09/06/2020

Premier vol pour l’Advanced Super Hornet Block III de série !

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Boeing a effectué le vol inaugural du premier exemplaire de production de l’Advanced Super Hornet Block III. Ce premier a eu lieu  le 4 juin dernier, impliquant un avion portant le numéro de construction F287. L’avion a décollé des installations de l’avionneur à St Louis dans le Missouri. Il s'agit du premier des deux appareils du Block III de série qui seront livrés à la division des aéronefs du Naval Air Warfare Center de la Marine américaine à Patuxent River dans le Maryland pour des tests et une vérification avec l'escadron VX-23. Cet appareil fait suite au prototype et un avion de préséries qui vol déjà.

Les essais prévus comprendront une évaluation de l’adéquation des systèmes et serviront également à familiariser la Marine avec les nouveaux systèmes de l’avionique du Block III. Ces tests devraient être suivis d'essais de tir sur le polygone de China Lake, en Californie, avec l'escadron VX-9.

Rappel :

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En mars 2019, Boeing a reçu un contrat d'achat pluriannuel pour 61 F/A-18E monoplaces et 17 F/A-18F biplace dans la configuration Block III. Les livraisons devraient commencer l'année prochaine et se poursuivre jusqu'en 2024. Le premier avion a été déployé à St Louis le 8 mai et n'est pas encore équipé des réservoirs de carburant conformes (CFT) destinés à la configuration complète, bien que ceux-ci aient été précédemment piloté sur le prototype.

La production du Block III fait suite à un total de 608 avions Block I/II, le Block II ayant introduit le radar à balayage électronique actif (AESA) Raytheon APG-79 qui est conservé dans le Block III. Une proportion importante de la flotte existante du bloc II sera mise à niveau vers la norme du Block III, y compris une modernisation de la durée de vie qui prolonge la durée de vie de la cellule de 6’000 à 10’ 000 heures. Le programme de mise à niveau devrait se dérouler de 2022 à 2033. D'ici 2024, la Marine espère avoir au moins un escadron équipé du Bloc III dans chaque escadre aérienne de porte-avions.

Le F/A-18 E/F Block III « Advanced Super Hornet » :

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La version Block III « Super Hornet » ou l'Advanced Super Hornet, outre les réservoirs CFT, qui ajoutent 3’500 livres de carburant et réduisent la traînée, se distingue de plusieurs manières.

La particularité résident dans le fait, qu’il est possible en fonction de la mission, de choisir entre le transport en interne grâce à un caisson ventral pour intégration des armes ou de revenir au transport traditionnel. Une autre amélioration est l'aérodynamique Digital Flight Control System (DFCS), qui améliore la fiabilité de l'avion et réduit le poids de la cellule. L’adoption d’une peinture absorbante sur l’ensemble de la cellule contribue également à la diminution de la signature radar.

Un nouveau système de guerre électronique Digital Electronic Warfare System (DEWS) qui travaille de concert avec le radar Raytheon Electronic Scanning Array (AESA) permet une optimisation des différents capteurs et senseurs. L’avionique comprend un écran géant couleur d’Elbit Systems de 10X19 pouces. L'Advanced Cockpit System (ACS) permet de rassembler toutes les données des différents capteurs et réseaux en une image claire et intuitive couplé à un système anticollision GCAS.

L’avion est doté d’un capteur IRST longue portée, placé sous le nez de l’avion et non plus, dans un réservoir sous le ventre comme pour le Block II. Cette nouvelle version de l’IRST permet au capteur de détecter et de suivre passivement des cibles bien au-delà de la portée du radar APG-79. "Il peut voir un avion chaud". L’IRST fonctionne directement avec les TTNT et DPT-NT.

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Le réseau Rockwell Collins TTNT (Tactical Targeting Network Technology) permet un transfert rapide de grandes quantités de données même en cas de brouillage hostile. Le TTNT fait quant à lui partie du système NIFC-CA (Naval Integrated Fire Control - Counter-Air). Le processeur de ciblage distribué en réseau (DTP-N) gère toutes ces données à bord de l'avion et permet une fusion complète en y intégrant toutes les données extérieures (avions, systèmes sol-air et navires de surface).

Autre élément clé est l'insertion d'un autre programme d'enregistrement, la connectivité en réseau avancée SATCOM, un système IP à haut débit améliorant les communications à longue portée avec la liaison de communication par satellite Lockheed Martin MUOS (Mobile User Objective System) pour partager des données avec des forces amies trop loin pour la radio en visibilité directe. L’ensemble tourne avec de nouveaux ordinateurs de mission offrant une pleine capacité de fonctionnement en réseau.

L’avion emporte la gamme complète d’armement en service actuellement au sein de la Navy et est optimisé pour les nouvelles armes comme les futurs missiles antiradrar AARGM-ER et le missile supersonique air-air longue portée Raytheon Peregrine.

En matière de motorisation, l’appareil est doté de deux General Electric F414-440 qui augmentent la puissance de 20%. Le mode « SuperCroisière » est dès lors disponible. A noter la certification des moteurs pour le biokérosène.

Le Boeing le Block III  peut ainsi effectuer la plupart des missions imaginées pour le F-35 de la Navy à l’exception de la pénétration furtive. Le Block III est spécialement optimisé pour volé avec un ailié robotisé comme l'Airpower Teaming ou le drone ravitailleur MQ-25 "Stingray". 

Le coût à l'heure de vol étant estimé à 18’000 dollars américains (au sein de la Navy), soit 8'000 à 10'000 dollars de moins que les anciennes versions de Hornet. 

A l’exportation :

Le Block III vient d’être choisi par l’Allemagne pour compléter la future flotte d’Eurofighter « Quadriga ». Il est proposé au Canada, en Finlande et en Suisse.  

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Photos : 1 Le Block III de série 2 Le prototype 3 Cockpit 4 L’IRST sous le nez  5 Le block III de présérie avec les réservoirs CFT @ Boeing

 

 

 

 

28/05/2020

Boeing redémarre la production du B737 MAX !

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La nouvelle est importante, l’avionneur Boeing annonce la reprise de la production du B737 MAX. En parallèle à la relance de la chaîne d’assemblage, les travaux en vue de la nouvelle certification avancent avec des vols d’essai au quotidien.  

Boeing a repris la production du B737 MAX dans l’usine de Renton à Washington. Le programme B737 « MAX » a commencé à assembler des avions à un faible taux, car il met en œuvre plus d'une douzaine d'initiatives axées sur l'amélioration de la sécurité au travail et de la qualité des produits. 

"Nous avons entrepris un voyage continu pour faire évoluer notre système de production et le rendre encore plus fort", a déclaré Walt Odisho, vice-président et directeur général du programme « 737 ». «Ces initiatives sont la prochaine étape dans la création de l'environnement de construction optimal pour le B737 MAX.»

Lors de la suspension temporaire de la production qui a commencé en janvier, les mécaniciens et les ingénieurs ont collaboré pour affiner et standardiser les lots de travaux dans chaque poste de l'usine. Les nouveaux processus de mise en kit garantiront également que les employés ont tout ce dont ils ont besoin à portée de main pour construire l'avion.

"Les mesures que nous avons prises dans l'usine nous aideront à atteindre notre objectif de qualité à 100% pour nos clients tout en soutenant notre engagement continu envers la sécurité au travail", a déclaré Scott Stocker, vice-président de « 737 Manufacturing ».

Des vols au quotidien :

Dans l’optique d’un retour en vol avec commercial, Boeing travaille quotidiennement avec la FAA en vue de finaliser les nouvelles certifications. Chaque jour, le B737 MAX s’envole pour enrichir le domaine de vol et se rapprocher de l’incontournable sésame qui lui ouvrira à nouveau les portes des vols commerciaux. Selon le Directeur de l’aviation civile américaine, Steve Dickson, le « MAX » pourrait obtenir sa nouvelle certification dans les prochaines semaines.

Le second aspect concerne le remise en état de vol des nombreux « MAX » stockés et en attente de livraison. Un processus qui sera long, mais indispensable. Boeing travaille avec les transporteurs concernés à la planification en vue de la livraison par étape de ces appareils.

Optimisme pour la reprise :

L’avionneur Boeing confirme être en discussion avec ses clients chinois en vue de la reprise des livraisons du «MAX », mais également en ce qui concerne de nouvelles commandes. La reprise des vols commerciaux internes en Chine semble motiver plus que jamais une relance tout azimut du secteur.

Photo : B737 MAX @ Boeing

 

20/05/2020

Demande d’offres pour la fourniture des moteurs du F-15EX !

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L'US Air Force (USAF) a lancé une demande d’offres de moteurs pour son programme de Boeing F-15EX « Advanced Eagle ». Initialement, il était prévu qu’un fournisseur unique, General Electric produirait le F110. Mais sous pression du GAO, l’USAF se doit de mettre en concurrence les fournisseurs potentiels.

Une chance pour Pratt & Whitney :

Le motoriste Pratt & Whitney (P&W) était initialement sur les rangs pour fournir le moteur F100, mais ce dernier n’était pas à l’époque pas certifié pour le modèle « EX », ce qui signifie que l'intégration et l'évaluation du moteur sur l’avion auraient ralenti les acquisitions.

Dans le cadre de sa nouvelle approche, l’USAF sollicite désormais des offres concurrentielles pour fournir 461 moteurs pour le F-15EX « Advanced Eagle », selon un appel à propositions mis en ligne le 15 mai. Les livraisons devront débuter en juin 2023 et prévoit que la production se poursuivra jusqu'en 2030. Désormais General Electric et Pratt & Whitney se retrouvent face à face pour produire le moteur du « EX ». 

Le projet F-15EX  "Advanced Eagle" :

Sous la désignation de projet F-15EX, la nouvelle variante du jet offre des commandes de vol plus modernes, un grand écran unique et un radar amélioré. L'avion emportera également beaucoup plus d’armes avec plus de deux douzaines de missiles air-air, soit une capacité inégalée au sein de l’USAF.

Parfaitement conscient de la situation actuelle, l’avionneur Boeing travaille sur une solution basée sur des améliorations de l’actuel F-15.  Pour Boeing, il s’agit de reprendre les travaux engagés sur le « Silent Eagle » mais avec une capacité d’emport d’armement élargie. Le concept de Boeing « F-15 2.040C » (F-15X). La version 2. 040C permettrait également, selon les études de Boeing, de doubler le nombre de missiles à par avions et donc combler une énorme faiblesse du F-35, sa capacité d’emport.

Boeing va doter le F-15X du d’une version améliorée du radar Raytheon APG-63 (V) 3 à balayage électronique actif, avec une nouvelle suite de guerre électronique dénommée EPAWSS «  Eagle Passive/Active Warning Survivability », et un capteur IRST et une liaison de données améliorée permettant  de travaillant en binôme avec le F-22 et le F-35.

Le F-15 ainsi modernisé, offrirait la possibilité de travailler directement avec le F-22 et le F-35 en appuis avec une forte capacité de tir grâce au transport de missiles accrut, mais il permettrait également de fonctionner de manière plus furtive avec l’armement monté dans les trappes. La particularité résident dans le fait, qu’il sera possible en fonction de la mission, de choisir entre le transport en interne ou de revenir au transport traditionnel, emport de carburant et armes en externes.

Capacité d’emport phénoménale :

Avec la possibilité d’emporter jusqu’à 24 missiles air-air, le F-15X « Advanced » sera bien supérieur à ses concurrents, mais il pourra également emporter une gamme complète d’arme comme par exemple : le JSOW, le Harpoon, le missile antiradar  HARM. On parle également d’adapter progressivement des armes à énergie dirigée comme les lasers, une fois que ceux-ci seront disponibles. La grande taille de l’avion en facilitera l’intégration.  Dernier élément, le F-15X pourra travailler en binôme avec des drones pour les actions de frappes en profondeur.

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Photos : le F-15 EX Advaced Eagle @ Boeing

14/05/2020

L’US Navy a reçu son 100ème P-8A « Poseidon » !

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L’US Navy a reçu son 100ème avion de patrouille maritime Boeing P-8A « Poseidon » aujourd'hui. Par ailleurs on apprend que la flotte mondiale de P-8, qui comprend également la marine indienne et les forces aériennes australiennes et britanniques, approches les 300’000 heures de vol. Au total, l’US Navy a commandé 117 « Poseidon » pour remplacer ses vénérables Lockheed P-3 « Orion ».

 « Nous sommes honorés par la foi et la confiance de la Marine dans nos employés et le système du P-8 », a déclaré Stu Voboril, vice-président et gestionnaire du programme chez Boeing.

Le P-8A "Poseidon" est conçu pour assurer l'avenir de la Marine à long rayon d'action dans les missions de patrouille maritime. Le P-8A offre une plus grande capacité de combat et demandera moins d'infrastructure tout en se concentrant sur la réactivité et l'interopérabilité avec les forces traditionnelles. L’avion pourra échanger ses informations avec l’ensemble des bâtiments de surface, sous-marins, avions et drones en service dans l’US Navy.

Pour Boeing, le choix de base d’une cellule de B737 NG permet une réduction des coûts importante, le constructeur estime cette base permettra de décliner d’autres versions du P-8A afin  de remplacer plusieurs appareils actuellement en services et destinés à des opérations spéciales. Pour Boeing, il sera possible par exemple de remplacer les B707 et autres C-130 spécialisés dans les domaines de l’écoute électronique, commandement volant, guerre psychologique (PsyOps), brouillage.

Cet avion équipé des liaisons de données 11 & 16 et de systèmes internet qui doivent agir dans un concept de guerre en réseau en collaboration avec la quarantaine de drones RQ-4N choisi dans le cadre du programme Broad Area Maritime Surveillance. Ceux-ci devant assurer une surveillance de surface de longue durée et une variante du drone de combat Boeing ScanEagle, le MagEagle Compressed Carriage. 

Boeing a dû effectuer plus de 50 modifications pour adapter la cellule de base du B737NG pour satisfaire aux exigences de certification plus exigeante de la marine américaine. Le coût du développement est estimé à 5,5 milliards de dollars américain, tandis que le coût total (développement + appareils) est lui estimé à 20 milliards de dollars.

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Photos : P-8A « Poseidon » de l’US Navy @ Boeing

 

11/05/2020

L’Egypte pourra moderniser ses Apache !

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Le Caire va pouvoir aller de l’avant dans le cadre de son programme de modernisation de ses hélicoptères d’attaques Boeing AH-64 D « Apache ». Le pays prépare un programme de mise à jour de 2,3 milliards de dollars.

Feu vert US :

Le Département d'État a rendu sa décision approuvant une éventuelle vente de matériel militaire au gouvernement égyptien afin de remettre à neuf quarante-trois hélicoptères d'attaque AH-64D « Apache ». L'Agence de coopération pour la sécurité de la défense a délivré la certification requise pour informer le Congrès de cette éventuelle vente.

Le gouvernement égyptien a demandé l'achat d'équipement pour la mise à niveau de 43 AH-64D « Apache » au standard « E » BlockIII. Ceci comprend:

- 88 moteurs T700-GE-701D.
- 47 AN/ASQ-170 Modernized Acquisition and Designation Sight, AN/AAR-11 Modernized Pilot Night Vision Sensors (MTADS / PNVS).
- 45 systèmes d'avertissement de missiles (CMWS) AAR-57 (43 nouveaux, 2 de rechange).
- 92 système de GPS/ systèmes de navigation inertielle (EGI).

Sont également inclus les ensembles de détection laser AN/AVR-2B, les transpondeurs AN/APX-119, d’identification ami/ennemi (IFF), les altimètres radar AN/APN-209, les radiogoniomètres automatiques AN/ARN-149, la radio UH /VHF, tactique Radio AN/ARC-201E, des kits d'avertissement radar APR-39, des modems de données améliorés IDM-401,des intensificateurs d'image améliorés EI2, des lanceurs de missiles Hellfire M299, lance-roquettes à tube de 2,75 pouces 19, canons automatiques M230, des casques, amélioration des simulateurs, de l’équipement de soutien, outils et équipement d'essai, données et publications techniques, formation du personnel et équipement d'entraînement, gouvernement américain et entrepreneur services de soutien technique, technique et logistique et autres éléments connexes du soutien logistique.

Cette vente proposée soutiendra la politique étrangère et la sécurité nationale des États-Unis en contribuant à améliorer la sécurité d'un pays ami qui continue d'être un partenaire stratégique important au Moyen-Orient.

L'Égypte a l'intention d'utiliser ces hélicoptères AH-64 remis à neuf pour moderniser ses forces armées afin de répondre à l'intérêt commun américano-égyptien de lutter contre les activités terroristes émanant de la péninsule du Sinaï, qui menacent la sécurité égyptienne et israélienne et sapent la stabilité régionale. Cette vente contribuera à l'objectif militaire de l'Égypte de mettre à jour ses capacités tout en améliorant encore l'interopérabilité entre l'Égypte, les États-Unis et d'autres alliés. L'Égypte n'aura aucune difficulté à entretenir ces avions remis à neuf.

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Photos : AH-64 D Apache égyptiens @ Boeing