26/12/2018

L’USAF commande le F-15X « Advanced Eagle » !

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Washington, le Pentagone confirme une demande d’acquisition d’un premier lot de 12 avions de combat  Boeing F-15X « Advanced Eagle » pour un montant de 1,2 milliards de dollars. La nouvelle fait grand bruit aux USA. En effet, l’avion est susceptible de venir remplacer les F-15C/D « Eagle » actuels. Une éventuelle relance de la fabrication du F-22 semble s’éloigner un peu plus et surtout, ce choix marque une correction de stratégie de l’USAF vis-à-vis des avions de 5ème génération que représentent le F-22 et F-35.

Boeing a réussi son pari :

Je vous en parlais cet été dans un article sur le Salon de Farnborough,  Boeing avait lancé discrètement une version améliorée de F-15 à l'US Air Force en utilisant la même stratégie commerciale qui a convaincu l'administration Trump d'acheter plus d'avions de combat « Super Hornet » pour la Marine. Avec cette préparation à l’achat d’un premier lot, l’avionneur a gagné la première partie de son pari en vue de reconquérir l’USAF et la Marine.

Boeing applique ici la même stratégie que celle utilisée avec le « Super Hornet » pour au final présenté l’Advanced Super Hornet. L’idée étant de répondre rapidement à la demande du client avec un avion connu qui intègre les nouvelles technologies et dont les coûts d’acquisition et d’heures de vol s’avèrent inférieurs à ceux du F-22 et F-35. Pour exemple, F-15X aura un prix d’achat proche de l’Advanced Hornet soit aux environs de 80 millions de dollars la machine, soit une facture bien moins onéreuse que le F-35 en tous points. On notera également pour les deux nouveaux « opus » de Boeing, que ceux-ci, pourront venir concurrencer bon nombre de concurrents européens en matière de prix.

L’avionneur américain avance un prix à l’heure de vol de l’ordre de 27’000 dollars, soit un chiffre bien inférieur au coût d’exploitation horaire du F-15C/D qui est d’environ 42’000 dollars. En comparaison, un F-16 de l’USAF coûte environ 21'000 dollars à l’heure de vol.


Le projet F-15X  :

Sous la désignation de projet F-15X, la nouvelle variante du jet offre des commandes de vol plus modernes, un grand écran unique et un radar amélioré. L'avion emportera également beaucoup plus d’armes avec plus de deux douzaines de missiles air-air, soit une capacité inégalée au sein de l’USAF.

Parfaitement conscient de la situation actuelle, l’avionneur Boeing travaille sur une solution basée sur des améliorations de l’actuel F-15.  Pour Boeing, il s’agit de reprendre les travaux engagés sur le « Silent Eagle » mais avec une capacité d’emport d’armement élargie. Le concept de Boeing « F-15 2.040C » (F-15X). La version 2. 040C permettrait également, selon les études de Boeing, de doubler le nombre de missiles à par avions et donc combler une énorme faiblesse du F-35, sa capacité d’emport.

Boeing va doter le F-15X du d’une version améliorée du radar Raytheon APG-63 (V) 3 à balayage électronique actif, avec une nouvelle suite de guerre électronique dénommée EPAWSS «  Eagle Passive/Active Warning Survivability », et un capteur IRST et une liaison de données améliorée permettant  de travaillant en binôme avec le F-22 et le F-35.

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Le F-15 ainsi modernisé, offrirait la possibilité de travailler directement avec le F-22 et le F-35 en appuis avec une forte capacité de tir grâce au transport de missiles accrut, mais il permettrait également de fonctionner de manière plus furtive avec l’armement monté dans les trappes. La particularité résident dans le fait, qu’il sera possible en fonction de la mission, de choisir entre le transport en interne ou de revenir au transport traditionnel, emport de carburant et armes en externes.

Capacité d’emport phénoménale :

Avec la possibilité d’emporter jusqu’à 24 missiles air-air, le F-15X « Advanced » sera bien supérieur à ses concurrents, mais il pourra également emporter une gamme complète d’arme comme par exemple : le JSOW, le Harpoon, le missile antiradar  HARM. On parle également d’adapter progressivement des armes à énergie dirigée comme les lasers, une fois que ceux-ci seront disponibles. La grande taille de l’avion en facilitera l’intégration.  Dernier élément, le F-15X pourra travailler en binôme avec des drones pour les actions de frappes en profondeur.

Une correction de doctrine:

Avec plus d’armes, une capacité d’emport modulable, des coûts restreints et une intégration rapide au sein d’une Force aérienne, le concept de Boeing sur le duo F15/F18 semble avoir fait mouche auprès des décideurs du Pentagone. Nous assistons à une sensible modification de la doctrine lancée il y a 25 ans avec le F-22 et plus récemment le F-35 sans pour autant renier ces deux appareils, il semble bien qu’une prise de conscience a été faite en matière de capacité et de coûts. Permettre à l’aviation de disposer d’avions en nombre suffisant sans pour autant crever les budgets, mais avec en plus une meilleure flexibilité d’emploi. Tel est semble-t-il le nouvel objectif commun de l’USAF et de l’USAF. A méditer sous nos latitudes européennes…

 

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Photo : Prototype du F-15X & cockpit grand écran @ Boeing

 

 

21/12/2018

Le B-1B doté de missiles antinavires LRASM !

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La division missile de Lockheed-Martin a livré le premier ensemble de missiles antinavires à longue portée (LRASM) à l'US Air Force, atteignant ainsi la capacité opérationnelle précoce de l'arme.

Missile antinavire à longue portée LRASM :

Le LRASM (Long Range Anti-Ship Missile) est un missile antinavire à guidage de précision et à longue portée tirant parti du succès de JASSM-ER et est conçu pour répondre aux besoins des combattants de la marine et de l’armée de l’air américaine. Armé d'une tête pénétrante à fragmentation et d'explosion, LRASM utilise un routage et un guidage de précision, de jour comme de nuit, quelles que soient les conditions météorologiques. Le missile utilise une suite de capteurs multimodaux, une liaison de données d’armes et un système de positionnement global anti-blocage numérique amélioré pour détecter et détruire des cibles spécifiques au sein d’un groupe de nombreux navires en mer. 

La technologie LRASM réduira la dépendance aux plates-formes ISR, aux liaisons réseau et à la navigation GPS dans des environnements de guerre électronique agressifs. Cette opération de guidage avancée signifie que l'arme peut utiliser des données de repère de cible brutes pour trouver et détruire sa cible prédéfinie dans des environnements refusés. La précision de la létalité sur les cibles de surface et au sol fait en sorte que le système deviendra un ajout important à l'arsenal du combattant de la marine américaine. LRASM offre une portée, une capacité de survie et une létalité qu'aucun autre système actuel ne fournit.

Le missile peut être armé d'une ogive à fragmentation d'explosion pénétrante de 454,5 kg (1 000 lb). Le LRASM est furtif et aurait une portée supérieure à 500 nm, basée sur la portée non classifiée du missile air-sol à distance interarmées - portée étendue. La capacité à longue portée du LRASM permet au B-1B de tirer sur des cibles extérieures à la portée des armes à tir direct.

Le missile a été intégré à bord du bombardier Boeing B-1B de l’US Air Force. Le LRASM devrait atteindre la capacité opérationnelle précoce de la flotte de F/A-18E/F « Super Hornet » de la US Navy en 2019. 

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Nombreuses  mise à jour :

Le bombardier Rockwell Boeing B-1B « Lancer » a subi de nombreuses mises à jour qui amenés l’avion à l’ère du numérique. La dernière mise à jour, connues sous le nom de la station de combat intégrée, permet au B-1B de répondre aux exigences des missions d’aujourd'hui et de ce maintenir en tant que vecteur de la force nucléaire de dissuasion. 

Les améliorations concerne la mise à jour du système de navigation et d’affichage, la communication, ainsi que le radar et les systèmes d’armes. L’arrivée d’un affichage sur écrans couleurs, d’un système de liaison de données permet de renforcer de façon significative l’emploi de ce type d’avion au sein de l’US Air Forces. Ce sont 66 machines qui sont concernées par ces améliorations. Ces améliorations permettent notamment d’intégrer de nouvelles armes, comme le missile LRASM.

 

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Photos : 1 B-1B tirant un LRASM vue de synthèse du LRASM @ Lockheed-Martin B-1B @ USAF

 

 

 

04/12/2018

Airbus s’allie à Lockheed Martin pour l’A330MRTT !

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Lockheed Martin et Airbus ont signé un accord visant à explorer conjointement les opportunités de répondre au besoin croissant des clients militaires américains en matière de ravitaillement en vol. Les deux entreprises souhaitent fournir des services afin de remédier aux déficits capacitaires identifiés et de satisfaire aux exigences des ravitailleurs de nouvelle génération, capables d’opérer dans les environnements complexes des futurs théâtres d’opérations. 

« Nos clients ont impérativement besoin de capacités de ravitaillement en vol fiables et modernisées afin de préserver leur capacité de projection et leur avantage stratégique », a déclaré Marillyn Hewson, Présidente-directrice générale de Lockheed Martin. « En associant la force d’innovation et l’expertise d’Airbus et de Lockheed Martin, nous serons bien placés pour fournir à l’US Air Force et à ses alliés dans le monde entier les solutions de ravitaillement modernes requises pour relever les défis sécuritaires du 21esiècle. »

 « L’US Air Force mérite la meilleure technologie et la plus haute performance en matière de ravitaillement en vol, et c’est précisément ce que la formidable équipe industrielle regroupant Lockheed Martin et Airbus entend offrir », a déclaré Tom Enders, CEO d’Airbus.

 La coopération des deux entreprises, basée sur l’A330 MRTT (Multi Role Tanker Transport) d’Airbus, doit permettre d’adresser un large éventail d’opportunités allant de besoins court terme en matière de ravitaillement en vol, par exemple sous forme d’une offre de services payants, à la conceptualisation du ravitailleur du futur.

Lockheed-Martin réalise depuis longtemps avec succès l’intégration des systèmes, ainsi que la fabrication et les opérations de MRO de divers gros avions de transport et de ravitaillement. Associée à l’expertise d’Airbus, cette expérience permettra aux deux entreprises de former une équipe solide pour répondre aux futurs besoins en matière de ravitaillement en vol.

Tentative vouée à l’échec ?

Cette alliance qui tente de venir détrôner le KC-46A de Boeing sur le marché des ravitailleurs US a-t-elle une chance de réussir ? L’offre des deux partenaires doit venir combler les retards de livraison du KC-46A pour permettre à l’US Air Force de tenir ses capacités. Certes à court terme il y une option négociable, mais à plus long terme les chance de maintien sont faibles. Par contre, il pourrait y avoir un effet de discréditation du KC-46A à l’exportation et cette alliance pourrait permettre de placer quelques A330MRTT supplémentaires. De son côté, le PDG de Boeing pourra compter sur son amité avec D.Trump pour sauver son ravitailleur, sans oublier que les démocrates avaient, sous Obama, trucidés la vente de l’A330MRTT au profit de Boeing, autant dire que les espoirs sont minces.

Photo : A330 MRTT @ Airbus DS

 

21/10/2018

Préparation de la production du T-X !

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Il n’y pas de temps à perdre, l’avionneur suédois Saab a reçu une commande de Boeing pour la phase de développement de l'ingénierie et de la fabrication (EMD) de l'avion de formation au pilotage avancé T-X. La valeur de cette commande est d'environ 117,6 millions de dollars. La commande durera jusqu'en 2022.

Rappel :

Saab et Boeing ont été choisis par l’armée de l’air américaine le 27 septembre pour le programme T-X, une nouvelle ère pour le partenariat entre Saab et Boeing. Le programme T-X est divisé en plusieurs phases. Cette commande concerne la première phase, EMD, dans laquelle Saab et Boeing industrialisent l'avion T-X avec le client. EMD comprend les tests, la certification des vols militaires américains et la livraison de cinq jets. La phase EMD sera suivie d’une phase de production en série.

«Cette commande est un pas en avant passionnant vers une nouvelle ère en ce qui concerne les jets d'entraînement. Il jette les bases de notre travail commun pendant de nombreuses années. Nous sommes impatients de faire ces prochaines étapes avec Boeing », a déclaré Håkan Buskhe, président et chef de la direction de Saab.

Saab et Boeing ont développé l'avion T-X ensemble. Saab est un partenaire de partage des risques avec Boeing dans le développement. Boeing est le principal contractant désigné pour l’acquisition du système de formation de pilote avancée par l’armée de l’air américaine. Saab sert le marché mondial avec des produits, des services et des solutions de pointe dans les domaines de la défense militaire et de la sécurité civile.

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Programme TX :

Le programme TX prévoit en effet, de remplacer la flotte vieille de 45 ans soit près de 350 appareils écoles T-38 « Talon ». Boeing sera le maître d'œuvre et Saab AB le partenaire principal pour couvrir des domaines tels que la conception, le développement, la production, le soutien, les ventes et le marketing.

Le TX de Boeing/Saab :

Le TX de Boeing / Saab comporte une double queue, un grand cockpit avec une excellente visibilité. Des éléments de type LERX ont été repris de la famille F/A-18 « Hornet ». Le TX dispose d’un seul moteur General Electric F404 également utilisé sur le "Hornet" et le "Gripen". Boeing affirme que la conception et la performance de l'avion à double-queue fourni un excellent contrôle, et une très bonne stabilité pour le ravitaillement. Darryl Davis, le président de Boeing's Phantom Works, a déclaré que l'avion a été conçu pour répondre à toutes les exigences du programme, et a noté qu'il offrira un angle d'attaque haut (AoA) et de haute performance en matière d’accélération. Boeing a également souligné que la conception du poste de pilotage offre un positionnement idéal pour l'instructeur avec une très bonne visibilité, tant pour l'instruction en vol que pour la formation avancée en combat aérien visuel. L'offre de Boeing/Saab utilise un cockpit moderne, semblable à celui d'un combattant, avec un écran reconfigurable à grande surface (LAD) qui imite ceux trouvés dans le F-22 et le F-35 et le nouveau Gripen E. Le Boeing TX est également compatible avec les lunettes de vision nocturne. Le Boeing/Saab TX est doté d'une capacité interne de ravitaillement en vol et il dispose d’un point d'ancrage central pour transporter des équipements connexes comme des nacelles. 

 

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Photos :le T-X de Saab & boeing, la collaboration entre les deux avionneurs @ boeing

 

05/09/2018

Certification FAA pour le KC-46A !

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La Federal Aviation Administration (FAA) a accordé au programme de ravitailleur KC-46 de Boeing un certificat de type supplémentaire (STC), en vérifiant que ses systèmes d'avionique de ravitaillement et de mission répondent aux exigences de la FAA. L'étape marque l'achèvement de la certification FAA du KC-46.

Pour recevoir son STC, l'équipe de Boeing a réalisé une série de tests en laboratoire, au sol et en vol, qui a débuté en 2015. Dans le cadre des essais de vol requis, l'équipe a validé le « boom » du KC-46 et DROGUE, soir les deux systèmes (souple et rigide) du systèmes de ravitaillement en vol. Ces deux variante satisfant aux critères de certification de la FAA. » 

Le STC est l'un des deux certifications de navigabilité de la FAA requis. Boeing a reçu un certificat de type pour sa configuration de l'avion de base de type B767-2C en décembre 2017. Toutes les fonctions militaires et de l'équipement peuvent être certifiés par la FAA. L'US Air Force doit également accorder un certificat de type militaire (MTC), qui est attendu dans les prochains mois. L'équipe de Boeing a conclu les essais en vol MTC, qui comprenait le ravitaillement en vol de jet, les systèmes de défense et d'autres spécifiques militaires, au début du mois de juillet dernier. 

Six avions ont soutenu divers segments de la STC et de test MTC. Dans l'ensemble, ils ont accumulé  3’500 heures de vol et délesté plus de trois millions de livres de carburant pendant le ravitaillement des vols avec  des F-16, F/A-18, AV-8B, C-17, A-10, KC-10, KC-135 et avions KC-46. 

Le KC-46A «New Generation Tanker»:

Le KC-46A Pegasus «New Gen Tanker» est un gros porteur multi-mission, basé sur la cellule du B767 commercial. Pour ce faire, l’avion reprend les dernières innovations en matières d’écrans multifonctions en test actuellement sur le B787 «Dreamliner». Un nouveau système de ravitaillement permettra une augmentation du rythme de transfert de carburant, de plus, les charges et les opérations en sont simplifiées. Selon Boeing les risques d’industrialisations sont faibles, car l’avion s’appuie sur des moyens existants. Le «New Gen Tanker» se caractérise par une conception du contrôle de vol qui place l‘équipage aux commandes de l’ensemble de l’appareil, au lieu de permettre aux logiciels de limiter la manœuvrabilité au combat. Le «New Gen Tanker» met à la disposition des pilotes de l’USAF un poste de pilotage numérique avancé équipé des affichages électroniques du Boeing B787 «Dreamliner». Le «New Gen Tanker» dispose d’une technologie de ravitaillement en vol éprouvée et d’une perche KC-10 « NewGen » modernisée avec des capacités de ravitaillement étendues, un débit accru pour le transfert du carburant et un système à commandes de vol électrique (Fly by Wire).

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Photos : les deux modes de ravitaillement du KC-46A @ Boeing