06/02/2019

Dassault livre le premier Rafale au Qatar !

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Ce matin, une cérémonie s’est tenue ce jour à Mérignac en présence d’Éric Trappier, Président-Directeur général de Dassault Aviation, à l’occasion de la livraison du premier Rafale à l’armée de l’air du Qatar (QEAF) sous le patronage de Son Excellence Dr Khalid bin Mohamed Al Attiyah, vice-Premier ministre du Qatar et ministre d’État chargé de la Défense, et de Geneviève Darrieussecq, Secrétaire d’État auprès de la ministre française des Armées, et en présence du général de division Mubarak Al Khayareen, Commandant en chef de la QEAF.

Rappel :

Cette première livraison, conforme au calendrier, fait suite à la signature, en mai 2015, du contrat d’acquisition de 24 Rafale par l’État du Qatar pour équiper sa force aérienne, et de 12 exemplaires supplémentaires en décembre 2017, portant à 36 le nombre total de Rafale qui voleront sous les couleurs qatariennes. Le petit Emirat modernise sa flotte en prenant soin de diversifier ses fournisseurs. 

Le Rafale destiné au Qatar :

Les Rafale destinés au Qatar seront les premiers à être dotés d’un viseur de casque. Le Qatar a opté pour le système israélien Elbit Systems « Targo II ». Les pilotes équipés du « Targo II » seront en mesure de mieux localiser, suivre, identifier et engager les cibles aériennes et terrestres, car le système offre une prise de conscience de la situation et des options d'engagement facilitée par rapport aux systèmes HMD actuellement en service. La visière montée sur le casque affiche les informations de vol telles que l'altitude et la vitesse, ainsi que des cibles et fournit des données de suivi de soutien au pilote. Le système « Targo II » permet notamment la visualisation de nuit. Ce nouveau système permet une symbologie couleur ou monochrome projetée à l'intérieur de la visière du casque, donnant au système un champ de vision de 20 ° (FOV). Si la cible ou la menace est en dehors de la FOV, une ligne de localisation cible (TLL) dirige le pilote où et dans quelle mesure chercher à l'amener dans la FOV du casque.

Les Rafale du Qatar disposeront des missiles air-air MICA IR, MICA EM (ElectroMagnétique), du missile METEOR à terme, ainsi que des missiles de croisière air-sol SCALP-EG, de bombes air-sol GBU à guidage laser, et l’AASM. Pour compléter l’équipement, c’est la nacelle AN/AAQ-33 « Sniper » qui a été choisie pour être installée sur l’avion français. 

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Photos :Livraison du premier Rafale au Qatar@ Dassault Aviation

 

Bombardier lance le CRJ550 !

 

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L’avionneur canadien Bombardier développe sa gamme d’avion de ligne régional de 50 places avec un nouvel opus le CRJ550. Le nouveau biréacteur régional CRJ550, sera le premier avion de 50 places trois classes au monde conçu pour satisfaire aux attentes des passagers d’aujourd’hui. Le CRJ550 est un nouveau modèle d’avion CRJ Series, avec un nouveau certificat de type fondé sur le CRJ700. La compagnie américaine United Airlines sera le client de lancement de ce nouveau modèle.

« Le nouveau modèle CRJ550 est l’unique solution en Amérique du Nord capable de remplacer la flotte existante d’avions de 50 places vieillissants, soit un marché de plus de 700 avions, a déclaré Fred Cromer, président, Bombardier Avions commerciaux. Il offre une expérience passager améliorée avec amplement de rangement à bord pour les bagages à main et plus d’espace pour les passagers. Voilà un autre exemple de l’attention que nous apportons à créer de la valeur pour nos clients, et un très important témoignage de la part d’United à l’égard de la plateforme CRJ. »

Le CRJ550 comprendra une station libre-service pour les boissons et collations et plus de dégagement pour les jambes par siège que tout autre avion de 50 places exploité par tout autre transporteur en plus de tous les avantages qui font la renommée des avions CRJ Series.

Avec l’ajout du CRJ550, la gamme de biréacteurs régionaux CRJ Series est la seule à offrir une cabine aménagée en trois classes sur tous les segments de marché, tout en répondant aux exigences opérationnelles courantes. Grand avantage pour les exploitants américains,  ils pourront tirer parti des postes de pilotage communs des avions CRJ200 à CRJ900. L’avionneur canadien vise un taux de disponibilité de 99,5% et veut offrir une connectivité complète aux passagers avec en plus  l’élimination de l’enregistrement de bagages à la porte d’embarquement.

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Photos : 1 le CRJ550 2 Intérieur @Bombardier

04/02/2019

Boeing annonce que son F-15 Advanced est prêt !

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L’avionneur américain Boeing annonce que le standard « Advanced » du F-15 est prêt. L’équipe d’essais en vol de l’US Air Force et de Boeing vient de terminer les essais en vol qui durés presque de cinq ans. Les équipes ont pu tester l’ensemble des nouveaux systèmes ainsi et les nouvelles commandes de vol de l'avion à Palmdale, en Californie. Plus de 15’000 points de test ont été couverts pour assurer la sécurité, la qualité et la performance.

"Croyez-moi, ce n'est pas le F-15 de votre père", a déclaré Matt Giese, pilote d'essai du F-15 de Boeing. "Ce jet n'a jamais ressemblé à cela auparavant."

Selon les premières informations concernant le nouveau modèle, Boeing annonce que les nouvelles commandes de vol électrique offre une plus grande maniabilité et des angles d'attaque plus grands. Le nouvel ordinateur de mission de combat serait le plus rapide au monde,  capable de traiter 87 milliards d'instructions par seconde.

"L'intégration de technologies de pointe a rendu cette plate-forme contemporaine et prête pour le futur", a déclaré Prat Kumar, vice-président et directeur de programme, programmes Boeing F-15, "Le F-15 Advanced continuera de faire face aux menaces qui pèsent aujourd'hui, faisant de l'Eagle, une plateforme aérienne d'attaque durable. "

Le projet F-15X  :

Sous la désignation de projet F-15X, la nouvelle variante du jet offre des commandes de vol plus modernes, un grand écran unique et un radar amélioré. L'avion emportera également beaucoup plus d’armes avec plus de deux douzaines de missiles air-air, soit une capacité inégalée au sein de l’USAF.

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Parfaitement conscient de la situation actuelle, l’avionneur Boeing travaille sur une solution basée sur des améliorations de l’actuel F-15.  Pour Boeing, il s’agit de reprendre les travaux engagés sur le « Silent Eagle » mais avec une capacité d’emport d’armement élargie. Le concept de Boeing « F-15 2.040C » (F-15X). La version 2. 040C permettrait également, selon les études de Boeing, de doubler le nombre de missiles à par avions et donc combler une énorme faiblesse du F-35, sa capacité d’emport.

Boeing a doter le F-15X d’une version améliorée du radar Raytheon APG-63 (V) 3 à balayage électronique actif, avec une nouvelle suite de guerre électronique dénommée EPAWSS «  Eagle Passive/Active Warning Survivability », et un capteur IRST et une liaison de données améliorée permettant de travaillant en binôme avec le F-22 et le F-35.

Le F-15 ainsi modernisé, offre la possibilité de travailler directement avec le F-22 et le F-35 en appuis avec une forte capacité de tir grâce au transport de missiles accrut, mais il permet également de fonctionner de manière plus furtive avec l’armement monté dans les trappes. La particularité résident dans le fait, qu’il sera possible en fonction de la mission, de choisir entre le transport en interne ou de revenir au transport traditionnel, emport de carburant et armes en externes. Les trappes étant modulables.


Capacité d’emport phénoménale :

Avec la possibilité d’emporter jusqu’à 24 missiles air-air, le F-15X « Advanced » est bien supérieur à ses concurrents, mais il pourra également emporter une gamme complète d’armes comme par exemple : le JSOW, le Harpoon, le missile antiradar HARM. On parle également d’adapter progressivement des armes à énergie dirigée comme les lasers, une fois que celles-ci seront disponibles. La grande taille de l’avion en facilitera l’intégration.  Dernier élément, le F-15X pourra travailler en binôme avec des drones pour les actions de frappes en profondeur.

Première commande  en préparation :

En décembre dernier, le Pentagone avait confirmé une demande d’acquisition d’un premier lot de 12 avions de combat  Boeing F-15X « Advanced Eagle » pour un montant de 1,2 milliards de dollars.

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Photos : 1 & 3 F-15 Advanced Cockpit @ Boeing

Premier CH-47F pour l’Inde !

 

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Boeing a livré le premier exemplaire des 15 hélicoptères de transport lourd CH-47F « Chinook » de lors d'une cérémonie qui s'est déroulée dans les installations de production du fabricant à Philadelphie.

Rappel :

C’est en octobre 2012 que l’Inde a opté pour l’achat de CH-47F « Chinook » au détriment du Mil MI-26 NG russe. L'Inde a signé son accord de gouvernement à gouvernement avec les États-Unis en septembre 2015, le contrat est estimé à 1,1 milliard de dollars.

Une fois opérationnels, les « Chinook » vont remplacer les trois hélicoptères de transport lourd Mil 26 «Halo» que l'IAF a reçus de l'Union soviétique en 1986.

Les nouveaux CH-47F disposent de caractéristiques améliorées en vue de la survie, avec notamment un système directionnel de contre-mesures électronique à infrarouges, une meilleure protection balistique et un carénage résistant à l'écrasement. L’équipage dispose de sièges blindés. Le CH-47F possède une cellule et une avionique modernisée, ainsi qu'un poste de pilotage automatique et numérique.

Photo :le premier CH-47F indien @ Boeing

03/02/2019

Choisir un avion de combat, c’est définir une ligne stratégique !

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Le choix d’un avion de combat n’est en rien une mince affaire. Un programme d’acquisition peut s’étendre sur plusieurs années, être retardé mainte fois pour plusieurs raisons (politique, financière) avant de pouvoir enfin toucher son but. Le choix lui-même peut être motivé par plusieurs éléments comme les coûts  à l’achat et à l’heure de vol, les considérations politiques du moment, d’un éventuel embargo pour certains pays et de l’intérêt des compensations industrielles (offsets) si celles-ci font partie du contrat. Autrement dit le choix d’un système d’arme complexe comme avion de combat requière pleinement d’une ligne stratégique définie à l’avance par le pays acheteur.

Le cas belge :

Preuve en est le choix en début de semaine du Lockheed-Martin F-35A « Lightning II » par la Belgique pour venir remplacer la flotte actuelle de F-16 du même avionneur. Un choix qui fait grincer les dents des pays européens producteurs d’avions. Comment Bruxelles, ce cœur de l’Union Européenne peut-il une nouvelle fois tourner le dos à un élément de la défense européenne pour ouvrir ses bras aux Etats-Unis ? Pour beaucoup dans les capitales européennes, il s’agit-là d’une trahison.

Les belges sont-ils des traîtres pour autant ?

Le cas belge n’est pas une exception et démontre qu’une fois de plus il n’y a pas de « culture militaire pro-européenne ». Les intérêts de chacun en matière de défense prennent le pas sur les considérations d’une défense européenne unique.  Dans le cas de la Belgique, on connaissait depuis le début de la compétition que certains signes prédestinaient une décision en faveur du F-35. En effet, le choix belge est motivé, depuis le début par le choix d'emporter la bombe nucléaire américaine B61. En choisissant le F-35, la Belgique garde ainsi ses prérogatives déjà obtenues avec le F-16. Certes, la B61 est sous contrôle de l’US Air Force et les belges se retrouvent sous les ordres de ceux-ci. Mais, il semble bien que Bruxelles y trouve son compte, notamment au sein de l’Alliance Atlantique.Et puis, il y a une raison complémentaire dans le choix belge, elle concerne la possibilité de travailler directement avec la force aérienne néerlandaise qui a également choisi le F-35. Sachant que l’aviation militaire belge est aux mains des flamands, un rapprochement avec le voisin est particulièrement avantageux en terme de formation et de partage des armements par exemple. Pour le reste de ses acquisitions la Belgique achète européen comme des véhicules blindés du franco-allemand Nexter-Reinmetall.

L’exemple du Qatar :

Dans un tout autre ordre d’idée, mais pour bien comprendre les intérêts qui peuvent motiver un ou plusieurs choix en matière d’équipement militaire et à plus forte raison en matière d’avions prenons celui du Qatar. Ce petit pays est actuellement très controversé et se retrouve isolé du point de vue diplomatique face à l’Arabie Saoudite qui l’accuse de soutenir le terrorisme. En arrière plan le soutien du Qatar à l’Iran a fortement déplus aux Emirats voisins. Mais derrière la guerre des frères ennemis du wahhabisme, c’est l’avenir économique de la région qui se joue.

Pour adoucir son image, le pays à lancer un vaste programme d’acquisition d’équipement militaire de plus de 100 milliards de dollars avec l’achat non pas d’un type d’avion, mais de trois ! Le pays a lancé un programme d’achat portant sur :

Une première commande de 24 avions de combat Rafale de Dassault Aviation en 2015 avec un ajout de 12 appareils en 2017 pour un total de 7,4 milliards d’euros.

En 2016, c’est l’achat de 36 Boeing F-15E « Strike Eagle » pour 4,7 milliards de dollars avec la possibilité d’en obtenir sur étagère 72.

Et pour terminer en 2017, c’est une commande portant sur 24 avions de combat Airbus DS Eurofighter T3 pour un prix non communiqué, mais qui se chiffre en milliards d’euros sans compter les options d’avions supplémentaires.

Sans parler des autres équipements, le pays tente ici de renforcer son image et de se montrer comme un allié des puissances Occidentales.

La stratégie du choix

Europe ou pays du Moyent-Orient, Asie-Pacifique, les choix des gouvernements en matière d’équipement militaire de pointe s’expliquent avant tout par les facteurs politiques et industrielles avec comme objectif une base industrielle nationale pour certain capable de produire du matériel comme un avion de combat ou pour d’autre de venir participer en tant que sous-traitant par exemple. Pourvoir fabriquer en  sous-traitance un avion de combat peut permettre à terme d’obtenir une certaine autonomie (L’Inde par exemple). Mais tout cela est intimement lié au tissu industriel du pays.

Un gouvernement choisira l’avion national : c’est le cas de la France et de la Suède. Pour autant l’Angleterre et l’Italie qui produise au sein du consortium Airbus DS l’Eurofighter se sont également tournés en direction du F-35. Les anglais pour remplacer les BAe Sea Harrier et les italiens pour devenir la plateforme de production et de maintenance unique du F-35 en Europe.

Le facteur industriel joue également un rôle pour les États dénués d’industrie nationale : la question sera alors davantage celle du prix des appareils et des compensations qu’un gouvernement recevra d’une entreprise en contrepartie du contrat (offset). En ce sens, la question des négociations autour du prix et des avantages pour les industries nationales existe également pour ces pays.

Pour comprendre un choix de l’avion X, il est important de comprendre le rôle des facteurs industriels et stratégiques dans les choix des gouvernements en matière d’avions de combat. Chaque pays fait face à des pressions adaptatives liées au coût important et croissant des avions de combat, les élites stratégiques de certains pays sont portées soit vers une solution américaine (le plus souvent) soit vers une solution à bas prix alors qu’ailleurs, comme en France, des acteurs industriels s’opposent à leur propre marginalisation. Dans les deux cas, certains acteurs au sommet de l’État exercent un veto qui rend impensable l’achat d’un avion « européen ». Sur le plan industriel, on observe une capture de la décision par les entreprises nationales qui, soit indépendantes soit enrôlées par Lockheed-Martin, réussissent à vendre leur produit à un prix qui échappe aux prévisions budgétaires initiales. De fait, une décision nationale ne s’inscrit pas forcément pas dans une dynamique européenne. C’est le cas en Belgique, Norvège et Danemark, soit des pays ayant optés pour le F-35, mais reflètent plutôt la superposition de logiques nationales, européennes et transatlantiques.

Et la Suisse  :

Le projet de modernisation des Forces Aériennes « Air2030 » qui prévoit le remplacement des types d’avions de combat Northrop F-5 E/F et Boeing F/A-18 C/D, ainsi que les systèmes de défense sol-air missiles BAe Rapier et canons Oerlikon de 35mm pour un montant maximum de 8 milliards n’échappe pas à la règle.

La politique d’armement constitue ainsi aussi la base des affaires compensatoires liées aux acquisitions de biens d’armement à l’étranger. Le Conseil fédéral a décidé que le 100% du prix d’achat devait en principe être compensé en Suisse. Les décisions prises jusqu’ici par le Conseil fédéral dans le cadre du projet d’acquisition du prochain avion de combat et d’un nouveau système de défense sol-air s’inscrivent dans cette ligne. Le Conseil fédéral est convaincu que les affaires compensatoires permettent aux entreprises suisses d’accéder à un savoir-faire et aux marchés pertinents. Afin de garantir la transparence autant que possible, ces affaires compensatoires seront répertoriées dans un registre consultable par le public.

Autrement dit, nous aurons une limitation de choix principalement due au montant total qui nous impose un nombre d’équipement limité et certainement pas les plus onéreux. Par contre, la provenance des futures systèmes aura un double impact. D’une part, il aura une influence sur les partenariats en matière d’entraînement de nos soldats en Europe et/ou aux USA voir Israël et le second concernera les rapports industriels et le développment du marché pour notre industrie civiles. En effet, la résultante du choix ne sera pas la même, si nous choississons le tout européen ou américain ou bien, si nous optons pour un mixte USA/Europe/Israël. Dernier point, choisirons-nous un aéronef certifié biofuel ? Là encore, le choix aura une raison stratégique.

 Photo: Gérard Famerée