21/05/2014

Gripen : Pas de plan B, mais un plan C/D/E !

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Le Chef du DDPS a affirmé qu’il n’y avait pas de « plan B » à l’acquisition du Gripen. Après le vote du 18 juin, le moment est désormais venu de poser cette question. Car l’indécision et l’inaction peuvent coûter cher à la Suisse.

La flotte de F-5 Tigre (1979) doit être retirée du service en 2016. Le maintien de celle-ci nécessiterait des investissements importants et ne saurait prolonger la durée de vie de ces appareils très longtemps. Si rien n’est fait, la flotte de F/A-18 Hornet (1993) atteindra sa limite de vie utile à l’horizon 2025. Il n’y aura alors plus d’appareils pour assurer la police du ciel, encore moins pour assurer la défense aérienne de la Suisse en cas de crise. Dans ces conditions, on doit envisager la fin de la politique de bons offices et de la Genève internationale, sans parler de facto d’un abandon de souveraineté à nos voisins ou à l’UE.

Sachant qu’il faut une dizaine d’années entre l’évaluation et la disponibilité opérationnelle d’un système d’armes aussi complexe qu’un avion de combat, un choix stratégique et politique doit avoir lieu au plus tard dans un an. On peut, dès lors, imaginer trois variantes de base.

 

Attendre pour lancer une nouvelle évaluation n’a guère de sens, car les appareils à évaluer dans 3-5 ans sont peu ou prou déjà en service aujourd’hui. En fonction de l’état des ventes à l’exportation, il est possible que l’Eurofighter ou le Rafale ne soient, alors, plus en production - diminuant alors notre choix. Les partisans de cette variante font miroiter l’achat de l’appareil de nouvelle génération Lockheed F-35. Mais celui-ci coûte au bas mot trois à quatre fois plus cher que le Gripen E ; son développement a été laborieux et parsemé d’échecs et de frustrations ; à tel titre qu’il n’est pas sûr que celui-ci soit disponible à temps pour les pays non-partenaires du programme initial ; les négociations avec le Gouvernement américain au sujet du F/A-18 durant les années 1990 –en pleine crise des fonds en déshérence- ont laissé des traces. Enfin, pour assurer la police de notre ciel, un appareil furtif, optimisé pour les frappes au sol n’a guère de sens.


 

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La seconde option consisterait à renégocier avec les Gouvernements et les avionneurs européens l’achat d’Eurofighter ou de Rafale d’occasion. Cela est d’autant plus imaginable que des offres ont déjà été faites par Cassidian (EADS). Et d’ici 2017, la Grande-Bretagne aussi bien que l’Allemagne ou l’Italie devront se débarrasser de leurs appareils de première génération afin d’honorer leurs commandes d’appareils de troisième génération qui sont en train d’entrer en service actuellement. On peut imaginer que l’achat d’un tel lot de 10-15 appareils se monte à un tiers de la facture de 22 Gripen E neufs. Mais il faut être conscient que la transformation des infrastructures existantes, la mise à niveau de ces appareils ainsi que le degré d’utilisation des cellules, sans parler des coûts d’utilisation sensiblement supérieurs, impliquent au final des surcoûts très importants. En l’état, les appareils allemands ou italiens de première génération, à l’instar de ceux acquis par l’Autriche, ne disposent d’aucune capacité air-sol ; leurs systèmes d’armes ne sont pas meilleurs que nos F/A-18 actuels. Une réelle mise à niveau coûterait ainsi autant que l’achat d’appareils sortants d’usine.

 

Enfin, on peut s’inspirer de la solution trouvée par le Groupement de l’armement à l’issue du « Nullentscheid » de 1971, après que le Parlement ait refusé les crédits d’acquisition de nouveaux avions de combat. En renégociant les contrats avec la Suède, qui devra remplacer ses Gripen C/D actuels pour recevoir ses appareils de nouvelle génération (E/F) à l’horizon 2017-2020, il serait possible d’acquérir un lot de 11 Gripen C/D d’occasion – sur la base des accords de leasing prévus. Un second lot de 11 Gripen C/D ou E devrait alors être acquis à l’horizon 2020-2025. Un troisième lot de Gripen E pourrait ensuite être acquis à partir de ce moment, afin de remplacer notre flotte de F/A-18. Cette solution permettrait de maintenir les coûts de chaque lot en-dessous du seuil psychologique du milliard de francs, tout en « sauvant les meubles » de nos accords de partenariat et de compensation avec la Suède.

 

On le voit, toutes ces solutions seront, à terme, plus chères que l’acquisition proposée au peuple suisse le 18 juin. Il n’y a donc pas de véritable « plan B ». Mais il y a des alternatives, qui requerront un réel leadership, une vision et un consensus politiques, au moment où sera rédigé le prochain Rapport sur la politique de sécurité.

 

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Texte d’Alexandre Vautravers,Professeur agrégé, en histoire, 

Sécurité et études stratégiques à la Webster University

Rédacteur en chef, Revue militaire suisse (RMS+)

 

Photos : 1 F-5E de la Patrouille Suisse 2 F/A-18C Hornet 3 Gripen F @ P.Kummerling

22/01/2014

Gripen, un besoin fondamental !

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Ce second volet sur l’acquisition de l’avion de combat Gripen E a pour but d’expliquer, quels sont les besoins de nos Forces aériennes et de replacer cette acquisition dans un contexte opérationnel.

 

Contexte de l’actualité :

 

L’actualité nous donne un excellent reflet des situations auxquelles nos Forces aériennes doivent faire face. Les deux évènements que sont le WEF et la conférence sur la Syrie II qui débutent aujourd’hui ne sont possibles que grâce aux engagements de l’armée et à la forte contribution de notre aviation. Deux zones d’exclusion sont actuellement activées au-dessus des deux régions concernées, ce qui implique une capacité de surveillance et de réaction 24/24. Nos bons vieux F-5E/F participent à la surveillance, mais ne peuvent être engagés que de jour et par beau temps, de plus leur capacité de détection radar reste limitée. Par conséquent, la flotte de F/A-18 « Hornet » est quasi seule à pouvoir assurer de manière efficace cette tâche. Sachant que les équipages doivent continuer à s’entraîner en parallèle et qu’un certain nombre de Hornet n’est pas disponible étant en maintenance. Certes, cette situation ne va pas durer, mais clairement les limites imposées, par la petite flotte d’avions tout-temps dont nous disposons aujourd’hui !

 

Le rôle des Forces aériennes :

 

Dans le réseau sécuritaire suisse, les forces aériennes avec leurs moyens de transport et de défense aérienne, la défense aérienne basée au sol ainsi que les ressources de surveillance et de conduite de l'espace aérien, sont d'une grande importance.

 

Face aux menaces immédiates et aux attaques contre la Suisse, d’après le rapport de politique de sécurité de 2010, les forces aériennes sont nécessaire et efficace dans les quatre domaines de sécurité: dans le maintien de la supériorité aérienne comme action policière (zone A), dans la détection précoce et de sauvetage (B), dans le transport aérien et la reconnaissance (C) et dans leur tâche principale (D), la défense de l’espace aérien en cas d’attaque.

 

 

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Pour les Forces Aérienne, il n'existe aucun substitut dans leur domaine d'activité. Aucune autre organisation, aucun autre moyen ne peut couvrir leurs besoins et domaines d’intervention, même lors d’événements et de menaces bien en dessous du seuil de guerre. En outre, le principe de subsidiarité ne s’applique pas aux forces aériennes. En dehors des forces aériennes, rien ni personne ne peut assumer la surveillance, la protection ni la défense de l'espace aérien suisse.

Les Forces aériennes sont donc bien plus qu'un simple moyen militaire, elles jouent aussi un rôle fondamental dans les secteurs civils et, autant en temps de paix que dans les périodes de tensions temporaires et à risque. Il est donc essentiel pour la Suisse d'avoir des forces aériennes d’un niveau qualitatif élevé, ainsi que des équipements quantitativement suffisants, utilisables de manière opportune et efficace, pour n'importe quelle situation, quelles que soient les conditions et pour tout événement et menace imaginable.

 

Aux besoins urgents des forces aériennes, s’ajoute évidemment la capacité d’intervention QRA (Quick Reaction Alert) des Forces aériennes, l’organisation d’alerte reconnue et adoptée par le parlement comme une nécessité, sur une durée de 24 heures et par tous les temps. Si aujourd’hui, les FA ne volent pas le week-end, il en sera autrement d’ici 2016 avec la mise en activité permanentes QRA. Pour cela il nous faut une flotte moderne tout temps avec une dotation minimum en temps de paix de 5 escadrilles soit 3 sur F/A-18C/D et 2 sur Gripen E.

 

Ce bon vieux F-5 :

 

 

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Les F-5 E/F  « Tiger II », déjà trentenaires, ne répondent plus aux exigences requises actuellement pour mener à bien des opérations. Le remplacement partiel des Tiger (remplacement de l’ensemble de la flotte des Tiger par un plus petit nombre d’avions de combat plus performants) combiné aux 33 F/A-18, qui pourront être exploités jusqu’en 2030 environ, doit permettre à l’armée de protéger l’espace aérien suisse dans toutes les situations. En outre, les capacités de base permettant la reconnaissance aérienne tactique et l’appui aux Forces terrestres dans des engagements air-sol, qui ont été temporairement laissées de côté avec la mise hors service du Hunter en 1994 et du Mirage-IIIRS en 2004, doivent être rétablies. On notera que nous ne somme pas les seuls à remplacer les F-5, le Brésil, la Thaïlande, la Malaisie, Corée du Sud sont autant d’exemples.

 

 

Evolution des menaces aériennes :

 

 

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La grande majorité des forces armées sont actuellement en phase de modernisation et certaines s’activent à se doter de capacités de frappes à grandes distances. De fait, avec de nouveaux avions combinés aux missiles balistiques, l’acquisition de porte-avions pour certains et de sous-marins lanceurs de missiles, nous nous trouvons progressivement vers une menace croissante pour les populations, le territoire et les forces déployées en Europe. Plus de trente pays disposent déjà ou font actuellement l'acquisition de technologies de missiles balistiques qui pourraient, à terme, être les vecteurs non seulement de charges conventionnelles mais aussi d'armes de destruction massive. La prolifération de ces capacités n'implique pas nécessairement l'existence d'une intention immédiate d'attaquer nos voisins et indirectement notre pays, mais elle signifie que nous devons en tenir compte dans le cadre des missions de l’armée.

 

Un nouveau visage pour les FA :

 

En conséquence, l’acquisition du nouvel avions de combat Gripen E et des nouvelles capacités techniques qu’il offre, font partie d’une modernisation plus large de nos Forces aériennes. Notre armée de l’air s’apprête à connaître une profonde modernisation avec le programme DCA20. Les actuels systèmes de défense contre avions de type Rapier et canons de 35mm ainsi que les conduites de tir Skyguard vont être remplacés, par un nouveau système d’ici 2020. Ce futur système doit être doté d’une capacité de défense antimissile balistique (BMD) pour mener à bien la mission essentielle de défense collective et offrir à terme avec le Gripen E, une défense multicouche active contre les aéronefs, hélicoptères, drones, les avions bimoteurs civils kamikazes, porteurs ou non de charges rudimentaires et missiles balistique. Sachant que les FA vont augmenter la capacité de reconnaissance avec un nouveau drone et celle offerte avec le Gripen E.

 

Un achat nécessaire :

 

En remplaçant partiellement ses Tiger, les Forces aériennes seront de nouveau aptes à mener à bien les reconnaissances aériennes tactiques et à combattre des cibles terrestres.

En cas de défense du pays, les Forces terrestres dépendent des FA, lorsqu’elles doivent engager leurs armes lourdes. Mais cela n’est possible que dans la mesure où :

 

• la protection offerte dans les airs est garantie ;

• la reconnaissance aérienne est assurée (avions et drones) ;

• des cibles terrestres peuvent être combattues depuis les airs.

 

Les Forces aériennes sont la seule institution étatique permettant de veiller à la sécurité dans la troisième dimension. Elles seules ont la compétence et les moyens d’y effectuer des missions de surveillance, de contrôle, d’aide, d’avertissement et d’intervention. Cette tâche ne peut pas être déléguée.

L’achat de nouveaux avions de combat est pertinent en termes de politique de paix, car ainsi nous préservons notre responsabilité et notre neutralité.

 

L’achat de nouveaux avions de combat est justifié en termes de politique de sécurité, car ainsi nous assurons notre liberté, notre indépendance et notre autodétermination.

 

L’achat de nouveaux avions de combat est logique en termes de politique économique, car les F-5 vieillissent et coûtent de plus en plus cher sans offrir de nouvelles capacités.

 

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Lien :

 

Premier volet : Gripen les mensonges des référendaires :

 

http://psk.blog.24heures.ch/archive/2014/01/14/gripen-les...

 

 

Photos : 1 & 3 Gripen F de développement @ Saab 2 F-5E et Gripen C en Suisse @ DDPS

 

25/06/2013

Exercice des Forces aériennes !

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Du mardi 25 juin 2013, 8h30, au vendredi 28 juin 2013, 12h00, les Forces aériennes effectueront un cours d’entraînement dans l’Oberland bernois. Elles exerceront la coordination entre la centrale d’engagement, les avions de combat et les moyens de défense contre avions. 

Il y aura donc davantage d’activités aériennes durant cette période. Les régions concernées sont l’Obersimmental, le Saanenland et le Pays d’Enhaut (Oberwil, Boltigen, Zweisimmen, St. Stephan, Lenk, Saanen, Gstaad, Gsteig et Château d’Oex,). 


 

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L’exercice comprendra avant tout des opérations de police aérienne à basse altitude avec des F/A-18, des F-5 Tiger et des avions à hélices. L’altitude minimale pour des activités aériennes est fixée à 300 mètres au-dessus du sol. 

 

Des canons de défense contre avions et des radars mobiles seront stationnés dans le secteur d’engagement. Il n’y aura pas de tir réel, mais uniquement des simulations.  

 

Signalons au passage qu’un exercice de récupération de pilote éjecté aura lieu durant l’exercice. 

 

Un grand merci à l’équipe de la base de Payerne et «Anthony» pour l’organisation de ce «Spotting Days» !!!

 

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Photos : 1 F/A18C  de retour d’exercice 2 F-5F avec pod de guerre électronique 3 Décollage d’un F/a-18C Hornet @ Pascal Kümmerling

11/11/2012

Forces aériennes : trois nouveaux simulateurs !

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La semaine dernière les Forces aériennes ont inauguré le nouveau centre d’entraînement sur la base aérienne d’Emmen. Ce centre compte trois nouveaux simulateurs de vol ultramodernes. Lors d’une cérémonie d’inauguration sobre et digne, les Forces aériennes se sont officiellement vu remettre les trois simulateurs full-flight dernière génération de PC-21, EC635 et Super Puma/Cougar.

Simulateur du PC-21 :

 

Dans un bâtiment entièrement rénové dans lequel se  trouvait jusqu'en 2003 le simulateur du Hawk, se trouve désormais le simulateur de l’avion d’entrainement Pilatus PC-21. Les élèves pilotes disposent pour leur formation de ce qui se fait de plus moderne en la matière. 

Ce simulateur permet l’ensemble des procédures de vols comme la navigation aux instruments ainsi que toutes les procédures de sécurité comme le traitement des pannes moteurs par exemple. 

Le pilote peut se familiariser avec les vols en montagne, de nuit et en formation. Une telle formation diminue les risques d’accidents.


 

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Le simulateur du PC-21 est fabriqué par Pilatus et RUAG Aerospace, la cartographie comprend non seulement notre pays mais l’ensemble de l’Europe.



 

Les simulateurs de l’EC635 et TH06 Cougar :


 

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La modernisation des SuperPuma en vue de les adapter au standard Cougar obligeait également une adaptation du simulateur, de plus il fallait également se doter d’un simulateur pour le nouvel hélicoptère EC635. Les deux simulateurs sont aujourd’hui opérationnelles et permettent de nouvelles possibilités d’entrainement impossible jusqu’ici.

En effet, il est possible de coupler les exercices dans les deux simulateurs : dans le cockpit de l’EC635, le pilote peut voir et travailler avec le TH06 Cougar et vice versa.

La possibilité de s’entraîner pour des missions, par exemple dans des conditions difficiles, en exécutant des transports de charges, en réalisant des interventions de recherche et de sauvetage ou encore des opérations d’extinction de feu etc.

 

Un système de vision fondé sur la technologie du laser, qui permet d’exercer les vols de nuit avec ou sans lunettes de vision nocturne.

 

Les simulateurs de l’EC634 & AS532 (TH06) Cougar sont fournis pas THALES/Rheinmetal Defence, Suisse et Europe sont représentées.

 

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Rappel : 

Les simulateurs jouent un rôle important dans les Forces aériennes suisses. Ils servent à former les pilotes pour toute situation normale ou d’urgence, dans n’importe quelles conditions météorologiques et à tout moment de la journée, que ce soit lors de la formation de base ou des cours de perfectionnement. Grâce aux simulateurs, les FA préservent un niveau de formation très élevé, ils sont donc inévitables pour la meilleure sécurité aérienne possible. Ils épargnent surtout maintes heures de vol sur de vrais hélicoptères, ce qui entraîne des répercussions très positives en matière de bruit, d’environnement, de finances et de coûts.

(sources DDPS)

Photos : 1 & 2 Sim PC-21 3 Sim EC635 4 Sim Cougar @ DDPS

30/04/2012

La Suisse évalue son futur drone MALE !

 


 

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La Suisse prévoit de remplacer prochainement ses drones Israélo-Suisse de type ADS-95 «Ranger» par un nouveau système hautes performances de la catégorie Multi-rôle, Moyenne Altitude Longue Endurance (MALE). L’objectif étant d’acquérir au minimum 6 drones avec le programme d’armement 2015 pour un montant de 300 à 400 millions de francs suisses.

«Short-list» connue :

Sur les onze systèmes de neuf entreprises qui entraient initialement en question, ceux des sociétés Israel Aerospace Industries LTD et Elbit Systems restent maintenant en lice pour la suite des activités. L'évaluation en vol en Suisse est prévue dans le courant du deuxième semestre de 2012, et le choix du type en 2014. Le prochain drone des Forces aériennes sera donc israélien et offrira des performances très supérieurs en tous points  au modèle actuellement en service.

Les deux systèmes retenu sont : l’Hermes 900 d’Elbit Systems et le Heron 1 Israel Aerospace Industries LTD (IAI).

L’Hermes 900 :

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L’Hermes 900 a été conçu comme un dérivé de la famille Hermès d’Elbit Systems, il a effectué son premier vol en décembre 2009. Il est un dérivé de la famille «Hermes» 180 & 450.  Dérivé du Hermes 450, le 900 hérite des blocs de construction fiables, de l'équipement de soutien au sol, des charges utiles et des contrôles de mission au sol, tout en élargissant l'enveloppe de vol et de l'endurance à des niveaux supérieurs. Le décollage et l’atterrissage sont entièrement automatiques.

Parmi les fonctionnalités clés offertes par ce drone, on trouve l'endurance, l'altitude de vol de 30.000 pied et une capacité de charge utile importante (jusqu'à 350 kg). Contrairement de nombreux concurrents,  l'Hermes 900 est conçu avec une baie de 2,5 mètres de long pour la  charge interne, il est capable d'accueillir jusqu'à 250 kg et permettant l'installation rapide de charge utile modulaire et le remplacement. L’avionique est innovantes ainsi que ses systèmes électroniques, un moteur ROTAX à faible bruit, le train d’atterrissage est escamotable.

L’Hermes 900 emploie une  station au sol pour le contrôle, la liaison de données. Basé sur l’expérience de du modèle 450, le nouvel aéronef bénéficie de la logistique et de la réduction des coûts opérationnels.

Un ensemble de capteurs comprend la charge utile de base EO DCoMPASS, ou Stand off EO / IR / Système laser tels que les AMPS de constructeur  Elop. Différentes missions de surveillance de la zone peut être réalisée en parallèle à des charges utiles EO,  il s'agit notamment des systèmes radar différents tels que le SAR / GMTI et des radars de recherche. Trois modules de mission spécifiques de détection sont mises en place pour le drone : la cartographie électro-optique et les systèmes d'enquête zone de numérisation (LASSO), la charge utile hyperspectrale et large système de regard zone persistante.

La taille du drone permet le déploiement d'autres capteurs comme par exemple  la communication sécurisée SIGINTqui inclut  i le COMINT Skyfix / DF et Skyfix-G COMINT et les systèmes GSM.

Pour la configuration d'attaque électroniques le drone comprend un système de brouillage SKYJAM pour les communications et AES 210 V/V2 ESM (ELINT) pour les systèmes électronique.

L’Hermes 900 utilise un ensemble de données intégrées de communication par satellite permettant de lier les opérations au-delà de la ligne de mire et dans les zones montagneuses, où la ligne de visée restreint UAS SATCOM sans avoir besoin de descendre à une altitude inférieure. En outre, il peut  décoller simplement aménager à proximité du théâtre d’opération.

 

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Performances :

Masse au décollage 1,180 kg

Charge utile maxi 350 kg

36 heures d'endurance

Plafond 30 000 m

Gamme illimitée

Utilisateurs :

L’Hermes 900  est entré en service opérationnel en 2010 au sein Israel Air Force (IAF), en 2011 du Chili. Au début de cette année il vient d’être commandé par le Mexique et la Colombie.

 

Le Heron 1 :

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Le Heron 1 (Machatz-1) produit par Israel Aerospace Industries LTD a volé pour la première fois le 11 septembre 2005. Il existe en différentes variantes, comme le HERON TP, l’Eitan et le Harfang (produit sous licence par EADS).

Le système de pointe du Heron 1permet le décollage et d'atterrissage automatisé, même dans des conditions météorologiques défavorables. Volant à une altitude de 30.000 pieds, le Heron fournit à ses opérateurs en temps réel des informations sur les champs de bataille ennemis en effectuant la surveillance et acquisition d'objectifs sur de grandes surfaces.

Le Heron est configuré pour de multiples opérations, même dans des conditions météorologiques défavorables. Il utilise des capteurs multiples et de communication par satellite (SATCOM) pour portée étendue et la  saisie des données avec transfert. Ses caractéristiques comprennent l'état de avionique, le train d'atterrissage escamotable.

Il peut transporter 250 kg de charge utile et de différents capteurs tels qu’un radar MPR/SAR (radar à ouverture synthétique) avec  MTI (indicateur de cible mobile), EO (électro-optique) / IR (infra-rouge) des charges utiles, SIGINT (Signal Intelligence ), COMINT (communication de renseignements), désignateur laser et les relais de communication. Le traitement, la récupération et le stockage des données en temps réel fournis par le Heron est assurée par le système de contrôle au sol. La technologie utilisée permet de convertir les données de capteurs tels que des images en direct et stockées, des images et des informations spatiales, y compris EO, SAR, MTI cartes, SIGINT et ESM , en intelligence décisionnelle.

Un affichage de sur carte est installé dans le centre de contrôle et permet de visualiser les données multidimensionnelle de la situation, la surveillance et la reconnaissance (ISR).

Le Heron dispose d’un moteur ROTAX peut bruyant, sont utilisation est simplifiée ainsi que sa logistique.

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Performances :

Masse au décollage 1,150kg

Charge utile maxi 250kg

40 heures d’endurances

Plafond 10 000m

Gamme illimitée

Utilisateurs :

En service depuis 2007 au sein de L’Israël Air Force et livré à l’Azerbaidjan, l’Australie, le Brésil, le Canada,  l’Equateur, la France (en test), l’Allemagne, l’Inde, Singapour, et la Turquie.

Evaluation finale :

L’Hermes 900 et le Heron 1, seront testés par l'équipe de projet composée de spécialistes des Forces aériennes et d'Armasuisse, dans le cadre d'une évaluation en vol qui se déroulera dans la deuxième moitié de 2012. Les deux fabricants israéliens Israel Aerospace Industries LTD ( IAI ) et Elbit Systems ( Elbit ) ont jusqu’au mois d’août pour fournir une offre détaillée.

Cadre du choix :

Le DDPS attend du nouveau système de drone qu'il puisse être engagé indépendamment des conditions météorologiques avec une souplesse accrue, et qu'il offre un plus grand rayon d'action tout en étant plus silencieux et en permettant de réduire les coûts du cycle de vie. Le système doit pouvoir fonctionner avec un radar, un système FLIR pour la détection. Capacités de brouillage électronique/communication et reconnaissance électronique. Transmission sécurisée et capacité d’intégration de liaison de données au sol (reco, artillerie, brigades blindées) et avec les aéronefs en vol (F/A-18 & Gripen E/F).
Le nouveau système sera exploité par les Forces aériennes suisses. Le type d'appareil devrait être choisi dans la première moitié de 2014. Ce drone ne sera pas armé.

Photos : 1
l’ADS-95 Ranger actuel @ Swiss Air Force 2 & 3 L’Hermes 900 @ Elbit Systems 4 & 5 Le Heron @ IAI