23/03/2018

Exigences fixées pour le nouvel avion de combat et le système sol-air !

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Le DDPS a fixé les exigences auxquelles doivent satisfaire les nouveaux moyens de protection de la population contre les menaces aériennes. Par ailleurs, il a déterminé les critères d’évaluation impératifs et d’autres caractéristiques souhaitables en matière de politique d’armement, notamment en ce qui concerne les affaires compensatoires.

Cette phase lance le programme d’acquisition du nouvel avion de combat et du futur système de défense sol-air. Ces deux systèmes feront partie du programme Air2030, soit le modernisation en profondeur des Forces aériennes suisses. Nous allons égalment voir qu’il y a du changement en ce qui concerne la défense sol air et les implications des différentes exigence sur le choix de l’avion.

Exigences imposées:

 

  • L’ensemble de la flotte doit être mesure de réaliser les prestations suivantes :
  • fournir les prestations journalières de police aérienne, 24 heures sur 24, et imposer les restrictions d’utilisation de l’espace aérien suisse.
  • lors de tensions accrues, intervenir dans un délai de quelques minutes (QRA) dans l’ensemble de l’espace aérien suisse avec des avions de combat en cas de violation de l’espace aérien par des avions civils non coopératifs, des avions militaires de transport, des drones et des avions de combat isolés pénétrant dans l’espace aérien.
  • en situation de défense, en combinaison avec la défense sol-air, empêcher un adversaire, pendant une durée limitée, d’obtenir la supériorité aérienne et, dans le même temps, appuyer l’armée avec du feu opératif au-delà de la portée de notre propre artillerie et avec de la reconnaissance aérienne.

Données servant de base de calcul pour le dimensionnement de la flotte : la taille de la flotte doit permettre :

  • en situation normale, d’assurer le service journalier de police aérienne ainsi que l’instruction et l’entraînement.
  • lors de tensions accrues, de maintenir une présence permanente dans les airs d'au moins quatre avions pendant au moins quatre semaines.
  • en cas d'attaque armée, d'engager, parallèlement à l’accomplissement des tâches de défense aérienne, des avions de combat pour la reconnaissance aérienne et pour frapper des objectifs au sol.

Exigences relatives à l’acquisition du prochain avion de combat et d’un nouveau système de défense sol-air c. Le paquet logistique doit être dimensionné au minimum pour :

  • assurer en permanence le service de vol lorsque les frontières sont ouvertes et que l’approvisionnement en pièces de rechange à partir de et vers l’étranger peut être garanti ;
  • assurer la souveraineté sur l’espace aérien pendant approximativement six mois, de même que l’instruction et l’entraînement lorsque les frontières sont fermées et que l’approvisionnement en pièces de rechange à partir de et vers l’étranger ne peut pas être garanti. Exigences opérationnelles concernant le système de défense sol-air (DSA/Bodluv) :

La défense sol-air de grande portée doit être en mesure, seule ou en combinaison avec les avions de combat, de protéger des secteurs et, ce faisant, de combattre en premier lieu des objectifs dans l’espace aérien moyen ou supérieur. La surface à couvrir doit être de 15’000 km système doit disposer d’une grande portée, c’est-à-dire atteindre une altitude d’engagement de plus de 12’000 m (ver- ticalement) et une portée supérieure à 50 km (horizontalement).

Concernant la maintenance :

Pour le prochain avion de combat, le groupe RUAG est désigné comme centre de compétences pour le matériel au lancement du projet. Dans cette fonction, RUAG réalise les tâches non dévolues à la troupe concernant le suivi technique du système, la gestion du matériel entre la Suisse et l'étranger et la maintenance des avions. L’étendue et le degré de profondeur des tâches que devra accomplir RUAG seront déterminés dans le cadre de l'évaluation.

Pour le nouveau système de défense sol-air, il est en principe souhaitable que RUAG assume la fonction de CCM (dans la même mesure que pour le prochain avion de combat), pour autant que le fabricant du système retenu ne dispose pas d’une succursale en Suisse.

Les essais :

Une partie au moins des essais en vol et au sol doivent être effectués en Suisse pour tous les candidats entrant en ligne de compte pour l’acquisition du prochain avion de combat.

Outre des adaptations minimales requises (comme l’intégration dans nos propres systèmes de conduite), il faut renoncer à des helvétisations ; autrement dit, les systèmes (avions de combat et système de défense sol-air) doivent fondamentalement correspondre à la configuration qui est autorisée à l’exportation et qui est en service ou sera introduite dans le pays producteur.

Dans la mesure du possible, les avions de combat évalués seront pilotés par des pilotes suisses lors des essais en vol.

Pour améliorer la connaissance du système, il serait judicieux qu’une équipe de base composée de personnel de l’industrie suisse et de l’armée collabore avec le fabricant ou un représentant du fabricant pour le montage final des prochains avions de combat. Procéder au montage final en Suisse n’est pas une exigence, mais cette possi-bilité n’est cependant pas non plus exclue.

Pour augmenter le degré d’autonomie, il faut s’efforcer d’acquérir les droits d’utilisation (codes sources) en vue du développement autonome de logiciels C2 (Bodluv, système de surveillance de l'espace aérien).

Affaires compensatoires (offsets)

Pour l’acquisition des avions de combat et de la défense sol-air de grande portée, des affaires compensatoires représentant 100 % du prix d’achat doivent être exigées. L’industrie suisse pourra participer au développement futur de l’avion.

La mise en œuvre des obligations liées aux affaires compensatoires intervient après la signature du contrat. Les affaires compensatoires éventuellement générées auparavant peuvent être prises en compte jusqu’à 20 % du volume total des affaires compensatoires (Offset-Banking-Agreements).

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Les concurrents :

Avions :

L’Airbus : Eurofighter « Typhoon II » T3, Dassault : Rafale F4, Saab : Gripen E MS22, Boeing : F/A-18 « Super Hornet », Lockheed-Martin : F-35A.

Sol-air :

Eurosam : SAMP/T, Rafael : David’s Sling, Raytheon : Patriot Pac3.

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Analyse :

On peut dès lors constater plusieurs éléments avec la mise effective des exigences. En ce qui concerne le nouvel avion de combat, il sera multirôle et devra pouvoir communiquer électroniquement avec le nouveau système sol-air. Selon les exigences, le nombre d’avions doit permettre de tenir au moins un mois en situation tendue. De fait, si l’on se base sur les différents modèles de dotation, il faudra donc au minimum 40 avions. En matière de maintenance, celle-ci devra se faire en Suisse chez RUAG Aersopace. De plus, les demandes en matière d’Offsets obligent la participation suisse au dévellopement futur de l’avion et 100% de compensation. Rien de nouveau en fait, sauf qu’avec le besoin des codes sources pour communiquer avec le système sol-air cela exclut le F-35A de Lockheed-Martin et dans une certaine mesure Boeing. Le futur avion pourrait donc être européen ?

En ce qui concerne le système sol-air, on passe à des systèmes longue-portées. On abandonne donc les deux systèmes de moyenne-portées Iris-SL et CAMM-ER. Les systèmes longue-portées pourront être acquis en nombre limités, mais ne pourront être positionnés que sur le plateau. En effet, la topographie de notre pays limiterait beaucoup trop l’engagement à proximité du Jura et des Alpes. Il faudra donc à l’avenir renforcer la défense sol-air courte portée, afin de combler les zones vides.

Avec un montant maximum de 8 milliards de nos francs, le choix des deux systèmes se fera en fonction du meilleur coût/efficacité, ainsi que des coûts de maintenance les plus faibles.

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Photos : 1 Les avions potentiels 2 Eurosam SAMP/T 3 Rafael David’s Sling 4 Raytheon Patriot PAC3

11/03/2018

Le Kazakstan prépare l’achat de Su-30SM supplémentaires !

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Le ministère de la Défense du Kazakhstan (MoD) prévoit d'acheter un nouveau lot d’avions de combat multirôles Sukhoi Su-30SM auprès de la Russie.

"Dans le cadre de l'accord de coopération militaro-technique avec la Fédération de Russie en 2018, le ministère de la Défense de la République du Kazakhstan prévoit de conclure un contrat pour la fourniture d'avions multirôles Su-30SM., Il est prévu d'acheter des avions Su-30SM additionnels, a déclaré le ministère de la Défense à Astana sans fournir plus de détails sur le nombre d'avions supplémentaires à acquérir.

Depuis février 2015, la Forces de défense aérienne kazakhes (KADF), a commencé à recevoir un progressivement ses premiers Sukhoi Su-30SM. Le nouvel avion doit venir remplacer la flotte actuelle de MiG-27 en service.

Le Sukhoi Su-30SM : 

Les Su-30SM se différencient des Su-30MKI indiens par leurs équipements entièrement russes, leur système d'identification "ami/ennemi" et par d’autres éléments. Pour développer cette version, Sukhoi profita de son expérience avec le programme Su-35 en ce qui concerne par exemple l’avionique. Tout comme la version MKI, le SM dispose de plans canard et de tuyères à poussée vectorielle couplées aux moteurs Saturn Lyulka AL-31Fl.

L’appareil dispose d’un radar à antenne à balayage électronique (AESA) de type Zhuk-AE du fabricant russe Phazotron. L’antenne en bande X permet de suivre 30 cibles aériennes en mode piste, pendant l’exploration et d’engager 6 cibles simultanément en mode attaque. L’avionique est également de dernière génération avec écrans multifonctions (EFIS), système de positionnement par satellite GLONASS et un nouveau système de communication entièrement sécurisé.

L’armement est multiple pour permettre l’engagement air-air et air-sol, mais également air-surface. L’option de dissuasion nucléaire est également possible, sans oublier la capacité de frappe d’interdiction et la suppression des défenses antiaériennes.

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Photos : Su-30SM KADF

 

09/03/2018

L’Arabie Saoudite négocie l’achat de 48 Eurofighter !

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Le gouvernement britannique a signé aujourd’hui un mémorandum d'intention avec le Royaume d'Arabie saoudite visant à finaliser les discussions pour l'achat de 48 avions avions de combat Airbus DS Eurofighter « Typhoon II » au standars T3. Si cette vente se confirme, le Royaume disposera d’un total de 119 avions « Typhoon II ». Dans le conflit qui oppose le pays au Yemen, un Eurofighter a été perdu dernièrement.

Rappel :

L'Arabie saoudite avait commandé un total de 72 avions Eurofighter « Typhoon II » T2 en 2007. Le contrat est estimé à près de 41 milliards de dollars, ce fut l'un des plus importants contrats de passation de marchés jamais signés.

Airbus DS Eurofighter « Typhoon II » T3 :

Les Airbus DS Eurofighter T3 Block15 disposent des nombreuses nouvelles améliorations en comparaison des versions et standards antérieurs. L’Eurofighter T3 Block15 dispose du capteur IRST de série, il permettra la mise en oeuvre du missile air-air très longue portée « Meteor » de MBDA,il permet d’utililiser la nacelle de désignation "Sniper", ainsi que les missiles antichars MBDA « Brimstones II » et des bombes à guidage laser GBU-12. Le missile air-air courte portée Diehl BGT Iris-T fait également partie des options. En matière de radar, le T3 est doté du nouveau radar de type AESA à antenne à balayage électronique CAPTOR-E de Selex-ES.

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Photos : Eurofighter T2 RSAF @RSAF

08/03/2018

F-35 : trop cher et problèmes de logiciels !

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Les nouvelles du programme de l’avion de combat Lockheed-Martin F-35 ne sont pas véritablement bonnes, les problèmes s’accumulent encore. Deux éléments sont toujours montrés du doigt, les coûts et les problèmes du logiciel de maintenance.

Plus cher que prévu :

Le Bureau du Programme conjoint (JPO) estime que le développement continu du F-35 pour faire face à l'évolution des menaces et à l'évolution des environnements de guerre coûtera au gouvernement américain plus de 1 milliard de dollars par an entre 2018 et 2024. Ce chiffre a été révélé lors du témoignage du vice-amiral Mathias Winter au Comité des forces armées américaines le 7 mars dernier.

Au total, le JPO estime que le développement et la fourniture continus de capacités (C2D2) des F-35 coûteront 16,4 milliards de dollars sur une période de sept ans, avec environ 11 milliards de dollars pour le développement et 5,4 milliards de dollars pour l'approvisionnement. Le vice-amiral Winter, qui dirige le JPO, a déclaré que les coûts de développement seraient partagés avec les alliés des États-Unis, laissant le ministère de la Défense avec une facture estimée à 7,2 milliards de dollars.

"Ce coût de 16 milliards de dollars est un montant étonnamment élevé et, autant que je sache, dépasse largement tous les coûts précédemment prévus ", a déclaré le porte-parole du congrès américain.

Pour le vice-amiral Winter le prix du F-35A est tombé en dessous de 100 millions de dollars pour la première fois dans le lot 10 du LRIP à 94,3 millions de dollars, soit une baisse de 7,5% du lot 9. Les prix des avions de production devraient continuer à baisser alors que le JPO continue de négocier le lot 11. Mais pour le JPO, la baisse du coût de production du F-35A ne doit pas faire oublier que les clients doivent compenser les améliorations de l’avion et qu’une fois pris en compte l’addition n’est au final pas avantageuse.

La Marine aux prises avec ALIS :

Le logiciel de maintenance à distance Autonomic Logistics Information System (ALIS) continue de fairte des vagues au sein de la navy. La marine américaine reste frustrée par son incapacité à connecter le logiciel de logistique du F-35 avec les autres logiciels de logistique qu'elle utilise.

Les efforts d'intégration du ALIS des F-35 aux autres systèmes logistiques internes de la Navy sont contrecarrés par l'insistance du développeur Lockheed Martin à considérer que le code du logiciel est sa propriété a déclaré le vice-amiral Paul Grosklags Marine et Marine Corps Aviation Programs.

La Marine ne pouvant disposer des codes sources d’ALIS, celle-ci ne peut intégrer le logiciel du F-35 avec ceux déjà en activités soit le DECKPLATE et l’AMSRR qui sont utilisés pour tous les autres types d'avions. Pour le vice-amiral Paul Grosklags les problèmes de logiciels sont le talon d'Achille du programme F-35.

 

Photo : le F-35A @ USAF

05/03/2018

L’Indonésie prévoit d’acquérir plus de Su-35 !

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L'armée de l'air indonésienne a pris la décision d'affecter 16 avions de combat à chaque escadron. De fait, le pays prévoit de passer commande pour plus de Sukhoi Su-35 « Flanker-E ». En effet, le contrat signé le 14 février dernier porte sur un premier lot de 11 Sukhoi Su-35. Ce contrat devrait être suivi d'un autre pour cinq autres Su-35 russes dans quelques années.

Rappel :

C’est en septembre 2015 que le ministère indonésien de la Défense (MoD) a choisi le Sukhoi Su-35 «Flanker-E » pour remplacer les actuels Northrop F-5E Tiger II de la Force aérienne. Ce programme représente la première commande à l'exportation du Su-35. Les forces aériennes indonésiennes exploitent actuellement une flotte mixte d'appareils russes composée de Su-27SK, Su-27SKM, Su-30MK et de Su-30MK2, achetés par étapes depuis 2003.

Le Sukhoi Su.35 :

Le Su-35 est un appareil de la génération 4++.  Les caractéristiques de l'avion comprennent une nouvelle avionique numérique avec fusion des données, un nouveau réseau d'antennes radar progressive avec une longue portée de détection et de cibles aériennes. Son noyau est le système de gestion de l'information (SGI), qui intègre les sous-systèmes fonctionnels, logiques, d'information et de logiciels en un complexe unique qui assure l'interaction entre l'équipage et l'équipement. L'IMS comprend deux ordinateurs centraux numériques, dispositifs de commutation et de l'information. Le pilote dispose de deux écrans MFI affichage multi-fonctions de 9x12 pouces et une résolution de 1400x1050 pixels.

Le noyau du Su-35 dispose de deux doubles radars en bande X en réseau, à antennes progressives Irbis-E, soit un N-12 à l’avant et un N-011 dans la queue arrière. A l’avant le N-12 est monté sur une unité de commande hydraulique à deux étapes (en azimut et en rouleau). Le dispositif d'antenne scanne par un faisceau électronique dans l'azimut et l'angle d'élévation dans les secteurs non inférieure à 60°. L'unité d'entraînement en deux étapes électro-hydraulique tourne en outre l'antenne par des moyens mécaniques à 60 ° en azimut et 120 ° en roulis. Ainsi, en utilisant la commande électronique et mécanique tour supplémentaire de l'antenne, l'angle de braquage maximal du faisceau peut atteindre 120 °. Le radar Irbis-E détecte les cibles aériennes jusqu’à une portée maximale de 400 km. Le tout avec une nouvelle génération d'optique frontale.

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La durée de vie de la cellule est de 6’000 heures de vol, soit un cycle de vie de 30 années d'exploitation. La durée de vie assignée des moteurs AL-117S dérivé de l’AL-31F avec poussée vectorielle est de 4’000 heures.

Photos : 1 Sukhoi Su-35 « Flanker-E » 2 Radar AESA Irbis-E @ Sukhoi