12/12/2016

Mauvaise journée pour le F-35 !

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Après la mise en garde faite à Boeing en cas de surcoûts pour le futur avion présidentiel, Donald Trump vient de s’en prendre une nouvelle fois à Lockheed-Martin et à son F-35. Cette attaque n’est pas la première, durant la campagne présidentiel, le candidat républicain avait à de nombreuses reprises critiqué le nouvel avion américain.

«Le programme F-35 et le coût sont hors de contrôle», a twitté Donald Trump ce matin.

Forte réaction à Wall Street :

Cette nouvelle déclaration du futur président américain, a fait chuté le tire de Lockheed-Martin de 4% dans les premiers échanges. Ebranlé, le groupe de défense a dû défendre en urgence son appareil furtif, estimant que les F-35 étaient des avions de «grande valeur», dotés d'une «technologie incroyable». 

Lockheed-Martin en difficulté :

Et comme si la déclaration de Donald Trump ne suffisait pas, l'arrivée en Israël des deux premiers F-35 furtif a dû être retardée en raison de mauvaises conditions météorologiques à leur base de départ en Italie. L'imprévu a contraint l'entreprise à assurer publiquement que l'avion, qui a subi plusieurs revers par le passé, n'était pas en cause, mais que ce retard était lié à un manque de visibilité sur la base aérienne italienne. Les deux avions devaient être reçus lors d’une importante cérémonie ce lundi vers 14H00 (12H00 GMT) sur la base aérienne israélienne de Nevatim (sud), en présence des plus hauts dirigeants israéliens et des représentants des grands médias internationaux.

Et comme rien ne va en ce moment pour le programme F-35, des officiers de l’Armée de l’air israélienne ont énoncé de nouvelles critiques. Pour eux, la capacité à pouvoir pénétrer les défenses aériennes iraniennes et les systèmes de missiles sol-air S-300 d'origines russes, est en soi un fait aujourd’hui, avec des avions non furtifs. De leurs engagements passés, les pilotes de guerre israéliens ont retenu qu'il vaut mieux disposer de nombreux appareils éprouvés, que d'une poignée d'appareils ultra-modernes dont la maintenance péjore les coûts.

 

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Photos : 1 Dessin de presse 2F-35 @ Lockheed-Martin 

 

 

 

06/12/2016

Séoul freine l’achat du F-35 !

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Le Parlement sud-coréen a refusé une demande du ministère de la Défense de dépenser 30% supplémentaire pour l'acquisition de Lockheed-Martin F-35 sur le budget prévu de 2017. Mais en contre partie, ce même Parlement a autorisé une dépense plus élevée que prévu pour le programme de modernisation des Lockheed-Martin F-16 et l'achat de missiles air-surface.

Le budget coréen de la défense 2017 prévoit de dépenser la somme de 34,5 milliards de dollars. Dont une importante part pour l’achat de F-35 dont les livraisons sont prévues en 2018-2021. La conséquence de cette décision va ralentir le rythme de livraisons des 40 F-35 prévus, mais va au contraire accélérer la modernisation des pour 134 F-16 au standard « Viper Block 70/75 ». Le Parlement a également ajouté un financement en vue du lancement d’un programme d'acquisition d'aéronefs maritimes susceptible d’être utilisé contre les sous-marins nord-coréens.

Différences de vision :

La décision du Parlement coréen montre un peu plus les différences qui le séparent du ministère de la Défence. La volonté du Parlement semble se diriger vers une modernisation au sens large de l’armée et moins dépendante du programme américain du F-35. Ce même Parlement montre également de nouveaux signes en direction du programme d’avion de combat indigène susceptible, d’entrer en service d’ici 2030. Plus connu sous la désignation de programme KFX-GSC produit par l’avionneur Korea Aerospace Industries (KAI). Dérivé directe du T-50 et du F-35, le KFX-GSX serait un avion multirôle doté d’une avionique nouvelle génération ne nécessitant pas de biplace (comme le F-22, F-35, T-50, Gripen E). L’avion offrirait une capacité de furtivité, mais de manière limitée, car l’ensemble des points de charges seront situés sous les ailes et le fuselage. L’avion serait doté d’un radar actif à balayage électronique (AESA).

 

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Photos : 1 F-35 sud-coréen @ Lockheed-Martin 2 Projet KFX-GSX @ KAI

 

05/12/2016

Israël prépare l’achat de F-15I !

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Israël envisage l'acquisition de Boeing F-15I supplémentaires pour soutenir ses futures exigences de combat. Bien que l'investissement de l'armée de l'air du pays soit actuellement concentré sur l'acquisition de 50 Lockheed Martin F-35. Tel Aviv estime avoir besoin d’augmenter son inventaire en matière de F-15 pour combler le faible nombre de F-35 d'un avion de grève dans son inventaire.

L’Etat Major israélien confirme que les capacités de furtivité du F-35 seront vitales dans une phase initiale d'un conflit, mais que le pays aura besoin d’un nombre plus important de F-15 et surtout d’un appareil capable d’emporter une charge d'armes plus importante que celle du F-35.

F-15D « Eagle »:

La première étape va consister dans le transfert d’un lot de 10 avions de combat Boeing F-15D «  Eagle » (version biplace) à la Force aérienne israélienne. Ces appareils une fois livrés, seront mis au nouveau standard israélien avec l’adaptation du radar Raytheon APG-82 (V) 1 et d’un nouveau système de guerre-électronique.

La modernisation de la flotte de F-15I comprend également l’installation d‘un nouvel ordinateur principal et d’un protocole spécial qui permet de canaliser les anciens systèmes en direction du nouveau système informatique et ceci, en conservant l’architecture actuelle. Cette mise à jour, permettra aux F-15I de rester en service pendant les 20 prochaines années.  De plus, des travaux de structures seront engagés, afin de réduire les risques de fissurations sur les parties mobiles de l’avion.

Concernant la guerre électronique, des améliorations seront engagées en vues de la protection des systèmes. En matière d’armement, l’intégration de système de types JDAM  et JASSM / JSOW sont prévus en priorité. Cette modernisation prévoit également la généralisation de l’intégration du missile Rafale Python 5 sur l’ensemble des versions du F-15 en service en Israël.  Le Python 5 est le dernier né des missiles air-air à courte portée de la famille «Python». Il dispose d'une capacité de tir « au-delà de la portée visuelle » se verrouille sur sa cible après le tir et il dispose d'un nouveau système de guidage électro-optique et infrarouge.

La seconde étape doit permettre d’acquérir un nombre non divulgué de F-15 monoplaces à partir de 2019. Pour l’instant ni l’Etat Hébreu, ni les Etats-Unis n’ont confirmé l’éventuel achat de la version « Silent Eagle » du F-15. Cependant, des discussions sur le sujet sont actuellement engagées.

 

Photo : F-15 israélien @ Amir Shapiro

 

03/12/2016

Le revêtement des F-22 souffre !

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Depuis le mois de septembre 2014, l’US Air Force déploie des avions de combat Lockheed-Martin F-22 « Raptor » en Syrie. Le nombre de F-22 engagé n’est pas connu, mais semble être assez faible. Selon les rapports de l’USAF, les F-22 ont effectué environ 150 sorties et ont largué environ 200 bombes probablement des GBU-32 et GBU-39.

Revêtement en cause :

Les F-22 engagés en Syrie semblent souffrir des conditions climatique, tel que la chaleur, la pluie et la poussière de sable.  Ces conditions ont pour effet d’écailler la pellicule de revêtement absorbant qui recouvre les fuselages. La maintenance semble devenir de plus en plus onéreuse pour ce type d’appareil car les matériaux utilisés pas simple à produire et donnent du fil à retordre, lorsqu’il faut effectuer une réparation. Il faut comprendre que les matériaux à vocation de furtivité sont à base de carbone et de caoutchouc (pyrocéramiques, des silicones et des polyuréthanes). Ces éléments absorbants peuvent être recouverts de peinture à base d'époxy qui contiennent des particules de ferrite en suspension qui ont pour rôle de piéger les ondes qui n'ont pas été absorbées par les couches inférieurs. Ces matériaux sont souvent utilisés sur les éléments de structure susceptibles de recevoir le plus d'ondes radars (bords d'attaque, dérives, ailerons, plans canards). Paradoxalement, ces revêtements se montrent particulièrement fragiles.

Quel avenir pour les avions furtifs ?

 La furtivité semblait il être « la solution » miracle face aux radars ennemis. Pourtant l’arrivée de nouveaux radars notamment AESA et des optroniques de type IRST semblent remettre en cause la furtivité tant vantée il y encore quelques années. Si les avions dit furtifs comme le F-22 et le F-35 sont conçus de manière à être pratiquement invisibles aux radars de poursuite utilisant des hautes fréquences (bandes Ku, X, C et partiellement S), ceux-ci ne sont pas optimisés pour échapper aux radars à basses fréquences en bandes L, UHF ou VHF). Ajoutons le fait que ces appareils sont particulièrement chers à l’achat et fragile en ce qui concerne l’entretien notamment en opération extérieure, la question se pose aujourd’hui sur le réel avenir de cette technologie ?

 

Photo : F-22 Raptor @ USAF

 

23/11/2016

Le Canada opte pour le Super Hornet !

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Je vous en parlais dans un article en juin dernier, le gouvernement fédéral a trouvé une solution alternative à l’ambigu problème du remplacement de la flotte de Boeing CF-18. Le gouvernement du Canada a confirmé son intention d'acheter 18 avions de combat Boeing F/A-18 E/F « Super Hornet » pour faire face à ce qui, selon lui, est une lacune dans les capacités de défense du pays.

Le ministre libéral de la Défense Harjit Sajjan a fait cette annonce ce mardi à Ottawa, en rappelant que cet achat est une mesure «provisoire».

Le Canada entamera bientôt des négociations avec le gouvernement des États-Unis et Boeing pour l'achat de l'avion intérimaire. A noter que la ministre des approvisionnements, Judy Foote, a refusé de préciser ce que l'achat proposé coûterait aux contribuables. Elle a noté que le gouvernement doit encore négocier l'achat avec Boeing. Dans l’attente de cette «flotte provisoire», M. Sajjan a annoncé une série de mesures visant à prolonger encore la vie active des actuels CF-18 qui sont toujours en service, notamment avec le recrutement et la formation d'employés de maintenance.

Pour autant le Canada ne lâche pas le F-35 :

Mais les responsables de la défense canadienne ont également apaisé l’avionneur Lockheed-Martin et l'industrie américaine de la défense, avec l'assurance que le Canada continuera à être membre du programme F-35 « Joint Strike Fighter ».

Un nouveau camouflet pour les européens :

Le ministre de la Défense Harjit Sajjan avait affirmé en mai dernier, que les vieux CF-18 doivent être « remplacés maintenant », pour répondre aux missions effectuées avec les alliés. De plus, en raison de l'alliance canado-américaine dans le Commandement de la défense aérospatiale de l'Amérique du Nord (NORAD), le pays doit de se doter d'avions américains. C'est ce qui impose le choix des « Super Hornet », puisque les autres chasseurs similaires sont européens. On peut donc s’interroger sur les derniers propos de ce gouvernement, qui parlait il y a encore quelques mois, d’une compétition honnête et ouverte à tous !

Une décision très politique :

La confirmation du gouvernement Trudeau d’opter pour le « Super Hornet » lui permet de rassurer son électorat. En effet, lors de la campagne le futur premier Ministre avait marteler qu’il fera tout pour ne pas acheter le F-35. Pourtant, cette solution est-elle véritablement la bonne ? Visiblement les accords passés par l’ancien gouvernement Harper lient plus que jamais le pays (participations financières et industrielles) au programme F-35. Ne pouvant donc pas annuler la commande, le gouvernement actuel temporise avec cet achat, qui ne permettra pas de moderniser suffisamment la Royal Canadian Air Force.

Le Canada risque bien à terme de se retrouver avec deux types d’avions de combat, le « Super Hornet » et le F-35. Une situation qui va compliquer le cursus de formation et la gestion de la maintenance et augmenter les coûts d’exploitation.

A retenir : selon les estimations de la Cour des comptes canadienne le F-35 coûterait 175 millions de dollars, contre 65 millions de dollars pour le Super Hornet. Ces prix sont calculés sans armement ni pièces de rechange ni modules de formation.

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Photos : 1 Boeing F/A-18 « Super Hornet » @ USN 2 Image de synthèse F-35 canadien @ Lockheed- Martin