01/02/2019

L’Allemagne n’achètera pas le F-35 !

 

luftwaffe,tornado,eurofighter,super hornet,nouvel avion de combat,blog défense

                                                        

L'Allemagne n’achètera pas l’avion de combat Lockheed-Martin F-35 pour venir remplacer la flotte actuelle de Panavia Tornado, selon des sources du ministère de la Défense. Le gouvernement allemand ne veut pas jeter de l’huile sur le feu avec le futur programme européen d’une part et de l’autre, il veut tenir ses engagements vis-à-vis du programme Eurofighter qui a besoin de soutien. Cependant, les ennuis de développement du F-35 y sont probablement aussi pour quelques choses, les critiques n’ont cessé de prendre de l’ampleur en Allemagne, ces derniers mois.

Trois possibilités :

Trois options semblent donc possibles pour le choix du nouvel avion avec l’Eurofighter et le Super Hornet/Growler qui restent en course :

  • L’achat unique d’Eurofighter T3
  • L’achat mixte d’Eurofighter et d’une flotte plus petite de Super Hornet ou mieux la version de guerre-électronique Growler.
  • Et finalement une dernière option moins privilégiée avec l’achat de Super Hornet avec ou sans le Growler.
  1.  

    luftwaffe,tornado,eurofighter,super hornet,nouvel avion de combat,blog défense

Le ministère prendra une décision finale après avoir reçu des informations détaillées de Boeing et d'Airbus. Une question reste également ouverte en ce qui concerne l’emport d’armes nucléaires américaines pour satisfaire aux obligations de l'Allemagne vis-à-vis de l'OTAN.

Pour l’instant aucun calendrier de décision n’a été donné, mais le processus pourrait prendre du temps, car le gouvernement américain devra certifier les deux avions à réaction pour transporter les armes nucléaires.

Pour la petite histoire, il s’agit du second pays après Taïwan qui décide de pas opter pour le F-35.

luftwaffe,tornado,eurofighter,super hornet,nouvel avion de combat,blog défense

Photos : 1 Tornado allemand 2 Eurofighter @ Luftwaffe 3 Super Hornet @ USN

25/01/2019

Cinq avionneurs ont répondu à demande suisse !

412896217.jpg

 

Le Départment de la défense annonce ce vendredi que cinq candidats ont transmis à armasuisse leurs offres relatives aux prochains avions de combat. Les offres portent sur les avions suivants: Eurofighter d’Airbus DS, F/A-18 Super Hornet de Boeing, Rafale pour Dassault, F-35A de Lockheed-Martin et le Gripen E de Saab.

Coup d’envoi de la phase d’analyse et d’essais :

La soumission de ces premières offres marque le début de la phase d’analyse et d’essais. De février à mars 2019, les spécialistes d’armasuisse et des Forces aériennes procéderont aux essais des avions dans les simulateurs correspondants. Ces activités auront lieu chez les candidats et se dérouleront parallèlement aux audits de support produit. Au cours de ces audits, les forces aériennes des pays de fabrication présenteront l’exploitation et la maintenance des avions ainsi que le déroulement de la formation. Ils seront suivis par l’analyse des réponses au questionnaire que les fabricants devaient remplir dans leurs premières offres. Parallèlement, entre avril et juillet 2019, les avions de combat seront soumis à des essais en vol et au sol à Payerne.

Étapes suivantes du projet Prochain avion de combat :

Pour chaque candidat, armasuisse, en coopération avec l’État-major de l’armée, les Forces aériennes, la Base logistique de l’armée et la Base d’aide au commandement, rassemblera dans des rapports spécialisés les connaissances tirées de la phase d’analyse et d’essais. Ces rapports spécialisés constitueront la base de la comparaison systématique et complète entre les candidats qui sera réalisée au deuxième semestre 2020. Ils serviront aussi à déterminer pour chaque modèle d’avion la taille nécessaire de la flotte. 

Sur cette base, conformément au calendrier actuel, armasuisse élaborera un deuxième appel d’offres qui sera transmis aux candidats. À partir des connaissances acquises avec la deuxième offre, armasuisse comparera les candidats entre eux sur la base des rapports spécialisés et déterminera l’utilité globale pour chaque candidat. Le rapport d’évaluation mettant en parallèle l’utilité globale avec les coûts d’acquisition et d’utilisation pour une période de 30 ans sera alors élaboré. Le Conseil fédéral décidera du modèle retenu. (Source DDPS)

Quelques détails  de la procédure :

Pour garantir un travail impartial, armasuisse à mis en place un système compartimenté. Les détails sont strictement séparés des prix.  Ainsi, les groupes d’experts du département de la Défense qui évaluent les aspects techniques des aéronefs ne connaissent pas les coûts et ne peuvent être influencés. A l’inverse, le groupe d’évaluations des coûts ne connaîtra pas les aspects techniques. Cette manière de faire évitera toute collusion.

Lors de la remise de la première offre, chaque avionneur disposait d’un jour pour sa présentation. C’est seulement après que tous les candidats ont pu apporter leur dossier ,que ceux-ci sont ouverts pour débuter les études.

Chacune des équipes d’experts n’aura accès qu’a ce qui la concerne. Le groupe de maintenance ne disposera que de questions relative à ce domaine, comme celui de l’armement et ainsi de suite.

Des questions en nombres :

Les avionneurs ont du répondre à pas moins de près de 700 questions qui doivent refléter l’ensemble des domaines de l’avion qu'ils proposent, mais également de l’évolution des standards disponibles pour 2025. Mais chaque avionneur devra ensuite répondre aux questions additionnelles qui ne manqueront pas d’apparaître lors des essais.

Nous aurons donc l'occasion de décortiquer chaque phase à venir avec intérêt et ceci d'autant plus que pour la première fois, si tout se déroule comme prévu, le F-35 sera testé grandeur réelle avec ses concurrents. Du jamais vu !

Photo montage : Gérard Famerée

11/01/2019

Le premier Rafale F3-R pour la Marine !

199014_1.jpg

Le commandant de la base aérienne navale de Landivisiau a officiellement réceptionné le premier Rafale standard F3-R. Converti par le détachement des ateliers aéronautiques de l’AIA Bretagne, le Rafale Marine n°30 a été livré au groupe de soutien technique aérospatial pour être préparé et remis au détachement de chasse de l’escadron CEPA / 10S.

L'avion mis à niveau a effectué son premier vol depuis la base aérienne de Landivisiau le 17 décembre 2018 à 16 h 15. Il sera initialement utilisé par CEPA / 10, qui réalisera un certain nombre d'essais qui, en cas de succès, permettront au commandement de Naval Aviation de déclarer la mise en service opérationnelle de la norme Rafale F3-R, qui sera initialement exploitée par Flotille 11F (11ème escadron aéronaval), la première unité à exploiter le nouveau standard de l’avion.

 Le Rafale F-3R :

Rafale-M-F-3R-Landivisiau.jpg

La nouvelle norme Rafale F3-R apporte de nouvelles capacités dans les domaines du renseignement, de la communication, du combat et du commandement. Si l'intégration du missile à longue portée Meteor et du pod de désignation laser « Talios » de nouvelle génération sont des innovations majeures, d'autres développements (principalement logiciels) dans les systèmes embarqués permettent à l'avion d'évoluer.

La norme F3-R comprend également l’installation d’un système anticollision automatique au sol (AGCAS) et diverses améliorations apportées au radar RBE2, au système de guerre électronique Spectra, à la nacelle Reco NG et au système de navigation par inertie.

Avec la norme F3-R, le Rafale Marine sera également équipé d’une nacelle de ravitaillement en vol de nouvelle génération. Le F-3R peut notamment utiliser les armements suivants :bombes guidées laser GBU-12/24 et bombes guidées Hammer, la capacités de  frappes dans la profondeur avec missiles de croisière Scalp, attaque en mer mer avec missile Exocet AM39 BlockII. La reconnaissance tactique et stratégique en temps réel avec nacelle Areos  et le ravitaillement en vol d'un Rafale à un autre de type « buddy-buddy ». Sans oublier la dissuasion nucléaire avec missile ASMP-A. 

Infos techniques : DefenseAero

Photos : 1 La flotille 11F 2 La remise du Rafale F-3R @ Dassault aviation

09/01/2019

Pas de F-16 israéliens pour la Croatie !

iniohos2016_63.jpg

Washington s’est opposé au transfert de technologies sensibles concernant la vente de F-16 israéliens d’occasions à la Croatie. La Croatie, membre de l'OTAN, se préparait à acheter à Israël 12 chasseurs F-16 « Barak » de seconde main, pour 500 millions de dollars. Pour la Croatie, l'accord lui aurait permis d'obtenir un avion de combat assez moderne pour remplacer sa flotte vieillissante de MiG-21, un modèle soviétique entré en service en 1959.

Les discussions entre les deux pays ont débuté l'année dernière et les États-Unis se sont joints à celles-ci en juin, alors que Washington doit accepter toute vente à des tiers d'équipements fabriqués aux États-Unis. Les négociations se sont poursuivies jusqu’en décembre, lorsque le Département d’Etat est intervenu pour bloquer la vente, craignant qu’Israël ne prévoit de transférer des technologies qu’il n’était pas autorisé à transférer. Les Etats-Unis ont déclaré qu'Israël devait retirer des jets les améliorations apportées au fil des ans avant le transfert de l'avion.

En effet, Israël a modernisé ses F-16 avec des systèmes électroniques et radar sophistiqués d'origine autochtone comme le système Elta L-8240 entre autres. un élément essentiel de la décision de la Croatie d'acheter des F-16 à Israël plutôt qu'aux États-Unis.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, désireux de vendre des avions, a personnellement abordé la question avec le secrétaire d’État Mike Pompeo lors de sa réunion au Brésil plus tôt ce mois-ci, mais il n’a pas pu changer la position américaine, selon les médias israéliens.

Les Croates, pour leur part, craignent maintenant que l'annulation de l'accord de 500 millions de dollars ne réduise considérablement leurs dépenses de défense, qui représentent moins d'un milliard de dollars par an. Cela pourrait placer le pays dans le collimateur de l'administration Trump et de l'OTAN, qui ont tous deux réclamé une augmentation des dépenses de défense. Zagreb consacre actuellement environ 1,2% de son PIB à la défense, ce qui est bien en deçà de l'objectif de 2% fixé par l'OTAN.

Zagreb se tourne vers la Suède :

Zagreb semble maintenant revenir en direction de la Suède en ce qui concerne l’offre de l’avionneur Saab avec le JAS-39 C/D Gripen qui était proche de l’offre israélienne, un responsable croate a suggéré que ce pays pourrait être le favori.

En effet, le gouvernement suédois avait soumis une offre comprenant la vente de douze ou de huit Gripen C/D de la dernière génération. L'offre comprenait également un accord de support et d'entraînement pour les techniciens et les pilotes. Dans le but d'assurer que les Forces aériennes croates restent opérationnelles sans interruption lorsque leurs MiG-21 actuels seront mis hors service.  Saab proposait un ensemble de coopération industrielle. Sur la base des expériences et des ressources combinées de son important réseau industriel, Saab et la base de fournisseurs Gripen offrent à la Croatie un partenariat à travers un programme de défense et de coopération industrielle de nouvelle génération. Saab est prêt à s'engager dans une obligation de coopération industrielle évaluée à 100 pour cent de la valeur du contrat.

 

saab_jas39.jpg

 

Photos : 1 F-16 C Block 40 « Barak » @ Georges Caravatos JAS-39 Gripen C @ Flygvapnet

 

08/01/2019

Hornet d’occasions, la polémique enfle au Canada !

1200px-Three_RAAF_FA-18_Hornets_in_flight_at_Red_Flag_2012.JPG

Le gouvernement canadien a conclu un accord pour l'achat d’avions de combat Boeing F/A-18 « Hornet » d’occasions australiens. Le premier des 25 avions à réaction de seconde main devrait arriver ce printemps, a confirmé le ministère de la Défense nationale canadienne.

Le gouvernement Trudeau a annoncé en 2017 qu'il achèterait 18 F-18 australiens usagés à titre de mesure provisoire pour renforcer l'armée de l'air jusqu'à ce que toute la flotte canadienne de CF-18 soit remplacée, à compter du milieu des années 2020. Les sept autres jets australiens achetés seront utilisés pour les tests et les pièces de rechange.

Les représentants du MDN affirment que les deux premiers avions arriveront ce printemps. Le ministère a indiqué que les premiers arrivants pourraient être opérationnels d'ici l'été, tandis qu'un deuxième groupe d'avions pourrait arriver plus tard cette année.

Le coût total du projet d’acquisition (améliorations, salaires et plan d’urgence) sera plus proche de 500 millions de dollars. 

Dans l’attente du futur avion :

Le ministre de la Défense canadien, Harjit Sajjan, a annoncé son intention d’acheter les avions d’avion australiens et a lancé en parallèle un concours pour remplacer les CF-18 « Hornet » canadiens.  Sajjan a déclaré que les avions à réaction utilisés sont nécessaires pour combler le "fossé de capacité urgent" du Canada et que le Canada ne dispose pas d'assez d'avions pour respecter ses engagements vis-à-vis de l'OTAN et du Commandement de la défense aérospatiale de l'Amérique du Nord (Norad) en même temps.

Une mauvaise solution : 

Cette solution de remplacement en attendant mieux n’est pourtant pas forcément une bonne idée. En effet, il faut se rappeler que l’US Navy va progressivement retirer ses « Hornet » à partir de 2023. De fait, Boeing ne livrera plus de mises à jour des logiciels à cette date. Un problème d’obsolescence va venir se poser rapidement pour ces avions en service. De plus, le potentiel cellule arrivant en fin de vie, il faudra à la Royal Canadian Air Force les utiliser avec une extrème économie, qui prendra d’autant plus raison, si le nouvel avion tarde à être choisi. Du côté de l’opposition c’est l’insatisfaction qui prédomine. En effet, l’argent investit aurait pu être mieux utlisés dans l’achat d’un nouvel avion. Pour de nombreux observateurs, les vieux « Hornet » australiens souffent déjà de nombreuses pannes et problèmes techniques, en cause le vieillissement des avions.

Pour certains, cette solution permet au gouvernement Trudeau de jouer la montre avec l'achat du futur avion et surtout évite de reparler du contrat F-35. 

Photo :Hornet australiens @RAAF