02/03/2011

Nacelle "reco" pour le Rafale !

 

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Les Rafale de l’armée de l’Air et la Marine vont être dotés prochainement d’une nacelle de reconnaissance de dernière génération, la nacelle AEROS : (Airborne Reconnaissance Electro Optical System)  de  reconnaissance 100% numérique. Elle offre également au Rafale un équipement essentiel pour son standard F3.

Le Rafale a déjà à son actif le remplacement de plusieurs types d’appareils de combat, aussi bien pour l’armée de l’Air que la Marine. Un mouvement qui va se poursuivre dans les années à venir avec le retrait de service, pour la France, des derniers Mirage F-1, des Super Étendard Modernisés et les plus anciens des Mirage 2000. Dans son standard F3, le Rafale va donc reprendre à son compte la mission de reconnaissance, utilisant pour cela un équipement spécifique : la nacelle AREOS Reco NG développée par Thales.

A ce jour, douze nacelles ont été commandées par l’armée de l’Air et huit par la Marine, plusieurs campagnes d’appontage et de catapultage ayant permis de valider son emploi sur porte-avions.

Capacité tactique et stratégique :

L’AREOS Reco NG mesure 4,6 mètres de long et pèse 1 100 kg, ce qui la rend compatible avec le Rafale mais aussi, le cas échéant, avec le Mirage 2000. A l’avant, le bloc optique du capteur HA/MA (haute altitude/moyenne altitude) permet la prise de vue photographique à moyenne portée ou bien à longue portée et distance de sécurité. L’AREOS Reco NG a des portées d’identification de plusieurs dizaines de kilomètres, soit deux à trois fois plus que ce que permet la nacelle Presto actuellement utilisée en opérations en Afghanistan sur les Mirage F1CR.

A l’arrière de l’AREOS Reco NG, le capteur basse altitude permet de photographier d’horizon à horizon à seulement 60 mètres du sol et à des vitesses très élevées. Qu’elle travaille en mode «ponctuel », «couverture de zone» ou encore «suivi d’itinéraire », la nacelle fonctionne automatiquement et connaît en permanence sa position précise dans l’espace, ce qui lui permet de gérer, en roulis et en tangage, le pointage des optiques.

Elle utilise pour cela les informations transmises par sa propre centrale à inertie, corrélées avec celles fournies par le système de navigation et d’attaque (SNA) de l’avion porteur. Dès la prise de vue, les images réalisées sont automatiquement calquées sur un modèle numérique de terrain, référencées géographiquement et assemblées pour former une mosaïque complète de l’objectif.

Elles sont ensuite stockées dans la nacelle sur un disque dur et peuvent être envoyées, en temps réel, par une liaison hertzienne haut débit vers une station sol de réception et de traitement des images.

Un mode vidéo est aussi disponible en jouant sur la succession des images, tandis que la mesure du déplacement d’un mobile d’une image à l’autre peut permettre d’estimer sa vitesse.

La centaine de vols réalisés dans le cadre de l’expérimentation technico-opérationnelle a permis au CEAM de valider le fonctionnement des capteurs et l’emploi tactique en liaison avec son porteur, le Rafale(1).

Les vols ont couvert des scénarios des plus classiques aux plus innovants, comme par exemple le travail sur des objectifs d’opportunité avec une réassignation de tâche de l’avion en plein vol, via la liaison de données Link16.

 

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AEROS permet :

·     une augmentation des capacités de recueil,

·     une diminution de l'âge du renseignement (transmission des images au sol),

·     une augmentation de la permanence au-dessus du théâtre d'opération,

·     une augmentation de la souplesse de l'emploi des matériels.

 

Il fonctionne :

·     de jour et de nuit (bandes visible et infrarouge),

·     à haute, moyenne ou basse altitude,

·     à courte, moyenne ou grande distance,

·     à grande et très grande vitesse.

 

 Avec cette double capacité, tactique et à très longue portée, de jour comme de nuit, le couple Rafale F3/AREOS Reco NG est aujourd’hui sans concurrent dans le monde. Les premiers équipages des unités opérationnelles ont été formés au sein du CEAM au cours de l’été. Quelques semaines plus tard, une première capacité restreinte était atteinte pour des missions adaptées, par exemple, aux théâtres d’opérations extérieures. Cette capacité se concrétise par la présence de la nacelle sur le porte-avions Charles-de-Gaulle. L’emploi en mode suivi de terrain et vol de pénétration, dont la complexité se rapproche de celle de la mission nucléaire, sera ouvert à son tour en fin d’année.

Intérêts pour l’exportation :

 

Ce nouvel outil permet d’ouvrir de nouveaux horizons en matière de « reconnaissance tactique », de fait le Rafale devient encore plus attrayant à l’exportation. Plusieurs pays, candidats possibles à l’achat du Rafale pourront être sérieusement intéressés. La Suisse dont le cahier des charges du futur avion de combat prévoit le mode « reco » est de ce fait concernée par l ‘arrivée de cette nacelle en complément du  système de désignation Damocles.  A ce jour deux des trois concurrents disposent d’une nacelle  « reco » le Rafale et le Gripen NG.

 

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Photos : 1 & 2 Rafale doté de l’AEROS 2 l’AEROS @ Dassault aviation

 

 

 

01/02/2011

Dassault : essais dans le cadre du programme « Clean Sky »!

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Dassault Aviation a récemment effectué avec succès un vol d’essai destiné à évaluer les applications potentielles d’une aile à profil laminaire pour les jets d’affaires à large fuselage. Le vol s’est déroulé avec un Falcon 7X depuis le Centre d’essais en vol de Dassault à Istres, en Provence.

 

Programme Clean Sky :

 

Cette campagne s’inscrit dans le cadre du projet de Démonstrateur technologique intégré (DTI) « Aéronef à voilure fixe intelligent » (« Smart Fixed Wing Aircraft ») de l’initiative européenne de recherche « Clean Sky », l’une des plus vastes jamais engagées à l’échelle communautaire. Cette dernière ambitionne de mettre au point des technologies plus propres et silencieuses au profit des avions de prochaine génération qui entreront en service après 2020.

Essais avec un Falcon 7X :


Le vol a évalué une nouvelle technologie de caméra infrarouge (IR) développée par FLIR, qui est capable de mesurer des gradients de température dans des environnements à haute altitude/basse température et pression. La caméra a ainsi mesuré les écarts de températures de surface entre les zones d’écoulement laminaire et turbulent de l’empennage horizontal du Falcon 7X. Alors que le Falcon 7X ne repose pas sur une conception laminaire, à haute altitude, une laminarité atteignant 40 % a été prédite sur l’extrados de l’empennage horizontal. Les mesures prises par la caméra IR placée au sommet de la dérive ont permis d’obtenir une validation expérimentale.

« Les résultats, qui sont toujours en cours d’analyse au sein de Dassault Aviation et de l’ONERA [Office national d’études et de recherches aérospatiales], montrent d’emblée les extensions laminaires que nous espérions », a déclaré Philippe Rostand, Responsable des Falcon futurs de Dassault Aviation. « Ces tests nous ont également permis de qualifier de nouveaux procédés et équipements de mesure qui seront utilisés à l’occasion des futurs vols d’essai que réaliseront Dassault, Airbus et les autres partenaires européens à une échelle encore plus grande, notamment dans le cadre de la voilure laminaire avancée « smart laminar wing » qui sera évaluée en 2014 à bord d’un Airbus A340-300 spécialement modifié ».

Pourquoi des recherches sur les laminaires ?

 

Entre autres innovations aérodynamiques, une voilure laminaire offre le plus fort potentiel de réduction de la traînée. Ce type de profil n’est actuellement utilisé que pour les planeurs et les petits jets d’affaires. Les premières études révèlent qu’une voilure laminaire permettrait de réduire la traînée de 5-10 % et un volume équivalent de consommation carburant et d’émissions de CO2 à bord d’un avion plus lourd. Des démonstrations et analyses à plus grande échelle doivent encore être conduites pour confirmer l’application efficiente et sûre d’une telle formule aérodynamique aux avions de grande capacité.

Dassault Aviation avait déjà réalisé une série concluante de vols d’essai d’un profil laminaire expérimental de 1986 à 1989 à bord d’un Falcon 50 modifié pour l’occasion.

 

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Photos : Falcon 7X de Dassault @ Dassault aviation

 

08:04 Écrit par Pascal dans aviation | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dassault, falcon 7x, clean sky, essais laminaire |  Facebook | |