilotes d'essai de Boeing ont effectué des contrôles opérationnels sur les moteurs, les commandes de vol et les systèmes environnementaux.

« L’arrivée d’un second appareil pour les essais en vol est très important pour la suite des tests en vue de l’option des certifications » a déclaré le colonel John Newberry de US Air Force, responsable de la gestion du programme KC-46.

L'équipe de Boeing va maintenant procéder à une inspection après vol et étalonner les instruments avant la prochaine série de tests. Dans le cadre du programme d'essais en vol, le KC-46 doit démontrer qu'il est capable de ravitailler 18 types d’avions différents. Ce deuxième ravitailleur va aider à répartir la charge de travail qui est importante avant l’obtention des nombreuses qualifications. Le programme va pouvoir s’accélérer et permettre de tenir les impératifs du calendrier de livraison.

Le programme d’essais du « Pegasus » est effectué sur la base de deux B767-2C et de deux KC-46A. L’avion d’essais EMD-1 (767-2C) a effectué plus de 260 heures d'essais en vol à ce jour depuis son premier vol en décembre 2014. L’EMD-2, premier ravitailleur KC-46A du programme, dont le vol inaugural date du 25 septembre 2015 a maintenant exécuté plus de 180 heures d'essais en vol. L’EMD-3 (767-2C) va commencer les essais en vol un peu plus tard cette année.

Le KC-46A «New Generation Tanker»:

Le KC-46A«New Gen Tanker» est un gros porteur multi-mission, basé sur la cellule du B767 commercial. Pour ce faire, l’avion reprend les dernières innovations en matières d’écrans multifonctions en test actuellement sur le B787 «Dreamliner». Un nouveau système de ravitaillement permettra une augmentation du rythme de transfert de carburant, de plus, les charges et les opérations en sont simplifiées. Selon Boeing les risques d’industrialisations sont faibles, car l’avion s’appuie sur des moyens existants. Le «New Gen Tanker» se caractérise par une conception du contrôle de vol qui place l‘équipage aux commandes de l’ensemble de l’appareil, au lieu de permettre aux logiciels de limiter la manœuvrabilité au combat. Le «New Gen Tanker» met à la disposition des pilotes de l’USAF un poste de pilotage numérique avancé équipé des affichages électroniques du Boeing B787 «Dreamliner». Le «New Gen Tanker» dispose d’une technologie de ravitaillement en vol éprouvée et d’une perche KC-10 « NewGen » modernisée avec des capacités de ravitaillement étendues, un débit accru pour le transfert du carburant et un système à commandes de vol électrique (Fly by Wire).

 

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Photos : 1 Le second KC-46A lors de son premier vol 2 Premier ravitaillement d’un F-16 @ Boeing

22/01/2016

La chaine du F-22 « Raptor » ne redémarrera pas !

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Le secrétaire de l'armée de l'air est venu en fin de semaine, éteindre les espoirs du redémarrage de la chaine de fabrication du Lockheed-Martin F-22 « Raptor ». L’avion a cessé d’être produit avec 187 exemplaires à ce jour.

 

Maintien des équipements :

Par contre, il a été confirmé que l'outillage et les équipements nécessaires pour produire le F-22 « Raptor » de supériorité aérienne, restent stockés avec les instructions vidéo pour les différents processus d'assemblage. Ce qui devrait permettre à l’avenir permettre de fabriquer des pièces de rechange pour l'avion et de ses deux moteurs Pratt & Whitney F119. Optimisé pour le combat air-air de supériorité, l'exigence initiale était de 750 avions. Ce nombre a chuté à 339 plus tard, puis à 187 plus huit avions d'essai. Les coupes budgétaires de 2009 ont eu raison de l’avion dont Lockheed-Martin avait remporté le contrat il y a 18 ans. L’avion aurait dû remplacer l’ensemble des Boeing F-15 «Eagle» en tant qu’avion de supériorité aérienne. La chaine de montage a été stoppée en décembre 2011.

Tentative de relance :

Ces derniers mois, des officiers de l'US Air Forces retraités et actifs ont appelé à la remise en route de la chaine d’assemblage du F-22. Pour eux, la fin du « Raptor » a été "la plus grande erreur jamais commise au sein de la défense», d'autant plus que l'aéronef se retrouve en action en Syrie et que la Russie et la Chine finalisent de leur côté des avions de combat de cinquième génération concurrents.

Rappel :

Le F-22 "Raptor" a été conçu pour réduire au maximum sa signature radar qui, au final, est environ 100 fois inférieure à celle d’un F-15 «Eagle» bien que les deux avions aient à peu près la même taille. L'avion est entièrement recouvert d'une peinture absorbant les ondes radar. De plus les surfaces de contrôles sont conçues par thermoformage pour éviter d'utiliser des rivets qui créeraient des aspérités et ses antennes et détecteurs sont noyés dans le revêtement.

Pour réduire la signature infrarouge le F-22  dispose d’un système de refroidissement très sophistiqué. La chaleur est évacuée dans le carburant et part dans le sillage des réacteurs. Ce système ayant été calculé avec une tolérance réduite, quand l'avion termine sa mission, les équipements internes sont à haute température et pour diminuer la chaleur, les soutes sont ouvertes au sol. C'est l'une des raisons qui font que les frais de maintenance du F-22 sont particulièrement élevés.

Le « Raptor » dispose de son armement dans deux soutes latérales et une soute ventrale, afin, de maintenir sa furtivité. Les soutes latérales peuvent contenir 1 missile AIM-9 «Sidewinder»chacune. La soute ventrale peut recevoir 4 à 6 missiles AIM-20 AMRAAM, dans les soutes latérales et 2 AIM-120 AMRAAM ou 8 bombes  GBU39. Le F-22 dispose cependant de 4 pylônes sous les ailes, utilisables quand la furtivité n'est pas indispensable.

Le radar principal de type AESA est couplé directement aux divers capteurs noyés dans la cellule. Les moteurs Pratt & Whiney F119 qui produisent environ 38.000 livres de poussée chacun, permettent une vitesse de croisière Mach 1,8, sans postcombustion. Avec postcombustion la vitesse maximale est  d’environ Mach 2,2 et l’avion peut voler à 60.000 pieds. Les tuyères des réacteurs sont dotées de la poussée vectorielle et peuvent être orientées de 40 degrés vers le haut ou le bas, soit pour améliorer la manœuvrabilité, lors d'un combat aérien, soit pour réduire la distance de décollage.

Le F-22 est le premier avion militaire à disposer d'un tableau de bord entièrement composé d'écrans LCD multi-fonctions couleurs, en complément du système HOTAS (MMM, Mains sur Manettes et manche) et du viseur tête-haute.

 

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Photos : le F-22 « Raptor » @ USAF

 

 

 

14/01/2016

Premiers B-52 dotés de l’Internal Weapons Bay !

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Base aérienne de Barksdale, Boeing a livré les six premiers bombardiers B-52H dotés du nouveau système de chargements d’armes.

Internal Weapons Bay Upgrade :

L’arrivée du nouveau système de chargement « Internal Weapons Upgrade », soit le plateau rotatif de chargement en interne, permet dorénavant au célèbre B-52H « Stratofortress » d’augmenter de manière significative la capacité d’emport d’armes en soute.

Le système de plateau rotatif IWBU 1760 permet de charger différents types de missiles, tels que : l’AGM-158 JASSM-Extended (Joint air-to-surface standoff missile),ainsi que le brouilleur largable MALD-J (miniature Air Launched Decoy), ce dernier, une fois largué va se mettre à flâner dans la zone cible, pour une période de temps prolongée et brouiller les signaux adverses.

 

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Modernisation :

Pour pouvoir rester en service actif, les B-52 n’ont cessé, de subir de nombreuses modifications, cellule, avionique, équipements électroniques et de survie. La dernière modernisation en date concerne la mise en réseau du système avec l’adjonction du système « CONNECT », installé sur les B-52, qui permet une liaison numérique avec l’ensemble des éléments de l’US Air Force, des centres de commandement et de contrôle, ainsi qu’avec les diverses forces terrestres. Ce système intégré et entièrement codé et protéger, contre les éventuelles tentatives de pénétration électronique.

Ces nombreuses modifications et modernisation doivent permettre à USAF et Boeing de garder le B-52 en service jusqu’en 2040.

 

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Photos : 1&3 Boeing B-52H @ USAF 2 Le plateau rotatif @ Boeing

 

 

02/01/2016

Commandes à la hausse pour le C-130J !

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Les besoins en avions de transport tactique ont augmentés en 2015, l’avionneur américain Lockheed- Martin a vu ses commandes augmenter l’année dernière. Les problèmes de son concurrent l’Airbus A400M, lui permettent même de maintenir certains clients.

Nombreux contrats :

Lockheed-Martin a reçu un total de 43 commandes pour la famille « Super Hercules » soit une augmentation de 56%. Ces commandes comprennent l’ensemble des modèles du C-130J, soit : le C-130J-30, le KC-130 ravitailleur, le HC-130J Combat King II, l’AC-130J « Ghostrider », sans oublier le HC-130J destiné aux Gardes Côtes.

Quatre années de livraisons :

Lockheed-Martin dispose désormais d’un carnet de commande qui lui garantit des livraisons jusqu’en 2020 avec 78 aéronefs. Mais, selon les premières estimations, il faut s’attendre à de nouvelles commandes pour 2016, notamment de la part de l’US Air Force. L’avionneur prévoit de livrer 16 avions par année à l’US Air Force, en plus, des aéronefs destinés aux clients extérieurs comme l'Inde, l’Iraq, Israël, le Koweït, Oman, la Corée du Sud et la Tunisie et la France. Par ailleurs, Lockheed-Martin n’exclu pas d’augmenter la production du C-130J, en fonction des commandes avenir.

Le C-130J « Super Hercules » :

Le C-130J-30 «Super Hercules» est la version la plus avancée du célèbre C-130 cargo, il incorpore une technologie de pointe pour réduire les besoins en personnel, de fonctionnement de soutien avec des coûts de cycle de vie plus actuel que pour les anciens C-130. Le modèle dispose également d'une maniabilité accrue et une manutention plus courtes. Il est doté de nouveaux moteurs Rolls-Royce Allison AE 2100D3 dotés d’hélices à six pales. 

Du point de vue de l’extérieur, le C-130J semble n’être qu’une version allongée du célèbre Hercules, cependant, il est équipé d’un poste de pilotage informatisé permettant de réduire le nombre de pilotes à deux. Il a une capacité de 26.000 kg de carburant et il est configuré pour recevoir des réservoirs additionnels de 11.000kg de carburant.

 

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Photos : 1 C-130J Super Hercules 2 AC-120J Gostrider @ USAF