23/03/2021

Les H145 SAR de la Bundeswehr au complet !

 

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Airbus Helicopters a remis le septième et dernier hélicoptère H145 pour le service de recherche et de sauvetage (SAR) de la Bundeswehr à l'Office fédéral de l'équipement, des technologies de l'information et du soutien en service de la Bundeswehr (BAAINBw) dans les délais. Les hélicoptères livrés précédemment sont utilisés pour la formation et les essais sur le terrain et sont disponibles 24h / 24 et 7j / 7 dans les bases aériennes de Niederstetten et Nörvenich pour les opérations de sauvetage. Les opérations avec le nouveau H145 LUH SAR (Light Utility Helicopter Search and Rescue)commenceront prochainement, comme prévu, à la troisième station SAR de Holzdorf. Le nouvel hélicoptère remplace ainsi les anciens Bell UH1D vieillissants.

«Nous sommes ravis d'avoir terminé cette commande du début à la fin dans les délais et dans les limites du budget et que la mise en service se déroule comme prévu», a déclaré Wolfgang Schoder, PDG d'Airbus Helicopters Germany. «Les commentaires que nous avons reçus de nos clients ont été très positifs. En raison de leur flexibilité et de leur très grande disponibilité, les hélicoptères de la famille H145 ont fait leurs preuves en Bundeswehr. Nous voyons beaucoup plus de possibilités pour un large éventail de tâches dans toutes les branches des forces armées pour le modèle fiable. "

Entre autres caractéristiques, les hélicoptères sont équipés de caméras haute performance, de projecteurs de recherche, de systèmes de localisation de balises d'urgence, d'une gamme complète d'équipements médicaux, de treuils de sauvetage et de crochets de charge pouvant être utilisés pour les réservoirs d'extinction d'incendie, par exemple. Ils sont faciles à identifier grâce à la peinture orange vif caractéristique de leurs portes, avec 'SAR' en lettres bleues.

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Photos : H145 SAR aux couleurs de la Bundeswehr @ Airbus Helicopters

 

 

22/03/2021

Le standard F3-R du Rafale pleinement opérationnel !

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Les chefs de l'armée de l'air et de la marine ont annoncé le 17 mars que les deux services avaient officiellement accepté la dernière configuration opérationnelle du Rafale au nouveau standard F3-R.

La nouvelle de cette étape est intervenue 15 mois après la déclaration de capacité opérationnelle initiale (IOC) en décembre 2019 et 20 mois après l'acceptation officielle de du standard F3-R en juillet 2019. La nouvelle norme F3-R pour le Rafale a été développée par Dassault Aviation, Thales, MBDA et Safran dans le cadre d'un contrat signé en janvier 2014.

Une mise à jour importante : 

A l’instar des standards précédents, le nouveau standard F3-R apporte des évolutions logicielles et matérielles majeures.

En particulier, deux nouvelles capacités changent profondément la donne dans le domaine de l’aviation de combat :

- L’association du nouveau missile air-air à très longue portée « Meteor » avec le radar à balayage électronique « RBE2 » à antenne active.

- L’arrivée de la nacelle de désignation de nouvelle génération « Talios » qui améliore considérablement les capacités dans le domaine de la détection, de la reconnaissance et de l’identification de cibles, de jour comme de nuit en vue de frappes air-sol de grande précision. 

En termes de capacité air-sol, le pilote pourra sélectionner le mode d'impact de la bombe guidée laser/GPS AASM. Par ailleurs, le Rafale sera aussi capable de tirer la bombe guidée laser GBU-16 Paveway II, dont le kit de guidage se monte sur un corps de bombe Mk 83. D'un poids de 500 kg, dont la charge explosive est de 200kg, elle est aujourd'hui utilisée par les M2000D uniquement. Son intégration permettra au Rafale de frapper des cibles faiblement durcies et d'une taille petite à moyenne.

Dans le cockpit et de manière moins visible, le Rafale disposera d'un nouvel IFF mode 5/S, le système SPECTRA se renforce avec de meilleures capacités de guerre électronique et le système de communication cryptée OTAN, la Liaison L16, sera amélioré. En outre, le radar RBE2-AESA (antenne active, ou Active Electronically Scanned Array) sera modernisé et le Rafale dispose d'un système AGCAS (Automatic Ground Collision Avoidance System) qui permet de récupérer l'avion en cas d'une perte de contrôle.

On retrouvera aussi le système SAASM (Selective availability anti-spoofing module). Ce dernier permet, entre autres, d'éviter le brouillage électronique du GPS par l'adversaire. Les Rafale Marine disposeront pour le ravitaillement en vol du système « buddy-buddy » qui sera effectué avec la nacelle NARANG (Nacelle de ravitaillement nouvelle génération).

Le nouveau standard F3-R prend également en compte les retours d’expérience opérationnelle, notamment pour l’armement air-sol modulaire (AASM), l’interopérabilité et les exigences réglementaires. La démarche d’amélioration continue du Rafale se poursuit donc en renforçant le caractère omni-rôle de l’avion.

A noter que la prochaine étape du Rafale concerne le standard F4 disponible en 2025. Ce standard permettra notamment de rentre l’avion encore plus efficient en matière de connectivité.

Photo : Rafale @ Armée de l’air

 

 

19/03/2021

Préparation pour la mise à jour des EA-18G « Growler » !

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Boeing a lancé un programme de mise à jour destiné à la flotte d’avion de combat EA-18G « Growler » au Block II de l'US Navy. Un premier appareil a rejoint la Naval Air Station Whidbey Island pour y subir les modifications.

Les modifications sont axées sur la mise à jour de l'architecture des systèmes structurels et de mission de l’avion permettant une future croissance des capacités des quelques 160 « Growler » de la Marine. Les « Growler » jouent un rôle essentiel dans le brouillage des signaux radar et de communication des forces de la menace, désactivant leur capacité à détecter et à suivre les forces militaires américaines et alliées.

À la suite de l'attribution des contrats en octobre 2020 et février 2021 pour les matériaux et la main-d'œuvre, les travaux de modification comprennent diverses mises à niveau des systèmes de mission de l’avion. Le système de brouillage AN/ALQ-218 va recevoir des améliorations qui augmenteront sa communication avec les brouilleurs et récepteurs du Growler afin de permettre des capacités futures telles que le brouillage automatique des systèmes de radar et de communication ennemis rapidement une fois détectés. L'AN/ALQ-218 peut fonctionner sur les bandes RF 0, 1, 2 et bande 3, avec un radar pulsé et à ondes continues avec prise en charge des communications en option, tout en fournissant une identification d'émetteur spécifique. Il offre une mesure de fréquence fine améliorée pour supporter le brouillage électronique.

Des modifications supplémentaires permettront d'élargir le pipeline d'informations du « Growler » pour un transfert de données plus rapide et plus sécurisé vers d'autres aéronefs et plates-formes, ainsi que d'améliorer considérablement la vitesse de traitement des données. Boeing prépare également l’EA-18G afin qu’il puisse recevoir la nouvelle génération de brouilleurs en nacelle, soit le « Jammer Next Generation » pour remplacer les systèmes ALQ-99 utilisés sur les avions d’attaque électroniques aériens EA-18G. En 2016, l’US Navy a attribué à Raytheon un contrat d’ingénierie et de développement de fabrication (EMD) pour le brouilleur de nouvelle génération.

La nouvelle nacelle utilise les dernières technologies numériques, logicielles et à réseaux à balayage électronique actif, et fournira des capacités améliorées d'attaque électronique aéroportée pour perturber et dégrader les systèmes de défense aérienne et de communication terrestre ennemis.

Le calendrier du programme prévoit que tous les EA-18G « Growler » seront modifiés d’ici cinq ans. La modification complète devrait commencer en juin 2021.

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Le EA-18G « Growler » : 

L’EA-18G dispose du radar AN/APG-79 à antenne active (AESA) lui permettant non seulement d’être autonome en comparaison de son prédécesseur le EA-6B en mode air-air, mais intègre des possibilités de liaisons de données numériques et de brouillage dirigé indépendant du reste des systèmes embarqués.

Pour la lutte contre les défenses ennemies, l’EA-18G dispose de pod ALQ-99 de brouillage couplé à un système d’analyse à large spectre ALQ-218 lui permettant de différencier les types de radars (surveillances, poursuites, sol ou embarqué) et l’analyse des types de fréquences. Le système enregistre et répertorie l’ensemble des menaces pour permettre leur restitution sur un écran tactique, avec une plus grande précision que par le passé.

Les systèmes embarqués du « Growler » lui permettent d’agir sur trois modes tactiques :

- Reconnaissance électronique (analyse des diverses menaces, radar et missiles)

- Suppression des menaces connues et mémorisées selon un scénario prévu.

-  Réaction immédiate à l’engagement d’une nouvelle menace non répertoriée.

Du point de vue des communications, l’avion dispose du système AlQ-227 qui lui permet d’épier et de brouiller les communications adverses, en contrepartie le « Growler » dispose pour sa propre protection le nouveau concept INCANS qui améliore les communications et transferts de données à l’intérieur d’un groupe naval.

Capacités ECM :

-          Détection passive/active.

-          Analyse des menaces et classifications.

-          Brouillage actif, perturbation électronique (radar et communication).

-          Paralysie électronique avec des virus informatiques.

Capacités de tirs :

-          air-air (AIM-9X Sidewinder, AIM-120 AMRAAM,) 

-          Élimination de radars ennemis (AGM-88 HARM)

L’ensemble de ces possibilités offrent l’opportunité aux équipages du « Growler » de pouvoir participer directement à l’escorte d’un groupe d’attaque tout en étant susceptible de se défendre face à n’importe quelles menaces en vol.

Photos : 1 EA-18G @Peter Foster 2 Nouvelle nacelle de brouillage @ Rayhteon

 

 

 

 

18/03/2021

Les premiers F-16 taïwanais modernisés !

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Taïwan a achevé la modernisation de la première tranche de ses F-16 A/B. Au total se sont 42 appareils qui se trouvent au nouveau standard F-16V Block 70/72. Au total, se sont 142 appareils qui sont concernés par cette importante mise à jour. Le 17 mars, l'Armée de l'air de la République de Chine (RoCAF), a annoncé d'attribuer ces premiers avions à la 4e Escadre de chasse tactique à Chiayi dans le sud-ouest de Taiwan. Le chef de la RoCAF, le général de division Huang Chih-wei, a déclaré qu'une cérémonie officielle de remise et d'acceptation de l'avion nouvellement modernisé se tiendrait vers la fin du mois de mars.

Rappel :

L’iles de Taïwan met à niveau ses anciens F-16 à la norme F-16 Bock70/72 procède à l’acquisition de nouveaux appareils au même standard. La nouvelle de l'achèvement de la première tranche des mises à niveau du F-16V intervient deux ans et demi après la livraison du premier avion a la RoCAF par les partenaires de Lockheed Martin's Aerospace Industrial Development Corp (AIDC) en octobre 2018. Le projet a débuté en janvier 2017, les quatre premiers avions étant intronisés dans le programme de mise à niveau de l'usine AIDC de Taichung, dans le nord-ouest de Taïwan.

Cette mise à jour doit permettre une revalorisation des appareils de type F-16 A/B, afin, de combler le retard technologique vis-à-vis de l’imposant et menaçant voisin chinois. Celui-ci, a en effet sérieusement renforcé sa position avec la mise en ligne des Shenyang J-2 « Dragon Véloce » et l’arrivée des Shenyang J-11 (Sukhoi 27 chinois).

L'administration Trump a approuvé la vente du F-16V en août 2019, qui a ensuite été approuvée par le Congrès. En novembre, le Parlement de Taïwan a accepté le budget de 8,1 milliards de dollars, permettant au MND de signer l'accord. Le calendrier de livraison du programme, nommé en interne « Phoenix Soaring », prévoit que les deux premiers F-16V un monoplace et biplace soient livrés d'ici 2023 pour les tests initiaux, tandis que le dernier des 66 appareils être livré en 2026. La commande se décline ainsi :  56 des avions monoplaces et 10 biplaces.

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Les F-16 Block70/72 « Viper » taïwanais :

La modernisation des F-16 taïwanais comprend l’adjonction d’un nouveau radar de type AESA, soit le Northrop-Grumman APG-83 « Radar Scalable Agile Beam », une avionique modernisée, un cockpit tout écrans compatibles avec des lunettes de vision nocturne, une centrale de navigation GPS, un nouveau système de guerre électronique de type l’ALQ-176 couplé avec système de leurres ALQ-184 (V)7.  En matière de communication les appareils reçoivent de nouvelles radios numériques, ainsi qu’une liaison de donnée (Link16) améliorée « Theater Data Link », l’adjonction de la dernière version de la nacelle de désignation AN/AAQ-33 « Sniper », d’un nouveau système de navigation et de précision par GPS. L’avion est également doté du système automatique Ground Collision Avoidance (Auto GCAS).

Les pilotes disposent d’un viseur de casque permettant l’emploi du missile Raytheon AIM-9X « hyper véloce » en remplacement des AIM-9PM actuels.

Question motorisation, les moteurs Pratt & Whitney F100-PW-220 seront portés à la norme -229E plus puissant et permettant de réduire le temps de maintenance.
Concernant l’armement, les F-16 seront dotés en plus de l’AIM-9X de missiles AIM-120C7 AMRAAM et d’une variété d’armes guidées d’attaque au sol comme les bombes GBU-10 Enhanced Paveway II ou GBU-56 JDAM Laser.

Taiwan a reçu des missiles Raytheon AGM-84L « Harpoon » BlockII antinavire et du matériel connexe. Dont des unités de contrôle de guidage « Harpoon », 30 conteneurs, 30 pylônes de lancement, ainsi que des kits de configuration AGM-84G à AGM-84L.

On notera que la ROCAF ne précise pas si à l'avenir des réservoirs conformes seront installés. 

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Photos : 1 F-16 Block70/72 Viper @ Chinag Kuan-lun 2 F-16 en cours de mise à jour 3 F-16 Viper avec missile Harpoon @ TaïwanNation

 

Nouvelle étude à grande échelle sur les biocarburants !



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Airbus, le centre de recherche Allemand DLR, le motoriste Rolls-Royce et le producteur de carburant durable d’aviation Neste, se sont associés pour lancer une étude sur l’Impact des carburants de substitution sur les émissions et le climat" ("ECLIF3), l’objectif étant d'étudier les effets d’un carburant 100% durable sur les émissions et les performances des avions. 

Les résultats de l'étude, réalisée au sol et en vol à l'aide d'un Airbus A350-900 équipé de moteurs Rolls-Royce Trent XWB soutiendront les efforts actuellement déployés par Airbus et Rolls-Royce permettant de s'assurer que le secteur de l'aviation est prêt pour l'utilisation de SAF à grande échelle, dans le cadre du programme de décarbonation de l'industrie.

Débuts des essais :
 

Des essais moteurs, incluant un premier vol pour vérifier la compatibilité opérationnelle de l'utilisation de SAF à 100% avec les systèmes de l'avion, ont eu lieu dans les installations d'Airbus à Toulouse, France, cette semaine. Ces essais seront suivis par des tests sur les émissions en vol qui débuteront en avril et reprendront à l’automne, utilisant un Falcon 20-E du DLR pour effectuer des mesures visant à étudier l'impact de l’usage de SAF sur les émissions. Entre-temps, d'autres tests au sol mesurant les émissions de particules sont prévus pour indiquer l'impact environnemental de l'utilisation de SAF sur les opérations aéroportuaires.

Les essais en vol et au sol compareront les émissions provenant de l'utilisation de 100% de SAF produit par la technologie HEFA (esters et acides gras hydroprocédés) à celles du kérosène fossile et des carburants à faible teneur en soufre.

Le SAF sera fourni par Neste, l'un des principaux fournisseurs mondiaux de carburant  durable d’aviation. Des mesures et analyses supplémentaires pour la caractérisation des émissions de particules pendant les essais au sol seront fournies par l'université britannique de Manchester et le Conseil national de la recherche du Canada.

"Le SAF est un axe essentiel de l'ambition d'Airbus de décarboner l'industrie aéronautique et nous travaillons en étroite collaboration avec un certain nombre de partenaires pour assurer un avenir durable au transport aérien", a déclaré Steven Le Moing, responsable du programme des énergies nouvelles chez Airbus. "Les avions ne peuvent actuellement fonctionner qu'avec un mélange de 50% maximum de SAF et de kérosène fossile; cette collaboration permettra non seulement de comprendre comment les moteurs à turbine à gaz fonctionnent avec 100% de SAF en vue de leur certification, mais aussi, d'identifier les réductions d'émissions potentielles et les avantages environnementaux liés à l'utilisation de ces carburants en vol sur un avion commercial.

Le Dr Patrick Le Clercq, responsable du projet ECLIF au DLR, a déclaré: "En étudiant le 100% SAF, nous portons nos recherches sur la conception des carburants et l'impact de l'aviation sur le climat à un niveau supérieur. Lors de campagnes de recherche précédentes, nous avons déjà été en mesure de démontrer le potentiel de réduction de la suie générée en passant de 30 à 50% de mélanges de carburants alternatifs, et nous espérons que cette nouvelle campagne confirmera que ce potentiel est encore plus important.

Le DLR a déjà mené des recherches approfondies sur l'analyse et la modélisation, ainsi que des essais au sol et en vol avec des carburants alternatifs à l'aide de l'avion de recherche Airbus A320 ATRA en 2015 et en 2018, en collaboration avec la NASA."

Simon Burr, directeur du développement des produits et de la technologie, Rolls-Royce Civil Aerospace, ajoute: "Dans notre monde post-COVID-19, les gens voudront à nouveau se connecter, mais de manière durable. Pour les voyages longues distances, nous savons que cela impliquera l'utilisation de turbines à gaz pour les décennies à venir. Le SAF est essentiel à la décarbonation de ces déplacements et nous soutenons activement l'augmentation de sa disponibilité pour l'industrie aéronautique. Cette recherche est essentielle pour soutenir notre engagement à comprendre et à permettre l'utilisation de 100% de SAF comme solution à faibles émissions”.

Jonathan Wood, vice-président de Neste pour l'Europe, chargé de l'aviation renouvelable, a ajouté: "Nous sommes ravis de contribuer à ce projet visant à mesurer les avantages considérables du SAF par rapport au carburant fossile et de fournir les données nécessaires pour soutenir l'utilisation du SAF à des concentrations supérieure à 50%. Une étude indépendante a montré que le carburant d’aviation durable Neste MY 100% permettait de réduire de jusqu’à 80% les émissions de gaz à effet de serre par rapport à l'utilisation de carburant fossile lorsque toutes les émissions liées au cycle de vie sont prises en compte ; cette étude permettra de clarifier les avantages supplémentaires découlant de l'utilisation du SAF."
 

ECLIF & ACCES :

L’utilisation de biocarburant dans l’aviation est en soi une évidence, pour autant que ce dernier puisse être produit de manière durable (compost, déchets ménagers, vieilles huiles). Mais il reste un détail qui a son importance, la validation scientifique de l’usage des biokérosènes. Pour ce faire des projets de recherches et d’analyses comme ECLIF et ACCES doivent prouver le bienfondé de ce type de carburant alternatif. Ces deux études vont venir renforcer les données déjà en possessions des scientifiques et permettre de nouvelles améliorations dans ce domaine.

Un mélange de biocarburants réduit les émissions de particules de noir de carbone d’un vol de croisière de 50 à 70 % par rapport à la combustion du kérosène de type fossil. C’est ce que démontre une étude parue dans la revue spécialisée NATURE, fondée sur les vols de mesure menés conjointement par la NASA, le Centre allemand pour l’aéronautique et l’astronautique (DLR) et le National Research Council (NRC) canadien. Les résultats révèlent tout d’abord d’importantes indications sur la manière dont les biocarburants peuvent contribuer à un développement respectueux de l’environnement dans le transport aérien.

Les moteurs des avions émettent des particules de noir de carbone. Elles agissent comme des germes de condensation dans des petits cristaux de glace qui deviennent alors visibles comme traînées de condensation. Ces dernières peuvent perdurer, en cas de conditions humides et froides, à une altitude d’environ huit à douze kilomètres et former des nuages d’altitude. Ces cirrus de traînées de condensation, ainsi dénommés, ont aujourd’hui un impact aussi important sur le climat dans l’atmosphère que toutes les émissions de dioxyde de carbone réunies, celles-ci induites par l’aviation sur plus de 100 ans. Les émissions de particules de noir de carbone déterminent le nombre de cristaux de glace dans les traînées de condensation. Avec la possibilité d’utiliser les biocarburants pour réduire de plus de la moitié les émissions de noir de carbone résultant de l’échappement du moteur, une voie s’ouvre pour diminuer l’incidence climatique engendrée par les traînées de condensation.

Aux États-Unis, les scientifiques du DLR de l’Institut de la physique de l’atmosphère ont effectué des mesures du gaz d’échappement, avec un Falcon, à une distance de 30 à 150 mètres d’un DC 8 de recherche de la NASA. À cet effet, les réacteurs du DC 8 ont été utilisés pour une comparaison alternée entre le kérosène ordinaire Jet A1 et un mélange pour moitié de Jet A1 et du biocarburant HEFA (Hydroprocessed Esters and Fatty Acids). Les mesures réalisées antérieurement n’avaient fourni que des informations sur la formation du noir de carbone dans les biocarburants utilisés au sol, étant entendu qu’en configuration de vol, d’autres conditions environnementales prévalaient. La campagne passée d’essais en vol menée depuis le Armstrong Flight Research Center de la NASA faisait partie du projet de recherche ACCESS (Alternative Fuel Effects on contrails and Cruise Emissions Study), auquel le DLR et le NRC Canadien ont pris part.

Depuis près de 20 ans, le DLR et la NASA travaillent ensemble dans le domaine de la recherche atmosphérique. Dans la recherche aéronautique, les deux partenaires se sont engagés, notamment pour des projets de recherche communs dans les domaines de la gestion du transport aérien et des vols à faibles émissions et peu bruyants. Une étroite collaboration pour la recherche sur les émissions du biocarburant est également projetée dans l’avenir.

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Photos : l’Airbus A350-900 flightLab @Airbus