08/01/2019

Hornet d’occasions, la polémique enfle au Canada !

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Le gouvernement canadien a conclu un accord pour l'achat d’avions de combat Boeing F/A-18 « Hornet » d’occasions australiens. Le premier des 25 avions à réaction de seconde main devrait arriver ce printemps, a confirmé le ministère de la Défense nationale canadienne.

Le gouvernement Trudeau a annoncé en 2017 qu'il achèterait 18 F-18 australiens usagés à titre de mesure provisoire pour renforcer l'armée de l'air jusqu'à ce que toute la flotte canadienne de CF-18 soit remplacée, à compter du milieu des années 2020. Les sept autres jets australiens achetés seront utilisés pour les tests et les pièces de rechange.

Les représentants du MDN affirment que les deux premiers avions arriveront ce printemps. Le ministère a indiqué que les premiers arrivants pourraient être opérationnels d'ici l'été, tandis qu'un deuxième groupe d'avions pourrait arriver plus tard cette année.

Le coût total du projet d’acquisition (améliorations, salaires et plan d’urgence) sera plus proche de 500 millions de dollars. 

Dans l’attente du futur avion :

Le ministre de la Défense canadien, Harjit Sajjan, a annoncé son intention d’acheter les avions d’avion australiens et a lancé en parallèle un concours pour remplacer les CF-18 « Hornet » canadiens.  Sajjan a déclaré que les avions à réaction utilisés sont nécessaires pour combler le "fossé de capacité urgent" du Canada et que le Canada ne dispose pas d'assez d'avions pour respecter ses engagements vis-à-vis de l'OTAN et du Commandement de la défense aérospatiale de l'Amérique du Nord (Norad) en même temps.

Une mauvaise solution : 

Cette solution de remplacement en attendant mieux n’est pourtant pas forcément une bonne idée. En effet, il faut se rappeler que l’US Navy va progressivement retirer ses « Hornet » à partir de 2023. De fait, Boeing ne livrera plus de mises à jour des logiciels à cette date. Un problème d’obsolescence va venir se poser rapidement pour ces avions en service. De plus, le potentiel cellule arrivant en fin de vie, il faudra à la Royal Canadian Air Force les utiliser avec une extrème économie, qui prendra d’autant plus raison, si le nouvel avion tarde à être choisi. Du côté de l’opposition c’est l’insatisfaction qui prédomine. En effet, l’argent investit aurait pu être mieux utlisés dans l’achat d’un nouvel avion. Pour de nombreux observateurs, les vieux « Hornet » australiens souffent déjà de nombreuses pannes et problèmes techniques, en cause le vieillissement des avions.

Pour certains, cette solution permet au gouvernement Trudeau de jouer la montre avec l'achat du futur avion et surtout évite de reparler du contrat F-35. 

Photo :Hornet australiens @RAAF

02/01/2019

Nouvelle livraison de Su-30SM pour le Kazakhstan !

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La force de défense aérienne du Kazakhstan (KADF) a reçu un nouveau lot d'avions de combat multirôles de type Sukhoi Su-30SM «Flanker-H» en provenance de Russie, a annoncé le ministère de la Défense à Astana dans un communiqué datant de fin décembre. Une source de l'armée kazakhe a confirmé de son côté que la 604ème base aérienne de Taldykorgan, dans la région d'Almaty, avait réceptionné quatre avions supplémentaires portant à 12 le nombre total de Su-30SM reçues par la KADF.

Rappel :

C’est en 2014, que le Kazakhstan a signé un contrat d'une valeur d’environ 776,9 millions de dollars pour un premier lot de quatre Su-30SM, qui ont été livrés avant avril 2015.

En décembre 2015, un second contrat a été signé pour huit plates-formes additionnelles. Les deux premiers chasseurs sont arrivés au Kazakhstan en décembre 2016 et deux autres en décembre 2017.

Dans un accord-cadre signé en août 2017, Astana a annoncé son intention d'acheter 12 nouveaux Su-30SM à Moscou. Astana a passé une commande pour huit de ces avions lors du salon de la défense KADEX tenu en mai 2018. La livraison de ces huit plates-formes devrait être achevée en 2020.

Sukhoi Su-30SM  :

Les SU-30SM se différencient des Su-30MKI indiens par leurs équipements entièrement russes, leur système d'identification "ami/ennemi" et par d’autres éléments. Pour développer cette version, Sukhoi profita de son expérience avec le programme Su-35 en ce qui concerne par exemple l’avionique. Tout comme la version MKI, le SM dispose de plans canard et de tuyères à poussée vectorielle couplées aux moteurs Saturn Lyulka AL-31FP.

L’appareil dispose d’un radar à antenne à balayage électronique (AESA) de type BAR-R N-011M couplé à un IRTS OLS-30 et le système Optico-Laser-teplotelevizionnaya. L’antenne en bande X permet de suivre 30 cibles aériennes en mode piste, pendant l’exploration et d’engager 6 cibles simultanément en mode attaque. L’avionique est également de dernière génération avec écrans multifonctions (EFIS), système de positionnement par satellite GLONASS et un nouveau système de communication sécurisé S-108 NKVS-27. Par ailleurs l’avion dispose du système de mise en réseau KS-2 / R-098 (Tipovyi Kompleks Svyazi) de données de vol Intra-Flight chiffré (IFDL) qui permet la mise en réseau de jusqu'à 16 chasseurs Sukhoi. Le système de guerre électronique est basé sur le Khibiny-MV-10V, L-175B et L-175M. Le Khibiny russe est un système avancé de guerre électronique (EW) monté sur avion, il est capable de brouiller les systèmes d'armes radar à la pointe de la technologie.

L’armement est multiple pour permettre l’engagement air-air et air-sol mais également air-surface. L’option de dissuasion nucléaire est également possible avec capacité de frappe d’interdiction et la suppression des défenses antiaériennes.

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Photos :Su-30SM Kazak @ KADF

20/12/2018

Rafale indien : la farce est close !

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La Cour suprême de l’Inde de rejeter tous les recours déposés à l’encontre du Contrat Rafale signé le 23 septembre 2016 dans le cadre d’un Accord intergouvernemental entre l’Inde et la France. Ceci clos définitivement la polémique lancée durant l’été.

Rappel :

En août dernier, l’oppositon indienne avait tenté de discréditer l’actuel gouvernement sur le dossier « Rafale ». Les accusations portées contre l’accord de gouvernement à gouvernement comprenaient un manque de transparence sur les détails et un coût qui serait beaucoup plus élevé que ce qui a été négocié début 2012. Cette année-là, le Rafale est devenu le vainqueur du programme d'avions de combat MMRCA. Les négociations par le congrès n'ont pas été poursuivies en raison de problèmes non résolus concernant le transfert de technologie et les compensations entre Dassault et Hindustan Aeronautics Ltd. L'opposition a accusé la société privée Reliance Infrastructure, connue du Premier ministre, d'avoir été  choisie par le gouvernement indien pour être le partenaire compensateur de Dassault.

Pas d’irrégularité :

Selon la Cour suprême l’absence de toute irrégularité dans le processus décisionnel concernant l’achat de 36 Rafale, le prix et la sélection, par Dassault Aviation, des partenaires indiens du programme de compensations industrielles (offset), dont la société Reliance Defence appartenant à M. Anil Ambani.

« L’accord est totalement conforme aux lois et règles indiennes, comme je l’ai déjà déclaré, et le premier élément de Falcon vient de sortir de notre usine de Nagpur pour être livré », a déclaré Eric Trappier, Président-Directeur général de Dassault Aviation.

Dassault Aviation s’engage à mettre pleinement en œuvre le programme « Make in India » du Premier ministre Modi. À ce titre, Dassault Aviation assurera de la production en Inde par le biais de la Joint Venture Dassault Reliance à Nagpur, ainsi qu’au travers d’un vaste réseau d’approvisionnement comprenant déjà une trentaine d’entreprises avec lesquelles Dassault Aviation a signé des contrats, et une soixantaine d’autres pour lesquelles des discussions sont en cours.

Dassault a répondu à la demande indienne :

Selon les termes du nouveau contrat, l'avionneur français s'est associé avec un partenaire indien, Reliance Group, dirigé par le magnat Anil Ambani. Cette société n'avait pourtant aucune expérience préalable dans l'aéronautique. Dassault a déjà investi plus de 100 millions d'euros dans sa co-entreprise avec Reliance à la suite du nouvel accord. En agissant ainsi l’avionneur français n’a fait que répondre favorablement à une demande indienne précisée d’emblée dans le cahier des charges. Le choix de la société Reliance est du à la volonté du gouvernement indien.

Comme je l’expliquais dans un article du 9 août dernier, il n’y pas de problème avec le contrat « Rafale » en Inde, mais l’enjeu politique est tel, que celui-ci pouvait faire basculer le choix des urnes. Du côté de l’IAF, on s’est montré inquiet, car un nouveau retard aurait été une véritable catastrophe pour la modernisation de celle-ci. 

Photo :Rafale au couleurs indiennes @ Dassault Aviation

17/12/2018

Japon, présentation du radar du Mitsubishi X-2 !

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Depuis quelques temps, le ministère de la Défense japonais laisse entrevoir la technologie qu’il prépare pour son programme du futur avion de combat le Mitsubishi ATD-X-2. Après avoir dévoilé des informations en ce qui concerne la motorisation, la base des futurs équipement d’armement, voici qu’il a dévoilé une matrice du futur radar AESA. L’antenne était placée sur un chariot d’essai au sol.

Cependant, sa forme et sa taille étaient similaires à celles du Mitsubishi APG-2 du Mitsubishi Heavy Industries (MHI) F-2, ce qui laisse supposer qu’elle celle-ci sera à l’essai sur l’actuel Mitsubishi F-2 actuellement en service. Ce nouveau radar sera un AESA) appelé «capteur RF multifonction», offrira une grande agilité du spectre, des capacités de contre-mesures électronique intégrée (MCE), ainsi que des mesures de supports électronique (MES), des fonctions de communication et éventuellement même les fonctions des armes à micro-ondes.

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Le Mitsubishi ATD-X «Shinshin» : 

Le Mitsubishi ATD-X «Shinshin» est un prototype expérimental d’avion de combat de cinquième génération entièrement conçu au Japon. Il est développé par le ministère japonais de la défense.  Le principal entrepreneur du projet et Mitsubishi Heavy Industries (MHI). L’ ATD-X est un acronyme signifiant « Advanced Technology Demonstrator - X ». Shinshin signifie « le dieu de l'esprit ».

Ce programme a été lancé en 2009, suite au refus du gouvernement américain de vendre à l’exportation le Boeing F-22 «Raptor» en 2006.

L’ATD-X sera utilisé en tant que démonstrateur technologique et prototype de recherches pour déterminer la viabilité des technologies aéronautiques militaires avancées du Japon. L'appareil bénéficie de la poussée vectorielle tridimensionnelle: la poussée sera dirigée par trois palettes situées sur chaque tuyère, ce système a déjà été employé sur l'avion expérimental Rockwell X-31. Autre particularité, les commandes de vols électriques emploieront la fibre optique en lieu et place des câbles traditionnels, ce qui permettra un débit de données plus élevé et une immunité aux perturbations électromagnétiques. L'appareil embarquera un radar à antenne électronique (AESA). Une caractéristique encore en développement, baptisée littéralement « fonction d'auto-réparation des contrôles de vol » permettra à l'appareil de détecter automatiquement les dommages et les dégâts causés aux gouvernes de directions et d'ajuster l'utilisation des gouvernes restantes en conséquence, afin de garantir un vol stable et contrôlé.

Les spécifications de performance provisoires de l'ATD-X font états d’une masse maximale au décollage de 13.000 kg, un plafond de pratique de 65.000 pieds,un niveau maximum de Mach 2,25 (1,82 en mode supercruise) et un rayon d’action de 761 km et 2900km avec réservoirs largables. L’avion est motorisé par deux Ishikawajima-Harima Heavy Industries XF-5-1 de 10 tonnes de poussée (15 avec la post combustion) et dotés de tuyères à poussée vectorielle.

Maintien du projet :

Faute de moyens, le Japon a longement hésité sur l’avenir de son futur avion de combat, mais Tokyo semble maintenant sur la voie d’un développement définitif pour son futur avion indigène.

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Photos : 1 ATD-X2 au roulage matrice du futur radar AESA Au décollage avec vue sur les tuyères à poussée vectorielle @ MHI

 

 

03/12/2018

La Slovaquie signe pour le F-16 « Viper » !

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Je vous l’annonçais en juillet dernier, le gouvernement slovaque a choisi d’acquérir un lot de 14 avions de combat américains Lockheed-Martin F-16 Block 70/72 pour 1,6 milliard d'euros, afin de remplacer ses MiG-29 de conception soviétique devenus obsolètes.

Signature du contrat :

Conformément à la décision du gouvernement, le ministère slovaque de la Défense, représenté par le colonel Vladimír Kavický, directeur national de l’armement, a signé fin novembre les accords techniques respectifs pour le lancement du processus de remplacement de la flotte d’avions de combat. Tous les avions de combat devraient être livrés d'ici la fin de 2023.

Le F-16 « Viper » Block70/72 destiné à la Slovaquie :

Le département d'État confirme la vente de 14 F-16 Block 70/72 « Viper » avec les équipements suivants : jusqu'à 16 moteurs F-16 F110 General Electric ou F100 Pratt & Whitney, 15 canons M61 A1 Vulcan 20mm, 16 radars matriciels à balayage électronique actif (AESA) APG-83, 14 ordinateurs de mission modulaire, 14 systèmes de communication sécurisés LINK-16 (MIDS-JTRS), 16 systèmes de navigation par inertie (EGI) pour le système mondial de positionnement intégré LN260 EGI, 14 systèmes de viseur de casque, 14 générateurs d'affichage programmables améliorés (iPDG).

Armement :

- 30 missiles air-air AIM-120C7.

- 100 missiles air-air AIM-9X.

- 12 missiles d’entraînement aérien captifs AIM-9X.

- 2 AIM-120C7.

- 24 unités de guidage supplémentaires AIM-9X;

- 224 groupes de contrôle de l'ordinateur et groupes de pôles de surface portante pour les kits de bombe guidée GBU-12 Paveway II 5001b.

- 20 groupes de contrôle d’ordinateur améliorés pour le Paveway II amélioré (GBU-49).

- 150 trousses de guidage KMU-572F / B pour la bombe guidée pour la munition d'attaque directe commune (JDAM) 5001b (GBU-38).

- 60 LAU-129 guidés - Lanceurs de missiles.

- 36 bombes à remplissage inerte MK-82 ou BLU-111 de 500 lb.

- 400 bombes MK-82 ou BLU-111 de 500 lb.

- 400 fusées programmables conjointes FMU-152.

-  6 nacelles de désignation AN/AAQ-33 SNIPER.

- 1 détecteur de cible lumineux DSU-38A / B (GBU-54).

 Et encore :

14 systèmes de gestion de guerre électronique AN / ALQ-213, 16 suites de guerre électronique défensive intégrée AN/ALQ-211; 16 distributeurs de contre-mesures AN/ALE-47. Ainsi que d’un système de planification de mission conjointe (JMPS), un simulateur de vol.

Le Lockheed-Martin F-16 « Viper » : 

Le Lockheed-Martin F-16 « Viper » Block70/72 est le dernier et le plus avancé de la famille des « Fighting Falcon ». La configuration F-16V comprend de nombreuses améliorations destinées à maintenir le F-16 à la pointe des avions de combat. Selon Lockheed-Martin, cette nouvelle version va fournir des capacités de combat de pointe tout en restant une solution évolutive et abordable pour le client.

Le F-16V dispose d’un nouveau radar à antenne électronique Electronically Scanned Array (AESA) Northrop-Grumman APG-83 « Radar Scalable Agile Beam ». L'APG-83 fournit aux pilotes une vision inégalée en matière de détail de la zone de cibles et d’affichages cartographiques numérique couplé à un système IRST. L’avionique est également améliorée avec un écran géant 6x8 central (CPD) à haute résolution, un nouveau bus de données à haute vitesse. Les capacités opérationnelles sont améliorées grâce à un nouveau système de liaisons de données Link-16 « Theater Data Link », l’adjonction de la dernière version de la nacelle de désignation « Sniper », d’un nouveau système de navigation et de précision par GPS. L’avion est également doté du système automatique Ground Collision Avoidance (Auto GCAS). En matière d’armement, le F-16V permet d’emporter l’ensemble des armes disponibles et futures en de l’US Air Force.

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Photos :F-16 Viper Block 70@ Lockheed-Martin