31/07/2019

Début de production pour le Sukhoi Su-57 !

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L’avionneur russe Sukhoi a débuté la production en série du chasseur Su-57, selon les déclarations faites cette semaine par le vice-Premier ministre, Yuri Borisov. Borisov a déclaré qu'un accord concernant 76 exemplaires avait été signé entre le ministère de la Défense et Sukhoi lors de l'exposition "Armée de Russie 2019", qui s'est tenue à Moscou à la fin du mois de juin dernier. Selon le calendrier, le premier avion faisant partie de la commande initiale de 12 avions en 2018 devraient rejoindre l'armée de l'air d'ici fin 2019. En mai, le président russe Vladimir Poutine s’était engagé à élargir considérablement la flotte de Sukhoi Su-57 opérée par les forces aériennes du pays.

Rappel :

Plus tôt en 2018, lors du forum de l'armée, un contrat avait été signé pour la livraison d'un premier lot de 12 Su-57. Le premier avion sera remis au client d’ici la fin de l’année. Puis en juin dernier un contrat a été signé entre le ministère de la Défense et la société Sukhoi pour la fourniture d'un second lot de 76 avions de combat Sukhoi Su-57 de cinquième génération.

Le Sukhoi Su-57 :

Le nouvel avion dispose d’un nombre considérable de nouveauté avec l’adjonction de la fusion des données et une signature radar réduite. Le Su-57 est doté d’une centrale de navigation inertielle BINS-SP2M à gyrolasers qui permet de gérer automatiquement les informations de navigation et ceci même si la réception GPS (Glonass) ne fonctionne plus. L’avion dispose de commandes de vol électriques et multiplexées avec un système mécanique en « back-up » permettant de ramener l’appareil à destination en cas de défaillance généralisée du système électrique. Un système de communication S111-N avec deux radios cryptées UHF/VHF, une liaison de données, complète le tout.

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Les moteurs actuels du Su-57 Izd117 ne sont pas définitifs et représente une variante fortement modernisée de l’AL-31F équipant le Su-27 Flanker.  Le futur moteur qui est encore aux essais, l’Izd 30 permettra le mode de la « SuperCroisière » avec un rapport poids puissance supérieur avec la poussée vectorielle.

On notera que le Su-57 dispose d’une extension mobile le LEVCON (Leading Edge Vortex Controllers) qui vient se positionner devant l’aile et permet de combiner l’effet des plans canards avec celui des extensions des bords d’attaques. Ce système permet à l’avion d’être moins sujet à des pertes de portances, lors d’angles d’attaques élevés.

Le Sukhoi Su-57 dispose de cinq radars intégrés développés par NIIP Tikhomirov MIRES (MultifunctionIntegrated Radio-Electronic System) ce dernier est composé de deux ensembles de capteurs principaux: soit le radar AESA en bande X N036 dans le nez, deux radars AESA en bande X N036B placés à côté du cockpit en amont, deux radars AESA en bande L N036L placés sur les bords d’attaques. De fait, le Su-57 peut "voir" sur une plage de 270° autour de l’appareil. Les performances précises des radars ne sont pas encore connues. Les premiers chiffres parlent d’une capacité de détection montant jusqu’à 400 Km (donnée estimée) en air-air et en fonction de la taille de la cible avec la possibilité de détecter 62 cibles et d’en engager 16 simultanément en air-air tandis que le système peut assurer l’engagement de 4 cibles en air-sol simultanément.

En ce qui concerne la guerre-électronique, l’avion dispose du système de contre-mesures L402, soit un ensemble de nombreux capteurs qui assure une protection spécifique.

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Photos : Su-57 @ Sukhoi

 

30/07/2019

Taïwan, les F-16 opérationnels pour la lutte antinavires !

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L’annonce aurait pu être relativement anodine, mais Taipei signe ici une mise en garde très claire vis-à-vis de la Marine de guerre chinoise. En effet, cette dernière a débuté des manœuvres navales de grandes envergures dans le dans le détroit de Taiwan près de Dongshandao, à environ 55 km de Kinmen. Ces exercices vont durer jusqu’au 2 août.

De son côté Taïwan est décidé à ne pas se laisser intimider par le grand voisin chinois. En contre -partie, l'armée de l'air taïwanaise a envoyé deux avions de chasse Lockheed-Martin F-16 « Viper »  armés de missiles Raytheon  AGM-84 « Harpoon » simuler une attaque de grande valeur sur des cibles maritime au large de la côte sud-est de Taiwan. Les cibles étaient représentées par des navires désaffectés.

Après avoir quitté la base aérienne de Hualien vers 6h20, les pilotes ont d’abord réalisé une simulation de ciblage avec les systèmes de missiles « Harpoon ». Cette phase de l'exercice comprenait également des manœuvres d'évitement et a été complétée à 7h 20. Au cours de la seconde phase de l'exercice, les deux pilotes ont lancé simultanément les missiles « Harpoon »  à 8h35. Les deux navires ont été frappés avec succès. Les deux F-16 sont tous deux rentrés sans incident à la base aérienne de Hualien à 9h40. Il s’agit du premier tir réel de missiles AGM-84 effectué par les F-16 modernisé en service à Taïwan.

La petite anecdote :

L’un des deux navires cibles avait été baptisé « Liaoning », soit le nom de l’actuel porte-avions chinois.

Mise à jour des F-16 :

Taïwan a commencé à moderniser ses F-16 dès 2017, afin de combler le retard technologique vis-à-vis de l’imposant et menaçant voisin chinois. Celui-ci, a en effet sérieusement renforcé sa position avec la mise en ligne des Shenyang J-10 « Dragon Véloce » et l’arrivée des Shenyang J-11 (Sukhoi 27 chinois).

La modernisation des F-16 taïwanais comprend l’adjonction d’un nouveau radar de type AESA soit le Northrop-Grumman APG-83, une avionique modernisée, un cockpit tout écrans compatible avec des lunettes de vision nocturne, une central de navigation GPS, un nouveau système de guerre électronique de type l’ALQ-176 couplé avec système de leurres ALQ-184 (V) 7.  En matière de communication les appareils recevront de nouvelles radios numériques, ainsi qu’une liaison de donnée (Link16) améliorée. Les pilotes recevront un viseur de casque permettant l’emploi du missile Raytheon AIM-9X «hyper véloce» en remplacement des AIM-9PM actuels.

Question motorisation, les moteurs Pratt & Whitney F100-PW-220 seront portés à la norme -229E plus puissant et permettant de réduire le temps de maintenance.

Taïwan a passé commande de nacelles de ciblage, mais n’a pour l’heure pas précisé le modèle choisit entre le AN/AAQ-33 SNIPER ou AN/AAQ-28 LITENING plus ancien. Concernant l’armement, les F-16 seront dotés en plus de l’AIM-9X de missiles AIM-120C7 AMRAAM et d’une variété d’armes guidées d’attaque au sol comme les bombes GBU-10 Enhanced Paveway II ou GBU-56 JDAM Laser.

Taiwan a reçu des missiles Raytheon AGM-84L « Harpoon » BlockII et du matériel connexe. Dont des unités de contrôle de guidage « Harpoon », 30 conteneurs, 30 pylônes de lancement, ainsi que des kits de configuration AGM-84G à AGM-84L. La vente comprenait des équipements de maintenance et services de test.

Photo : F-16D Taïwanais doté de missiles Harpoon et AMRAAM@ Taipei News

 

29/07/2019

Entrée en service du J-20 « Wellong » !

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La Force aérienne de l'Armée de libération du peuple chinois (PLA) a publié pour la première fois une photo d'un avion de chasse furtif de type Chengdu J-20 « Wellong » avec son numéro de série 62001  d'une unité de combat. Cet élément confirme pour la première fois que l'avion a terminé ses essais et est entré officiellement en service.

C'est la première fois qu'un J-20 est vu avec un numéro commençant par un « 6 ». Jusqu’ici les J-20 portait le chiffre« 7 ».  Weichung Lei, spécialiste de l’aviation chinoise, m’explique que selon la tradition au sein de la Force aérienne, le chiffre « 7 » est dédié aux avions d’essais, tandis que le « 6" « indique l’avion fait partie d’une unité de combat. Les premeir J-20 sont déployés au sein d’une unité apparteant au commandemant des forces de l’Est de la Chine.

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Le J-20 « Weilong » : 

Le Chengdu J-20 « Weilong » (puissant dragon) est l'un des avions de combat les plus perfectionnés selon les dires de l’avionneur chinois. L’avion est censé pouvoir répondre au F-22 américain.

Doté d’une aile de type delta et des plans canards à l'avant, le J-20 dispose de deux empennages verticaux en diagonale mobiles d'un seul bloc. Cependant, Il n'y a pas d'empennage horizontal mobile, les plans canards, les parties mobiles de l'aile delta et les deux empennages diagonaux suffisent à un contrôle optimum. L’avion est doté de la poussée vectorielle, permettant d'augmenter la maniabilité de celui-ci.

Pour l’instant, on ne connaît pas encore le modèle exact du moteur WS-10 qui équipe le J-20. Certains avancent en Chine, qu’il pourrait s’agit du WS-10-T2. Il semble par contre que la version du WS-10 est une dérivée du WS-10B qui incorpore les améliorations portées du WS-10G (14 200 kg), notamment au niveau de la structure de la soufflante et du compresseur. On estime la poussée à 14 tonnes avec postcombustion.

L’avion dispose d’une baie ventrale pour l’armement d’une longueur estimée à 4,5 mètres pour 3 mètres de largeur, l’avion semble pouvoir emporter quatre missiles air-air de moyenne portée PL-15 des missiles air-air à courte portée PL21. Par contre, les missiles air-air de courte portée sont localisés aux niveau des petites soutes latérales de chaque côté du fuselage à proximité des entrées d’air pouvant chacune recevoir un missile air-air PL-10.

Le J-20 mesure 20,3 mètres de long et a une envergure de 12,9 mètres. Il est fabriqués à partir d’alliages avancés, avec un poids à vide d’environ 19 000 kg pour une masse maximum de 32 000 kg. L’avion affiche un plafond de 20 km et une vitesse maximale supérieure à Mach 2 (2 470 km / heure),

Les coûts de recherche et développement du J-20 ont été estimés à plus de 30 milliards de yuans (4,4 milliards de dollars), avec un coût par avion de 100 à 110 millions de dollars.

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Photos :J-20 d’essais avec le chiffre 7 @ Taohang Zhou

 

 

 

L’Inde réceptionne ses premiers Apache !

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L’armée de l’air indienne recevra l’ensemble de ses 22 hélicoptères d’attaque Boeing AH-64 E « Apache » d’ici 2020, les quatre premiers exemplaires sont arrivés sur la base aérienne d’Hindan. Quatre autres appareils vont arriver dans les semaines à venir, a confirmé Boeing dans un communiqué.

Par la suite, les huit premiers « Apache » seront transférés à la base aérienne de Pathankot Air Force,  où ils seront officiellement intronisés. Pathankot est situé dans l’État du Pendjab, juste au sud du Jammu-et-Cachemire, où se déroule un conflit frontalier avec le Pakistan voisin. Boeing confirme de son côté que ces premières livraisons sont en avance sur le calendrier. Avec l’arrivée de ces appareils, l’Inde est devenue le 14ème pays utiliser l'AH-64.

Rappel :

C’est le 28 mai 2015 que le Ministère indien de la Défense (MoD) a autorisé l'acquisition de 22 hélicoptères Boeing AH-64 E « Apache » et 15 hélicoptères Boeing  CH-47F « Chinook » pour un montant de 2,5 milliards de dollars US.

La vente de 22 hélicoptères de combat AH-64E Apache comprend également une large panoplie d’armement tel que : 812 missiles AGM-114L-3 Hellfire Longbow, 542 missiles AGM-114R-3 Hellfire-II, 245 missiles Stinger Block I-92H. Des munitions de 30mm pour approvisionner les canons. Il faut également ajouter  12 radars de définition de cible AN/APG-78, 12 Interféromètres AN/APR-48A à fréquence radar. L’Inde prévoit également de se doter d’un important stock de moteur de réserve avec 50 turbines General-El T700-GE-701D.

L’AH-64 E Apache Block III :

Le Bloc III est la variante la plus avancée de l'hélicoptère d'attaque. Il dispose d’une avionique et d’un système d’arme amélioré. L’appareil dispose d’une meilleure interopérabilité avec les systèmes aériens sans pilote (Drones). Ceci comprend un JTRS (Joint Tactical Radio System), de nouvelles commandes électriques, le nouveau radar de contrôle de tir Longbow Block III. L’appareil dispose également d’une capacité en réseau permettant une connectivité avec l’ensemble des moyens aérien et terrestre. Question maintenance, les systèmes permettent une diminution des charges notamment en engagement.

 

Photo : AH-64 Apache indien @ Boeing

 

27/07/2019

Premier vol pour le B-21 « Raider » à fin 2021 ?

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Le futur bombardier furtif américain Northrop-Grumman B-21 « Raider » avance bien et pourrait même effectuer son vol inaugural à fin 2021. L’information a été donnée lors d’un point presse par le 24 juillet dernier par le général Stephen «Seve» Wilson, chef d'état-major de l'US Air Force.

Le général Stephen Wilson s’est exprimé lors d’un événement de l’AFA Mitchell Institute à Washington, DC, En ce qui concerne le projet du B21, il a déclaré que le service continuait d’analyser sa capacité de mise au point  qui devrait être courte et étudie actuellement diverses combinaisons de d’utilisation avec les autres aéronefs en service. Le calendrier semble donc en avance pour le futur bombardier avec un premier vol en décembre 2021.

L’armée de l’air a déclaré dès le début que le premier B-21 serait un «actif utilisable», mais a également indiqué qu’elle ne s'attendait pas à une capacité opérationnelle initiale le B-21 avant le «milieu des années 2020».

Du côté de l’avionneur, la PDG de Northrop-Grumman Kathy Warden et son équipe se concentrent sur l’intégration de logiciels et s’assurent que les logiciels seront prêts pour l’avion lorsqu’il sera livré.

L’armée de l’air est «concentrée sur le développement du nouveau bombardier ainsi que sur la modernisation du B-52, avec de nouveaux moteurs et un radar (voir avia news sur le sujet). L’USAF explore actuellement sa capacité actuelle avec les B-1, le B-2 et le B-2. -52. Ce qui ressort de la première analyse confirme que la capacité de frappe à longue portée et pour l’instant insuffisante.  Il s’agit pour l’USAF de déterminer avec précision comment organiser à l’avenir sa force de frappe à longue portée. Selon les estimations, celle-ci aura besoin d’au moins 100 B-21 « Raider ».

Plus de B-21 :

En conséquence il se pourrait bien que l’USAF augmente sa commande de B-21 pour satisfaire ses objectifs. Une augmentation du nombre de B-21 avec 7 escadrons supplémentaires aurait également pour résultat de réduire le coût unitaire, en amortissant le développement sur un plus grand nombre d'unités.

Selon le général Stephen Wilson, la décision du retrait des B-1 et B-2 n’a pas été prise et une flotte composée uniquement de B-21 et de B-52. Pour l’instant ce qui ressort des analyses et que l’USAF ne pourra pas disposer d’une flotte composée de quatre bombardiers.

Le projet B-21 Long Range Strike- Bomber (LRS-B) :

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L'Air Force affirme que chaque B-21 coûtera environ 564 millions de dollars (en dollars de l'exercice 2016) plus 23,5 milliards de dollars pour le développement global du programme, soit un total de près de 80 milliards de dollars pour 100 bombardiers. L’armée de l’air affirme également que le coût d’achat moyen de chaque B-21 sera d’environ un tiers de ce qu’il coûtait.

Sauf que historiquement, les nouveaux programmes de défense ont tendance à dépasser le budget de 20 à 30%, ce qui exercerait une pression supplémentaire sur le budget de l’armée de l’air.

Si tel est le cas, le coût total du développement et de la production de 100 bombardiers B-21 pourrait atteindre 96 à 104 milliards de dollars. A cela, il faut encore ajouter les coûts d'intégration de la nouvelle bombe à guidage nucléaire B61-12 et du nouveau missile de croisière nucléaire (LRSO) sur le B-21.

Le programme LRS-B prévoit de mettre au point une nouvelle génération de bombardier stratégique furtif capable d’emporter des armes conventionnelles et nucléaires. Il doit venir compléter le nouveau dispositif de l’USAF qui comprend l’arrivée du F-35, des nouveaux ravitailleurs KC-46A et la modernisation des F-15. Le programme LRS-B a été officiellement lancé en 2012. Le projet LRS-B est considéré, comme prioritaire, pour la future stratégie militaire américaine dans le Pacifique Occidental et le Moyen-Orient, que le programme se poursuivra en dépit d'une réduction de 487 milliards de dollars dans le budget du Pentagone, portant sur les 10 prochaines années.

Photo :Image de synthèse possible du B-21 @ Northrop-Grumman