28/05/2018

La Turquie menace d’acheter des Su-57 !

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Les tensions entre Washington et Ankara sont entrées dans une nouvelle phase, en cas de non livraisons des avions de combat Lockheed-Martin F-35A, Ankara menace de se tourner en direction du Sukhoi Su-57.

Les faits :

Selon le calendrier initial de l’avionneur américain, Ankara devrait réceptionner son premier avion de chasse F-35 des Etats-Unis en juin prochain. Mais les législateurs américains ne l’entente pas de cette oreille et tentent de ralentir la livraison, sinon de l’annuler. Car pour les membres du Congrès, il n’est pas question de vendre le fleuron de l’aviation américaine sans avoir obtenu les réponses du rapport du Pentagone analysant les tensions entre les deux pays.

Les sénateurs américains ont appelé à l'exclusion de la Turquie du programme JSF, citant le bilan d'Ankara en matière de droits de l'homme.

Les tensions ont encore augmenté par rapport à l'achat prévu par la Turquie d'un système de défense russe S-400.

Rappel :

La Turquie devrait acheter plus de 100 F-35A dans le cadre d'un programme multinational dirigé par les États-Unis. Ankara exploite actuellement une importante flotte de F-16, qu'elle a utilisée dans des opérations contre des positions des Unités de protection du peuple (YPG) dans les bases du Parti des travailleurs d'Afrin et du Kurdistan (PKK) dans la région nord du Kurdistan. Et en Syrie.

Réaction d’Ankara :

Mais Ankara a juré de riposter face à toute tentative de restriction en matière d’exportation de matériel militaire. Il semble que la visite du président russe Vladimir Poutine en avril dernier en Turquie a inclus des discussions delivraison en ce qui concerne le Sukhoi Su-57.

 

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Photos : 1 Su-57 @ Sukhoi F-35 @ USAF



22/05/2018

Israël, premiers engagements du F-35 !

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Les bonnes nouvelles sur le programme F-35 nous arrivent de l’Etat Hébreu, le chef d'état-major de l'armée de l'air israélienne (IAF) a revendiqué le statut de pionnier en tant que première force aérienne à utiliser le Lockheed-Martin F-35 au combat. Mais entre la retenue des informations et les premières « fake news » disponibles sur web, je vous propose un petit retour sur information.

On ne connaît pas la valeur des objectifs du F-35 :

Premier élément, nous ne connaissons pas la valeur précise des deux cibles qui ont été touchée par l’engagement des F-35, ce qui est parfaitement normal, le « modus operandi » reste confidentiel.

 Ce matin lors d’une convention internationale regroupant des représentants d’une vingtaine de forces aériennes,  le commandant de la force aérienne pays le général de division Amikam Norkin: à annoncé : «Nous avons effectué la toute première frappe opérationnelle du F-35 » et d’ajouter « nous avons attaqué deux fois au Moyen-Orient avec le F-35 ».

Selon le commandant de la force aérienne israélienne, plusieurs frappes ont été réalisées ces dernières semaines avec des F-16, F-15 et dernièrement le F-35 contre des objectifs Iraniens

(Force Qods) basés au sein des installations de la base aérienne T-4 à 250 kilomètres d'Israël. Par ailleurs, les vols de reconnaissances ont montrés que les forces iraniennes continuaient à stocker des munitions dans cette base, y compris avec des capacités de défense aérienne.

"Au cours des dernières semaines, nous avons compris que l'Iran transportait des missiles à longue portée et des roquettes vers la Syrie, dont des missiles" Uragan "que nous avons attaqués, juste au nord de Damas", a ajouté le général Norkin. "Les Iraniens ont tiré 32 roquettes sur Israël, nous en avons intercepté quatre, tandis que le reste est tombé en dehors du territoire israélien.

"Par la suite, nous avons attaqué des dizaines de cibles iraniennes en Syrie. Malheureusement, les systèmes de défense aérienne syriens ont tiré plus de 100 SAM (missiles surface-air) en utilisant des batteries de missiles de types : SA-5, SA-17 et SA-22. En réponse, nous avons détruit leurs batteries SAM.

Cependant, on ne connait pas exactement où et comment les F-35 ont été utilisés. Ont-ils frappé en Syrie ou au Liban ? Quel genre de mission ont-ils effectué? Attaque aérienne réelle ou reconnaissance «simple» armée ou électronique ?

 

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Fausse rumeur :

En effet, depuis quelques semaines, des rumeurs parlent d’une prétendue mission de F-35 dans l'espace aérien iranien rapportée par le journal koweïtien Al-Jarida. Deux avions furtifs F-35 « Adir » auraient survolé la Syrie et l'Irak et se sont faufilés dans l'espace aérien iranien, effectuant des missions de reconnaissance sur les villes iraniennes Bandar Abbas, Esfahan et Shiraz. L’Etat major israélien a de son côté totalement démystifié cette rumeur.

Ce que l’on sait :

Pour l’instant la Force aérienne israélienne a débuté des essais réels à petite échelle avec le F-35. Ceux-ci doivent permettre de valider plusieurs éléments : l’adaptation du système israéliens de guerre-électronique installé sur l’avion, valider la formation des pilotes et l’engagement du nouvel avion avec notamment les F-16 « Sufa » et F-15I.

L’arrivée du F-35 demande une adaptation de fonctionnement et donc de la formation des pilotes. Pour les pilotes de F-35, il faut une formation basée à 50% sur simulateur contre 30% avec les autres appareils et ceci pour faire face au volume d'informations et des systèmes technologiques complexes de l’avion. Et pour autant, les pilotes de F-35 doivent apprendre à pouvoir travailler avec les F-16 et F-15 plus maniables et dont l’engagement est différent. 

Les F-35 israéliens vont progressivement être impliqués dans des opérations toujours plus importantes, incluant d'autres avions de missions spéciales de type EW (Electronic Warfare). L’objectif à terme et de géolocaliser et classer les systèmes ennemis. Le F-35 fournira progressivement des renseignements électroniques haut de gamme combinés à des capacités avancées de fusion de capteurs pour créer une image intégrée unique du champ de bataille. Le F-35 deviendra à terme le noyau en de la force aérienne pour mener une attaque et diriger des frappes aériennes d'autres des F-16 et F15.

 Rappel : 

Le F-35 permettra progressivement à l’Etat d’Israël de maintenir une suprématie aérienne et son avance qualitative technologique dans la région, notamment en matière de dissuasion, mais également en cas de frappes préventives. Par contre, du fait du nombre réduit de F-35, l’ossature du combat aérien sera maintenu avec les F-15 et F-16 modernisés. Une nouvelle commande de F-15 est actuellement en fin négociation avec Boeing. Pour les israéliens, le système centralisé de maintenance de Lockheed-Martin représente une dépendance vis-à-vis des Etats-Unis inacceptable d’une part et dangereuse de l’autre. Les industriels israéliens à travers la société Israël Aerospace Industry (IAI) dispsoent dorénavant d’un service de maintenance complet. Israël à mis en place sont propre pare-feu pour vous assurer que l'information privilégiée ne passe pas entre les Etats-Unis et israéliens via un système externe tel que le système Autonomic Logistics information (ALIS)

De plus, pour Israël il est inconcevable de rester dépendant en matière de pièces détachées. Pour ce faire le pays va constituer son propre stock pour garder son autonomie en cas de conflit. A noter que les israéliens sont les seuls à diposer des « codes sources » du F-35.

Un F-35 différent :

Les israéliens participent au programme F-35 avec notamment la production de 811 paires d’ailes par Israel Aerospace Industries (IAI). De plus, Elbit Systems fournit le viseur de casque du pilote. Il faut également noter, que les F-35 "Adir" israéliens sont sensiblement différents avec un système de communication unique dans le cockpit. De plus, les F-35 "Adir" disposent d’un second système de liaison de données, connu sous le nom de "Ravnet-300" et produit par la société Rafael Défense. Ce système qui est à certains égards comparables au système « Link16 » standard de l'OTAN, fonctionne nettement plus rapidement et permet plusieurs applications. Mais les israéliens vont encore plus loin, avec le remplacement du système de guerre-électronique ASQ-239 «  Barracuda » de BAE Systems par un système indigène.

 

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Photos : 1 & 3 F-35 « Adir » israéliens Lance roquettes iranien @ IAF

 Remerciements : mon ami "Jarod" de la Heyl ha'avir pour les infos.

 

 

 

29/04/2018

Le Gripen E et le F-35 favoris en Finlande ?

 

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Helsinki, dans le cadre du programme de remplacement de la flotte actuelle de sa flotte de Boeing F/A-18C/D « Hornet », le ministère finlandais de la Défense prévoit l'achat de 64 nouveaux chasseurs à réaction pour un montant d'environ 7 à 10 milliards d'euros.

Le ministère de la Défense finlandais a envoyé des appels d'offres au début de l’année 2018 à Boeing et Lockheed-Martin, Saab, Dassault Aviation et Airbus DS. Les avions potentiellement en course sont : le Lockheed-Martin F-35 «Lightning II», le Saab JAS-39 Gripen E MS21,  l’Eurofighter «Typhoon II» T3A/B Block20 et le Dassault Rafale F3-R, ainsi que le Boeing F/A-18 E/F « Super Hornet ».

Les avionneurs n’ont pas encore répondus à la demande finlandaise afin de confirmer leur participation à l’évaluation, celle-ci leur parviendra tout soudain. Les essais des aéronefs proposés auront lieu à la fin de 2019 et au début de 2020 afin de démontrer la performance dans des conditions météorologiques difficiles. La sélection est prévue pour 2021, avec des livraisons en cours d'exécution entre 2025-2030.

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Le Scaf une menace pour le Rafale et l’Eurofihgter :

D’un point de vue général, tous les types d’avions proposés répondent aux critères finlandais. Pourtant, la nouvelle du lancement du futur avion européen Scaf en partenariat entre Dassault Aviation et Airbus DS pose problème sur l’avenir des avions Rafale et Eurofighter.

De nombreux experts et spécialiste proches du dossier finlandais ont émis des doutes sur les deux avions européens. Pour l'expert en systèmes d'armes Arto Pulkki, l’annonce du lancement du Scaf relègue le Rafale et l’Eurofighter au second plan. En effet,  si le développement des deux avions est garanti jusqu’en 2030, il est évident qu’à partir de cette date le « Scaf » deviendra la priorité des deux avionneurs délaissant petit à petit les modernisations des deux avions actuels. De fait, l’achat de l’un deux avions, posera un problème d’obsolescence à mi-vie déjà. La Finlande désire un avion, dont la modernisation puisse être garantie au-delà de 2040.

A noter qu’en Suisse, dans les milieux très proches du nouvel avion de combat, nous assistons depuis la semaine dernière aux mêmes réflexions.

Gripen E et F-35 en pointe :

Le choix d'un nouvel avion de combat pour l'armée de l'air finlandaise pourrait donc se résumer à deux concurrents, l'Américain Lockheed Martin F-35 ou le Saab suédois Gripen E.

Pour Arto Pulkki, le Rafale et l’Eurofighter disposent clairement de technologies plus anciennes et ceci malgré les mises-à-jour. Par ailleurs, leur production sera limitée dans le temps.  

Par contre, le Lockheed Martin F-35 et le Saab Gripen E ont des égalités techniques, à l'exception de la capacité furtive du F-35. Si, le F-35 offre l’avantage de la furtivité et de la technologie la plus récente, sa capacité d’emport, ainsi que les problèmes de développement associés à un prix élevés le désavantage. De son côté, le Gripen E suédois à l’avantage du prix, ainsi que les développements technologiques pour détecter les avions furtifs.

De son côté, Lauri Puranen, qui est le coordinateur du projet d'évaluation préliminaire des avions en remplacement des F/A-18 Hornets en Finlande, a déclaré ce vendredi que la ligne de départ était la même pour les cinq combattants. Cependant, les nouveaux éléments sur l’évolution du futur avion européen, aura des conséquences sur l’appréciation finale du dossier. Du point de vue politique, la Finlande pourrait bien vouloir se rapprocher un peu plus de la Suède, pays avec lequel elle a déjà une vaste coopération militaire. Acheter des combattants suédois signifierait également une coopération industrielle, un maintien des capacités au sein de l’Otan et une confirmation de l’intérêt européen.

Bref, rien n’est définitif en Finlande, mais ces nouvelles questions pourraient bien avoir un sérieux poids dans le choix final.

 

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Photos : 1 F-35 & Gripen 2  Gripen E @ Saab3 F-35 @ Lockheed Martin

23/03/2018

Exigences fixées pour le nouvel avion de combat et le système sol-air !

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Le DDPS a fixé les exigences auxquelles doivent satisfaire les nouveaux moyens de protection de la population contre les menaces aériennes. Par ailleurs, il a déterminé les critères d’évaluation impératifs et d’autres caractéristiques souhaitables en matière de politique d’armement, notamment en ce qui concerne les affaires compensatoires.

Cette phase lance le programme d’acquisition du nouvel avion de combat et du futur système de défense sol-air. Ces deux systèmes feront partie du programme Air2030, soit le modernisation en profondeur des Forces aériennes suisses. Nous allons égalment voir qu’il y a du changement en ce qui concerne la défense sol air et les implications des différentes exigence sur le choix de l’avion.

Exigences imposées:

 

  • L’ensemble de la flotte doit être mesure de réaliser les prestations suivantes :
  • fournir les prestations journalières de police aérienne, 24 heures sur 24, et imposer les restrictions d’utilisation de l’espace aérien suisse.
  • lors de tensions accrues, intervenir dans un délai de quelques minutes (QRA) dans l’ensemble de l’espace aérien suisse avec des avions de combat en cas de violation de l’espace aérien par des avions civils non coopératifs, des avions militaires de transport, des drones et des avions de combat isolés pénétrant dans l’espace aérien.
  • en situation de défense, en combinaison avec la défense sol-air, empêcher un adversaire, pendant une durée limitée, d’obtenir la supériorité aérienne et, dans le même temps, appuyer l’armée avec du feu opératif au-delà de la portée de notre propre artillerie et avec de la reconnaissance aérienne.

Données servant de base de calcul pour le dimensionnement de la flotte : la taille de la flotte doit permettre :

  • en situation normale, d’assurer le service journalier de police aérienne ainsi que l’instruction et l’entraînement.
  • lors de tensions accrues, de maintenir une présence permanente dans les airs d'au moins quatre avions pendant au moins quatre semaines.
  • en cas d'attaque armée, d'engager, parallèlement à l’accomplissement des tâches de défense aérienne, des avions de combat pour la reconnaissance aérienne et pour frapper des objectifs au sol.

Exigences relatives à l’acquisition du prochain avion de combat et d’un nouveau système de défense sol-air c. Le paquet logistique doit être dimensionné au minimum pour :

  • assurer en permanence le service de vol lorsque les frontières sont ouvertes et que l’approvisionnement en pièces de rechange à partir de et vers l’étranger peut être garanti ;
  • assurer la souveraineté sur l’espace aérien pendant approximativement six mois, de même que l’instruction et l’entraînement lorsque les frontières sont fermées et que l’approvisionnement en pièces de rechange à partir de et vers l’étranger ne peut pas être garanti. Exigences opérationnelles concernant le système de défense sol-air (DSA/Bodluv) :

La défense sol-air de grande portée doit être en mesure, seule ou en combinaison avec les avions de combat, de protéger des secteurs et, ce faisant, de combattre en premier lieu des objectifs dans l’espace aérien moyen ou supérieur. La surface à couvrir doit être de 15’000 km système doit disposer d’une grande portée, c’est-à-dire atteindre une altitude d’engagement de plus de 12’000 m (ver- ticalement) et une portée supérieure à 50 km (horizontalement).

Concernant la maintenance :

Pour le prochain avion de combat, le groupe RUAG est désigné comme centre de compétences pour le matériel au lancement du projet. Dans cette fonction, RUAG réalise les tâches non dévolues à la troupe concernant le suivi technique du système, la gestion du matériel entre la Suisse et l'étranger et la maintenance des avions. L’étendue et le degré de profondeur des tâches que devra accomplir RUAG seront déterminés dans le cadre de l'évaluation.

Pour le nouveau système de défense sol-air, il est en principe souhaitable que RUAG assume la fonction de CCM (dans la même mesure que pour le prochain avion de combat), pour autant que le fabricant du système retenu ne dispose pas d’une succursale en Suisse.

Les essais :

Une partie au moins des essais en vol et au sol doivent être effectués en Suisse pour tous les candidats entrant en ligne de compte pour l’acquisition du prochain avion de combat.

Outre des adaptations minimales requises (comme l’intégration dans nos propres systèmes de conduite), il faut renoncer à des helvétisations ; autrement dit, les systèmes (avions de combat et système de défense sol-air) doivent fondamentalement correspondre à la configuration qui est autorisée à l’exportation et qui est en service ou sera introduite dans le pays producteur.

Dans la mesure du possible, les avions de combat évalués seront pilotés par des pilotes suisses lors des essais en vol.

Pour améliorer la connaissance du système, il serait judicieux qu’une équipe de base composée de personnel de l’industrie suisse et de l’armée collabore avec le fabricant ou un représentant du fabricant pour le montage final des prochains avions de combat. Procéder au montage final en Suisse n’est pas une exigence, mais cette possi-bilité n’est cependant pas non plus exclue.

Pour augmenter le degré d’autonomie, il faut s’efforcer d’acquérir les droits d’utilisation (codes sources) en vue du développement autonome de logiciels C2 (Bodluv, système de surveillance de l'espace aérien).

Affaires compensatoires (offsets)

Pour l’acquisition des avions de combat et de la défense sol-air de grande portée, des affaires compensatoires représentant 100 % du prix d’achat doivent être exigées. L’industrie suisse pourra participer au développement futur de l’avion.

La mise en œuvre des obligations liées aux affaires compensatoires intervient après la signature du contrat. Les affaires compensatoires éventuellement générées auparavant peuvent être prises en compte jusqu’à 20 % du volume total des affaires compensatoires (Offset-Banking-Agreements).

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Les concurrents :

Avions :

L’Airbus : Eurofighter « Typhoon II » T3, Dassault : Rafale F4, Saab : Gripen E MS22, Boeing : F/A-18 « Super Hornet », Lockheed-Martin : F-35A.

Sol-air :

Eurosam : SAMP/T, Rafael : David’s Sling, Raytheon : Patriot Pac3.

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Analyse :

On peut dès lors constater plusieurs éléments avec la mise effective des exigences. En ce qui concerne le nouvel avion de combat, il sera multirôle et devra pouvoir communiquer électroniquement avec le nouveau système sol-air. Selon les exigences, le nombre d’avions doit permettre de tenir au moins un mois en situation tendue. De fait, si l’on se base sur les différents modèles de dotation, il faudra donc au minimum 40 avions. En matière de maintenance, celle-ci devra se faire en Suisse chez RUAG Aersopace. De plus, les demandes en matière d’Offsets obligent la participation suisse au dévellopement futur de l’avion et 100% de compensation. Rien de nouveau en fait, sauf qu’avec le besoin des codes sources pour communiquer avec le système sol-air cela exclut le F-35A de Lockheed-Martin et dans une certaine mesure Boeing. Le futur avion pourrait donc être européen ?

En ce qui concerne le système sol-air, on passe à des systèmes longue-portées. On abandonne donc les deux systèmes de moyenne-portées Iris-SL et CAMM-ER. Les systèmes longue-portées pourront être acquis en nombre limités, mais ne pourront être positionnés que sur le plateau. En effet, la topographie de notre pays limiterait beaucoup trop l’engagement à proximité du Jura et des Alpes. Il faudra donc à l’avenir renforcer la défense sol-air courte portée, afin de combler les zones vides.

Avec un montant maximum de 8 milliards de nos francs, le choix des deux systèmes se fera en fonction du meilleur coût/efficacité, ainsi que des coûts de maintenance les plus faibles.

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Photos : 1 Les avions potentiels 2 Eurosam SAMP/T 3 Rafael David’s Sling 4 Raytheon Patriot PAC3

22/03/2018

Belgique, cacophonie et suspicion sur le remplacement des F-16 !

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« L’affaire des F-16 » tel est le nouveau titre du programme de remplacement du vaillant « Fighting Falcon » en Belgique. Nous voici entrés dans une nouvelle phase, dont les politiques de ce pays se seraient bien passés.

Rappel des faits :

Durant l'été 2016, un membre de l'armée a été informé par le constructeur Lockheed-Martin que les chasseurs F-16 pouvaient rester en activité plus longtemps que prévu. Lorsqu'il informe son supérieur hiérarchique, le colonel Letten, c'est le commandant de la composante Air belge, Frederik Vansina, qui va directement se renseigner auprès Lockheed-Martin. Dans le même temps, on va conseiller, par courriel, à l'informateur de rester prudent: "Tant que personne ne pense que les F-16 peuvent voler plus de 8'000 heures. Fais bien attention". 

Le ministre sur la défensive :

Pour le ministre Steven Vandeput, la réponse ne fait aucun doute: « oui et vite ! C'est dans un tel contexte d'urgence, sachant que nos F-16 doivent, nous dit-on depuis le début, être retirés de la circulation à partir de 2023 qu'un appel d'offres a été lancé voici un an. Appel d'offres qui, je l'ai dit maintes fois, s'avère de plus en plus orienté, partial et quelque peu improvisé ».

Et d’ajouter : « On apprend maintenant que la durée de vie de nos appareils pourrait être sensiblement plus longue que celle avancée jusqu'ici pour justifier l'urgence de leur remplacement. C'est du moins ce qu'affirme le constructeur Lockheed-Martin lui-même dans un rapport remis à la Défense belge en avril 2017.

Le ministre de la Défense se défend d'avoir eu connaissance d'un tel document et dénonce une "erreur majeure d'appréciation" de la part des gestionnaires de la flotte. Une enquête interne et externe est en cours afin de déterminer les responsabilités autant que les causes de ce manquement. Pour l'heure, il est évident que cela porte un coup sérieux aux termes de l'appel d'offres ainsi qu'à sa poursuite.

Collusion d’un fonctionnaire avec un avionneur :

De plus, il apparaît que le ministre de la Défense Steven Vandeput a licencié l'an dernier son chef de cabinet adjoint, après qu'il est apparu qu'il a eu des contacts avec Lockheed-Martin, confirme la porte-parole du ministre.

Que dit le fameux rapport :

Le rapport fournit par l’avionneur Lockheed-Martin porte sur la structure des F-16 et des faiblesses dues aux criques. Lockheed indique que l’analyse est délicate du fait de méthodes calquées sur celles utilisées pour les flottes de F-16 Block 30, hors les belges sont au Block 15MLU, mais aussi que l’état des enregistreurs de vol n’a pas toujours permis d’avoir des données fiables.

Il est de notoriété qu’il est parfaitement possible d’augmenter le nombre d’heure de vol d’un appareil. Mais à quel prix ? On parle de 1 milliard de dollars ! Dans le cas des F-16 Belges l’avionneur parle de 6 années, soit le temps qu’il faut pour équiper la Force aérienne belge (FAB) avec un nouvel appareil. Est-ce donc utile ? Pas vraiment, d’autant plus que l’argent serait mieux investit dans l’achat du futur aéronef. Bref cette histoire d’heures de vol, n’est en soi, pas si importante. Mais, elle le deviendrait en cas de retard du choix, car il faudra, alors combler les besoins de la FAB en attendant l’arrivée du nouveau destrier.

Le vrai problème :

Le véritable problème dans cette compétition provient de la connivance entre l’ancien adjoint du ministre de la Défense et l’avionneur américain. Les déclarations du Ministre vont d’ailleurs dans ce sens, lorsqu’il parle de l’appel d’offre. De plus, l'avionneur américain Lockheed-Martin n'a-t-il pas justement jouer un jeu pour mieux faire passer son F-35 en remplacement des F-16 au plus vite?

Finalement, on ne sera pas étonné de voir le gouvernement belge reporter le choix de son futur avion de combat à une date ultérieure, une chance peut-être, pour les avionneurs européens !

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Photos : 1 F-16 Belges @ FAB 2 F-35 @ Lockheed-Martin