08/03/2018

F-35 : trop cher et problèmes de logiciels !

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Les nouvelles du programme de l’avion de combat Lockheed-Martin F-35 ne sont pas véritablement bonnes, les problèmes s’accumulent encore. Deux éléments sont toujours montrés du doigt, les coûts et les problèmes du logiciel de maintenance.

Plus cher que prévu :

Le Bureau du Programme conjoint (JPO) estime que le développement continu du F-35 pour faire face à l'évolution des menaces et à l'évolution des environnements de guerre coûtera au gouvernement américain plus de 1 milliard de dollars par an entre 2018 et 2024. Ce chiffre a été révélé lors du témoignage du vice-amiral Mathias Winter au Comité des forces armées américaines le 7 mars dernier.

Au total, le JPO estime que le développement et la fourniture continus de capacités (C2D2) des F-35 coûteront 16,4 milliards de dollars sur une période de sept ans, avec environ 11 milliards de dollars pour le développement et 5,4 milliards de dollars pour l'approvisionnement. Le vice-amiral Winter, qui dirige le JPO, a déclaré que les coûts de développement seraient partagés avec les alliés des États-Unis, laissant le ministère de la Défense avec une facture estimée à 7,2 milliards de dollars.

"Ce coût de 16 milliards de dollars est un montant étonnamment élevé et, autant que je sache, dépasse largement tous les coûts précédemment prévus ", a déclaré le porte-parole du congrès américain.

Pour le vice-amiral Winter le prix du F-35A est tombé en dessous de 100 millions de dollars pour la première fois dans le lot 10 du LRIP à 94,3 millions de dollars, soit une baisse de 7,5% du lot 9. Les prix des avions de production devraient continuer à baisser alors que le JPO continue de négocier le lot 11. Mais pour le JPO, la baisse du coût de production du F-35A ne doit pas faire oublier que les clients doivent compenser les améliorations de l’avion et qu’une fois pris en compte l’addition n’est au final pas avantageuse.

La Marine aux prises avec ALIS :

Le logiciel de maintenance à distance Autonomic Logistics Information System (ALIS) continue de fairte des vagues au sein de la navy. La marine américaine reste frustrée par son incapacité à connecter le logiciel de logistique du F-35 avec les autres logiciels de logistique qu'elle utilise.

Les efforts d'intégration du ALIS des F-35 aux autres systèmes logistiques internes de la Navy sont contrecarrés par l'insistance du développeur Lockheed Martin à considérer que le code du logiciel est sa propriété a déclaré le vice-amiral Paul Grosklags Marine et Marine Corps Aviation Programs.

La Marine ne pouvant disposer des codes sources d’ALIS, celle-ci ne peut intégrer le logiciel du F-35 avec ceux déjà en activités soit le DECKPLATE et l’AMSRR qui sont utilisés pour tous les autres types d'avions. Pour le vice-amiral Paul Grosklags les problèmes de logiciels sont le talon d'Achille du programme F-35.

 

Photo : le F-35A @ USAF

13/02/2018

Remplacement des F-16 Belges, l’évaluation des offres débute ce jeudi !

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Demain, la Belgique entame de plein pied la compétition en vue de remplacer la flotte actuelle d’avions de combat F-16 « Fighting Falcon » avec l’évaluation des offres reçues. Pour le gouvernement il s’agit également de boucler l’épineux dossier d’ici l’été.

Selon la demande, les offres "Request for Government Proposal" ou RfGP des avionneurs doivent être rendues ce jeudi 14 février. Grâce à celles.ci, il sera alors possible d’évaluer celle qui sera la plus comptatible avec les besoins de la Froce aérienne belge.

Pour ce faire, l’évaluation sera effectuée jusqu’en mai par l’intermédiaire de groupes de travail en ce qui concerne trois domaines: les capacités (avec une pondération de 57%), les coûts (33%) et les "intérêts de sécurité essentiels" (NSI, ou retours économiques, 10%). Sur la base de ces données, une recommandation sera transmise au ministre de la Défense, Steven Vandeput en ce qui concerne le choix définitif.

Deux concurrents :

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Selon la demande officielle, deux concurrents sont en compétition, Lockheed-Martin avec le F-35A « Lightning II » et Airbus DS avec l’Eurofighter « Typhoon II » T3. L’avionneur français ayant choisi de contouner la demande d’offre, celui-ci tente d’entrer en négociation directement de gouvernement à gouvernement pour offir le Rafale F-3R.

La question de l’offre parallèle de la France n’est pour l’instant pas réglée, le gouvernement belge n'a toujours pas tranché sur la suite à donner à cette proposition politique. "Nous sommes toujours dans l'analyse juridique", a récemment affirmé le Premier ministre Charles Michel et d’ajouter "D'abord, la clarté juridique. Ensuite, l'appréciation politique".

La France maintien sa position :

Ce matin le président-directeur général du groupe français Dassault Aviation, Éric Trappier, a signé en Belgique un total de treize accords de coopération « Memorandums of Understanding" (MoU) avec des industriels belges dans le cadre de la proposition de partenariat stratégique franco-belge relatif à l’avion de comabt Rafale, que Paris présente en dehors du cadre légal défini. Par ailleurs la France promet un retour global industriel et sociétal d'au moins 20 milliards d'euros sur 20 ans, répartis en fonction du poids économique des régions, a réaffirmé mardi M. Trappier.

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Une situation rocambolesque :

Les mauvaises langues parlent d’une « histoire belge » pour qualifier cette compétition. Mieux certains s’interrogent aujourd’hui dans la presse sur la réelle valeur de celle-ci. Pour bons nombres d’observateurs, le F-35 de Lockheed-Martin est le favori et cela explique les déffections de Boeing avec le « Super Hornet » et de Saab avec son Gripen E et confirme la stratégie de Dassault.

Le gouvernement aurait dû, par ailleurs, trancher le cas juridique de l’offre française avanr la date du 14 février pour clarifier non seulement sa position, mais également le cadre de la démarche française, il n’en est rien.

Au moins du côté de chez Dassault on aura permis d’une part, de parler du Rafale dans ce dossier et de  l'autre de créer un peu plus le débat en ce qui concerne la volonté ou non de maintenir une industrie européenne de défense.

La suite au prochain épisode !

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Photos : 1 F-16 belge@ FAB 2 F-3@ USAF 3 Eurofighter@ BAe 4 Rafael @ Dassault

12/12/2017

Allemagne, bisbille autour du remplacement des Tornado !

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Le ministère allemand de la Défense a confirmé ce lundi que l’avion de combat Eurofighter « Typhoon II » T3 était le principal candidat au remplacement de la flotte de Panavia Tornado au sein de la Luftwaffe.

Deux points de vue :

Cette affirmation vient contredire la prise de position de l’inspecteur de l’armée de l’air allemande, qui indiquait le mois dernier avoir une préférence en ce qui concerne le Lockheed-Martin F-35.

Il est évident que pour le ministère de la Défense et le gouvernement d’Angela Merkel, il est primordial d’investir dans un projet européen et de maintenir le développement futur de l’avion européen. De leurs côtés, les experts de la Luftwaffe ne veulent pas passer à côté d’un avion permettant de travailler en parfaite connexion avec l’ensemble des systèmes de l’armée. Une capacité que seul le F-35 peut offrir pour l’instant.

Une chance pour l’aviation européenne :

Une décision allemande en faveur de l’Eurofighter devrait permettre de « booster » le programme d’améliorations de l’avion avec une nouvelle version dotée d’une électronique plus puissante et permettant d’entrer de plein pied dans un système interconnecté. Ce que le Rafale F4 et le Gripen E MS22 offriront dès 2025.

Une décision qui aura également des conséquences importantes en direction d’un futur avion de combat européen à l’aube de 2040.

Un important marché :

Avec le remplacement des 85 Panavia Tornado de la Luftwaffe, c’est un contrat de plusieurs milliards d’euros qui est en jeu et permettra la survie de l’Eurofighter de nombreux emplois en Europe avec probablement de futurs contrats à la clef.

L’Allemagne prévoit de choisir le remplaçant des Tornado d’ici 2020 avec des débuts de livraison en 2025.

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Photo : 1 Tornado allemand@ Luftwaffe 2 Eurofighter @ Airbus DS

 

 

07/12/2017

En refusant le Super Hornet, le Canada fait le jeu du F-35 !

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Je vous l’annonçais en novembre, le Canada tient à l’offre autralienne concernant une acquisition de F/A-18A/B australiens d’occasion et ceci pour combler le vide jusqu’à l’arrivée du futur avion. Ottawa abandonne ainsi complètement son projet d'acheter des « Super Hornet » auprès de Boeing

Le gouvernement canadien devrait annoncer la semaine prochaine, l'achat des chasseurs F/A-18 australiens. Il s'agit des mêmes avions que ceux actuellement détenus par le Canada, ce qui devrait favoriser leur intégration à la flotte aérienne canadienne.

Nouveau retard dans la futur compétition ?

Ce choix aura des conséquences directes sur le budget d’équipement des forces armées du Canada. Et pourrait bien repousser un peu plus la compétition annoncée par le gouvernement le mois passé. L’achat d’avions d’occasions ne résoudra rien et va à l’encontre des recommandations de l’équipe d’experts de la RCAF veut que le processus d’un nouvel avion aille vite et que le nombre d’avions soit revu à la hausse. Il semble que cette fois les politiciens canadiens ont compris le besoin en dotation minimum et qu’une réduction du nombre d’avions serait problématique en terme de fonctionnement.

Pour certains, le gouvernement Trudeau semble faire un pas en avant, puis deux en arrière. Une situation qui renforce l’ancien gouvernement et qui pourrait faire douter les électrices et électeurs de l’actuel gouvernement, dont les promesses semblent oubliées.

Une situation qui avantage le F-35 :

Le F-35 de Lockheed Martin semble être le véritable gagnant du différent qui oppose Boeing avec le Canada, sur l'avion de ligne CSeries de Bombardier. Pour le Canada, il est peu logique d'exploiter deux types d'avions neufs. Un achat de 18 « Super Hornet » aurait été suivi de 47 autres. Pour une flotte unique et moderne.

Car le Canada qui renonce à l'accord sur le « Super Hornet » et se lance dans une compétition pour un chasseur de prochaine génération au cours des cinq prochaines années verra immanquablement le F-35 de Lockheed-Martin sortir inévitablement victorieux. Et ceci pour deux raisons, d’une part parce que l’accord signé précédemment n’a pas été dénoncé et de l’autre parce que pour des raisons d’interopérabilité avec le voisin américain, seul le F-35 sera disponible.

Bien sûr, le Canada pourrait également voir des offres pour du Gripen de Saab de l'Eurofighter et le Rafale de Dassault. Mais le Canada optera probablement pour le F-35, car la plupart de ses alliés pro-usa migrent vers le « Lightning II ».

 

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Photos : 1 Hornet display canadien @ RCAF 2 F-35 aux couleurs du Canada @ Alain Rioux

12/11/2017

Le Canada relance la compétition et veut plus d’avions !

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Le gouvernement canadien va publier une nouvelle demande de propositions pour son concours en vue du remplacement de la flotte actuelle de Boeing CF-18 « Hornet » d'ici 2019, avec l’attribution d'un contrat d'ici 2021, a annoncé le commandant de la Royal Canadian Air Force (RCAF) en fin de semaine.

Plus d’avions:

Le gouvernement actuel du Canada vise l’achat de 88 nouveaux nous chasseurs avions de combat pour venir équiper la RCAF, soit une augmentation par rapport au plan du gouvernement précédent visant l'achat de 65 jets.

Le Canada relance donc la compétition pour remplacer les CF-18 à la suite d'une promesse électorale du parti libéral du premier ministre Justin Trudeau de se retirer du controversé avion de combat interarmées Lockheed-Martin F-35. Le gouvernement étudie toutes les options, y compris le F-35, ainsi que celle du Boeing F/A-18 « Super Hornet » et ceci malgré la suite du différend commercial avec l’avionneur Boeing.

Il est par ailleurs, très intéressant de constater que l’actuel gouvernement semble suivre les recommandations de l’équipe d’expert de la RCAF désir que le processus aille vite, mais que le nombre d’avions soit revu à la hausse. Il semble que cette fois les politiciens canadiens ont compris le besoin en dotation minimum et qu’une réduction du nombre d’avions serait problématique en terme de fonctionnement.

La question qui se pose donc est aujourd’hui ouverte sur le budget qui sera disponible pour l’achat de 88 avions en lieu et place des 65 prévus initialement.

L’offre australienne toujours ouverte :

Pendant ce temps, le Canada envisage toujours l’option d’une acquisition de F/A-18A/B australiens d’occasion et ceci pour combler le vide jusqu’à l’arrivée du futur avion.

Pour le chef de l'Aviation royale du Canada, le processus de la compétition doit impérativement se dérouler le plus rapidement possible afin d’obtenir une demande de proposition pour l'industrie d'ici 2019. « Nous sommes en discussions et avons eu des discussions avec un certain nombre de personnes qui envisagent d'être en concurrence pour cela » a déclaré le commandant de la RCAF, le Cmdt Michael Hood lors de la Dubai Air Chiefs Conference qui s’est tenue ce weekend lors de l’ouverture du Dubai Airshow 2017.

 

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Photos : 1 CF-17 de présentation 2017 2 CF-18B @ RCAF