12/11/2017

Le Canada relance la compétition et veut plus d’avions !

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Le gouvernement canadien va publier une nouvelle demande de propositions pour son concours en vue du remplacement de la flotte actuelle de Boeing CF-18 « Hornet » d'ici 2019, avec l’attribution d'un contrat d'ici 2021, a annoncé le commandant de la Royal Canadian Air Force (RCAF) en fin de semaine.

Plus d’avions:

Le gouvernement actuel du Canada vise l’achat de 88 nouveaux nous chasseurs avions de combat pour venir équiper la RCAF, soit une augmentation par rapport au plan du gouvernement précédent visant l'achat de 65 jets.

Le Canada relance donc la compétition pour remplacer les CF-18 à la suite d'une promesse électorale du parti libéral du premier ministre Justin Trudeau de se retirer du controversé avion de combat interarmées Lockheed-Martin F-35. Le gouvernement étudie toutes les options, y compris le F-35, ainsi que celle du Boeing F/A-18 « Super Hornet » et ceci malgré la suite du différend commercial avec l’avionneur Boeing.

Il est par ailleurs, très intéressant de constater que l’actuel gouvernement semble suivre les recommandations de l’équipe d’expert de la RCAF désir que le processus aille vite, mais que le nombre d’avions soit revu à la hausse. Il semble que cette fois les politiciens canadiens ont compris le besoin en dotation minimum et qu’une réduction du nombre d’avions serait problématique en terme de fonctionnement.

La question qui se pose donc est aujourd’hui ouverte sur le budget qui sera disponible pour l’achat de 88 avions en lieu et place des 65 prévus initialement.

L’offre australienne toujours ouverte :

Pendant ce temps, le Canada envisage toujours l’option d’une acquisition de F/A-18A/B australiens d’occasion et ceci pour combler le vide jusqu’à l’arrivée du futur avion.

Pour le chef de l'Aviation royale du Canada, le processus de la compétition doit impérativement se dérouler le plus rapidement possible afin d’obtenir une demande de proposition pour l'industrie d'ici 2019. « Nous sommes en discussions et avons eu des discussions avec un certain nombre de personnes qui envisagent d'être en concurrence pour cela » a déclaré le commandant de la RCAF, le Cmdt Michael Hood lors de la Dubai Air Chiefs Conference qui s’est tenue ce weekend lors de l’ouverture du Dubai Airshow 2017.

 

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Photos : 1 CF-17 de présentation 2017 2 CF-18B @ RCAF

 

 

02/11/2017

Avions de combat, le mauvais exemple autrichien !

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Selon certains journalistes, notre voisin autrichien semble être un exemple idéal en ce qui concerne les points de comparaisons en terme de nombre d’avions de combat pour nos deux pays. Lors de la campagne sur le « fond Gripen » l’aviation autrichienne était déjà citée en exemple par certains.

La situation autrichienne :

Le 21 août 2014, le chef de la section de combat au sein du ministère autrichien de la Défense (MoD), le major-général Karl Schmidseder, a annoncé,  lors d'une conférence de presse que les 15 avions de combat de type Airbus Eurofighter T1 «Typhoon II » devront restreindre de plusieurs heures par jour leur capacité de police du ciel. 

Police du ciel quasi inexistante :

Les compressions budgétaires associées à un nombre insuffisant d’avions de combat obligent donc l’aviation autrichienne à délaisser un peu plus la surveillance de l’espace aérien. Avec seulement 15 avions de type Eurofighter T1 pour une superficie de 83’878,99 km au sol, sans parler du fait que la superficie doit également tenir compte du volume en terme de ciel, soit de l’altitude sol à une altitude de 23’000 mètres, l’Autriche ne peut assurer la police du ciel que le matin. Par contre, il est encore possible de temps en temps, soit deux à trois fois par mois d’assurer une permanence aérienne sur une période estimée à 14 heures, a déclaré le général de division Schmidseder.

Une Force aérienne très limitée : 

La situation de la Force aérienne autrichienne n’est, de loin pas très enviable, avec seulement 15 avions de combat Eurofighter T1, soit le modèle le plus limité de la gamme du chasseur européen.

En effet, sur ces 15 aéronefs, seul 6 à 8 sont réellement disponibles, les autres se trouvant en maintenance et servant à la formation du personnel aérien et au sol. Le standard T1 des Eurofighter autrichien ne permet que l’interception à courte portée, ainsi que l’engagement avec des bombes en chute libre. Pas de guerre-électronique, ni de reconnaissance aérienne, incapacité antibalistique.

L’Otan en protecteur: 

Cette situation au centre de l’Europe inquiète l’Otan, qui avait déjà dû assurer la protection du ciel autrichien lors de la guerre en ex-Yougoslavie.  Si la situation ne pose pas encore de problème aujourd’hui, une accentuation des risques de tensions en Europe à l’avenir pourraient donc bien devenir très problématique. L’Otan se pose donc comme un protecteur direct du ciel autrichien. Cette situation contraint d’ailleurs l’Autriche à une perte de sa souveraineté aérienne.

Un nouvel avion en plus grand nombre :

Vienne travaille à une amélioration de sa Force aérienne, en cherchant à se débarrasser de ses Eurofighter T1 et opter pour un autre appareil en plus grand nombre. Selon le calendrier, l'Autriche va se débarrasser de sa flotte de15 Eurofighter « Typhon II » Tranche 1 à partir de 2020. L’objectif étant de se doter d’un nouvel avion de combat ayant un standard plus performant et en plus grand nombre.

Pour le ministre de la Défense, Hans Peter Doskozil « Ceux qui disent oui à la neutralité autrichienne et à la souveraineté doivent également dire oui à un avion supersonique moderne et à haute performance capable de faire des opérations ponctuelles avec un coût à l’heure de vol viable ».

Le rapport conclut que l'armée de l'air exige une nouvelle flotte de combattants supersoniques, capable de fonctionner 24 heures sur 24 et équipé de missiles guidés et d'un système avancé d'autodéfense.

Une situation complexe :

Selon la presse de notre pays (20minutes, Nouvo), l’Autriche espère 18 avions de combat, ce chiffre serait suffisant. Vraiment ? Avec seulement trois avions supplémentaires, notre voisin n’améliorerait pas sa situation en terme de disponibilité de la police du ciel, au mieux la dotation permettrait de disposer de 8 à 9 avions au-lieu des 6 à 8 actuels. Le pays continuerait de ne pouvoir réagir en cas de tensions en terme de durée en centre Europe.

Que veut réellement l’Autriche :

Rappelons ici que la Force aérienne autrichienne moderne a été créée en 1955 et bridée par l’Otan du fait que le pays était un allié au Nazis durant la guerre. La Force aérienne autrichienne ne pouvait acheter des avions performants et a été contrainte à ne pouvoir acquérir que des missiles de courtes portées.

La situation ayant changé, Vienne réfléchit à la modernisation de son aviation avec les objectifs suivants :

 

  • Achat d’un nouvel avion à partir de 2020 en deux tranches.
  • Formation de nouveaux pilotes.
  • Trouver un repreneur pour les actuels Eurofighter T1.

Contrairement a ce qui a été dit dans notre presse, l’Autriche cherche bien un lot d’avion de 18 à 20 nouveaux appareils, mais le pays est conscient que ce nombre reste insuffisant. L’Autriche doit donc former plus de pilotes et espère revendre ses Eurofighter pour notamment financer une seconde tranche d’avions à l’aube de 2025-2028. L’Autriche prévoit donc de passer de 15 à 30 voir 40 appareils. Tout en restant en partie sous-tutelle de L’Otan.

Les bons exemples :

Non, l’Autriche n’est certainement pas le bon exemple pour une comparaison en vue du développement de nos Forces aériennes. La volonté en Suisse de souveraineté aérienne, de garantir à l’avenir d'une police du ciel 24/24 et de pouvoir tenir notre espace aérien en cas tensions internationales ne cadre pas avec les possibilités de notre voisin. Ceux et celles qui utilisent l’exemple autrichien n’ont de vœux que le démantèlement de notre aviation militaire.

Il existe pourtant de bons exemples pour tirer quelques comparaisons, la Finlande, la Suède, soit des pays neutres comme nous, souverains capables de se donner les moyens de leurs ambitions.

 

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Photos : 1 Eurofighter autrichien limité en armement @ AIF 2 Les Hornet suisses doivent pouvoir soutenir une protection en profonderu et dans la duré @ Swiss Air Force

 

 

 

05/09/2017

F-35, Parmelin et l’intoxication !

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Sous le titre « Guy Parmelin songe à des F-35 pour l'armée » une certaine presse ne fait pas de l’information mais du « Fake News ». Non seulement ce titre est « faux » mais pires, il ouvre la voie à une grave désinformation de la population.

Le Chef du DDPS ne choisi pas l’avion :

Peu importe sa couleur politique, le chef du DDPS ne choisi pas les systèmes qui viendront équiper notre armée. Les choix sont effectués par un groupe de tests et c’est une équipe composée de spécialistes qui présente le projet retenu selon plusieurs critères au chef DDPS. Celui-ci sera alors chargé de présenter les achats au sein d’un programme d’armement au Conseil Féféral. Le paquet est ensuite proposé aux deux Chambres Fédérales et éventuellement devant le peuple. Prétendre que l’actuel chef du DDPS serait « en faveur d’un avion plutôt qu’un autre » est en soi un mensonge.

Peu de chance pour le F-35 :

En ce qui concerne cette pseudo révélation, j’ajouterai que les chances du Lockheed-Martin F-35A pour notre pays sont très faibles. En premier lieu, il faudra les demandes en matière d’offsets et de participation au developpement du futur avion. Car si les demandes sont identiques qu’en 2008, les américains ne pourrant simplement pas s’alignier.

Toutefois, si le F-35 devait rester en course, l’avion souffre de nombreuses maladies de jeunesse, qui n’ont de loin pas encore trouvés de solution. Le prix à l’achat est encore très élevé et si celui-ci va baisser, lors de la mise en production à plein régime, les coûts à l’heures de vol et de la maintenance restent insupportables. Par ailleurs, la maintenance lourde ne pourra se faire ne Suisse, mais serait faite en Italie (centre européen). En résulterait une perte de contrôle pour notre armée avec une dépendance inacceptable avec en sus une perte de compétence technique.

Le second problème de la maintenance concerne le système de maintenance ALIS (Autonomic Logistics information System) centralisé au Etats-Unis pour l’ensemble des utilisateurs et qui n’offre pas les sécurités nécessaires en matière de cyberguerre. Il faut dire que, si un hacker arrive à pénétrer le système ALIS, qui communique depuis chaque avion directement au sol, il aura accès à l’ensemble de la gestion de la maintenance cellule, des systèmes de missions et des clés cryptographiques utilisées sur chaque F-35 en service. Inutile de préciser que, si l’ennemi accède à ces données, il pourra les modifier à son aise et clouer la flotte mondiale de F-35 au sol. De plus il aura également accès aux données des autres nations utilisatrices de l’avion.

Le budget, la clef du choix :

Le chef du DDPS Guy Parmelin travaille aujourd’hui à la préparation du budget qui concernera non seulement l’achat d’un nouvel avion mais également du futur système sol-air (DSA20). Au vue des finances actuelles la marge de manœuvre est difficile. En conséquence, le montant disponible sera la clef des choix finaux.

Des variations de prix importantes :

En effet, entre les aéronefs les moins chers disponibles (Gripen E, Super Hornet et éventuellement le F-16 Viper) et les plus onéreux (F-35, Eurofighter, Rafale), la différence sur le prix à l’acquisition pour un même nombre d’avions pourra varier de l’ordre de 1,1 à 1,8 milliards de nos francs (avec rabais). Il faudra également tenir compte des coûts à l’heure de vol. Ils seront également très différents d’un avion à l’autre et auront un impact non négligeable sur la décision.

A noter, que les fameuses variantes exprimées dans le rapport du groupe d’experts et d’accompagnement sur le développement et la modernisation de nos Forces aériennes, ne tiennent comptes que du prix moyens des aéronefs. Lors de la remise des offres des différences en ce qui concernes les rabais peuvent atteindre 20% du prix officiel d’un avionneur.

Photo : F-35 @ USAF

08/08/2017

Nouveau cursus de formation aux Forces aériennes !

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Les Forces aériennes augmentent l’attractivité de la formation des pilotes. En réduisant la durée du cursus habituel, elles permettent aux pilotes d’être plus rapidement opérationnels. De plus, le volet académique de l’instruction est individualisé et reporté à une date ultérieure. La nouvelle formule est entrée en vigueur en cet été.

La formation de pilote militaire de carrière est longue et exigeante. Le développement de l’instruction des pilotes des Forces aériennes, introduit dans le courant de l’été 2017, occasionnera quelques changements : l’instruction des pilotes sera écourtée et réorganisée, et les études obligatoires à la Zürcher Hochschule für Angewandte Wissenschaften seront supprimées. Ainsi, la formation deviendra plus attrayante pour favoriser davantage encore la relève.

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De nouvelles conditions-cadres permettent aux Forces aériennes suisses d’adapter la formation de leurs pilotes. Tout d’abord, la formation des officiers et le processus de sélection sont maintenus dans leur forme actuelle. Ensuite, après avoir réussi la sélection aéronautique, les candidates et les candidats suivent une instruction de base aéronautique militaire de six mois sur PC-7, notamment pour décider de la spécialisation sur jet ou sur hélicoptère.

Viennent ensuite une formation de pilote de ligne d’une durée d’une année (frozen ATPL) dans une école d’aviation civile, puis un stage de perfectionnement aéronautique de deux ans sur PC-7, PC-21 et F/A-18 pour les futurs pilotes de jet, et sur EC-635 pour les pilotes d’hélicoptère. Après l’obtention du brevet, les pilotes sont incorporés dans les escadrilles d’aviation et accomplissent ultérieurement des formations académiques individualisées dans le cadre d’une planification de carrière.

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D’un côté, l’instruction est plus attrayante, et de l’autre, les candidats font leurs premières expériences aéronautiques sur PC-7 au sein des Forces aériennes avant de se lancer dans la formation à l’aviation civile, ce qui est un atout pour toute la formation. » En outre, avec le développement de l’instruction des pilotes des Forces aériennes, la phase d’études aéronautiques à la ZHAW, obligatoire par le passé, est supprimée. A l’avenir, chaque pilote breveté bénéficiera d’une planification de carrière individuelle. Pour certains, cela inclura des études de bachelor ou de master, définies en fonction de leurs aptitudes et aspirations personnelles ainsi que des besoins des Forces aériennes.

Le premier cycle de la nouvelle instruction débutera avec l’instruction aéronautique militaire en automne 2017. (Sources DDPS).

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Photos : 1 PC-21 et F/A-18D @ DDPS 2 formation sur PC-21@PIlatus 3 EC635 @ Milan Rohrer

07/04/2017

Le point sur l’oxygénation de nos Hornet !

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Suite à une série de problèmes révélés aux Etats-Unis, les médias suisses rapportent des problèmes d’alimentation en oxygène dans les F/A-18 C/D « Hornet » des Forces aériennes. Il est important de clarifier la situation, car une fois de plus l’information est incomplète et peut mener à une confusion.

La situation en Suisse :

Les F/A-18 C/D « Hornet » volent depuis environ 20 ans au sein des Forces aériennes suisses et ont accumulé plus de 100’000 heures de vol. Au cours de cette période, quelque 100 plaintes de pilotes ont été enregistrées concernant l'alimentation en oxygène. Cela correspond à une plainte pour 1000 vols effectués. Cinq de ces annonces concernaient des cas d'hypoxie. Cela signifie que le pilote était insuffisamment alimenté en oxygène. Ces annonces datent des années 2002, 2008, 2011, 2014 et 2016. Sur ces cinq cas, deux ont été qualifiés de graves.

Réaction :

Les Forces aériennes ont analysé chacune de ces annonces et pris des mesures appropriées. Ainsi, une procédure supplémentaire de test a été mise en place, les instructions concernant le lavage des moteurs au terme d'un engagement prolongé des appareils à l'étranger ont été adaptées et une alarme supplémentaire a été intégrée. Les pilotes ont aussi été sensibilisés à la thématique par un entraînement en chambre de décompression et des exercices particuliers sur simulateur.

En outre, les F/A-18C/D Hornet des Forces aériennes suisses sont très bien entretenus par un personnel hautement qualifié et sont normalement stationnés à l'abri dans des hangars. Contrairement aux F/A-18 alignés par les Etats-Unis, les appareils suisses ne sont pas engagés à partir de porte-avions ou de bases aériennes situées dans le désert, ce qui a un impact positif sur l'intégrité du circuit d'oxygène des avions.

Deux problèmes différents:

Il faut différencier deux problèmes survenu au USA. D’un côté, il y a un problème rare de décompression avec les « Hornet » de séries A/B/C/D au standard Block10 (Espagne, Canada), doté du système d’alimention en oxygène avec des bouteilles d’oxygène. Par contre, la maintenance est adaptée en fonction du vieillissement de ces appareils.

Par contre, Les Hornet C/D Block18 (Suisse, Finlande, Koweit) et les « Super Hornet » et plus précisement les E/A-18G « Growler » de la Marine américaine sont eux dotés du système d’alimentation de type OBOGS. Ces appareils ont un problème différent. En effet, il est apparu que le système OBOGS pouvait être contaminé par des lubrifiants et les fluides des moteurs qui se sont infiltrés dans le système de génération d'oxygène. Il apparaît également que les avions écoles de l’US Navy de type BAe T-45 « Goshawk » subissent le même problème de contamination par des fluides. Ce problème semble d'ailleurs plus grave sur les T-45, car les instructeurs de la Navy refusent depuis plusieurs semaines de continuer à voler, tant que le problème n'est pas résolu.

 

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Photos : 1 Boeing F/A-18 C/D Hornet @ Swiss Air Force 2 E/A-18 « Growler » @ US Navy