11/02/2020

Ailes volantes : Airbus rejoint Boeing !

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Singapour Air Show, Airbus a dévoilé un modèle d'un nouveau concept de démonstrateur d'avions à corps mixtes qu'il a secrètement testé en vol dans le centre de la France depuis juin 2019. Selon l’étude de l’avionneur le projet « MAVERIC » mesurant 2 mètres de long et 3,2 mètres de large, avec  une surface d'environ 2,25 m2 permettrait de réduire la consommation de carburant jusqu'à 20% par rapport aux avions monocouloirs d'aujourd'hui.

Lancé en 2017, le projet de deux ans et demi à trois ans se concentre principalement sur les essais des commandes de vol. Jusqu'à présent, les tests ont aidé les ingénieurs à mieux comprendre les commandes de vol dans des conditions réelles. Les résultats se sont révélés suffisamment encourageants pour procéder à une étude plus approfondie. Les autres impératifs auxquels les experts doivent encore faire face incluent la sécurité, le développement des méthodes de fabrication, l'accès aux aéroports et la maintenance.  

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Accélération en vue de l’empreinte carbone :

Le concept d’aile doit également permettre d’adapter l'application pour le transport de passagers afin d'atteindre des objectifs environnementaux tels qu'une réduction de 80% des émissions de CO2 à l'échelle de l'industrie d'ici 2050.

Un concept testé chez Boeing :

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Pour autant l’avionneur européen n’a pas dévoilé un concept fondamentalement nouveau. En effet, Boeing en collaboration avec la NASA teste une aile volante depuis près de 10 ans avec son programme X-48.  

Le X-48B :

Le X-48B télécommandé dispose d’une envergure de 21 pieds pour un poids maximum de 500 livres. Développé en collaboration entre l'Université de Cranfield, Boeing et la NASA pour tester les configurations du principe d'aile volante à fuselage intégré (en anglais Blended Wing Body ou BWB).

Cet avion expérimental a été développé par les équipes des Boeing Phantom Works avec le centre de Langley de la NASA.  Des essais en soufflerie ont été réalisés en mai 2006, notamment pour des tests à basse vitesse pour simuler le décollage et l'atterrissage.

Ces essais doivent permettre de mettre à jour la dynamique de vol de pointe et des concepts associés à une propulsion de type subsonique, grâce à trois turboréacteurs lui permettant d’atteindre une altitude de 10.000 pieds et une vitesse de 120 nœuds dans sa configuration à faible vitesse. L'avion est piloté à distance depuis une station de contrôle au sol dans lequel le pilote utilise des contrôles des avions conventionnels.

Le principe de l’aile volante :

Le concept de l’aile volante n’est pas récent et remonte à 1875 lorsque Alphonse Penaud fait breveter le concept d’un aéroplane amphibie possédant toutes les caractéristiques d’une aile volante. Cependant, il faut attendre la fin de la Première Guerre mondiale et le début de l’aviation commerciale pour que le concept soit appliqué.

C’est à cette époque que l’on considère que l’aile volante est la solution la mieux adaptée aux vols transatlantiques du fait de sa grande capacité d’emport en passager et en carburant. Hugo Junker avait même pour projet de construire une aile volante pouvant transporter 1000 passagers. Cela aboutit en 1931 au Junker G38, avion de transport civil pouvant transporter 34 passagers placés en partie dans les ailes.

La Seconde Guerre mondiale n’arrêta pas le développement des ailes volantes. En effet, à l’époque les avions à réaction souffraient d’un grave problème d’autonomie et l’aile volante à faible traînée aérodynamique était une réponse à ce problème. Ainsi est né le Horten 229 qui vola pour la première fois en 1944. Cet avion était non seulement une aile volante mais également un biréacteur. Un avion révolutionnaire pour l’époque, mais qui ne fut jamais fabriqué en série.

Après la guerre, les expériences sur les ailes volantes continuèrent dans le domaine des bombardiers (portant des charges nucléaires) à grand rayon d’action. Le concept culmine avec les prototypes de Northrop YB-35 et YB-49. Mais ceux-ci ne furent jamais produits en série.

Un avenir pour l’aile volante ?

Si le concept d’aile volante n’est pas nouveau, celui-ci n’a jamais réussi à s’imposer. En effet, les conceptions d'avions conventionnels se sont révélées exceptionnellement stables, les ailes delta ne l'ont pas été durant les essais. Les ingénieurs ont jusqu’ici privilégié la stabilité pour la conception d’aéronefs. Le second facteur qui a péjoré les ailes volantes concerne la position des moteurs. Les recherches menées par Airbus et Boeing ont notamment pour but de déterminer le meilleur emplacement des moteurs. L’évolution des Design couplé à des commandes de vols électrique devraient également permettre de rendre le concept stable et d’ouvrit la voie à une nouvelle génération d’avions.

Photos : 1 & 2 Concept MAVERIC d’Airbus 3 le X-48B de Boeing @ Boeing

 

05/02/2020

La RAF réceptionne son premier MRA1 « Poseidon » !

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Le premier des neuf Boeing P-8A « Poseidon » (MRA1 dénomination pour la RAF) multimissions de patrouille maritimes (MMA) de la Royal Air Force (RAF) est arrivé au Royaume-Uni le 4 janvier.

L'avion n° ZP801 est arrivée sur les installations de base Navale de Kinloss en Écosse depuis la Naval Air Station (NAS) de Jacksonville en Floride, où il était utilisé pour la formation des équipages depuis sa livraison officielle au ministère britannique de la Défense (MoD) en juillet 2019.

L'appareil, nommé « Pride of Moray », sera transféré sur la base de la RAF à Lossiemouth lorsque la construction de nouvelles installations sera terminée plus tard dans l'année. Les opérations des neuf appareils devraient commencer à cet endroit au début du quatrième trimestre 2020. Les « Poseidon » britanniques seront regroupés au sein du 120ème Escadron.

La livraison du premier Poseidon MRA1 marque une étape importante dans la reconstitution de la capacité de patrouille maritime aéroportée du Royaume-Uni qui a été interrompue en 2010 avec le retrait du BAE Systems Nimrod MR2 et l'annulation de son remplacement Nimrod MRA4.

 Le P-8A « Poseidon » :

Le P-8A « Poseidon » est un avion de longue portée de lutte anti-sous-marine (ASM) et antisurface (LAN), renseignement, surveillance et reconnaissance (RSR). Le P-8A est capable de longues patrouilles proche et loin des côtes.

Le P-8A « Poseidon » est conçu pour assurer l'avenir de la Marine à long rayon d'action dans les missions de patrouille maritime. Le P-8A offre une plus grande capacité de combat et demandera moins d'infrastructure tout en se concentrant sur la réactivité et l'interopérabilité avec les forces traditionnelles. L’avion pourra échanger ses informations avec l’ensemble des bâtiments de surface, sous-marins, avions et drones en service.

Pour Boeing, le choix de base d’une cellule de B737 NG permet une réduction des coûts importante, le constructeur estime cette base permettra de décliner d’autres versions du P-8A afin de remplacer plusieurs appareils actuellement en services et destinés à des opérations spéciales. Pour Boeing, il sera possible par exemple de remplacer les B707 et autres C-130 spécialisés dans les domaines de l’écoute électronique, commandement volant, guerre psychologique (PsyOps), brouillage. Cet avion équipé des liaisons 11 et 16 et de systèmes internet, il doit agir dans un concept de guerre en réseau en collaboration les autre aéronefs et bâtiments de surface.

Boeing a dû faire plus de 50 modifications coûtant un milliard de dollars pour adapter simplement la cellule de base du B737 pour satisfaire aux exigences de certification plus exigeante de la marine américaine. Le coût du développement est estimé à 5,5 milliards de dollars américain, tandis que le coût total (développement + appareils) est lui estimé à 20 milliards de dollars.

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Intégration du LRASM :

De son côté, l’US Navy avance avec l'intégration du missile antinavire à longue portée Lockheed Martin AGM-158C (LRASM) sur le Boeing P-8A « Poseidon ».

Dans un avis de pré-sollicitation publié le 28 janvier, le bureau du programme des avions de patrouille et de reconnaissance maritimes du Naval Air Systems Command (NAVAIR) (PMA-290) a déclaré qu'il demandait des informations à l'industrie pour "déterminer les entrepreneurs potentiels qui ont les compétences, l'expérience, les qualifications et les connaissances requises pour effectuer l'intégration aéromécanique et logicielle du missile LRASM sur le P-8A.

Le LRASM (Long Range Anti-Ship Missile) est un missile antinavire à guidage de précision et à longue portée tirant parti du succès de JASSM-ER et est conçu pour répondre aux besoins des combattants de la marine et de l’armée de l’air américaine. Armé d'une tête pénétrante à fragmentation et d'explosion, LRASM utilise un routage et un guidage de précision, de jour comme de nuit, quelles que soient les conditions météorologiques. Le missile utilise une suite de capteurs multimodaux, une liaison de données d’armes et un système de positionnement global antiblocage numérique amélioré pour détecter et détruire des cibles spécifiques au sein d’un groupe de nombreux navires en mer. 

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La technologie LRASM réduira la dépendance aux plates-formes ISR, aux liaisons réseau et à la navigation GPS dans des environnements de guerre électronique agressifs. Cette opération de guidage avancée signifie que l'arme peut utiliser des données de repère de cible brutes pour trouver et détruire sa cible prédéfinie dans des environnements refusés. La précision de la létalité sur les cibles de surface et au sol fait en sorte que le système deviendra un ajout important à l'arsenal du combattant de la marine américaine. LRASM offre une portée, une capacité de survie et une létalité qu'aucun autre système actuel ne fournit.

Le missile peut être armé d'une ogive à fragmentation d'explosion pénétrante de 454,5 kg (1 000 lb). Le LRASM est furtif et aurait une portée supérieure à 500 nm, basée sur la portée non classifiée du missile air-sol à distance interarmées - portée étendue. La capacité à longue portée du LRASM permet au B-1B de tirer sur des cibles extérieures à la portée des armes à tir direct.

Le missile a été intégré à bord du bombardier Boeing B-1B de l’US Air Force. Le LRASM devrait atteindre la capacité opérationnelle précoce de la flotte de F/A-18E/F « Super Hornet » de la US Navy en 2019. 

 

Photos : 1 MRA1 Poseidon de la RAF@ Boeing 2 Soute du Poseidon  USN 3 le LRASM @ LM

 

04/02/2020

Essais réussis pour les EA-18G « Growler » autonomes !

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Boeing en collaboration avec la marine américaine a réussi une série de vols deux avions de combat EA-18G « Growler » en mode « autonome » depuis les installations de la Naval Air Station de Patuxent River.

Les vols, effectués au cours d’une série d’exercices tests ont démontré l'efficacité de la technologie permettant aux EA-18G « Growler » d’effectuer des missions de combat avec les systèmes sans pilote à bord.

Cette démonstration permet à Boeing et à la Marine d'analyser les données recueillies et de décider dans quel secteur il est opportun d’effectuer des investissements dans les technologies de l'avenir. Au total, se sont quatre vols qui ont permis de valider la technologie.

Ces essais démontrent les faisabilités avenir en ce qui concerne la capacité d’engager un avion non piloté par un être humain d’effectuer une mission très dangereuse et d’en préserver l’être humain. De plus, il sera possible d’utiliser à l’avenir cette technologie en tant que multiplicateur de force associée à un ou plusieurs avions pilotés de manière traditionnelle.

Les EA-18G sont spécialisés dans la neutralisation des systèmes de défenses adverses. Une version autonome pourra être utlisées, lors d'opérations particulièrement sensibles dans un espace aérien ou les menaces sol-air sont particulièrement densifiées. 

Photo : EA-18G Growler @ Boeing

28/01/2020

Boeing/Embraer : le régulateur brésilien dit: Oui !

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Boeing et Embraer ont obtenu l'approbation inconditionnelle de leur partenariat stratégique par le Conseil administratif de défense économique (CADE) au Brésil. La décision deviendra définitive dans les 15 prochains jours à moins qu'une révision soit demandée d’ici là. Le partenariat a reçu l'autorisation inconditionnelle de toutes les juridictions de réglementation à l'exception de la Commission européenne, qui continue d'évaluer l'affaire. 

Boeing et Embraer sont en discussion avec la Commission européenne depuis la fin 2018 et continuent à collaborer avec la Commission.

Le partenariat stratégique prévu entre Embraer et Boeing comprend deux coentreprises : une coentreprise composée des opérations aériennes et de services commerciaux de Embraer (Boeing Brasil - Commercial) dans lequel Boeing détiendra 80% et Embraer détiendra 20% et une autre joint-venture pour promouvoir et développer des marchés pour le pont aérien moyen multi-missions C-390 (Boeing Embraer - Défense) dans lequel Embraer détiendra une participation de 51% et Boeing détiendra les 49% restants.

Un financement pour la crise du « MAX » :

Par ailleurs, l’avionneur américain Boeing, semble avoir trouvé des engagements d’une valeur de 12 milliards de dollars auprès d’établissements financiers, afin de pouvoir faire face à la crise du B737 « MAX ». Selon l’avionneur, la somme obtenue est plus importante que prévue initialement et va permettre d’assurer les pertes de la crise ainsi que la relance du programme, une fois les autorisations obtenues.

Photo : Partenariat Boieng/Embraer

25/01/2020

Vol inaugural pour le B777X !

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Retardé de 48 heures à cause de la météo, le vol inaugural du tout nouveau B777X immatriculé N779XW met un peu de baume au cœur des employés de l’avionneur américain, suite aux défaillances du programme « MAX ». Le B777-9 a décollé des installations de l’avionneur d’Everett près de Washington à 10 Heures 09 avec une météo pluvieuse. Le vol a duré 3 heures et 51 minutes.

Le capitaine Chaney et le pilote en chef de Boeing Craig Bomben ont élaboré un plan de test détaillé pour tester les systèmes et les structures de l'avion pendant que l'équipe de test de Seattle surveillait les données en temps réel.

"Le 777X a volé à merveille et les tests d'aujourd'hui ont été très productifs", a déclaré le capitaine Van Chaney, pilote en chef du 777X pour Boeing Test & Evaluation. "Merci à toutes les équipes qui ont rendu possible aujourd'hui. J'ai hâte de reprendre l'avion."

Le premier des quatre avions de test en vol B777-9 dédiés, le WH001, fera maintenant l'objet de vérifications avant de reprendre les tests dans les prochains jours. La flotte d'essais, qui a commencé les essais au sol à Everett l'année dernière, subira une série complète de tests et de conditions au sol et dans les airs au cours des prochains mois pour démontrer la sécurité et la fiabilité de la conception.

Le B777X est le plus grand biréacteur jamais construit dans le monde. L'avion offre une consommation de carburant inférieure de 12 % et des coûts d'exploitation inférieur à 10% par rapport aux avions concurrents.  Le B777X dispose des dernières technologies, telles que le moteur commercial le plus économe en carburant jamais produit à ce jour. Le General Electric GE9X associé à au tout nouveau design d'aile composite qui fournit une meilleure efficacité. L’avion est doté des bouts d'ailes pliables « WINGSPAN ». En outre, les bouts d'ailes pliants permettent au B777X de maintenir la compatibilité au sein des aéroports avec la famille B777 existante. 

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Forte demande :

Le B777X intéresse fortement les transporteurs aériens, depuis le lancement du programme, Boeing a enregistré près de 350 commandes fermes. Les premières livraisons sont attendues pour 2021. Le programme a remporté 340 commandes et engagements auprès des principaux transporteurs du monde entier, dont ANA, British Airways, Cathay Pacific Airways, Emirates, Etihad Airways, Lufthansa, Qatar Airways et Singapore Airlines. Depuis son lancement en 2013, la famille 777X a dépassé la concurrence de près de 2 à 1.


Quelques dates :

Le premier avion d'essai B777X pour les essais statiques au sol a été achevé en septembre 2018. Trois avions d'essais en vol supplémentaires sont en construction pour compléter le test de vol du n° 1. 

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Le B777X :

Le programme B777X a été lancé au salon aéronautique de Dubaï. Le B777X est actuellement le plus grand lancement de produit dans l'histoire de l’aviation commerciale.  Le B777-8X, une version allongée du B777-200ER (69,5m), il sera un concurrent direct de l’A350-900, avec 353 sièges. La seconde version de la gamme, le B777-9X (407 sièges), sera quant à elle une version allongée du B777-300ER (76,4m), les deux possédant un rayon d’action approchant les 15 ‘000 km. Leur particularité provient des ailes qui seront en matériaux composite, plus légers et engendrant une moindre consommation de carburant. Boeing exploite ainsi ce qu’il fait déjà avec le « Dreamliner ». Boeing réfléchit également à une version à très long rayon d’action, le B777-8LX, d’une portée de 9’480 miles nautiques, soit 85 de plus que le B777-200LR actuel, ce qui permettrait, par exemple, de relier Londres à Sydney sans arrêt dans le sud-est asiatique. Le B777-9 sera l'avion le plus cher de Boeing, au prix de 442,2 millions de dollars avant rabais.

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Photos : 1 Le B777-9 lors de son décollage inaugural 2 Au sol 3 En vol 4 L’intérieur de l’avion @ Boeing