07/04/2019

F-35, la Turquie poussée hors de l’Otan ?

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Washington, le ministère de la Défense américain a interrompu la livraison de pièces et d’avions Lockheed-Martin F-35 « Lightning II » à la Turquie après que Ankara eut refusé d'annuler une commande en faveur du système de défense sol-air S-400..

Les États-Unis et leurs alliés s’inquiètent du fait que le projet turc d’acquérir le système de missile sol-air, Almaz-Antey S-400 « Triumf » pourrait exposer les vulnérabilités de l’avion furtif. Des faiblesses qui pourraient ensuite être exploitées par la Russie. Le système radar est considéré comme l’un des plus avancés du marché à l’exportation.

Les États-Unis ont clairement indiqué que l'acquisition de S-400 par la Turquie était inacceptable. Par conséquent, le DoD a pris les mesures nécessaires pour assurer la planification de la redistribution du programme en vue de la résilience de la chaîne d'approvisionnement du F-35 en Turquie. En effet, la Turquie fait partie de la chaine d'approvisionnement secondaire pour le programme F-35.

Livraison et formation stoppée :

Lockheed-Martin a officiellement présenté les premiers chasseurs F-35A à la Turquie lors d'une cérémonie de déploiement en juin 2018 à Fort Worth, au Texas. Cependant, la Turquie ne devrait pas recevoir le chasseur furtif dans son propre espace aérien avant 2020. Entre-temps, ses pilotes s'entraînaient sur le nouvel avion de Luke AFB, en Arizona, ainsi que des équipes au sol destiné à la maintenance ont commencé à s'entraîner à Eglin AFB, en Floride.

Pour inciter la Turquie à abandonner le S-400, les États-Unis ont proposé le système de missile Patriot de Raytheon. Mais la Turquie a refusé l’offre.

Les risques techniques:

Les États et l'OTAN utilisent une liaison de données tactique qui permet aux avions militaires de partager leurs images tactiques en temps quasi réel. C'est ce qu'on appelle le Link 16. Les avions de l'OTAN utilisent également les systèmes d'identification ami/ennemi soit l’IFF, pour identifier les avions amis dans le ciel.

Les interrogateurs de type IFF et le Link 16 devraient être intégré au système S-400 pour permettre aux F-35 turcs, de voler et d’apparaître comme ami sur les écrans du S-400. Mais cette situation peut compromettre les liaisons de données tactiques entre le Link 16 et l’IFF. Avec le F-35 volant à proximité du système S-400, au fil du temps, vous pourriez rassembler les caractéristiques sensibles à la furtivité du F-35 et voir ses capacités de furtivité détaillées. Il faut savoir que dès que vous connaissez la forme de l’onde issue du F-35, vous pouvez l’usurper,  et donc renvoyer un faux signal qui peut tromper les radars de l’Otan.

Et si la Turquie quittait l’Otan ?

La situation est devenue particulièrement critique entre les Etats-Unis et la Turquie. Cette situation pourrait à terme se compliquer, car il n’est pas question pour les l’Otan de voir ses appareils scannés par le système S-400 prochainement implanté en Turquie. L’abandon de la base aérienne d’Incirlik est donc au menu des plafinificateurs de l’Otan. Une telle décision pourrait avoir comme conséquence de jeter la Turquie hors de l’Otan, ni plus ni moins.

Pour remplacer la base aérienne d’Incirlik, l’Otan et les Etas-Unis réfléchissent à l’utilisation de la base aérienne de Muwaffaq Salti près d’Al-Azraq en Jordanie. Cette dernière n’est pas une inconnue, puisqu’elle a été utilisée par l’OTAN et les forces aériennes de l’UE, concrètement par les Belges en 2014 et 2015. Les forces aériennes américaines opérèrent déjà depuis plusieurs années à partir de cette base.

Photos :F-35 turc @ Lockheed-Martin

 

26/03/2019

Le Maroc commande le F-16 Viper !

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Le Département de la défense des États-Unis approuve la vente de 25 Lockeed-Martin F-16 Block72 « V » au Maroc. Là pays dispose actuellement de 25 F-16 qu’on seront portés au standard Block72.

Selon le Département américain de la Défense, le contrat comprend également le matériel suivant : 29 moteurs F100-220E de Pratt & Whitney.

- 26 ordinateurs de mission modulaires, dont un de rechange;

- 26 systèmes de distribution d’informations multifonctions Link-16 - JTRS (MIDS-JTRS) avec terminaux TACAN et ESHI (avec un disque de secours);

- 26 systèmes mondiaux de navigation intégrés (EGI) LN260;

- 40 viseurs de casque. Ces casques seront ainsi généralisés à tous les pilotes marocains des F16. 

- 26 générateurs d’affichage programmables améliorés (iPDG).

- 30 canons M61 Al Vulcan 20 mm.

- 50 lanceurs polyvalents LAU-129.

- 40 missiles air-air de moyenne portée évolués AIM-120C-7 (AMRAAM).

- 40 sections de guidage AIM-120C-7.

- 3 kits JDAM GBU-38/54.

- 50 groupes de feuille d’air MXU-650, GBU-49.

- 50 MAU-210 groupes de contrôle informatique amélioré (GCC), GBU-49, -50.

- 36 fusées FMU-139 D / B.

- 6 fusées inertes FMU-139 D / B (D-l).

- 2 GTV GBU-39 (T-l).

- 60 bombes de petit diamètre GBU-39 / B (SDB I).

- 10 groupes de commande d’ordinateur MAU-169L / B, GBU-10, -12, -16.

- 10 groupes MXU-650C / B, GBU-12.

- 12 bombes MK82, inertes remplies.

- 4 bombes d'entraînement BLU-109.

- 10 MAU-169 GCC (D-2).

- 26 nacelles Sniper AN / AAQ-33.

Sont également inclus dans ce contrat: 26 systèmes de gestion de la GE AN / ALQ-213; 26 systèmes IFF d’identifications avancées ami/ennemi; une communications sécurisées, équipement de navigation cryptographique de précision; un système de planification de mission conjointe; 26 AN / ALQ-211 AIDEWS; 6 systèmes de reconnaissance avancée DB-110; matériel de communication; équipement de soutien.

 

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13/03/2019

F-35, ça chauffe entre Rome et Washington !

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L’information avait été gardée secrète, selon la presse italienne le gouvernement italien n’a plus payé un centime au programme des F-35 depuis le début de l’année 2018. Il en résulte un bras de fer entre Rome et Washington avec comme réaction l’interruption des livraisons de l’avion par Lockheed-Martin.

Par ailleurs l’avionneur américain Lockheed-Martin a suspendu toutes ses relations avec l'Italie et a demandé au bureau du programme commun des F-35 de faire de même !

Ces révélations interviennent alors que le gouvernement italien, qui est entré en fonction le 1er juin, continue de revoir ses programmes de défense, avec un accent particulier sur le F-35. Ces révélations de la situation sont le fait du général Alberto Rosso, chef d’état-major de l’armée de l’air italienne, lors d’une séance conjointe de la Chambre basse et de la Défense du Sénat.

Des critiques qui ne datent pas d’hier :

Malgré un rôle important dans la production et la maintenance du F-35, l’Italie s’est montré modéré en ce qui concerne le programme F-35. En juillet 2018, la ministre de la Défense nationale, Elisabetta Trenta, a déclaré que le pays envisageait de limiter la commande totale d'avions et éventuellement de la réduire. Depuis, l'Italie ralentit la livraison de l'avion, dans le cadre d'un effort visant à répartir le coût du programme. Actuellement, six appareils sont en cours de montage au sein de la ligne d’assemblage italienne d’Alenia Aermacchi à Cameri situé près de Novare, qui produit 40% des ailes pour tous les F-35A dans le monde entier, en tant que deuxième fournisseur de source pour Lockheed-Martin. Le coût unitaire initial serait de 106 millions d’euros pour le F-35A produit en Italie. La baisse possible et déjà annoncée en 2015 par lenaicne gouvernement italien du nombre de F-35 pour l’Italie n’est en soi pas une bonne nouvelle pour les coûts de production de l’avion en Italie, ni sur l’avenir de cette chaine d’assemblage. AleniaAermacchi se repose maintenant grande partie sur la  futur maintenance des F-35 en service dans les pays européens pour pouvoir justifier le maintien du site. Le choix de Leonardo d’entrer dans le futur programme Europeén « Tempest » avec les anglais de BAe Systems tent a démontrer que les italiens ne sont que moyennement satifaits du programme F-35. De fait, la participation au « Tempest » permettra d’assurer la survie du site italien, ce que le F-35 ne peut assurer complètement. 

La ministre de la Défense nationale, Elisabetta Trenta, a déclaré lors de sa première interview télévisée le 6 juillet: "Nous n’achèterons pas d’autres F35; nous envisageons de maintenir ou de supprimer des contrats existants…. Nous avons toujours critiqué le programme, Personne ne l'a cachée ", a-t-elle écrit dans un message publié sur son compte Facebook." Pour cette raison, nous n'achèterons aucun nouveau combattant et, à la lumière des contrats déjà signés par le précédent dirigeant, nous procédons à une évaluation minutieuse: prend exclusivement en compte l'intérêt national. "

Une renégociation :

Pour l’heure, il semble que le rapport issu de l’évaluation demandée par La ministre de la Défense nationale a maintenant été remis au Premier ministre Giuseppe Conte, qui, après en avoir examiné le contenu, devrait renégocier la participation de l’Italie avec le président Trump lors de sa prochaine visite à Washington.

Précisions :

Il semble que les factures non payées par l’Italie se montent à 389 millions d'euros. A ce jour, 28 avions commandés pour 11 réceptionné.

(Sources : La Stampa, Giovanni de Briganti DA)

 

Photo : F-35A italien @ FAI

 

 

21/02/2019

Trump bloque la livraison des F-35 turcs !

 

 

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Le président américain Donald Trump a signé un projet de loi sur les dépenses qui bloque le transfert des avions de combat Lockheed-Martin F-35 en direction de la Turquie.

La livraison des avions F-35 à la Turquie sera bloquée jusqu'à ce que le secrétaire d'État américain et le secrétaire à la Défense soumettent une mise à jour du rapport concernant l'achat par la Turquie du système de défense antimissile S-400 russe. Ce rapport doit être rendu d’ici au mois de novembre.

Dans un rapport précédent au Congrès, le Pentagone a déclaré que l'achat par la Turquie des systèmes de missiles russes S-400 pourrait entraîner l'expulsion potentielle d'Ankara du programme F-35 et affecter l'acquisition d'autres armes, notamment l’hélicoptère lourd Boeing CH-47F « Chinook ». 

Cette décision fait suite à la confirmation faite lundi dernier par le président turc Recep Tayyip Erdogan de l’achat du système sol-air, en précisant qu’il n’y aurait pas de renvois de celui-ci au vendeur. La Turquie s'attend à ce que la livraison des missiles S-400 commence cette année.

Le Feuilleton des F-35 turcs :

Le premier F-35 destiné à la Turquie a été livré sous haute tension le 22 juin 2018 dans une ambiance morose. L’avion est actuellement basé à Luke AFB en Arizona où les premiers pilotes turcs vont commencer à s'entraîner avec l'avion. Ce premier appareil devrait ensuite voler en direction de sa future base d’attachement en Turquie d’ici 12 mois. Mais rien n’est jouer pour l’instant. 

Fortes tensions qui perdurent : 

Les relations entre les États-Unis et la Turquie sont devenues très tendues ces dernières années. Les alliés de l'OTAN se sont affrontés ces derniers mois sur l'expansion turque de sa campagne en Syrie et le soutien américain à la milice des Unités de protection du peuple kurde, ainsi que la détention d'un pasteur américain et l'approfondissement des liens avec la Russie. La communauté internationale a également largement condamné la purge des fonctionnaires militaires et des fonctionnaires par le président turc Recep Tayyip Erdogan après une tentative de coup d'Etat en 2016.

Crainte de divulgation de secrets : 

Il faut également rappeler que de son côté l'Agence de coopération pour la défense de la Défense américaine à annoncé que la grande majorité des dirigeants turcs de l’époque avec qui les discussions sur l’achat du F-35 ont eu lieus sont actuellement en prison. De fait, aux Etats-Unis on commence à craindre sérieusement que le gouvernement actuel ne compromette pas les technologies du F-35 en les vendant à d’autres pays ou en les utilisant pour concevoir le futur avion de combat turc.

Les risques : 

En cas de blocage de la vente de F-35, les conséquences seront importantes. En effet, Ankara est un partenaire essentiel du programme F-35, plusieurs composants clés de la motorisation sont fabriqués par des compagnies turques, tandis que le principal centre européen de réparation et de révision du moteur Pratt & Whitney du F-35 se trouve à Eskisehir, au nord-ouest de la Turquie. Le département de la Défense estime qu'il faudra deux ans pour trouver et qualifier de nouveaux fournisseurs pour remplacer toutes les entreprises turques qui sont expulsées du programme. Autre conséquence, pour l’Otan cette fois, le pays pourrait bien refuser l’usage des installations de la base aérienne d'Incirlik, dans le sud de la Turquie, qui est un lieu de lancement essentiel pour les opérations au Moyen-Orient, notamment la campagne contre l'État islamique, et abrite un stock américain de bombes nucléaires B61, pilier de la dissuasion nucléaire américaine en Europe.

31/01/2019

La durée de vie du F-35B est trop faible !

 

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Une nouvelle révélation peu flatteuse vient de tomber sur le programme F-35. Le bureau d’essais du Pentagone révèle que  les données des tests de durabilité indiquent que la durée de service du F-35B achetés par le Marine Corps est «bien en deçà de» la durée de vie prévue de 8’000 heures initialement prévu.  Selon le rapport annuel 2018 publié par l’agence Bloomberg.

Retrait de service en 2026 :

Selon le rapport du Pentagone, la durabilité de vie du F-35B n’est que de 2'100 heures au lieu des 8'000 prévues. Cela signifie que certains jets devraient commencer à atteindre leur limite de durée de vie en 2026. La raison est directement liée à des défauts de la structure. Celle-ci se fatigue plus vite que prévu.

En outre, il n’y a pas de tendance à la hausse en ce qui concerne la disponibilité des aéronefs pour effectuer des entraînements ou des missions de combat, car ils sont restés «stables» au cours des 3 dernières années. Selon Robert Behler, directeur du bureau d’essais, dans une nouvelle évaluation, les mesures provisoires de fiabilité et de maintenance sur le terrain permettant d’atteindre l’objectif prévu de 80% n’ont pas été atteintes, car les améliorations «ne se traduisent toujours pas par une disponibilité améliorée».

Faiblesse en matière de cybersécurité :

La seconde partie du rapport dénonce la continuité des faiblesses en matière de cybersécurité, un comble pour l’avion qui se doit d’être à la pointe de guerre en réseau.  Les tests de cybersécurité concernant la flotte de F-35, toutes versions confondues en 2018 ont montré que certaines vulnérabilités antérieures "n'ont toujours pas été corrigées".

L’outil de maintenance informatisé «ALIS» ne «fonctionne pas encore comme prévu», car certaines lacunes dans les données et les fonctions «ont un effet important sur la disponibilité des aéronefs» et sur les vols. ALIS est également montré du doigt en matière de cybersécurité. Un élément qui confirme encore un peu plus les mises en garde israéliennes.

Le temps nécessaire à la réparation des avions et à la reprise des vols “n’a que peu changé” au cours de la dernière année. En résulte une augmentation de l’indisponibilité des avions.

Le personnel de maintenance et les pilotes «doivent traiter tous les jours des problèmes omniprésents liés à l'intégrité et à la complexités des données».

Les tests effectués jusqu'en septembre en ce qui concerne le canon de bord indiquent une précision «inacceptable», déclare un testeur du DoD.

Déploiement remis en cause :

Ces nombreux problèmes qui perdurent et péjore le programme F-35 ont pour effet de remettre en cause le prochain déploiement de l’US Navy prévu cette année avec le F-35C. En effet, la marine américaine accuse le coup elle aussi avec sa flotte de F-35C. Le dernier inventaire à fin 2018 montrait que moins d’un F-35C sur 6 était pleinement opérationnel. En décembre dernier, le rapport du Governement Accountability Office (GAO) montrait que seul 15% des F-35C réceptionnés par l’US Navy étaient effectivement opérationnel. Ce chiffre étant par ailleurs, le même qu’à fin 2017.

 

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Photo :1  F-35B @ LM 2 F-35C @ USN