27/11/2015

La Suisse a commandé l’Hermes 900 !

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La Suisse a signé le contrat de production pour l’acquisition de 6 drones multi-rôle MALE (Moyenne Altitude Longue Endurance) Elbit Systems Hermes 900 HFE. Le contrat porte sur une valeur de 250 millions de francs. L'attribution du contrat du ministère fédéral de la défense, de la protection civile et des sports (DDPS) intervient deux mois après que le parlement suisse a approuvé l'achat.

L’Hermes 900 HFE, doit remplacer le système de drone israélo-suisse ADS95 « Ranger » qui sera, alors âgé d’une vingtaine d’années.

«La Suisse est un marché très important pour Elbit Systems, et nous sommes très fiers de la décision du DDPS de nous choisir comme fournisseur avec l’Hermes 900 HFE, soit une plateforme haute gamme, leader sur le marché," dit Bezhalel Machlis, président et chef de la exécutif de Elbit Systems.

 

L’Hermes 900 HFE :

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L’Hermes 900 a été conçu comme un dérivé de la famille Hermès d’Elbit Systems, il a effectué son premier vol en décembre 2009. Il est un dérivé de la famille «Hermes» 180 & 450.  Dérivé du Hermes 450, le 900 hérite des blocs de construction fiables, de l'équipement de soutien au sol, des charges utiles et des contrôles de mission au sol, tout en élargissant l'enveloppe de vol et de l'endurance à des niveaux supérieurs. Le décollage et l’atterrissage sont entièrement automatiques.

Parmi les fonctionnalités clés offertes par ce drone, on trouve l'endurance soit 38 heures de vol, l'altitude de vol de 30.000 pied et une capacité de charge utile importante (jusqu'à 350 kg). Contrairement de nombreux concurrents, l'Hermes 900 est conçu avec une baie de 2,5 mètres de long pour la  charge interne, il est capable d'accueillir jusqu'à 250 kg et permettant l'installation rapide de charges utiles et modulaires. L’avionique est innovante, ainsi que ses systèmes électroniques, il dispose d’un moteur ROTAX à faible bruit, le train d’atterrissage est escamotable.

L’Hermes 900 emploie une  station au sol pour le contrôle par la liaison de données. Basé sur l’expérience du modèle 450, le nouvel aéronef bénéficie de la logistique et de la réduction des coûts opérationnels.

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Un ensemble de capteurs comprend la charge utile de base EO DCoMPASS, ou Stand off EO / IR / Système laser, tels que les AMPS du constructeur Elop. Différentes missions de surveillance de la zone peut être réalisées en parallèle à des charges utiles EO, il s'agit notamment des systèmes radars différents, tels que le SAR / GMTI et le radar de recherche. Deux modules de mission spécifiques de détection sont mis en place pour le drone : la cartographie électro-optique et les systèmes d'enquête de numérisation de zone (LASSO) de type hyperspectrale. 

La taille du drone permet le déploiement d'autres capteurs comme par exemple la communication sécurisée SIGINT qui inclut le COMINT Skyfix / DF et Skyfix-G COMINT et les systèmes GSM.

Pour la configuration d'attaque électronique le drone comprend un système de brouillage SKYJAM pour les communications et AES 210 V/V2 ESM (ELINT) pour les systèmes électroniques.

L’Hermes 900 utilise un ensemble de données intégrées de communication par satellite permettant de lier les opérations au-delà de la ligne de mire et dans les zones montagneuses, où la ligne de visée  UAS SATCOM  est restreinte.  En outre, il peut  décoller  de terrain peu aménager à proximité du théâtre d’opération. L’Hermes 900 n’emporte pas d’armement.

Utilisateurs : 

Israël, le Brésil, le Chili, la Colombie, le Mexique et la Suisse.

 

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Photos : 1 & 3 Hermes 900 lors des essais en Suisse@ armasuisse 2 Hermes 900 @ P.Kummerling

 

 

31/07/2015

Vol en Super Puma pour des enfants malades !

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A l’occasion d’un vol d’entraînement, quatre pilotes de milice des Forces aériennes ont pris à leur bord dix enfants atteints de maladies neuromusculaires, et les ont emmenés depuis la Base aérienne d’Alpnach jusqu’au cœur de la Suisse, à la prairie d’Älggi-Alp. Pouvoir effectuer un vol à bord d’un Super Puma, en fauteuil roulant électrique et avec leurs accompagnateurs, a été pour ces jeunes une expérience unique.

 

Il est presque dix heures du matin quand Marcel Hofer et Georg Frischknecht quittent l’Operation Center de la Base aérienne d’Alpnach pour se rendre à la halle 3. Dans l’exercice de leur fonction de milice, ces pilotes 'Swiss' sont aux commandes des hélicoptères des Forces aériennes. Ce lundi-là, une tâche plutôt inhabituelle les attend : avec Mischa Schwaninger et Silvio Graf, deux pilotes de milice de la base de Dübendorf, ils vont emmener dix enfants touchés par des maladies neuromusculaires au centre géographique de la Suisse, à la prairie d’Älggi-Alp.

 

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Des passagers des plus inhabituels:

 

A dix heures pile, le Super Puma en provenance de Dübendorf se pose à Alpnach et les quatre pilotes se retrouvent pour un briefing avec les loadmasters. «Ces enfants participent à un camp d’été organisé par l’association suisse pour les myopathes pastedGraphic.png», explique Schwaninger. «La plupart d’entre eux sont atteints de myopathie de Duchenne, une sorte d’atrophie des muscles. Ils sont obligés de se déplacer en fauteuil roulant.» En quatre voyages, deux Super Pumas vont les déposer – eux, les fauteuils et les accompagnateurs – sur la prairie d’Älggi-Alp, où ils dîneront tous ensemble. «Nous allons charger les enfants à bord par une rampe puis arrimer solidement les fauteuils à l’aide de sangles, comme lorsqu’ils sont en voiture. Tâchons d’être aussi efficaces que possible. Nous aurons tout le temps de leur montrer les Pumas une fois arrivés à destination», conclut Schwaninger.

 

L’arrivée des enfants:

 

Peu de temps après, la base entre en effervescence. Les enfants sont arrivés et se dirigent vers les Pumas. Surexcités, ils discutent entres eux et forment un demi-cercle pour saluer l’équipe des Forces aériennes. Les pilotes prennent la parole quelques instants, puis c’est au tour de Mirjiam Schellenberg, la directrice du camp, de répartir les visiteurs et leurs accompagnateurs dans les différents appareils. Immédiatement, cinq enfants se mettent les uns derrière les autres devant les deux hélicoptères. L’autre moitié du groupe partira dans un second temps. A l’aide d’une rampe fournie par l’association, et en mobilisant les forces de toutes les personnes présentes, les enfants sont montés à bord, attachés dans leur fauteuil et arrimés au sol. Une tâche inhabituelle, même pour les loadmasters, pourtant expérimentés. Après une demi-heure, les hélicos sont prêts à décoller.

 

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Un vol en hélicoptère de l’armée:

 

Alors que pour certains l’aventure a déjà commencé, la seconde partie du groupe prend son mal en patience dans la halle 3. «Je suis quand même un peu nerveux», avoue un des garçons. Mais la nervosité est oubliée sitôt qu’ils reçoivent l’autorisation de regarder de plus près un hélicoptère resté en stationnement dans la halle. L’atmosphère qui règne pendant les trente minutes d’attente rappelle celle des voyages scolaires.

Quand les Pumas se posent pour venir les chercher, les cinq derniers passagers ne se font pas prier. La porte de la halle à peine ouverte, ils se précipitent vers les appareils. En peu de temps, les fauteuils sont attachés et les accompagnateurs installés aux côtés des enfants.

«Evidemment, c’est génial de pouvoir combiner nos vols d’entraînement à une activité comme celle-ci», explique le pilote de milice Marcel Hofer. Et qu’en ont pensé les enfants ? A l’unanimité : «c’était trop cool !»

 

Source: DDPS/ Forces aériennes

 

 

29/07/2015

La Patrouille Suisse au 1 août et à l’Open de Gstaad !

 

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Lors de la fête du 1er août à Brunnen (SZ), la formation acrobatique exécutera son programme le

 

vendredi 31 juillet 2015, de 18h00 à 18h30.

Elle s’entraînera au-dessus de Brunnen déjà le

 

jeudi 30 juillet 2015, de 15h00 à 15h30

 

La Patrouille Suisse quittera jeudi la Base aérienne de Payerne pour l’entraînement et se posera ensuite à Emmen. Le vendredi, elle effectuera cette prestation au départ de la Base aérienne d’Emmen.

 

A l’occasion de la finale du tournoi de tennis « Suisse Open Gstaad », la Patrouille Suisse exécutera une démonstration époustouflante au-dessus de Gstaad (BE) le

 

dimanche 2 août 2015, de 11h00 à 11h30

Les pilotes de la Patrouille Suisse survoleront les courts de Gstaad  en formation avec des Tiger-F5E.

 

La Patrouille Suisse s’entraînera déjà le samedi 1er août, de 11h00 à 11h30, avant la première demi-finale, dans le ciel de Gstaad. Elle effectuera ces deux prestations au départ de la Base aérienne d’Emmen.

 

Photo : Patrouille Suisse @Swiss air Force

26/06/2015

Nouveau drone: cessons la désinformation !

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Il y a quelques jours, le 16 juin, le Conseil National a donné son feu vert à l’achat des nouveaux drones pour l’armée, ceci dans le cadre du programme d’armement 2015 (PA15). On notera au passage que se sont bien les députés de droite et du centre droit, qui ont accepté le projet, la gauche comme à son habitude était contre. Cette même gauche, qui lors du vote sur le « fond Gripen » expliquait qu’il fallait « des drones » !!

 

 

Les fausses affirmations:

 

 

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A travers le débat au Conseil National, mais aussi dans la presse, j’ai relevé plusieurs fausses affirmations concernant le drone Hermes 900, que l’armée s’apprête à acquérir. La première concerne l’appellation « drone tueur » et l’idée que celui-ci puisse un jour être armé. 

 

Le drone d’Elbit Systems Hermes 900 que notre pays veut acheter ne peut pas être armé. Chez Elbit Systems, on confirme que dans la configuration actuelle du drone, cela n’est pas possible. En effet, pour armer l’Hermes 900, il faudrait engager plusieurs modifications : 

 

° Changement des ailes (plus larges et plus résistante).

° Changer l’emplanture et les points de raccord au fuselage.

° Equiper le drone d’une motorisation plus puissante.

° Ajouter le câblage et les logiciels nécessaires au tir de missiles.

 

Toutes ces modifications ont un coût, soit 40% du prix actuel du drone Hermes 900. 

Rappelons également que le principal concurrent de l’Hermes 900, l’IAI Heron 1 n’est pas armé et que la version armée de celui-ci, le Heron TP (plus gros, plus cher) n’a pas été pris en compte dans l’évaluation.

 

La deuxième fausse affirmation concerne le fait que le choix du drone Hermes 900 serait un « luxe » pour notre pays ! Cette affirmation reprise par certain politiciens de gauche, tend à prétendre que notre pays n’a pas besoin d’un système de drone de cette taille et qu’un petit drone aurait été plus intéressant.  

 

Si l’armée opte pour un drome MALE (Multi-rôle, Moyenne Altitude Longue Endurance), c’est avant tout pour répondre à plusieurs besoins. D’abord, ce drone évolue à haute altitude 30’000 pieds (9000 mètres) et ne va donc plus déranger la population la nuit, lorsqu’il est engagé pour l’appuis des gardes-frontières. La gauche se plaignait à l’époque du drone actuel, justement à cause du bruit ! On en est plus à contradiction près !

 

De plus, le fait de disposer d’un drone capable de voler près de 36 à 40 heures, permet une surveillance complète d’une zone et même de changer de secteur, suivant les besoins en appuis des autorités civiles.

 

Et pour terminer l’Hermes 900 en Israël a été utilisé en opérations par l’aviation israélienne pour la première fois au-dessus de la Syrie en 2012. Il a permis de repérer des armes chimiques tombées en mains des milices du « Daech » (Etat Islamique) et du Hezbollah, puis a coordonné les images permettant l’intervention des commandos israéliens du Sayeret Matkal qui les ont neutralisées de manière définitive.

 

 

 

Et en cas de conflit:

 

Le choix du drone Hermes 900 et d’un modèle de type MALE est d’autant plus justifié, que ce type de système de part sa capacité à voler haut (9000 mètres), lui permet de rester à distance des moyens de défenses contre-avions (courtes jusqu’à 3000 mètres et moyennes 5000 mètres) ce qui n’est pas le cas avec la génération actuelle de drone, ni avec de petits drones. Pour exemple, l’armée ukrainienne a perdu une centaine de petits drones (équivalent à notre Ranger actuel) en quelques mois lors du conflit dans le Donbass.

 

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Et si notre pays voulait un drone armé?

 

Si un jour notre pays doit s’équiper d’un drone armé, se sera avec un modèle très différent de l’Hermes 900. Pourquoi ? Les systèmes de drones armés actuels, comme le RQ-1 « Predator » américain ou le Heron TP ne sont utilisés que face à des groupes armés (Talibans, Daech, Boko Haram, Al-Quaida) soit des groupes terroristes ne disposant pas ou très peu de défenses antiaérienne. Ce qui permet à ces drones de descendre à moins de 3’000 mètres d’altitude. Hors dans un conflit en Europe ce type de drone n’est absolument pas adapté.

En conséquence, si la Suisse acquiert un jour un drone armé, il devrait être à réaction, de type furtif et capable de voler en binôme avec nos avions de combat à des vitesses comprises entre 600 et 1500 km/h. Ce type de drone n’est encore pas sur le marché, les prototypes comme le nEUROn européen et le X-47B américain en sont les précurseurs. 

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Commentaire:

 

On peut une nouvelle fois remarquer, le manque de culture militaire des uns, le manque de professionnalisme des autres et la volonté de quelques-uns à tromper volontairement le citoyen. 

 

 

Photos : 1 & 2 Hermes 900 en Suisse @Armasuisse 3 Drone Ukrainien abattu et récupéré par les milices pro-russes 4 Prototype drone nEUROn @ Dassault Aviation

14/04/2015

Dix Tiger seront retirés !

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Les Forces aériennes suisses ont terminé l'examen de la structure portante. La flotte de Northrop F-5 E/F «Tiger II» était temporairement clouée au sol, une fissure a été découverte, lors d’un entretien de routine. Lors d’un contrôle effectué, une fissure a été constatée dans la structure portante d’un Tiger F-5E (monoplace), ce qui a entraîné un ordre de contrôle des 36 avions Tiger F-5E qui effectuent encore des vols réguliers.

 

Le résultat de l’examen a révélé que 16 appareils sur 36 étaient défectueux. En conséquence, dix F-5E « Tiger II » seront abandonnés et six autres réparés. Sur les six Tiger qui seront réparés et remis en service, un est gris et les cinq autres rouge et blanc. Il en résulte que la Patrouille Suisse ne pourra pas toujours se produire avec six avions aux couleurs du drapeau.

 

Fatigue structurelle : 

 

La flotte d’avions de combat F-5 est fatiguée, depuis les années 2000, celle-ci et régulièrement réduite, car des aéronefs présentent des fissures importantes qui sont le fait de l’utilisation des aéronefs. Cet arrêt temporaire de la flotte de F-5, ou du moins ce qui l’en reste démontre une nouvelle fois que nos bons vieux «Tiger» ne sont plus très loin d’une retraite bien méritée.

 

Prendre le taureau par les cornes : 

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Cette situation nous démontre une fois de plus les graves conséquences du vote négatif sur le fond Gripen. La situation de nos Forces Aériennes devient chaque jour plus difficile avec notamment la mise en place progressive de la QRA 24/24. La baisse constante du nombre de F-5, qui par ailleurs ne correspondent plus aux besoins actuels rendent la tâche des 32 F/A-18 toujours plus complexe et poussent ceux-ci à devoir voler plus souvent et bruler, ainsi plus vite leur potentiel. 

Entre les années 1978 et 1984, les Forces aériennes ont acquis 110 F-5 Tiger (98 monoplaces et 12 biplaces). Aujourd'hui, il reste 26 appareils en service.

 

Il devient de plus en plus urgent de relancer le processus d’acquisition d’un nouvel avion de combat, sans quoi d’ici 10 ans, nos Forces aériennes se retrouveront dans une situation particulièrement critique. 

 

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Photos: 1 Northrop F-5E Tiger II à Payerne 2 Plan QRA 3 F/A-18C Hornet à Payerne @P.Kümmerling