11/07/2012

Le Gripen F vole avec son radar AESA !

 

 

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Le démonstrateur Gripen NG est depuis quelques temps, doté de la version définitive du radar ES-05 «Raven» de type AESA (Active Electronically Scanned Area). L’avion a été présenté à la presse, lors du Salon aéronautique de Farnborough. Cette présentation était réalisée avec le fournisseur de l’antenne à balayage électronique SELEX Galileo.

Le Gripen E/F, de part son démonstrateur atteint maintenant la phase finale de tests,  avec l’adaptation de son radar AESA définitif et se terminera avec le montage du capteur IRST (SKYWARD-G). Ce radar AESA vient de débuter, par ailleurs, la phase de tests en vol pour sa qualification. La version du radar ES-05 «Raven » installé dans le nez du Gripen F, est issues des modèles antérieurs, qui ont servit de banc d’essais depuis 2008. Cette version du radar AESA a subit au préalable une batterie de tests, servant à son homologation depuis les installations de Finmeccanica d'Edimbourg en Ecosse en vue de son installation sur l’avion développeur.

Le radar AESA en version définitive sera présenté un peu plus tard, dans l’année, en vol aux équipes de pilotes d’essais suisses d’Armasuisse et des Forces Aériennes (nous aurons l’occasion d’y revenir le moment venu).

 

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L’ES-05 « Raven » :

Le radar à antenne à balayage électronique qui doit équiper les versions « Echos & Fox » du Gripen est développé par Saab et SELEX Galileo. Le corps du système reprend les éléments du radar PS-05 Ericsson auquel on y a ajouté l’antenne active de SELEX Galileo ainsi que des éléments du Vixen 1000E. Celle-ci, est par ailleurs montée sur un plateau cyclique (swashplate) repositionnable qui permet de fournir une plage de détection de  ± 100 º.

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La série de capteurs comprend des capteurs actifs et passifs intégrés pour permettre une commande centrale et la fusion de capteurs. Ces éléments permettront d’améliorer de façon significative la capacité multirôle et la performance des capteurs face aux menaces futures et à des scénarios plus complexes.

Le RAVEN ES-05 bénéficie de la technologie extrêmement fiable du module émetteur/récepteur de l’AESA, ce qui améliore considérablement la disponibilité du système et permet de réduire le coût de cycle de vie. Les radars AESA de SELEX Galileo présentent des performances exceptionnelles et une fiabilité accrue supérieures aux radars à balayage mécanique traditionnels. Ils offrent également tous les avantages des antennes AESA multifonctions et garantissent des économies de coûts à long terme.

Le radar Raven ES-05 a été conçu dès le départ comme un système modulaire unique et efficace à même de répondre aux exigences mondiales en matière de détection radar de conduite de tir et de suivi de cibles. Il s’appuie sur des unités modulaires courantes qui permettent d’offrir une architecture de système évolutive capable de répondre aux besoins de conduite de tir et aux exigences opérationnelles des radars d’interception tout en restant résistant aux contre-mesures radar.

L’antenne AESA est couplée à des unités remplaçables en ligne (LRU) d’un récepteur-excitateur multichaîne entièrement numérique et d’un processeur. Ces dernières fournissent une suite complète de modes dont les modes air-air et air-sol, des fonctions de brouillage et de support pouvant être facilement adaptées ou étendues au logiciel afin de satisfaire les besoins futurs.

Le radar exploite les techniques de confirmation d’alertes de l’AESA pour confirmer les cibles lors de la première détection. Ces techniques, associées aux formes d’onde optimisées d’AESA, permettent d’augmenter les champs d’initialisation de la trajectoire, tout en conservant simultanément une capacité d’appréhension totale de la situation. La capacité de balayage instantanée de l’AESA fournit également une suite complète de modes simultanés air et sol, afin de conférer au pilote une appréhension totale et fidèle de la situation.

Au cœur de la conception du radar AESA se trouve la capacité de gérer la panne individuelle d’un seul composant. Les pannes de composants dans l’antenne entraînent une dégradation progressive de la performance et non une panne complète du système, fournissant ainsi une disponibilité opérationnelle plus élevée que les systèmes de radar traditionnels. Des économies de coût sur la durée de vie du système sont réalisées grâce à la haute fiabilité, l’amélioration de la disponibilité et la réduction des exigences relatives à la maintenance.

 

Les avantages de l’antenne AESA :

Un radar ainsi équipé offre une extrême flexibilité. Les modules (TRM) peuvent être divisés en "sous-radars" ayant chacun une tâche différente (air-air, air-sol, brouillage ).

Ce type d’antenne permet un accroissement de la portée. La puissance émise et leur portée sont augmentées de 20 à 70 %.

Discrétion et résistance au brouillage (travail simultané sur des fréquences différentes).

Fiabilité (pas de mécanique, redondance des antennes).

Nombreuses applications potentielles (arme à énergie dirigée, transmission de haut débit ).

Ce type de radar permet un champs d’application à de nouvelles tactiques, comme par exemple, de maintenir la liaison de données de missiles et de s’en détourner, tandis,  que le scénario se poursuit le radar acquiert d'autres cibles et/ou effectue d’autres tâches.

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Photos : 1 Radar AESA ES-05 avec son antenne montée sur le Gripen F 2 & 3 Présentation à la presse au Salon de Farnborough 4 Version test avec l’IRST (SKYWARD-G) @ Saab/Selex Galileo

 

04/05/2012

Les pilotes suisses volent le Gripen F !

 

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Une équipe de spécialistes des Forces aériennes et d’armasuisse a effectué, du 2 au 4 mai 2012, à Linköping en Suède, une série de vols d’essai avec le Gripen F Demonstrator. Les quatre vols effectués en biplace ont servi à vérifier les évaluations du Gripen E/F ainsi qu’à réduire les risques liés au développement de l’aéronef. L’ensemble de ces vols d’essai a pu être effectué comme prévu.

Linköping, Suède. Avec la décision du Conseil fédéral du 30 novembre 2011 concernant le choix du type d'appareil, une étape importante a été franchie dans l'acquisition des nouveaux avions de combat pour les Forces aériennes suisses. Suite à cette décision, le DDPS a été chargé par le Conseil fédéral de prendre en mains la préparation de l'acquisition du Gripen. Au sein du DDPS, cette tâche est effectuée par une équipe de projet intégrée (EPI) dirigée par armasuisse avec des représentants des Forces aériennes ainsi que d'autres services du DDPS.

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Parallèlement aux négociations en cours avec le gouvernement suédois concernant l'optimisation du processus d'achat, d'autres discussions techniques ont lieu de manière intensive entre les partenaires concernés en Suède et en Suisse. Il est prévu de régler les détails techniques de l'acquisition coordonnée du Gripen par la Suède et la Suisse d'ici à la fin du deuxième trimestre 2012.

Etat d'avancement des préparatifs d'acquisition :

 

L'EPI suit de très près l'évolution du projet auprès de l'industrie, comme cela est d'usage lors d'acquisitions complexes. Cet accompagnement des travaux permet non seulement de vérifier les évaluations du Gripen E/F mais aussi de réduire les risques liés au développement du Gripen C/D vers le modèle E/F.

Dans ce cadre, les premiers vols d'essai ont maintenant eu lieu avec le Gripen F Demonstrator du constructeur Saab en Suède. Une petite équipe composée de pilotes et d'ingénieurs d'essais en vol des Forces aériennes et d'armasuisse a effectué une série de vols de vérification, en étroite collaboration avec le fabricant.

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Programme et vols d'essai :

 

Le programme, qui s'est déroulé sur trois jours, comprenait les éléments « entraînement en simulateur » de même que « vols d'essai ». Durant la première journée, les deux pilotes ont rafraîchi leurs connaissances du Gripen dans le simulateur et se sont plus particulièrement familiarisés avec les nouvelles capacités du Gripen F Demonstrator. Les deux jours suivants ont permis d'effectuer les vols qui ont servi à vérifier les évaluations du Gripen E/F dont il a déjà été fait mention ainsi qu'à réduire les risques liés à l'achat prévu. Afin que les essais soient aussi réalistes que possible, ils ont été exécutés sur la base de divers scénarios d'engagement, tels qu'on pourrait les imaginer en Suisse. Ils comptaient chacun deux avions avec le profil d'engagement de défense aérienne et de police aérienne. Les engagements ont eu lieu avec des configurations d'armes différentes et l'appui d'avions-cibles.

Le point de départ pour les vols d'essai était l'aéroport de Linköping en Suède. Les différents vols d'essai ont eu lieu principalement au-dessus de la mer Baltique, à une altitude variant entre le niveau de la mer et 12 000 mètres.

Tous les vols d'essai ont pu être effectués avec succès.

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Gripen F Demonstrator :

Le Gripen F Demonstrator, testé par les pilotes suisses en Suède, est un modèle intermédiaire entre le Gripen C/D et le Gripen E/F. Ce biplace dérivé du Gripen D a pris son premier envol le 27 mai 2008 et a, depuis, plus de 200 heures de vol à son actif. Ce démonstrateur sert de plateforme pour tester les systèmes partiels du Gripen E/F.


Le Gripen F Demonstrator est motorisé par le réacteur General Electric F414G. Il est équipé d'un réservoir de kérosène interne plus grand, de pièces de la nouvelle avionique (cockpit) et de deux postes d'arme supplémentaires sous le fuselage. En outre, son train d'atterrissage a été repositionné.

Les différences entre le Gripen C/D et le Gripen E/F :


Les principales différences entre le Gripen E/F que la Suisse a choisi d'acquérir et le Gripen D testé en 2008 sont les suivantes :

Réacteur plus puissant avec mode SuperCruise;

Capacité de stockage du kérosène plus importante;

Nouveau radar à la pointe de la technologie (Active Electronically Scanned Array /AESA);

Capteur infrarouge de détection et de poursuite de cible (passif) (IRST, Skyword-G);

Nouvelle avionique, cockpit nouvelle génération inclus, viseur de casque Cobra;

Nouveau système de guerre électronique (analyse électronique et mode infrarouge) couplage avec fusion des données, liaisons Link16;

Deux postes d'arme supplémentaires (au total 10 points d'attaches);

Nouveau train d'atterrissage.

Nouvelle génétation d'armement comme le missile européen hyper-véloce METEOR.

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Photos : vols depuis Linköping avec le Gripen F, pilotes suisses d'armasuisse en tenue orange et des FA en gris  @ Saab Gripen/Armasuisse

 

07/02/2012

Gripen E/F : l’excellence !

 

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Voici la première partie d’une nouvelle série d’articles, concernant le choix par le Conseil Fédéral du nouvel avion de combat, le Gripen (Griffon) E/F. Le dossier étant en pleine évolution, je reviendrai notamment sur les offres de partenariat industriel (Offsets), ainsi que les évènements qui ont marqué la décision.

Cette première partie va me permettre de vous révéler certaines informations techniques qui n’ont jusqu’ici jamais été abordées. Elles font suite à mes recherches ainsi qu’à la possibilité que j’ai eu de me rendre en Suède chez Saab pour voir de près l’avion et obtenir de nombreux éclaircissements.

Les raisons du choix :

Les raisons du choix sont particulièrement complexes et tiennent compte d’une multitudes de paramètres et ceci contrairement à la croyance populaire. Le choix s’est fait suite à l’obtention de centaines d’informations vérifiées qui font suite à l’évaluation de 2008.

Je me permets ici de rappeler qu’aucun des trois standards d’avion proposés à notre pays ne sont actuellement en service. Le Gripen E/F dérivé du démonstrateur NG sera commandé ce printemps par la Suède. Le Rafale proposé, soit le F3-04T n’existe qu’à un seul exemplaire dont l’Armée de l’air recevra ses premiers modèles en 2013. L’Eurofighter DA7 série 3, proposé et en cours d’industrialisation mais ne pouvait être doté du radar AESA avant 2016.

 

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La presse a avancé que le choix du Gripen pour notre pays était principalement financier. Ce n’est pas totalement juste, du moins très incomplet !

Effectivement, le prix proposé pour une dotation minimale de 22 appareils à 3,1 milliards est le meilleur prix des trois. Mais, il faut encore tenir compte des coûts d’utilisation, qui sont là encore, très inférieurs pour le Gripen. Cela  permettra à terme deux options sur un budget annuel :

  • Economie des coûts sur le budget annuel pouvant être réinvestis dans la modernisation.
  • Augmentation des heures de vol à l’année sans modifier le budget.

 

Les avantages techniques du Gripen E/F :

Les trois appareils proposés à notre pays disposent d’une technologie équivalente et sont tous trois en constante évolution. Du côté de l’offre suédoise, certains points ont fait la différence !

  • Le radar AESA ES-05 «RAVEN» permet un balayage avec un débatement total de ± 100 ° qui offre la possibilité de voir vers l’arrière et d’engager directement les adversaires.
  • L’architecture électronique est au minimum 5x plus rapide en matière de calcul que ses concurrents.
  • Le cockpit, basé sur un écran géant (comme le F-35), offre la possibilité de personnalisation pour chaque pilote et l’adaptation immédiate en fonction de l’évolution de la mission (air-air, reco, air-sol).
  • Le moteur, General-Electrique GE F-414G, offrira 10,5 tonnes de poussées (avec mode SuperCruise).
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Un équipement complet :

Concernant les équipements du Gripen E/F, ils sont très complets et prêts à l’industrialisation. Voici la liste standard de ceux-ci :

Avec le radar AESA ES-05 « Raven » couplé au système optique frontal IRST Skyward-G, le Gripen E/F dispose d’une liaison électronique Link16 à large bande, d’un système de communication satellitaire SATCOM et d’un fusion des données (Net Centric Warfare - NCW). Un nouveau système de guerre électronique avec détection des missiles en approche  de type électro-optique EW39 qui fonctionne avec les lances-leurres Saab BOH/BOL de dernière génération (ADIS).

La fusion de données complètement intégrée au système d'arme permet la fusion des informations   de la liaison 16 (pistes des équipiers, messages PPLI (Precise Participant Location and Identification) et relie l’ensemble aux pistes des capteurs internes et externes (RAVEN, IRST, EW39, pod ATFLIR.

Le pilote dispose d’une commande vocale, des classiques commandes HOTAS et d’un viseur de casque et d’un HUD large également de la nouvelle génération.

Enfin, un générateur d'oxygène embarqué (On-Board Oxygen Generation System, OBOGS) permet d’augmenter la teneur en oxygène de l'air prélevé au niveau d'un compresseur du moteur, afin, qu'il soit fourni directement aux pilotes. Avec l'OBOGS, la production d'oxygène est quasiment infinie et facilite la logistique : pas de production au sol, ni de chargement et d'installation des bouteilles à bord.

Le siège éjectable Matin-Baker dispose de deux airbag latéraux pour protéger le pilote en cas d’éjection.

En matière d’armement, le Gripen E/F offre un vaste choix international :

Air-Air :

Missiles courte portée à guidage infrarouge couplé avec viseur de casque  SRAAM (Sort Range Air to Air Missile):

IRIS-T, AIM-9X, A-DARTER, Python 5

Missiles longue portée BVRAAM (Beyond Visual Range Air to Air Missile) :

AIM-120C7 AMRAAM,  DERBY, METEOR.

Air-Sol :

Missiles :

Maverick, RBS-15, TAURUS (missile de croisière).

Bombes à guidages laser de type « Paveway », modèles : GBU 10/12/16/24/27/28.

Nacelles : Reco et ATFLIR, Nite-Hawk, SNIPER.

 

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Optimisation pour les drones :

Saab fait partie du groupe de travail mené par Dassault Aviation dans le cadre du drone de démonstration NEURON. Le constructeur suédois, comme son homologue français avec le Rafale, a optimisé l'avenir de son avion de combat Gripen E/F en vue d'une utilisation future en binôme avec le futur drone de combat européen.

Questions fréquements posées :

Une nouvelle affaire "Mirage" pourrait-elle se reproduire avec le Gripen ?

En aucun cas, les surcoûts engendrés lors de l'achat des Mirage III étaient dûs à de nombreuses modifications (radar, armement, cockpit, cellule) voulues par la Suisse. Dans le cas du Gripen E/F, le modèle pour notre pays sera exactement le même que celui qui équipera la force aérienne suédoise.

En cas de retard qui paiera ?

Saab Aerospace s'est engagé à prendre en charge les éventuels surcoûts d'industrialisation à 100%.

Quelles sont les risques de maladies de jeunesse ?

Les risques sont faibles, car l'ensemble des systèmes fonctionnent et ont fait leurs preuves durant les essais du démonstrateur Gripen NG.

Le développement du Gripen va-t-il s'arrêter une fois les livraisons effectuées à la Suisse ?

Non, le programme Gripen va continuer d'évoluer, il est garantit jusqu'en 2040. la Suisse aura d’ailleurs de nombreuses cartes à jouer en matière de recherche & développement dans le cadre du programme de partenariat avec la Suède.

Commentaires :

Le Gripen n’est en rien un appareil inférieur techniquement. Certes, la gamme du constructeur suédois est plus modeste en ce qui concerne l’emport de charges avec 10 points d’attaches contre 14 à ses concurrents. Le rayon d’action est également sensiblement  plus court d’environ  400 km, mais l’avion permet le ravitaillement en vol. Il est optimisé pour le dégagement sur des aérodromes secondaires et l’emploi sur autoroutes. Ce même concept permettant de limiter les pertes lors d’attaques, notamment le sabotage d’aérodrome par des terroristes.

Aujourd’hui, nous avons sur le vieux continent une chance extraordinaire d’avoir trois appareils d’excellente valeur en développement continu, Gripen E/F, Rafale, Eurofighter. Hormis Quelques différences, l’Europe peut répondre comme jamais à la demande de divers clients et de leurs spécificités. L’Inde, de part sa situation géopolitique avec son voisin, a préféré un appareil pouvant répondre en matière d’attaque lourde en profondeur. Notre pays n’a pas ce besoin extrême, heureusement d’ailleurs, mais va pouvoir assumer son rôles en matière de surveillance, détection et poursuite de cibles, reconnaissance et attaque au sol tactique en travaillant en collaboration avec ses voisins, dans un cadre moderne et évolutif.

A suivre : le détail de la commande, les Offsets, les conclusions de la sous-commissions d’enquête, le lancement de la fabrication en chaîne.

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Photos : 1 Gripen NG avec IRIS-T, METEOR et Paveway @ Saab 2 & 3 Gripen NG @ Pascal Kümmerling 4 Gripen E/F & NEURON 5 Gripen F & D l’ancienne et la nouvelle génération @ Saab

 

02/12/2011

Gripen, l’étonnant choix du CF !

 

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Le moins que l’on puisse dire suite à l’annonce par le Conseil Fédéral du choix de l’avion suédois JAS-39 E/F «Gripen», c’est que celui-ci déchaîne les passions ! Entre les déçus, les perplexes et les satisfaits, le dossier fait déjà couler beaucoup d’encre ! Je vous propose ici un début d’analyse, mais attention je vais éviter d’entrer dans les tractations purement politiques pour rester sur le terrain du concret.

La déception Rafale :

Pour beaucoup, c’est le Rafale de Dassault Aviation qui devait l’emporter, le dossier était simplement irréprochable en tous points. Les meilleurs résultats techniques, une maturité démontrée avec le prototype doté du nouveau radar AESA RBE2-AA, le tout avec une offre industrielle permettant non seulement d’offrir des débouchés militaires mais également civils.

Le travail de lobbying  a été très bien réalisé par les gens de Dassault auprès d’Armasuise et des entreprises épaulé par l’équipe de démonstration du Rafale. Lors du meeting de Sion par exemple : tant le pilote de démonstration le Cpt Mickael Broccard, le coach Cédric Ruet ainsi que toute l’équipe de mécanos ont été particulièrement attentifs et méticuleux pour expliquer l’avion.

Alors qu’est-qui n’a pas fonctionné ?

Le prix est un des éléments clef de cette défaite, trop proche des 4 milliards et donc trop éloigné de l’offre du Gripen. Par les temps qui courent, ce type de facteur est essentiel, il n’y a qu’à regarder ce qui se passe avec les EAU qui demande un rabais de 20% !

Le second facteur est politique, j’ai constaté que suite aux diverses attaques des politiques français de tous bords sur la place financière, l’agacement était très palpable parmi nos politiques tant à droite, mais aussi à gauche. De facto, on ne construit pas une collaboration industrielle "sûr" lorsque l’on néglige son voisin. Les contrats d’armement sont très sensibles et sans un appui indéfectible des politiques c’est l’échec garantit ! La politique aurait dû assurer les arrières de l’équipe Dassault, tel ne fut pas le cas.

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Les questions sur le Gripen :

A contrario, les suédois ont su s’adapter à notre pays tant par l’offre que de part les appuis politiques. Ils ont été capable de corriger l’offre qui était faible avec un appareil dépassé qu’est la version C/D du Gripen et avancé le nouvel «opus» soit le JAS-39 E/F Gripen qui sera dérivé du démonstrateur NG (nouvelle Génération).

Je ne vais pas revenir sur les aspects techniques complets que j’ai déjà énuméré dans mon précèdent article. Je dirais pour l’instant que si l’appareil se réalise, il sera à n’en pas douter  très  supérieur à la version actuel et comprendra l’ensemble des systèmes qui doivent équiper un appareil moderne.

Pourtant, l’avion pose certaines questions et non des moindres : Quel est réellement sa valeur combative ? La fiabilité de ses nouveaux équipements ? Quant est-il de  l’évaluation de son potentiel commercial ? Quel est le coût final de la version E/F ? Et d’une manière générale qu’offre les Suédois en matière d’Offsets ?

Voilà pour l’essentiel !

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Le CF va devoir convaincre :

Outre le financement, pour être commandé, le projet Gripen va devoir passer devant les Chambres Fédérales et passer les examens des commissions et sous-commissions de sécurité.

Le CF part la voix du Ministre de la défense va devoir défendre ce projet, le justifier ! Il faudra donc, répondre avec clarté aux questions ci-dessus ainsi qu’à d’autres, histoire de faire taire la polémique.

Mais, il faudra du concret, sous peine de voir un refus se dessiner !  Alors, volte face pour finalement prendre le Rafale ?

J’évoquais dans mon dernier article le «coup de Poker» du CF, il va être temps de montrer son «jeux» et les cartes doivent être les bonnes !Je resterais à distance de l'éventualité de la fuite organisée, le ministère public semble vouloir éclaircir ce point, c'est très bien ainsi !

La Suède accélère le programme :

Une nouvelle ce vendredi matin vient de tomber : Suite au choix Helvêtique, la Suède s'apprête à accélérer le programme Gripen E/F avec une première série de 10 appareils qui seront commandés l'année prochaine pour la Flygvapnet !

Conclusions :

Je suis prêt à suivre l’idée que le JAS-39 E/F Gripen, est un bon choix pour notre pays, mais à la condition que les ambiguïtés du dossier puissent être levées avec des réponses claires !

Que l’on arrête, alors, ce minimalisme sur cet avion, que le Gripen soit moins puissants que ses concurrents (rayon d’action plus court, charge inférieur) soit, mais celui-ci, doit être doté de systèmes électroniques (radar AESA, fusion des données, optique) optimums, afin de garantir à nos pilotes, la capacité de remplir l’ensemble des missions et faire face aux nouvelles menaces aériennes. La Suisse doit rester un partenaire fiable en matière de sécurité centre Europe !

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Photos : 1 Image de synthèse JAS-39 E Suisse 2 Radar AESA ES-05 Raven 3 Cockpit du démonstrateur NG 4 Gripen NG @ Gripen/

 

30/11/2011

Le choix Suisse du JAS-39 E/F «Gripen NG» !

 

 

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Le Conseil fédéral a décidé d’acquérir 22 avions de combat du type Saab Gripen NG pour remplacer les F-5 Tiger obsolètes. Il est prévu de proposer cette acquisition au Parlement dans le cadre du programme d’armement 2012.

Le coup de «Poker» du CF :

En ayant opté pour l’avion suédois, alors qu’Armasuisse recommandait le Rafale, le Conseil Fédéral fait ici un choix courageux ! En optant pour le Saab Gripen, le Conseil fédéral a choisi un jet de combat qui remplit les exigences militaires tout en misant sur une solution qui soit financièrement supportable pour le DDPS et pour l'armée. Mais surtout, ce choix ouvre la voie à un partenariat sans précédent en ce qui concerne le développement de l’avion. Si le Rafale et l’Eurofighter proposés sont des appareils déjà en construction, une bonne partie de la version du Gripen NG doit encore être finalisé ! La Suisse sera partenaire du Gripen de demain et aura son mot à dire sur les choix des futurs modernisations ! Certes, il y a dans ce choix une certaine prise de risque !

 

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Le Gripen de demain :

Vous le savez sans doute, la version du Gripen C/D testée en Suisse en 2008 n’a pas réussi l’ensemble des tests et s’est même montrée inférieur aux F/A-18, cependant, l’avion que la Suisse a choisit est fort différent, puisqu’il s’agit de la version JAS-39 E/F Gripen, soit le dérivé du démonstrateur Gripen NG (nouvelle génération). Pour remporter le mise, le Suédois ont continué de développer le prototype et fournit leur offre en fonction des avancées du programme. Le JAS-39 E/F Gripen sera construit en partenariat pour équiper l’aviation suédoise.

L’offre industrielle :

La solution proposée par les Suédois de Saab consiste  à fournir à la Suisse les cellules et l’équipement de 22 avions Gripen de la version actuelle pour 1,3 milliard. Les ateliers de RUAG se verront alors confier un mandat pour équiper ces structures du nouvel équipement électronique, de radars et de systèmes d’armes de la dernière génération, pour un montant équivalent, donnant ainsi naissance à une nouvelle version du Saab Gripen, New Generation (NG).

Notre pays participera également aux développements (R&D) et choix futur de l’avion ainsi que pour la fourniture d’autres Forces aériennes. Plus de 300 entreprises sont concernées et ceci, pour une compensation en Offsets  de l’ordre de 100%.

 

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Le Gripen suisse multirôles:

Notre pays se voit donc proposer la nouvelle version du Gripen, qui n’a rien à envié à ses concurrents, si la cellule de base restera la même, plusieurs éléments vont être fondamentalement nouveaux. Ce qui fait la valeur d’un avion moderne se sont les équipements électroniques et notamment le radar ! Le JAS-39 E/F sera doté du radar ES-05 «Raven» à antenne à balayage électronique Active Electronically Scanned Array (AESA) monté sur un plateau cyclique qui permet de couvrir un angle de balayage total de ± 100 ° alors que la concurrence ne permet qu’un balayage de 60-70° !

Sur le démonstrateur, les deux modes air-air et air-sol ont été intégrés avec succès et les performances attendues ont été atteintes. Une attention particulière a été mis sur la capacité air-sol et  le «Raven» produit d'excellentes images en haute résolution SAR à longue portée.

Pour compléter le système, l’avion sera doté d’un système infrarouge de recherche & track (IRST)  pour le mode air-air (Optique Secteur Frontal). L’avion sera doté d’un EWS (Electronic Warfare Suite) intégrés. Les données seront «fusionnées» afin de conférer au pilote une appréhension totale et fidèle de la situation.

L’avion recevra, en outre, un nouveau système de guerre électronique couplé à un détecteur infrarouge de proximité. L'avion est motorisé par un General Electrique F414G (moteur du Super Hornet) doté du mode "SuperCruise" soit décollage et vol à mach 1 sans postcombustion, le cockpit est entièrement nouveau et numérique et doté d'une communication satellitaire.

Question armement :

Le Gripen permettra l’utilisation des mêmes systèmes d’armes que ceux en service sur les Hornet, soit les missiles AIM-9X avec viseur de casque et l’AIM 120-C7 AMRAAM. Mais pourra également être doté de la prochaine génération de missile comme le METEOR BVRAAM (Beyond Visual Range Air to Air Missile).

Analyse :

Moins cher, mais pas pour autant inférieur, le JAS-39 E/F Gripen correspond donc bien aux cahier des charges prévu pour notre pays, cependant, quelques questions restent encore en suspend, concernant les possibilités de ventes à d’autres clients et/ou la modernisation pour les pays utilisateurs de la version antérieur C/D. De plus, la phase finale de mise au point peu comporter un certain nombre de risques industriels que le CF devra expliquer !

Dommage pour le Rafale de Dassault, l’avion est superbe, l’offre aussi, mais peut-être un peu trop cher et nul doute que les attaques incessantes des politiques sur la place financière suisse ont eu raison de la confiance entre les deux pays, chez Dassault il y a de quoi être déçu ce soir !

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Photos : 1 & 4 Démonstrateur Gripen NG 2 le radar AESA ES-05 Raven 3 Gripen D lord des essais en 2008 @ SAAB Gripen