28/05/2016

Les 75 ans de l’escadre de surveillance !

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L’escadre de surveillance des Forces aériennes (Überwachungsgeschwader (UeG) en allemand), respectivement son successeur, le corps des aviateurs professionnels (CAP) - fête ses 75 ans d’existence.

En l’honneur de cet anniversaire, une brochure a été réalisée par le DDPS. Elle retrace la naissance et l’histoire de l’escadre de surveillance et du corps des aviateurs.

Rappel :

Par décision du Conseil fédéral suisse, une escadre de surveillance permanente a été mise sur pied le 28 mai 1941. Sa tâche principale consistait à assurer la neutralité de l’espace aérien suisse. Alors qu’au début de l’escadre de surveillance, les pilotes étaient polyvalents, ils constituent aujourd’hui un corps de pilotes des Forces aériennes hautement spécialisé, qui aussi bien en Suisse qu’à l’étranger, sont engagé pour la formation, l’entraînement, les engagements ainsi que dans tout type de situations d’urgence. 

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L’« UeG », une communauté soudée :

30 ans plus tard, en 1997, les Forces aériennes suisses publiaient la brochure «L’escadre de surveillance», qui faisait preuve d’une plus grande sobriété. «L’escadre de surveillance constitue le noyau professionnel de la brigade d’aviation 31. Toutes les escadrilles de l’escadre de surveillance (...) sont subordonnées chacune à l’un des quatre domaines spécialisés Opérations, Reconnaissance aérienne, Défense aérienne et Transport aérien, pour l’accomplissement des différentes tâches. Les bases principales de l’escadre de surveillance sont Payerne, Dübendorf et Alpnach. L’obtention du brevet de pilote est la résultante de l’achèvement d’une instruction de deux ans sur jet ou sur hélicoptère. Ensuite, si le pilote fraîchement breveté décide d’embrasser une carrière de pilote militaire professionnel, il commence l’instruction dans l’escadre de surveillance à l’école des pilotes militaires de carrière. Cette formation, d’une durée d’environ trois ans, transmet aux jeunes lieutenants des connaissances théoriques et un savoir pratique en matière d’aviation, qui les rendent aptes à assurer entièrement un engagement de pilote militaire professionnel dans l’escadre de surveillance. L’instruction de pilote militaire est aussi ouverte aux femmes, depuis 1993 sur hélicoptère et depuis 1996 sur jet.

Depuis la création de l’escadre de surveillance, le métier de pilote militaire n’a probablement jamais été aussi complet qu’aujourd’hui, allant de la fascination éternelle de l’aviation aux aspects terre à terre du quotidien, complexe, composé de technologies de plus en plus pointues et d’exigences élevées en matière de gestion rationnelle. Aussi passionnant que soit l’environnement d’engagement des pilotes militaires professionnels, dominé aujourd’hui par les technologies de pointe, les aspects pénibles de ce travail rationnalisé à l’extrême ne manquent pas. Cependant, l’esprit de l’escadre de surveillance ne s’éteint jamais et donne des ailes à cette communauté soudée, même face à l’adversité, et la pousse à se dépasser sans cesse à l’engagement, au profit de la sécurité de la Suisse. (sources DDPS).

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Photos : DDPS

23/04/2016

Les derniers miliciens formés sur F-5 « Tiger II » !

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La carrière des « bons vieux » Northrop F-5 E/F « Tiger II » touche à sa fin et avec elle, la dernière école de recrue de soldats d’aviation formés sur le vénérable chasseur. Dorénavant, l’école de recrue pour soldats d’aviation se consacrera uniquement aux Boeing F/A-18 C/D « Hornet ».

La première volée de soldat de milice formé sur F-5 E/F s’est déroulée durant l’été 1981, il y a 35 ans à Payerne. La deuxième école de recrues a pris fin le 9 novembre 1982 dans l'Oberland bernois.

Ces miliciens qui font voler nos aéronefs :

Certes, les soldats d’aviation de milices n’effectuent les tâches les plus complexes sur les aéronefs militaires, les professionnels sont là pour y répondre. Mais le soldat de milice est un élément clef au bon fonctionnement de notre aviation. Durant les premières semaines de l'école de recrues, les recrues sont incorporées au sein des différents groupes spécialisés sur la base de tests. Les fonctions ci-après sont entre autres instruites à l’école de recrues d’aviation : aide-mécanicien, mécanicien et électromécanicien sur hélicoptères Super Puma/Cougar, EC635 aide-mécanicien d’aviation, aide-mécanicien sur armes et mécanicien pour F-5 Tiger ou F/A18 Hornet, ferblantier d’aviation, électricien et mécanicien-électricien. En outre, une formation comme ordonnance d’aérodrome, comme soldat de piquet de sauvetage, de transmission et de poste de commandement d’engagement ou comme soldat chargé de la sécurité des ouvrages est également possible.

C’est ainsi que durant 35 années, des milliers de jeunes suisses ont œuvré sur les aérodromes au bon fonctionnement du Tiger II. Reste maintenant à trouver un successeur à celui-ci !

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Photos : Peinture spéciale sur un F-5 E pour la dernière ER 2 Miliciens au travail de réarmement sur les canons d’un F-5@ DDPS

 

 

 

 

24/02/2016

La Suisse relance le projet d’un nouvel avion de combat !

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Notre nouveau ministre de la Défense Guy Parmelin a informé aujourd’hui les membres du Conseil Fédéral du lancement des travaux préparatoires prévus pour l’évaluation d’un nouvel avion de combat. Un crédit EEP (études de projets, essais et préparatifs d'achat) pour l'acquisition d'un nouvel avion de combat sera soumis au Parlement en 2017. Le Département fédéral de la défense prévoit de lancer les travaux de préparation au printemps 2016.

Un vote qui n’a servi à rien !

Les projets d’acquisition d’avions de combat sont souvent compliqués du point de vue politique et ressemble souvent à des feuilletons interminables. L’Inde traîne les pieds avec la finalisation du Rafale, les EAU ne se sont toujours pas positionnés sur un appareil depuis cinq ans, l’ancien gouvernement canadien avait opté pour le F-35, sans ouvrir une compétition, créant ainsi un tollé politique. Et en Suisse nous n’en sommes pas en reste avec une votation ratée en mai 2014, qui au final n’aura servità rien sinon perdre du temps. Car l’inévitable se rapproche, la flotte de 30 Northrop F-5 E/F « Tiger II » (54 encore en service en 2014) est à bout de souffle et ne pourrait pas être engagée en cas de conflit. Pire, elle n’est même pas engageable pour la police du ciel 24/24, dont la première étape a été activée en janvier dernier.

Les besoins en augmentation :

Si, lors de la votation de 2014, il était prévu de remplacer partiellement la flotte de F-5, la situation continue d’évoluer de manière problématique. En effet, il ne reste plus qu’une trentaine de « Tiger » et ceux-ci, vont continuer à être retiré progressivement du service. De plus, la situation se complique du côté des Boeing F-/A-18 C/D « Hornet ». En effet, l’avionneur américain ne produira plus de mises à jour dès 2023 et l’US Navy va débuter le retrait progressif de l’avion à cette date. Le « Hornet » va donc rapidement vieillir, pour être totalement dépassé d’ici 2030.

En conséquence, il va falloir combler le départ à la retraite non d’un, mais de deux types d’avions ! Soit dans l’urgence le F-5, puis le F/A-18.

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Situation d’urgence :

On aura eu beau prévenir de la situation en 2014, nous voici donc, dans une problématique d’urgence. D’une part parce que le nouvel avion n’arrivera qu’après le départ à la retraite des F-5 et ceci au moment ou il faudra déjà remplacer les Hornet. Sans quoi notre pays ne disposera plus d’une aviation moderne.

Relance du projet :

Le ministre de la Défense instituera un groupe d'experts composé de représentants des différents domaines concernés de l'armée, d'armasuisse et du Secrétariat général du DDPS. D'ici à janvier 2017, les experts répondront dans un rapport aux questions de fond concernant les besoins, la procédure et les aspects industriels. Ils aborderont également l'avenir des avions F/A-18 et F-5 actuellement en service. Le groupe d'experts est dirigé par le chef de l'Etat-major de l'armée et supervisé par le chef de l'Armée et le chef de l'armement.

Au printemps 2016, le DDPS mettra également sur pied un groupe d'accompagnement au sein duquel pourra siéger un membre de chaque parti représenté au Conseil fédéral. Composé également de représentants du DDPS, d'autres départements, de l'industrie et de la Société suisse des officiers, le groupe d'accompagnement suivra les travaux du groupe d'experts, discutera des aspects fondamentaux de l'acquisition et échangera ses vues avec celles du groupe d'experts. Son rôle ne consiste toutefois pas à approuver ou à rejeter le rapport du groupe d'experts.

La demande du crédit EEP 2017 constitue le lancement officiel du projet d'acquisition d'un nouvel avion de combat. Selon la planification actuelle, le choix du type d'appareil tombera en 2020, le crédit d'acquisition sera soumis au Parlement en 2022 et la livraison des nouveaux avions débutera en 2025.

A quoi faut-il s’attendre :

Du point de vue des futurs candidats, nous retrouverons certainement les trois avions européens, soit l’Airbus DS Eurofighter T3 Block10/15, le Dassault Rafale F-3R, le Saab Gripen E MS21. Du côté américain la question reste ouverte, en effet, si le cahier des charges en matières d’offsets est le même que le précédent, les avionneurs américains ne pourront sans doute pas y répondre (participation au développement de l’avion et garantie à 100% de compensation). Dans le cas contraire le F-35 sera évalué sur le papier et peut-être le Super Hornet à condition, que celui-ci puisse être produit assez longtemps.

Ce qui est certain aujourd’hui, vient du fait qu’une nouvelle évaluation des appareils dans les standards les plus élevés va être effectuée. Contrairement à 2012, les avionneurs disposent tous d’éléments très proches de ce qui pourra être livrés en 2025. Côtés Suisse, reste à définir le nombre d’avions qui sera commandé et le cas échéant en plusieurs tranches. Rappelons que selon les besoins des Forces aériennes, il faut une cinquantaine d’avions. Mais l’élément clef de ce nombre    sere le prix.  La suite au prochain épisode.

 

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P.hotos : 1 image de synthèse avions actuels @ Gérard Famerée 2 Northrop F-5 E Tiger II 3 Boeing F/A-18 C « Hornet » P.Kümmerling

 

 

 

27/11/2015

La Suisse a commandé l’Hermes 900 !

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La Suisse a signé le contrat de production pour l’acquisition de 6 drones multi-rôle MALE (Moyenne Altitude Longue Endurance) Elbit Systems Hermes 900 HFE. Le contrat porte sur une valeur de 250 millions de francs. L'attribution du contrat du ministère fédéral de la défense, de la protection civile et des sports (DDPS) intervient deux mois après que le parlement suisse a approuvé l'achat.

L’Hermes 900 HFE, doit remplacer le système de drone israélo-suisse ADS95 « Ranger » qui sera, alors âgé d’une vingtaine d’années.

«La Suisse est un marché très important pour Elbit Systems, et nous sommes très fiers de la décision du DDPS de nous choisir comme fournisseur avec l’Hermes 900 HFE, soit une plateforme haute gamme, leader sur le marché," dit Bezhalel Machlis, président et chef de la exécutif de Elbit Systems.

 

L’Hermes 900 HFE :

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L’Hermes 900 a été conçu comme un dérivé de la famille Hermès d’Elbit Systems, il a effectué son premier vol en décembre 2009. Il est un dérivé de la famille «Hermes» 180 & 450.  Dérivé du Hermes 450, le 900 hérite des blocs de construction fiables, de l'équipement de soutien au sol, des charges utiles et des contrôles de mission au sol, tout en élargissant l'enveloppe de vol et de l'endurance à des niveaux supérieurs. Le décollage et l’atterrissage sont entièrement automatiques.

Parmi les fonctionnalités clés offertes par ce drone, on trouve l'endurance soit 38 heures de vol, l'altitude de vol de 30.000 pied et une capacité de charge utile importante (jusqu'à 350 kg). Contrairement de nombreux concurrents, l'Hermes 900 est conçu avec une baie de 2,5 mètres de long pour la  charge interne, il est capable d'accueillir jusqu'à 250 kg et permettant l'installation rapide de charges utiles et modulaires. L’avionique est innovante, ainsi que ses systèmes électroniques, il dispose d’un moteur ROTAX à faible bruit, le train d’atterrissage est escamotable.

L’Hermes 900 emploie une  station au sol pour le contrôle par la liaison de données. Basé sur l’expérience du modèle 450, le nouvel aéronef bénéficie de la logistique et de la réduction des coûts opérationnels.

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Un ensemble de capteurs comprend la charge utile de base EO DCoMPASS, ou Stand off EO / IR / Système laser, tels que les AMPS du constructeur Elop. Différentes missions de surveillance de la zone peut être réalisées en parallèle à des charges utiles EO, il s'agit notamment des systèmes radars différents, tels que le SAR / GMTI et le radar de recherche. Deux modules de mission spécifiques de détection sont mis en place pour le drone : la cartographie électro-optique et les systèmes d'enquête de numérisation de zone (LASSO) de type hyperspectrale. 

La taille du drone permet le déploiement d'autres capteurs comme par exemple la communication sécurisée SIGINT qui inclut le COMINT Skyfix / DF et Skyfix-G COMINT et les systèmes GSM.

Pour la configuration d'attaque électronique le drone comprend un système de brouillage SKYJAM pour les communications et AES 210 V/V2 ESM (ELINT) pour les systèmes électroniques.

L’Hermes 900 utilise un ensemble de données intégrées de communication par satellite permettant de lier les opérations au-delà de la ligne de mire et dans les zones montagneuses, où la ligne de visée  UAS SATCOM  est restreinte.  En outre, il peut  décoller  de terrain peu aménager à proximité du théâtre d’opération. L’Hermes 900 n’emporte pas d’armement.

Utilisateurs : 

Israël, le Brésil, le Chili, la Colombie, le Mexique et la Suisse.

 

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Photos : 1 & 3 Hermes 900 lors des essais en Suisse@ armasuisse 2 Hermes 900 @ P.Kummerling

 

 

09/11/2015

Nos Hornet s’entraînent au vol de nuit en Norvège !

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Du 9 novembre au 4 décembre 2015, les Forces aériennes suisses s’entraînent au vol de nuit à Oerland (Norvège) avec un maximum de huit avions de combat F/A-18 C/D « Hornet ». Les vastes zones d’entraînement au-dessus de la mer du Nord sont utilisées parce que les possibilités d’effectuer des vols de nuit sont limitées en Suisse au vu de la forte densité de la population.

L’entraînement des pilotes de jet suisses en Norvège sert surtout à les préparer en vue de leur engagement de protection d’une conférence lors de la réunion du World Economic Forum (WEF) à Davos et à leur permettre d’obtenir les qualifications requises pour les vols de nuit nécessaires à cette occasion.

La disponibilité de la flotte des F/A-18 sera donc réduite en Suisse durant l’entraînement en Norvège. La disponibilité opérationnelle est cependant garantie en tout temps conformément aux normes en vigueur. Des planifications prévisionnelles ont été élaborées pour qu’au besoin, les Forces aériennes puissent spontanément disposer d’un nombre supplémentaire d’aéronefs en Suisse.

Un accord entre le Ministère de la Défense du Royaume de Norvège et le DDPS constitue la base légale de la campagne Nightway.

 

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Nightway :

- Courte durée d'ensoleillement  (=plus de vols de nuit)

- La plupart des secteurs se situent au-dessus de la mer ce qui entraîne beaucoup moins de nuisances sonores pour la population

- L'altitude minimale dans les secteurs est de 5000ft/AMSL (1600m) au lieu de 13000ft/AMSL (3700m) en Suisse. Les performances des réacteurs sont bien meilleures à cette altitude ce qui nécessite une certaine adaptation.

- Les vols supersoniques ont lieu jusqu'à un minimum de 2800m au-dessus de la mer contre 10'000m (sol) pour la Suisse.

- Entraînement contre les F-16 norvégiens.

Le vol au-dessus de la mer ainsi que les altitudes minimales très basses ont demandé une préparation extrêmement sérieuse. Avant la campagne, chaque pilote a suivi une instruction particulière de «Sea Survival» de nuit dans le lac de Neuchâtel pour s'adapter aux manipulations sur l'équipement dans l'obscurité. Lors de cet exercice, comme pendant chaque vol, le port d'une combinaison étanche était obligatoire. Elle est nécessaire et sert à prolonger le temps de survie du pilote en cas d'éjection dans des eaux glaciales (env.+4°C). D'autres briefings tels que les procédures de sauvetage en mer, les conditions météorologiques extrêmes, les différences des procédures ATC d'avec la Suisse, les connaissances de la base d’Ørland ont été suivis.

 

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Photos : Swiss F/A-18 C/D Hornet à Nightway@ Swiss air Force