20/05/2020

Demande d’offres pour la fourniture des moteurs du F-15EX !

2102628956.png

L'US Air Force (USAF) a lancé une demande d’offres de moteurs pour son programme de Boeing F-15EX « Advanced Eagle ». Initialement, il était prévu qu’un fournisseur unique, General Electric produirait le F110. Mais sous pression du GAO, l’USAF se doit de mettre en concurrence les fournisseurs potentiels.

Une chance pour Pratt & Whitney :

Le motoriste Pratt & Whitney (P&W) était initialement sur les rangs pour fournir le moteur F100, mais ce dernier n’était pas à l’époque pas certifié pour le modèle « EX », ce qui signifie que l'intégration et l'évaluation du moteur sur l’avion auraient ralenti les acquisitions.

Dans le cadre de sa nouvelle approche, l’USAF sollicite désormais des offres concurrentielles pour fournir 461 moteurs pour le F-15EX « Advanced Eagle », selon un appel à propositions mis en ligne le 15 mai. Les livraisons devront débuter en juin 2023 et prévoit que la production se poursuivra jusqu'en 2030. Désormais General Electric et Pratt & Whitney se retrouvent face à face pour produire le moteur du « EX ». 

Le projet F-15EX  "Advanced Eagle" :

Sous la désignation de projet F-15EX, la nouvelle variante du jet offre des commandes de vol plus modernes, un grand écran unique et un radar amélioré. L'avion emportera également beaucoup plus d’armes avec plus de deux douzaines de missiles air-air, soit une capacité inégalée au sein de l’USAF.

Parfaitement conscient de la situation actuelle, l’avionneur Boeing travaille sur une solution basée sur des améliorations de l’actuel F-15.  Pour Boeing, il s’agit de reprendre les travaux engagés sur le « Silent Eagle » mais avec une capacité d’emport d’armement élargie. Le concept de Boeing « F-15 2.040C » (F-15X). La version 2. 040C permettrait également, selon les études de Boeing, de doubler le nombre de missiles à par avions et donc combler une énorme faiblesse du F-35, sa capacité d’emport.

Boeing va doter le F-15X du d’une version améliorée du radar Raytheon APG-63 (V) 3 à balayage électronique actif, avec une nouvelle suite de guerre électronique dénommée EPAWSS «  Eagle Passive/Active Warning Survivability », et un capteur IRST et une liaison de données améliorée permettant  de travaillant en binôme avec le F-22 et le F-35.

Le F-15 ainsi modernisé, offrirait la possibilité de travailler directement avec le F-22 et le F-35 en appuis avec une forte capacité de tir grâce au transport de missiles accrut, mais il permettrait également de fonctionner de manière plus furtive avec l’armement monté dans les trappes. La particularité résident dans le fait, qu’il sera possible en fonction de la mission, de choisir entre le transport en interne ou de revenir au transport traditionnel, emport de carburant et armes en externes.

Capacité d’emport phénoménale :

Avec la possibilité d’emporter jusqu’à 24 missiles air-air, le F-15X « Advanced » sera bien supérieur à ses concurrents, mais il pourra également emporter une gamme complète d’arme comme par exemple : le JSOW, le Harpoon, le missile antiradar  HARM. On parle également d’adapter progressivement des armes à énergie dirigée comme les lasers, une fois que ceux-ci seront disponibles. La grande taille de l’avion en facilitera l’intégration.  Dernier élément, le F-15X pourra travailler en binôme avec des drones pour les actions de frappes en profondeur.

F-15EX-Video.jpg

Photos : le F-15 EX Advaced Eagle @ Boeing

18/05/2020

Sukhoi lance la fabrication des Su-35 pour l’Egypte !

EBB79D4E-3C6A-491E-97E7-BF96F684F0F6.jpeg

L’avionneur russe Sukhoi a annoncé avoir lancé la production des avions de combat Su-35  « Flanker-E »  destinés à l'Egypte. L’Egypte a signé un contrat d’une valeur de 2 milliards de dollars pour la livraison de 24 avions de combat Sukhoi Su-35 « Flanker-E ». Soit de quoi équiper deux escadrons. Les livraisons étant planifiées entre 2021 et 2022. A noter que le Caire est resté très discret sur cet achat engagé 2018.

C’est l’usine d'avions Gagarine à Komsomolsk-sur-l'Amour qui produira les Su-35. Il semble cependant que la livraison pourrait prendre du retard à cause de l’épidémie de COVID-19.

Le Sukhoi Su-35 devrait donc venir renforcer les flottes de MiG-29M/M2 et de Rafale. Les trois avions vont venir remplacer progressivement les actuels MiG-21, les F-7 chinois, les Mirage 5 ainsi que les derniers les F-4E «  Phantom » en service.

L'Egypte confirme ainsi sa volonté de moderniser sa flotte d'avions de combat dans l'optique déjà retenue de la diversification du matériel. Soit un choix stratégique en matière d'approvisionnement, de technologie et politique. Le choix du Su-35 permet également une certaine limitation des coûts à l'achat et d’assurer une certaine qualité de matériels. En effet, il semble bien que l’Egypte a été motivée dans ce choix par la rentabilité et l'efficacité du matériel russe éprouvé sur le champ de bataille. En Syrie, la Russie a démontré que la plupart de ses offres de défense qu'elle commercialise aujourd'hui dans de nombreux pays du Moyen-Orient avaient prouvés leurs efficacités dans le conflit.

Le Sukhoi Su-35 « Flanker-E » :

251d6cb1765d5c64a073edc293755103.jpg

Le Su-35 « Flanker-E » est un appareil de la génération 4++.  Les caractéristiques de l'avion comprennent une nouvelle avionique numérique avec fusion des données, un nouveau réseau d'antennes radar progressive avec une longue portée de détection et de cibles aériennes. Son noyau est le système de gestion de l'information (SGI), qui intègre les sous-systèmes fonctionnels, logiques, d'information et de logiciels en un complexe unique qui assure l'interaction entre l'équipage et l'équipement. L'IMS comprend deux ordinateurs centraux numériques, dispositifs de commutation et de l'information. Le pilote dispose de deux écrans MFI affichage multi-fonctions de 9x12 pouces et une résolution de 1400x1050 pixels.

Le noyau du Su-35 dispose de deux doubles radars en bande X en réseau, à antennes progressives Irbis-E, soit un N-12 à l’avant et un N-011 dans la queue arrière. A l’avant le N-12 est monté sur une unité de commande hydraulique à deux étapes (en azimut et en rouleau). Le dispositif d'antenne scanne par un faisceau électronique dans l'azimut et l'angle d'élévation dans les secteurs non inférieure à 60°. L'unité d'entraînement en deux étapes électro-hydraulique tourne en outre l'antenne par des moyens mécaniques à 60 ° en azimut et 120 ° en roulis. Ainsi, en utilisant la commande électronique et mécanique tour supplémentaire de l'antenne, l'angle de braquage maximal du faisceau peut atteindre 120 °. Le radar Irbis-E détecte les cibles aériennes jusqu’à une portée maximale de 400 km. Le tout avec une nouvelle génération d'optique frontale.

xobdu1mBuEOksB6IbCtOlHOIlVMbAE7RyRhIZYvi.jpeg

Photos : 1 & 3 Su-35 Flanker-E @ UAS 2 Cockpit@ Amir

 

10/05/2020

F-22 & F-35 pourront bientôt communiquer ! 

5b8af1f0fc7e9344308b462e.jpg

Northrop-Grumman a initié le développement et la mise en service d'un prototype d’un système ouvert permettant la traduction et la communication entre les plates-formes de type F-22 et F-35. En effet, jusqu’à maintenant, les deux appareils n’arrivent pas à travailler en réseau.

Rappel :

Le problème est connu, mais il n’est toujours pas réglé, les avions de la cinquième génération qui équipent l’US Air Force n’arrivent pas à communiquer. Le Lockheed-Martin F-35A « Joint Strike Fighter » et F-22A « Raptor », ne peuvent pas transmettre de données entre eux.

Aujourd'hui, le réseau de données du F-22 (Link16) ne peut recevoir que des données du F-35. De son côté le F-35 peut à la fois transmettre et recevoir des données avec des avions plus anciens comme les F-16 et les F-15 et ceci à travers le réseau de liaisons16 existant pour ces appareils. Mais le F-35 n’arrive toujours pas à recevoir les informations transmises par les F-22.

Les raisons du problème :

Les F-22 fonctionne avec une liaison Link16 en lien avec des données intra-vol (IFDL), tandis que le F-35 utilise une liaison Link16 qui englobe le Multi-Function Advanced Datalink (MADL). Hors, Les essais montrent que l’IFDL et le MADL ont une capacité d'interception à faible probabilité d'interception entre-elles. A contrario, les F-15C et F-22 peuvent communiquer à l'aide du de la nacelle « Talon HATE ». 

De plus, le système MADL du F-35 a été conçu pour afficher des informations et les donner au pilote du F-35 uniquement. Les ingénieurs du système MADL semblent avoir oubliés d’y avoir intégré une passerelle permettant de transférer les informations sur le réseau de données Link16 permettant ainsi le partage des communications. 

Résoudre cet épineux problème :

Northrop Grumman Corporation travaille au développement et à la mise en service d'un prototype d’un système ouvert  répondant au nom de « gatewaONE » permettant la traduction et la communication sur toutes les plateformes, à l'appui de la famille de systèmes Advanced Battle Management (ABMS).

Dans le cadre du contrat, attribué par l'US Air Force, Northrop Grumman fournit l'ingénierie, la gestion et l'assistance technique pour l'intégration par l'Air Force des capacités de communication des avions de 5e à 5e génération et d'autres plates-formes « net-centric » en une passerelle modulaire à architecture ouverte. Le test d'une configuration représentative du vol sera effectué dans un laboratoire d'intégration de systèmes, au sol et dans les airs, sur la base du rythme de démonstration opérationnelle de quatre mois.  

Les travaux effectués dans le cadre de ce programme soutiendront directement des démonstrations en direct du développement de la famille de systèmes Advanced Battle Management de l'Air Force. Cette capacité pourrait être utilisée pour mettre en réseau les types d'avions en cours de développement dans le cadre de l'initiative Low-Cost Attractive Aircraft Technology de l'Air Force.

Northrop Grumman intégrera cette capacité - en utilisant sa gamme de produits radio Freedom éprouvée qui peut connecter des avions de 5ème génération d'un même type ainsi que des plates-formes de 5e génération à 4e génération et via ABMS étendre cette fonctionnalité pour permettre plusieurs types de plates-formes de 5ème génération de partager et intégrer les données, contribuant ainsi à faire de l'interopérabilité une réalité. Les radios multifonctions Freedom définies par logiciel sont au cœur de la suite avionique intégrée du F-22 et du système de communication, de navigation et d'identification du F-35. S'appuyant sur des investissements, la société développe des variantes abordables personnalisées pour s'adapter à plusieurs plates-formes.

3058760504.JPG

Photos : F-22 et F-35 @USAF

 

05/05/2020

Retour à la normale progressive du service de vol !

45245932_2318719378199710_6906912890687586304_o.jpg

La gestion de la crise du coronavirus a conduit l'armée à d'importants changements dans la planification et adaptation des priorités. Le commandant des Forces aériennes avait donc également décidé de réduire les entraînements à un minimum acceptable de manière temporaire. 

Par égard pour la population confinée, les Forces aériennes ont réduit leur service de vol depuis le 27 mars 2020. Il s'agit maintenant de retrouver le chemin vers la normalité en renforçant de manière progressive le service de vol afin de pouvoir assurer les missions à venir.

Sans possibilité d'entraînement, le niveau de formation des pilotes diminue et la sécurité des vols aussi. Un minimum d'heures de vols par pilote doit être atteint si l'armée veut pouvoir assurer ses missions de souveraineté telles que la protection de conférence lors du WEF en 2021 par exemple ou encore le service de police aérienne permanent qui se concrétisera au 1er janvier 2021. 

Le retour à la normal du service de vol se fera donc en trois étapes :

A partir du 11 mai 2020, un premier élargissement approprié avec certaines restrictions: les heures de vols des F/A-18 seront limités à 120 par semaine, les entraînements au combat air-sol sont toujours suspendus et les équipes de démonstrations ne voleront pas.

Dès le 8 juin, il est prévu de lever la plupart des restrictions en appliquant les recommandations de l'Office fédéral de la santé publique.

La dernière étape après les vacances d'été consistera à reprendre les entrainements pour les équipes de démonstration, les cours de répétitions ainsi que les entraînements au vols de nuit. Ces derniers reprendront en octobre 2020 selon la planification annuelle.

Rappel :

Durant toute la limitation du service de vol, les tâches des Forces aériennes (service de police aérienne, service de recherche et de sauvetage, service de transport aérien de la Confédération) pour assurer la souveraineté ainsi que les services d'assistance de plus en plus nombreux avec des hélicoptères pour la police, le corps des gardes-frontières et les troupes fournies dans le cadre du service d'assistance ont été garantis. (Sources DDPS).

Photo : F/A-18 Hornet en démonstration @ DDPS

Le futur bombardier stratégique chinois prêt pour cette année !

1061561476.jpg

Certaines sources pensaient que le futur bombardier stratégique chinois serait présenté lors d'un défilé dans le cadre des célébrations du 70e anniversaire de la PLAAF en 2019. Mais il n’en fut rien. De nouvelles sources pensent que la Chine prépare une présentation cette année à un moment spécifique, car celui-ci servirait les intentions de Pékin face à la complexité des relations internationales en raison de la pandémie de coronavirus. Les autorités chinoises sont de plus en plus pointées du doigt suite à la pandémie du COVID-19.

Présentation en novembre ?

Contrairement à l’année dernière, ce ne sont pas des sources journalistiques, mais bien militaires chinoises qui ont déclaré que le bombardier furtif supersonique Xian H-20 pourrait faire sa première apparition publique au salon aéronautique de Zhuhai cette année en novembre prochain.

"Le salon aéronautique de Zhuhai devrait devenir une plate-forme pour promouvoir l'image de la Chine et son succès dans la lutte contre la pandémie en expliquant au monde extérieur que la contagion n'a pas eu de gros impacts sur les entreprises chinoises de l'industrie de la défense", a déclaré une source militaire.

Quelles réactions ?

Pour autant, si la Chine compte montrer sa puissance et calmer les ardeurs de ses détracteurs, la présentation du nouveau bombardier Xian H-20 « Hong » pourrait produire les effets contraires. Les tensions étant déjà particulièrement fortes dans la région Asie-Pacifique et les pays étant directement inclut dans le rayon d’action du nouveau bombardier comme l'Australie, le Japon et la péninsule coréenne ne verront certainement pas d’un bon œil l’arrivée de cette nouvelle menace.

Il faut comprendre par là, que le H-20 n’aura pas la capacité de menacer directement les Etats-Unis faute de puissance. Ces derniers gardent ainsi le une position dominante avec le B-2 « Spirit » et le futur B-21 « Raider ». Par contre, la Chine compte utiliser le H-20 pour peser de tout son poids pour menacer les cibles au-delà du deuxième anneau insulaire qui comprend des bases américaines au Japon, à Guam, aux Philippines et dans d'autres pays à partir de bases situées en Chine continentale. La troisième chaîne d'îles s'étend jusqu'à Hawaï et en Australie côtière.

Le Xian H-20 « Hong » pourra emporter diverses charges dont des  missiles nucléaires et conventionnels d'une masse maximale au décollage d'au moins 200 tonnes et d'une charge utile allant jusqu'à 45 tonnes. Le bombardier devrait voler à des vitesses subsoniques et pourrait potentiellement lancer quatre puissants missiles de croisière furtifs hypersoniques.

La principale question qui reste ouverte pour l’instant concerne la motorisation. Des sources militaires ont émis l'hypothèse que le H-20 pourrait utiliser le moteur russe NK-321, mais deux sources militaires indépendantes ont déclaré qu'il serait équipé du moteur chinois WS-10 amélioré.

Rappel : 

L’existence du programme de bombardiers a été confirmée par le commandant de la PLAAF, Ma Xiaotian, en 2016. Des analystes ont émis l'hypothèse que le prototype du nouveau bombardier stratégique à grand tonnage chinois, connu sous le nom de  H-20, devrait effectuer son premier vol prochainement.

Le Xian Aircraft Corp H-20 est un projet de bombardier stratégique qui ressemblerait au B-2 américain. Il semble que cette « copie » chinoise du bombardier conçu par Northrop-Grumman est le fait de la vente d’informations classifiées à la Chine d’un ingénieur du nom de Noshir Gowadia. Celui-ci avait en son temps été employé chez l’avionneur américain. Cette personne a été condamnée depuis, à 32 ans de prison.

h20-cn-002.jpg

Photos : Images de synthèse du possible H-20