13/11/2016

Les Forces aériennes en Norvège !

 

 

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Les Forces aériennes suisses s’entraîneront une nouvelle fois à Ørland, en Norvège, du lundi 14 novembre au vendredi 9 décembre 2016, dans le cadre du module d’instruction à l’étranger «Nightway».

En comptant deux relèves, ce sont au total 130 militaires des Forces aériennes suisses, à savoir 36 pilotes, 93 membres du personnel au sol et un opérateur de bord professionnel qui feront le déplacement à Ørland avec huit avions de combat F/A-18 et deux appareils de réserve. Le module d'instruction à l'étranger « Nightway », organisé en Norvège, offre aux Forces aériennes suisses la possibilité d'effectuer des vols d'entraînement dans de vastes secteurs situés au-dessus de la Mer du Nord et de s'exercer avec les pilotes de l'armée de l'air norvégienne. Nos pilotes pourront également se familiariser avec les vols de nuit et, pendant la journée, s'entraîner à la pratique du combat aérien à basse altitude. En effet, dans un pays aussi densément peuplé que la Suisse, les vols de nuit et à basse altitude ne peuvent être pratiqués que de manière très limitée par égard pour la population.

A l'instar des années précédentes, les objectifs de la campagne de vol de nuit en Norvège sont les suivants : étape finale de l'instruction de base pour les jeunes pilotes de F/A-18 (service nocturne de police aérienne), perfectionnement et consolidation des tactiques de vol de nuit avec et sans appareil de vision nocturne pour les pilotes plus avancés, et  engagements d'avions de combat dans des conditions difficiles (obscurité, froid, intempéries et topographie).

 

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Nightway :

- Courte durée d'ensoleillement  (=plus de vols de nuit)

- La plupart des secteurs se situent au-dessus de la mer ce qui entraîne beaucoup moins de nuisances sonores pour la population

- L'altitude minimale dans les secteurs est de 5000ft/AMSL (1600m) au lieu de 13000ft/AMSL (3700m) en Suisse. Les performances des réacteurs sont bien meilleures à cette altitude ce qui nécessite une certaine adaptation.

- Les vols supersoniques ont lieu jusqu'à un minimum de 2800m au-dessus de la mer contre 10'000m (sol) pour la Suisse.

- Entraînements contre les F-16 norvégiens.

Le vol au-dessus de la mer ainsi que les altitudes minimales très basses ont demandé une préparation extrêmement sérieuse. Avant la campagne, chaque pilote a suivi une instruction particulière de «Sea Survival» de nuit dans le lac de Neuchâtel pour s'adapter aux manipulations sur l'équipement dans l'obscurité. Lors de cet exercice, comme pendant chaque vol, le port d'une combinaison étanche était obligatoire. Elle est nécessaire et sert à prolonger le temps de survie du pilote en cas d'éjection dans des eaux glaciales (env.+4°C). D'autres briefings tels que les procédures de sauvetage en mer, les conditions météorologiques extrêmes, les différences des procédures ATC avec la Suisse, les connaissances de la base d’Ørland ont été suivis.

 

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Photos : F/A-18 C/D Hornet en Norvège @ Swiss Air Force

 

09/06/2016

Exercice franco-suisse Epervier 2016 !

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Du 10 au 26 juin 2016, les Forces aériennes suisses participent avec une quarantaine de collaborateurs, dont 12 pilotes, à l’exercice bilatéral de défense aérienne «Epervier16 » qui se tient à Mont-de-Marsan (France).

La délégation suisse se compose d'environ 40 personnes et de quatre avions de chasse de type F/A-18. L'exercice offre l'opportunité de s'entraîner conjointement avec une nation étrangère, de tester les procédures des Forces aériennes suisses dans un environnement international, d'exercer l'interopérabilité de l'équipage, ainsi que d'augmenter l'expérience des collaborateurs au sol et en l'air.

En participant à cet exercice, le détachement suisse complète l'entraînement de défense aérienne, qu'il ne peut exécuter que partiellement en Suisse en raison des mesures prises par égard pour la population.

Un arrangement technique entre la Suisse et la France sert de base légale pour la participation helvétique à l'exercice «Epervier16».

Exercice « Epervier » :

L’Exercice « Epervier » n’est pas une première, il existe depuis plusieurs années entre nos deux pays. Dans le cadre des échanges bilatéraux, l’exercice “Epervier” se déroule chaque année à tour de rôle en Suisse et en France. Mais pour des raisons d’engagement sur des théâtres d’opération étrangers de l’Armée de l’air française, cet exercice avait été momentanément reporté ces dernières années.

Epervier, c’est l’occasion pour les deux Forces aériennes de s’entrainer conjointement au combat aérien longue portée BVR (Beyond Visual Range = hors de portée visuelle) et combat aérien rapproché (Dogfight) en enchaînant des missions simples 1 vs 1 puis, plus complexes 4 vs 4.

Il s’agit également de peaufiner les procédures d’engagement afin de parfaire la capacité commune d’engagement en matière de partenariat de défense aérienne.

Il faut rappeler que depuis plusieurs années le partenariat entre les deux pays à fortement augmenté dans le domaine de la sécurité en Europe et ce genre d’exercice, ainsi que l’entraînement au ravitaillement en vol des F/A-18 suisses sont devenus chose courante.

 

Photo : Mirage 2000-5 de l’EC 1.2 « Cigognes » et deux F/A-18 C Hornet lors en 2009 @ Swiss Air Force

28/05/2016

Les 75 ans de l’escadre de surveillance !

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L’escadre de surveillance des Forces aériennes (Überwachungsgeschwader (UeG) en allemand), respectivement son successeur, le corps des aviateurs professionnels (CAP) - fête ses 75 ans d’existence.

En l’honneur de cet anniversaire, une brochure a été réalisée par le DDPS. Elle retrace la naissance et l’histoire de l’escadre de surveillance et du corps des aviateurs.

Rappel :

Par décision du Conseil fédéral suisse, une escadre de surveillance permanente a été mise sur pied le 28 mai 1941. Sa tâche principale consistait à assurer la neutralité de l’espace aérien suisse. Alors qu’au début de l’escadre de surveillance, les pilotes étaient polyvalents, ils constituent aujourd’hui un corps de pilotes des Forces aériennes hautement spécialisé, qui aussi bien en Suisse qu’à l’étranger, sont engagé pour la formation, l’entraînement, les engagements ainsi que dans tout type de situations d’urgence. 

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L’« UeG », une communauté soudée :

30 ans plus tard, en 1997, les Forces aériennes suisses publiaient la brochure «L’escadre de surveillance», qui faisait preuve d’une plus grande sobriété. «L’escadre de surveillance constitue le noyau professionnel de la brigade d’aviation 31. Toutes les escadrilles de l’escadre de surveillance (...) sont subordonnées chacune à l’un des quatre domaines spécialisés Opérations, Reconnaissance aérienne, Défense aérienne et Transport aérien, pour l’accomplissement des différentes tâches. Les bases principales de l’escadre de surveillance sont Payerne, Dübendorf et Alpnach. L’obtention du brevet de pilote est la résultante de l’achèvement d’une instruction de deux ans sur jet ou sur hélicoptère. Ensuite, si le pilote fraîchement breveté décide d’embrasser une carrière de pilote militaire professionnel, il commence l’instruction dans l’escadre de surveillance à l’école des pilotes militaires de carrière. Cette formation, d’une durée d’environ trois ans, transmet aux jeunes lieutenants des connaissances théoriques et un savoir pratique en matière d’aviation, qui les rendent aptes à assurer entièrement un engagement de pilote militaire professionnel dans l’escadre de surveillance. L’instruction de pilote militaire est aussi ouverte aux femmes, depuis 1993 sur hélicoptère et depuis 1996 sur jet.

Depuis la création de l’escadre de surveillance, le métier de pilote militaire n’a probablement jamais été aussi complet qu’aujourd’hui, allant de la fascination éternelle de l’aviation aux aspects terre à terre du quotidien, complexe, composé de technologies de plus en plus pointues et d’exigences élevées en matière de gestion rationnelle. Aussi passionnant que soit l’environnement d’engagement des pilotes militaires professionnels, dominé aujourd’hui par les technologies de pointe, les aspects pénibles de ce travail rationnalisé à l’extrême ne manquent pas. Cependant, l’esprit de l’escadre de surveillance ne s’éteint jamais et donne des ailes à cette communauté soudée, même face à l’adversité, et la pousse à se dépasser sans cesse à l’engagement, au profit de la sécurité de la Suisse. (sources DDPS).

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Photos : DDPS

23/04/2016

Les derniers miliciens formés sur F-5 « Tiger II » !

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La carrière des « bons vieux » Northrop F-5 E/F « Tiger II » touche à sa fin et avec elle, la dernière école de recrue de soldats d’aviation formés sur le vénérable chasseur. Dorénavant, l’école de recrue pour soldats d’aviation se consacrera uniquement aux Boeing F/A-18 C/D « Hornet ».

La première volée de soldat de milice formé sur F-5 E/F s’est déroulée durant l’été 1981, il y a 35 ans à Payerne. La deuxième école de recrues a pris fin le 9 novembre 1982 dans l'Oberland bernois.

Ces miliciens qui font voler nos aéronefs :

Certes, les soldats d’aviation de milices n’effectuent les tâches les plus complexes sur les aéronefs militaires, les professionnels sont là pour y répondre. Mais le soldat de milice est un élément clef au bon fonctionnement de notre aviation. Durant les premières semaines de l'école de recrues, les recrues sont incorporées au sein des différents groupes spécialisés sur la base de tests. Les fonctions ci-après sont entre autres instruites à l’école de recrues d’aviation : aide-mécanicien, mécanicien et électromécanicien sur hélicoptères Super Puma/Cougar, EC635 aide-mécanicien d’aviation, aide-mécanicien sur armes et mécanicien pour F-5 Tiger ou F/A18 Hornet, ferblantier d’aviation, électricien et mécanicien-électricien. En outre, une formation comme ordonnance d’aérodrome, comme soldat de piquet de sauvetage, de transmission et de poste de commandement d’engagement ou comme soldat chargé de la sécurité des ouvrages est également possible.

C’est ainsi que durant 35 années, des milliers de jeunes suisses ont œuvré sur les aérodromes au bon fonctionnement du Tiger II. Reste maintenant à trouver un successeur à celui-ci !

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Photos : Peinture spéciale sur un F-5 E pour la dernière ER 2 Miliciens au travail de réarmement sur les canons d’un F-5@ DDPS

 

 

 

 

24/02/2016

La Suisse relance le projet d’un nouvel avion de combat !

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Notre nouveau ministre de la Défense Guy Parmelin a informé aujourd’hui les membres du Conseil Fédéral du lancement des travaux préparatoires prévus pour l’évaluation d’un nouvel avion de combat. Un crédit EEP (études de projets, essais et préparatifs d'achat) pour l'acquisition d'un nouvel avion de combat sera soumis au Parlement en 2017. Le Département fédéral de la défense prévoit de lancer les travaux de préparation au printemps 2016.

Un vote qui n’a servi à rien !

Les projets d’acquisition d’avions de combat sont souvent compliqués du point de vue politique et ressemble souvent à des feuilletons interminables. L’Inde traîne les pieds avec la finalisation du Rafale, les EAU ne se sont toujours pas positionnés sur un appareil depuis cinq ans, l’ancien gouvernement canadien avait opté pour le F-35, sans ouvrir une compétition, créant ainsi un tollé politique. Et en Suisse nous n’en sommes pas en reste avec une votation ratée en mai 2014, qui au final n’aura servità rien sinon perdre du temps. Car l’inévitable se rapproche, la flotte de 30 Northrop F-5 E/F « Tiger II » (54 encore en service en 2014) est à bout de souffle et ne pourrait pas être engagée en cas de conflit. Pire, elle n’est même pas engageable pour la police du ciel 24/24, dont la première étape a été activée en janvier dernier.

Les besoins en augmentation :

Si, lors de la votation de 2014, il était prévu de remplacer partiellement la flotte de F-5, la situation continue d’évoluer de manière problématique. En effet, il ne reste plus qu’une trentaine de « Tiger » et ceux-ci, vont continuer à être retiré progressivement du service. De plus, la situation se complique du côté des Boeing F-/A-18 C/D « Hornet ». En effet, l’avionneur américain ne produira plus de mises à jour dès 2023 et l’US Navy va débuter le retrait progressif de l’avion à cette date. Le « Hornet » va donc rapidement vieillir, pour être totalement dépassé d’ici 2030.

En conséquence, il va falloir combler le départ à la retraite non d’un, mais de deux types d’avions ! Soit dans l’urgence le F-5, puis le F/A-18.

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Situation d’urgence :

On aura eu beau prévenir de la situation en 2014, nous voici donc, dans une problématique d’urgence. D’une part parce que le nouvel avion n’arrivera qu’après le départ à la retraite des F-5 et ceci au moment ou il faudra déjà remplacer les Hornet. Sans quoi notre pays ne disposera plus d’une aviation moderne.

Relance du projet :

Le ministre de la Défense instituera un groupe d'experts composé de représentants des différents domaines concernés de l'armée, d'armasuisse et du Secrétariat général du DDPS. D'ici à janvier 2017, les experts répondront dans un rapport aux questions de fond concernant les besoins, la procédure et les aspects industriels. Ils aborderont également l'avenir des avions F/A-18 et F-5 actuellement en service. Le groupe d'experts est dirigé par le chef de l'Etat-major de l'armée et supervisé par le chef de l'Armée et le chef de l'armement.

Au printemps 2016, le DDPS mettra également sur pied un groupe d'accompagnement au sein duquel pourra siéger un membre de chaque parti représenté au Conseil fédéral. Composé également de représentants du DDPS, d'autres départements, de l'industrie et de la Société suisse des officiers, le groupe d'accompagnement suivra les travaux du groupe d'experts, discutera des aspects fondamentaux de l'acquisition et échangera ses vues avec celles du groupe d'experts. Son rôle ne consiste toutefois pas à approuver ou à rejeter le rapport du groupe d'experts.

La demande du crédit EEP 2017 constitue le lancement officiel du projet d'acquisition d'un nouvel avion de combat. Selon la planification actuelle, le choix du type d'appareil tombera en 2020, le crédit d'acquisition sera soumis au Parlement en 2022 et la livraison des nouveaux avions débutera en 2025.

A quoi faut-il s’attendre :

Du point de vue des futurs candidats, nous retrouverons certainement les trois avions européens, soit l’Airbus DS Eurofighter T3 Block10/15, le Dassault Rafale F-3R, le Saab Gripen E MS21. Du côté américain la question reste ouverte, en effet, si le cahier des charges en matières d’offsets est le même que le précédent, les avionneurs américains ne pourront sans doute pas y répondre (participation au développement de l’avion et garantie à 100% de compensation). Dans le cas contraire le F-35 sera évalué sur le papier et peut-être le Super Hornet à condition, que celui-ci puisse être produit assez longtemps.

Ce qui est certain aujourd’hui, vient du fait qu’une nouvelle évaluation des appareils dans les standards les plus élevés va être effectuée. Contrairement à 2012, les avionneurs disposent tous d’éléments très proches de ce qui pourra être livrés en 2025. Côtés Suisse, reste à définir le nombre d’avions qui sera commandé et le cas échéant en plusieurs tranches. Rappelons que selon les besoins des Forces aériennes, il faut une cinquantaine d’avions. Mais l’élément clef de ce nombre    sere le prix.  La suite au prochain épisode.

 

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P.hotos : 1 image de synthèse avions actuels @ Gérard Famerée 2 Northrop F-5 E Tiger II 3 Boeing F/A-18 C « Hornet » P.Kümmerling