01/05/2018

La flotte de C-130J au complet à Yokota !

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Lockheed-Martin a livré les deux derniers avions de transport tactique C-130J-30 « Super Hercules » affectés à la base aérienne de l'US Air Force de Yokota, au Japon. Ces deux avions ont rejoint la 36th Airlift Squadron. Le nouvel avion recapitalisera l'ancienne flotte de C-130H de l'unité.

Les C-130J sont utilisés pour soutenir des opérations de maintien de la paix et de contingence critiques dans la région du Pacifique occidental, y compris la livraison de marchandises, le transport de troupes, le largage aérien et les missions aéromédicales (MEDEVAC). Le 36th AS connu sous le nom "Eagle Airlifters", il fait partie de la 374th Airlift Wing.

Au total l’avionneur Lockheed-Martin a livré neuf C-130J-30 à Yokota, qui exploite au total 14 « Super Hercules » Yokota a reçu ses autres C-130J d'autres exploitants de la Force aérienne des États-Unis grâce à une initiative de rééquilibrage de la flotte.

Le C-130J « Super Hercules » :

Le C-130J «Super Hercules» est la version la plus avancée du célèbre C-130 cargo,  il incorpore une technologie de pointe pour réduire les besoins en personnel, de fonctionnement de soutien avec des coûts de cycle de vie plus actuel que pour les anciens C-130. Le modèle dispose également d'une maniabilité accrue et une manutention plus courtes. Il est doté de nouveaux moteurs Rolls-Royce Allison AE 2100D3 dotés d’hélices à six pales.

Du point de vue de l’extérieur, le C-130J semble n’être qu’une version allongée du célèbre Hercules, cependant, il est équipé d’un poste de pilotage informatisé permettant de réduire le nombre de pilotes à deux. Il a une capacité de 26.000 kg de carburant et il est configuré pour recevoir des réservoirs additionnels de 11.000kg de carburant.

Les nations qui exploitent actuellement le C-130J sont : l’Australie (Royal Australian Air Force), le Canada (Royal Canadian Air Force), le Danemark (Royal Danish Air Force), l'Inde (Indian Air Force), l'Irak (armée de l'air irakienne), Israël (Israeli Air Force), Italie (Italian Air Force ), Corée (République de Corée Air force), le Koweït (Koweït Air force), la Norvège (royal Norwegian Air force), Oman (royal Flight of Oman et la royal Air force d'Oman), Qatar (force Qatari Air), la Tunisie ( Tunisie Air force), le Royaume-Uni (royal Air force), et les États-Unis (USAF, y compris le service actif, la Garde nationale aérienne et Air force Reserve Command, de la Garde côtière des États-Unis, et USMC) et l’Armée de l’air française.

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Photos :Les deux C-130J au départ pour le Japon @ Lockheed-Martin

 

 

28/04/2018

Problèmes à répétition pour le premier déploiement du F-35 !

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J’aurais aimé vous donner de bonnes nouvelles du programme F-35, malheureusement une fois de plus, les informations qui nous parviennent ne sont pas encourageantes. Les dernières mauvaises nouvelles concernent le déploiement de l’avion au Japon. L’US Marins Corps attendaient beaucoup de cet exercice extérieur et nombreux sont les observateurs qui espéraient « enfin » voir le F-35 sortir du long et ténébreux tunnel dans lequel il s’est engagé.

Problèmes à répétitions :

Depuis le déploiement du Lockheed-Martin F-35B « Lightning II » par le Corps des Marines des États-Unis à destination du MCAS d’Iwakuni, au Japon, en janvier 2017, l'avion a été confronté à un assortiment de problèmes de maintien en puissance. Au total se sont 16 F-45B du VFMA-121 qui ont été déployés à Iwakuni.

De nombreux problèmes affectant le premier déploiement outre-mer du F-35 sont de nature logistique et sont liés à la distance entre l'avion et les installations de maintenance et de fabrication de pièces aux États-Unis, selon un rapport publié le 25 avril dernier par le Government Accountability Office (GAO).

Les problèmes avec la chaîne d'approvisionnement du F-35B comprennent de longs temps de déplacement pour les pièces, des dates de livraison estimées inexactes, des retards aux douanes et des difficultés à expédier les équipements du système d'information logistique (ALIS).

Mais il y a pire, le Corps des Marines a appris qu'il devait prendre en considération «les préoccupations météorologiques lors de l'expédition du matériel via ALIS», a déclaré le GAO. "Alors que les avions ont été transférés au Japon via l'Alaska, ALIS a été déplacé à Hawaii en raison de préoccupations sur la façon dont la température de congélation affecterait le système logistique."

Parmi les autres problèmes liés à la maintenance du F-35 au Japon figurent les longs délais de réparation, la maintenance qui devait être rapide et efficiente sur le F-35 s’avère longue et bien plus complexe que prévu. Par ailleurs l’USMC a dû faire face à de nombreuses pénuries de pièces de rechange. De plus, il s’est avéré que lors de l’exercice, certaines pièces de l’avion, pourtant neuves, avaient une faible fiabilité.

Des maladies incurables ?

Le GAO s’interroge aujourd’hui sur les maladies de jeunesse du F-35 qui se transforment en maladies chroniques. Pour les responsables de la maintenance de l’USMC et du GAO, tous les nouveaux avions connaissent des maladies de jeunesse. L’entrée en service à l’époque du Boeing AV-8B « Harrier » qui apportait la capacité de décollage court et atterrissage vertical, puis l’arrivée du F/A-18 A/B « Hornet » ont apporté leurs lots de « petits pépins ». Mais ceux-ci ont été rapidement réglés, lors des premiers déploiements, et n’ont que peu affectés les missions. Avec le F-35, c’est tout le contraire déclare Cary Russel du GAO.

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Photos : 1F-35B à Iwakuni 2maintenance du F-35@ USMC

12/04/2018

Encore des revers pour le F-35 !

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La saga des problèmes du F-35 continue de plus belle. D’une part les livraisons sont stoppées au Pentagone pour des raisons contractuelles et de l’autre, le nouveau standard F-3 livré à la RAAF devait être pleinement opérationnel, mais il n’en est rien.

Litige sur la corrosion :

Le ministère américain de la Défense a interrompu la livraison des avions F-35 de Lockheed-Martin Corp à la suite d'un litige quant à la responsabilité des coûts engendrés par un défaut de production.

Le constructeur a confirmé mercredi l'arrêt des livraisons pour une question contractuelle, sans donner davantage de détails. Lockheed Martin se dit néanmoins confiant quant à son objectif de livraison de 91 appareils pour 2018.

Cette situation est due suite à la découverte de corrosion sur les panneaux extérieurs en fibre de carbone de l'avion. Le DOD et Lockheed-Martin ont trouvé une solution au problème de la corrosion, mais seraient dans une impasse sur qui devrait payer pour réparer les F-35 déjà stationnés dans le monde.

La bonne nouvelle qui tombe à l’eau :

En début de semaine Lockheed-Martin a annoncé la livraison de trois avions F-35 à la RAAF équipés du logiciel Block 3F, soit une version plus performante que le logiciel 3I installé dans les deux premiers exemplaires livrés à la Royal Australian Air Force, explique la ministre australienne de la Défense, Marise Payne.

Pour bien comprendre le développement des standards du F-35, voici un raccourci :

  • Block 1A / 1B - Le block 1 comprend 78% des plus de 8,3 millions de lignes de code source nécessaires à la capacité de combat complète du F-35. Le block 1A était prêt pour la configuration de l'entraînement alors que le bloc 1B fournissait une sécurité initiale à plusieurs niveaux.
  • Block 2A - Le block 2A est actuellement distribué à la flotte de F-35. Il offre une formation améliorée, y compris la fonctionnalité pour la fusion hors-carte, les liaisons de données initiales, l'attaque électronique et le débriefing de mission. Avec le block 2A, près de 86% du code requis pour une capacité de combat complète volent.
  • Block 2B - Le block 2B fournit des capacités initiales de combat, y compris, mais sans s'y limiter, des liaisons de données étendues, la fusion multi-navires et les armes vivantes initiales. Les Marines américains ont déclaré CIO en juillet 2015 avec le Block 2B. Avec le block 2B, plus de 87% du code requis pour une capacité de combat complète volent.
  • Block 3i - Le block 3i fournit les mêmes capacités tactiques que le block 2B. La principale différence entre 2B et 3i est la mise en œuvre d'un nouveau matériel, en particulier le processeur intégré intégré mis à jour. La Force aérienne a déclaré le CIO avec le bloc 3i en août 2016. Avec le bloc 3i, 89% du code requis pour une capacité de combat complète.
  • Block 3F - Le block 3F fournit 100% des logiciels requis pour une capacité de combat complète, y compris, mais sans s'y limiter, l'imagerie par liaison de données, les armes complètes et l'entraînement intégré.

Sauf que le nouveau Block 3F ne permet pas information détaillées sur les menaces, et ne sera pas disponible à 100% avant cet automne au plus tôt et ceci bien que le bureau du programme ait achevé tous les tests de précision des bombes et des missiles prévus pour 2017, il continue d'analyser ces événements. Le Bureau des essais opérationnels et de l'évaluation du Secrétaire à la Défense, ou DOT & E, craint que si des lacunes sont constatées et perdurent, le JPO devra prendre plus de temps pour développer et tester les corrections.

Alors que le rapport estime que les tests des systèmes de mission nécessaires pour terminer le développement devaient être terminer en février 2018, "le programme n’est pas en mesure d'atténuer complètement les nombreuses lacunes ouvertes à la fin de SDD, entraînant des déficits dans les capacités du Block 3F.

Des questions se posent désormais en ce qui concerne la façon dont le JPO pourrait exécuter la prochaine phase du développement des F-35, anciennement connue sous le nom de «modernisation du Block 4».

Photo : F-35 RAAF @ Lockheed-Martin

 

15/03/2018

Accélération en vue pour le futur avion d’attaque légère !

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La secrétaire de la Force aérienne américaine, Heather Wilson, va demander au Congrès de réaffecter des fonds au programme d'avions d'attaque légère, ce qui accélérerait l'achat d'un an par le ministère soit en 2019. Le financement de l'acquisition de l'avion d'attaque léger est actuellement prévu pour l'année fiscale 2020 et il y a environ 2,5 milliards de dollars prévus au cours des cinq prochaines années pour le programme, selon la Force aérienne.

Palier les faiblesses du F-35 :

L'armée de l'air est intéressée par l'achat d'avions à hélice pour les missions de surveillance et d'attaque légères comme alternative moins coûteuse à l'utilisation d'aéronefs tels que Lockheed Martin F-35, qui ne répond que partiellement aux besoins. De plus cette solution permettra d’économiser un peu l’usage des Fairchild A-10

Une fois relevés de leurs tâches d'attaque légère, les avions plus avancés, qui sont également plus coûteux à exploiter, seraient redéployés pour contrer les menaces d'adversaires plus compétents, par exemple, comme la Russie et la Chine. En d’autres termes, les avions légers seront principalement utilisés pour combattre des unités dites « terroristes » comme les Talibans ou Daesch ou Al Nosra.

Les A-10 garderont la pointe de l’attaque au sol et l’appuis direct aux soldats dans un conflit de grande intensité. Le F-35 ne pourra être utilisé que de manière limitée. D’une part, du fait de sa faible maniabilité à basse altitude et d’un emport d’armement limité.

Deux concurrents :

Deux avions sont finalistes pour le programme d'avions légers d'attaque OA-X,le Beechcraft AT-6 "Wolverine" de Textron Aviation et A-29 "Super Tucano" d'Embraer.

L’AT-6 « Wolverine » :

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Basé sur la cellule de son avion d’entraînement militaire AT-6, Beechcraft a développé une version d’attaque au sol & surveillance pour répondre aux besoins d’appui au sol des unités antiguérillas et de lutte contre les narcotrafiquants. Cette solution devrait convenir selon son constructeur d’évoluer à proximité directe des Forces au sol et ceci de manière plus proches que les actuels A-10.  La réalisation de l’AT-6 Light Attack est la conclusion de nombreux essais effectués entre le constructeur et  l’Air National Guard Reserve Command Test de l’Arizona. L’appareil intègre un système de gestion NetCentric  de combat dérivé de l’A-10, permettant l’utilisation d’un viseur de casque, une tourelle FLIR couplée à un armement complet. La cellule est renforcée et permet de résister aux impacts d’armes légères. L’AT-6 dispose également d’une turbine plus puissante que sont petit frère, une Pratt&Whitney PT6A-68D de 1600 chevaux.

L’appareil doit donc pouvoir évoluer et surveiller les frontières, ainsi que les secteurs proches d’unités au sol. Permettre de détecter tout mouvement adverse et d’apporter si besoin une réponse armée.

Embraer A-29 « Super Tucano » :

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Le « Super Tucano » A-29 est doté d’un turbopropulseur Pratt & Whitney Canada PT6A-68C deux fois plus puissant que celui du Tucano de base et dispose d’une hélice Hartzell à cinq pales. Son fuselage est également plus long et deux mitrailleuses de 12,7mm Herstal M3P sont incorporées dans des ailes, dotées d’un nouveau profil. Effectuant fréquemment des missions à basse altitude et donc exposé à des tirs terrestres, l’habitacle du « Super Tucano » est protégé par un blindage en Kevlar. Un train d’atterrissage renforcé permet d’utiliser des pistes sommairement aménagées. L’appareil possède 5 points d’accrochage, dont un sous le fuselage, permettant d’emporter jusqu’à 1’500 kg d’armement selon diverses combinaisons. Ainsi, un canon de 20 mm peut être installé sous le fuselage, auquel s’ajoute, soit des bombes en chute libre ou guidées, des roquettes ou des missiles de types : AIM-9 Sidewinder, des MAA-1 Piranha ou des Python 3/4. Des réservoirs extérieurs de carburant peuvent également être utilisés pour augmenter l’autonomie de l’appareil. 

 

Photos : 1 A-29 & AT-6 2 AT-6 Wolverine @ Beechcraft 3 A-29 Super Tucano@ Embraer

08/03/2018

F-35 : trop cher et problèmes de logiciels !

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Les nouvelles du programme de l’avion de combat Lockheed-Martin F-35 ne sont pas véritablement bonnes, les problèmes s’accumulent encore. Deux éléments sont toujours montrés du doigt, les coûts et les problèmes du logiciel de maintenance.

Plus cher que prévu :

Le Bureau du Programme conjoint (JPO) estime que le développement continu du F-35 pour faire face à l'évolution des menaces et à l'évolution des environnements de guerre coûtera au gouvernement américain plus de 1 milliard de dollars par an entre 2018 et 2024. Ce chiffre a été révélé lors du témoignage du vice-amiral Mathias Winter au Comité des forces armées américaines le 7 mars dernier.

Au total, le JPO estime que le développement et la fourniture continus de capacités (C2D2) des F-35 coûteront 16,4 milliards de dollars sur une période de sept ans, avec environ 11 milliards de dollars pour le développement et 5,4 milliards de dollars pour l'approvisionnement. Le vice-amiral Winter, qui dirige le JPO, a déclaré que les coûts de développement seraient partagés avec les alliés des États-Unis, laissant le ministère de la Défense avec une facture estimée à 7,2 milliards de dollars.

"Ce coût de 16 milliards de dollars est un montant étonnamment élevé et, autant que je sache, dépasse largement tous les coûts précédemment prévus ", a déclaré le porte-parole du congrès américain.

Pour le vice-amiral Winter le prix du F-35A est tombé en dessous de 100 millions de dollars pour la première fois dans le lot 10 du LRIP à 94,3 millions de dollars, soit une baisse de 7,5% du lot 9. Les prix des avions de production devraient continuer à baisser alors que le JPO continue de négocier le lot 11. Mais pour le JPO, la baisse du coût de production du F-35A ne doit pas faire oublier que les clients doivent compenser les améliorations de l’avion et qu’une fois pris en compte l’addition n’est au final pas avantageuse.

La Marine aux prises avec ALIS :

Le logiciel de maintenance à distance Autonomic Logistics Information System (ALIS) continue de fairte des vagues au sein de la navy. La marine américaine reste frustrée par son incapacité à connecter le logiciel de logistique du F-35 avec les autres logiciels de logistique qu'elle utilise.

Les efforts d'intégration du ALIS des F-35 aux autres systèmes logistiques internes de la Navy sont contrecarrés par l'insistance du développeur Lockheed Martin à considérer que le code du logiciel est sa propriété a déclaré le vice-amiral Paul Grosklags Marine et Marine Corps Aviation Programs.

La Marine ne pouvant disposer des codes sources d’ALIS, celle-ci ne peut intégrer le logiciel du F-35 avec ceux déjà en activités soit le DECKPLATE et l’AMSRR qui sont utilisés pour tous les autres types d'avions. Pour le vice-amiral Paul Grosklags les problèmes de logiciels sont le talon d'Achille du programme F-35.

 

Photo : le F-35A @ USAF