03/04/2017

Les F-22 et F-35 ne peuvent communiquer !

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Le problème est connu, mais il n’est toujours pas réglé, les avions de la cinquième génération qui équipent l’US Air Force n’arrivent pas à communiquer. Le Lockheed-Martin F-35A « Joint Strike Fighter » et F-22A « Raptor », ne peuvent toujours pas transmettre des données entre eux.

Aujourd'hui, le réseau de données du F-22 (Link16) ne peut recevoir que des données du F-35. De son côté le F-35 peut à la fois transmettre et recevoir des données avec des avions plus anciens comme les F-16 et les F-15 et ceci à travers le réseau de liaisons16 existant pour ces appareils. Mais le F-35 n’arrive toujours pas à recevoir les informations transmises par les F-22.

Les raisons du problème :

Les F-22 fonctionne avec une liaison Link 16 en lien avec des données intra-vol (IFDL), tandis que le F-35 utilise une liaison Link 16 qui englobe le Multi -Function Advanced Datalink (MADL). Hors, Les essais montrent que l’IFDL et le MADL ont une capacité d'interception à faible probabilité d'interception entre-elles. A contrario, les F-15C et F-22 peuvent communiquer à l'aide du de la nacelle « Talon HATE ».

De plus, il apparaît que le système MADL du F-35 a été conçu pour afficher des informations et les donner au pilote du F-35 uniquement. Les ingénieurs du système MADL semblent avoir oubliés d’y avoir intégré une passerelle permettant de transférer les informations sur le réseau de données Link16 permettant ainsi le partage des communications.

Le drame de cette histoire oblige l’US Air Force à revoir complément ses tactiques de combat avec le F-35 en pointe de l’attaque ,car celui-ci se retrouve isolé des autres appareils et surtout du F-22, dont il est pourtant le binôme de supériorité aérienne. Pour terminer cette navrante histoire, il n’est pas prévu pour l’instant dans le budget du F-35 d’amélioration pour ce problème.

 

Photo : Les F-22 et F-35 peuvent voler ensemble mais ne peuvent partager des informations @ USAF

 

 

 

15/03/2017

Le Canada prépare l’achat de Super Hornet !

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Le Canada vient de franchir une nouvelle étape dans sa volonté d’acquérir une flotte transitoire composée de 18 Boeing F/A-18 E/F « Super Hornet » avec une lettre de demande d’information au gouvernement américain.

Le Canada attend une réponse des États-Unis pour cet automne, indique un communiqué de presse du gouvernement du 14 mars. De fait, nous assistons à la première partie des négociations entre le gouvernement du Canada, le gouvernement américain et l’US Navy pour déterminer les besoins canadiens pour ces appareils, les configurations possibles et ce qui sera inclus dans le «package» final.

Le Canada prévoit d’acquérir le standard BlockII du « Super Hornet ». Celui-ci pourrait également à l’avenir évoluer au BlockIII, soit « L’Advanced Super Hornet ». En matière de coûts, le gouvernement canadien estime qu’un « Super Hornet » standard se négocie aux allentours de 65 millions de dollars US. En fonction des options choisies, le coûts total pourrait attendre les 90 millions de dollars US, soit une facture encore très inférieure à celle du F-35.

Par ailleurs, on apprend que Boeing et le nouveau gouvernement américain s’engagent à appliquer la politique des avantages industriels et technologiques à cette acquisition potentielle, ce qui oblige les fournisseurs à faire des investissements au Canada égaux à 100% de leur valeur contractuelle.

 Les États-Unis et le Canada pourraient conclure un accord officiel sur la flotte de « Super Hornet » au début de 2018.

 

Photo: Boeing F/A-18 E/F « Super Hornet » @ USN

14/02/2017

Boeing propose son Advanced Super Hornet comme alternative !

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Boeing semble poussé par les récentes déclarations du président D. Trump en ce qui concerne le F-35. En effet, l’avionneur vient de déclarer qu’il était prêt à lancer la production de son F/A/18 E/F  « Super Hornet » Block III connu jusqu’ici sous la dénomination « Advanced Super Hornet ».

L’alternative Super Hornet Block III :

Le « Super Hornet » Block III est maintenant prêt pour la production après un développement de cinq ans. Du côté de la Marine américaine, l’intérêt est particulièrement important car les derniers appareils commandés seront livrés en 2018 et il va bien falloir combler les retards de techniques et de livraisons du F-35. Une décision devrait donc bientôt tomber en ce qui concerne une réattribution potentielle des fonds du F-35 en direction du nouveau standard du « Super Hornet ». Et ceci d’autant plus, que la Marine américaine n’est toujours pas satisfaite des capacités du F-35C.

Pour Boeing, une commande de  « l’Advanced Super Hornet » de la part de l’US Navy lui ouvrirait également la possibilité d’offrir une mise à jour des « Super Hornet » en service dans le monde, mais aussi la capacité de prospecter de nouveaux clients en offrant le nouveau standard dans les compétitions qui se préparent.

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L’Advanced Super Hornet (Super Hornet Block III) :

Le projet «Advanced Super Hornet» est basé selon le constructeur Boeing sur le même principe que le F-15 « Silent Eagle ». L’objectif étant de répondre aux besoins anticipés de la crise à des fins de coût-efficacité améliorés concernant des technologies de furtivité. Cette solution permet avec un coût abordable, de répondre aux futurs besoins de survie d’un avion de combat. Tout comme sur le « Silent Eagle », on appliquer une amélioration de la furtivité des revêtements et de la signature radar de l'avion, avec le montage de trappes qui permettent le transport des armes en interne (CFTS). La particularité résident dans le fait, qu’il est possible en fonction de la mission, de choisir entre le transport en interne ou de revenir au transport traditionnelle.

Une autre amélioration est l'aérodynamique Digital Flight Control System, qui améliore la fiabilité de l'avion et réduit le poids de la  cellule. L’adoption d’une peinture absorbante sur l’ensemble de la cellule contribue également à la diminution de la signature radar. L’adjonction de réservoirs de carburant supplémentaires sur l’épine dorsale de l’avion en augmente le rayon d’action, permet de supprimer les réservoirs sous les ailes pour de l’armement additionnel, le cas échéant.

Un nouveau système de guerre électronique Digital Electronic Warfare System (DEWS) qui travaille de concert avec le radar Raytheon Electronic Scanning Array (AESA) permet une optimisation des différents capteurs et senseurs. L’avionique comprend un écran géant couleur. L’avion est doté d’un capteur IRST. En matière de motorisation, l’appareil est doté de deux General Electric F414-440 qui augmentent la puissance de 20%.

Selon Boeing, le « Super Hornet Block III » peut ainsi effectuer la plupart des missions imaginées pour le F-35C à l’exception de la pénétration furtive.

 

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Photos : le prototype du Super Hornet BlockIII  @ Boeing

09/02/2017

Nouvelle prolongation des A-10 !

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Washington, l’année dernière, l'US Air Force avait annoncé un nouveau sauvetage pour la flotte de Fairchild République A-10 «Thunderbolt II» avec une prolongation de celui-ci jusqu’en 2021. Hors, selon le dernier rapport disponible, les A-10 pourraient bien rester en service jusqu’en 2025 voir plus.

La secrétaire de la Force aérienne Deborah Lee James a annoncé que la retraite de la flotte des A-10 serait retardée une fois de plus. Le secrétaire de la Défense Ashton Carter a annoncé que la production d'aile continue pour venir rééquiper et maintenir l’avion le plus longtemps possible. Selon Boeing, il serait même possible de maintenir les A-10 jusqu’en 2040 ! Sans confirmer cette option, le chef de l’Air Combat Command le Genéral Herbert Carlisle a déclaré que les nouvelles ailes rendraient l'avion viable pour l'avenir aussi longtemps que le service a besoin d'eux.

Sans préciser exactement une date butoir, le Genéral Herbert Carlisle annonce que l’Air Force va continuer à utiliser les A-10 durant les années 2020 à 2030. La prochaine échéance pour décider du retrait de l’avion n’interviendra pas avant 2025.

Pour l’US Air force, il est maintenant évident que seul six escadrons de F-35 seront réellement opérationnels à partir de 2022 et que le maintien de huit escadrons de A-10 est aujourd’hui clairement une nécessité.

Historique :

Le 6 mars 1967, l’US Air Force proposa à 21 constructeurs de lancer une étude pour son programme Attack-Experimental ou AX d'avion d’attaque peu coûteux. Six compagnies répondirent à l'appel, dont Fairchild et Northrop, qui reçurent des contrats pour construire des prototypes. Le premier vol du prototype YA-10A de Fairchild a eu lieu le 10 mai 1972. Le 10 janvier 1973  le A-10 est déclaré vainqueur de la compétition face au Nothrop A9 Les premiers A-10A ont été livrés en octobre 1975 à la base de l’USAF de Davis-Monthain, dans l’Arizona. 714 appareils (dont un biplace) furent construits pour l’USAF entre 1975 et 1984. L’A-10 « Thunderbolt II » a cependant été assez mal accueilli dans les forces aériennes américaines, les autorités avaient plus confiance dans les F-16 et F-15.

 

 

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Photos : l’A-10 semble avoir encore un petit avenir @ USAF

 

04/02/2017

F-35, le paradoxe Trump !

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Washington, le truculent nouveau président américain D. Trump très critiqué sur de nombreuses décisions, semble au moins avoir réussi une chose : faire baisser de manière significative le prix du F-35. Après une année de négociations, suivie d’une pression sans égale ces derniers mois de la part de la nouvelle administration, Lockheed-Martin assure que le contrat de production initiale à faible taux numéro 10 concernant 90 avions de chasse F-35 sera moins élevé de 728 millions de dollars.

Sur cette base, le Bureau du Programme conjoint F-35 a annoncé des économies à hauteur de 728 millions de dollars sur le lot 10 par rapport au lot 9, ce qui représente plus de 128 millions de dollars de réduction de coûts voulu par le président Donald Trump au début de cette semaine.

Selon les premiers calculs le prix du F-35A a diminué de 7,3% pour atteindre 94,6 millions de dollars, y compris le moteur Pratt & Whitney F135. La variante B est passée à 122,8 millions de dollars, en baisse de 6,7%, tandis que la varainte C a diminué de 7,9% pour s'établir à 121,8 millions de dollars. Le contrat de 90 avions inclut 55 jets pour les services américains et 35 pour des partenaires internationaux et des clients militaires étrangers. Lockheed-Martin construira 44 F-35A pour l'US Air Force, neuf F-35B pour le Corps des Marines américain et deux F-35C pour la Marine américaine.

L'addition du prix unitaire des trois variantes s'élève à une valeur totale de 8,9 milliards de dollars pour 90 cellules et moteurs achetés dans le cadre de ce lot 10.

Oui mais…

Cependant, le prix total du contrat et les chiffres disponibles sont en contradiction avec les prix par unité. Le Bureau du programme estime la valeur totale du contrat pour les véhicules aériens à 8,2 milliards de dollars. Pratt & Whitney a déjà reçu un contrat de 1,5 milliard de dollars en juillet pour la fabrication des moteurs F135 pour le lot 10 et un contrat de 157 millions de dollars l'année précédente pour les composants à longue portée. Cela représente 9,8 milliards de dollars pour les cellules et les moteurs du lot 10, soit environ 950 millions de dollars de plus que la valeur de 8,9 milliards de dollars disponible dans le communiqué. Lockheed-Martin n'a pas pu expliquer l'écart pour l’instant.

Du côté de la Maison-Blanche :

Le porte-parole de la Maison Blanche, Sean Spicer, a confirmé une économie de 455 millions de dollars. Les économies restantes, soit 273 millions de dollars proviennent de ventes à des partenaires internationaux et à des clients militaires étrangers. Plus tôt cette semaine, le président D.Trump a assuré que les pressions faite de sa part sur Lockheed-Martin ont permis d’abaissé le prix pour les avions du lot 10 d’environ 150 millions de dollars sur l’ensemble des 455 millions.

Du côté de Lockheed-Martin :

De son côté Lockheed-Martin confirme que ces réductions sont le résultat notable d’une table ronde qui a eu lie en décembre avec la nouvelle administration américaine. L’avionneur confirme une baisse du prix et cible un coût moyen de l’ordre de 80 à 85 millions de dollars pour chaque F-35A d'ici l'exercice 2019.

«L'implication personnelle du président Trump dans le programme F-35 a accéléré les négociations et a accentué notre attention sur la baisse du prix», a déclaré Lockheed. "L'accord a été atteint en quelques semaines et représente des économies importantes par rapport aux contrats précédents."

Une situation qui s’améliore mais pas partout :

Cette situation économique semble enfin être bonne pour l’avenir du F-35, dont l’avenir était menacé par D. Trump. Certes, les ennuis ne sont pas encore terminés, car de nombreux problèmes subsistent du point de vue technique et ne seront pas résolus avant plusieurs années. On notera les dernières critiques des pilotes de F-35C qui se plaignent d’oscillations verticales excessives et violentes, lors de lancement avec catapultes. Pire, la plupart des pilotes ont verrouillé leur harnais pendant le lancement catapulté ce qui a rendu les commutateurs d'urgence difficiles à atteindre, créant de nouveau, à leur avis, une situation inacceptable et dangereuse. De plus, il est rapporté que la capacité de ciblage électro-optique du F-35 est inférieur par rapport à l’A-10 et au F-/A-18.

Si l’effort Trump sur les coûts à du bon, il reste encore beaucoup à faire en ce qui concerne le développement du programme F-35.

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Photos : F-35 @ Lockheed-Martin