23/03/2018

A400M : une double livraison !

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Séville, Airbus a officiellement livré pour la première fois deux avions de nouvelle génération A400M à européenne pour la coopération en matière d'armement (OCCAR), en charge de la gestion du programme A400M, représentant l'Allemagne et la France.

Lors d'une cérémonie à Séville, en Espagne. Le Directeur de l'OCCAR, Arturo Alfonso-Meiriño, a déclaré: "C'est un grand plaisir de voir deux des plus grands pays de l'OCCAR recevoir ces superbes avions le même jour dans une année où l'organisation célèbre elle-même le 20ème anniversaire de sa Convention. Cela témoigne du travail efficace effectué par l'équipe A400M de l'OCCAR pendant de nombreuses années dans la gestion de ce programme exceptionnellement complexe. »Ces dernières livraisons ont été les 60e et 61e A400M à être livrées et à amener respectivement les flottes allemande et française à 18 et 14 avions.

L’A400M « Atlas» :

L’A400M est un avion de transport militaire polyvalent conçu par la division militaire d’Airbus (Airbus Military). Il est pour l'instant commandé à 174 exemplaires par huit pays différents, à savoir l’Allemagne (la France, l’Espagne, la Belgique le Luxembourg, le Portugal et l’Angleterre, qui ont été rejoints par la suite par la Malaisie et la Turquie et l’Indonésie qui ont reconnu le potentiel de ce nouvel avion pour leurs propres besoins. La polyvalence est ce qui caractérise le mieux l’A400M, qui est conçu pour offrir des capacités à la fois tactiques et stratégiques. L’appareil peut transporter 37 tonnes de charge utile sur au moins 4700nm (8700 km) de distance. Sa soute est dimensionnée pour accueillir tous les chargements et véhicules répertoriés  dans le cahier des charges européen ESR (Europen Staff Requirement). Cependant, l’A400M ne peut servir pour l’instant que de plateforme de transport aérien, le ravitaillement en vol n’étant hormis celui des avions, n'est pour l’instant pas validé pour les hélicoptères et pose plusieurs problèmes. L’A400M incarne le premier avion de transport militaire lourd véritablement nouveau depuis ces trente dernières années

Photo : La livraiosn des deux A400M @ Airbus DS

22/03/2018

Belgique, cacophonie et suspicion sur le remplacement des F-16 !

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« L’affaire des F-16 » tel est le nouveau titre du programme de remplacement du vaillant « Fighting Falcon » en Belgique. Nous voici entrés dans une nouvelle phase, dont les politiques de ce pays se seraient bien passés.

Rappel des faits :

Durant l'été 2016, un membre de l'armée a été informé par le constructeur Lockheed-Martin que les chasseurs F-16 pouvaient rester en activité plus longtemps que prévu. Lorsqu'il informe son supérieur hiérarchique, le colonel Letten, c'est le commandant de la composante Air belge, Frederik Vansina, qui va directement se renseigner auprès Lockheed-Martin. Dans le même temps, on va conseiller, par courriel, à l'informateur de rester prudent: "Tant que personne ne pense que les F-16 peuvent voler plus de 8'000 heures. Fais bien attention". 

Le ministre sur la défensive :

Pour le ministre Steven Vandeput, la réponse ne fait aucun doute: « oui et vite ! C'est dans un tel contexte d'urgence, sachant que nos F-16 doivent, nous dit-on depuis le début, être retirés de la circulation à partir de 2023 qu'un appel d'offres a été lancé voici un an. Appel d'offres qui, je l'ai dit maintes fois, s'avère de plus en plus orienté, partial et quelque peu improvisé ».

Et d’ajouter : « On apprend maintenant que la durée de vie de nos appareils pourrait être sensiblement plus longue que celle avancée jusqu'ici pour justifier l'urgence de leur remplacement. C'est du moins ce qu'affirme le constructeur Lockheed-Martin lui-même dans un rapport remis à la Défense belge en avril 2017.

Le ministre de la Défense se défend d'avoir eu connaissance d'un tel document et dénonce une "erreur majeure d'appréciation" de la part des gestionnaires de la flotte. Une enquête interne et externe est en cours afin de déterminer les responsabilités autant que les causes de ce manquement. Pour l'heure, il est évident que cela porte un coup sérieux aux termes de l'appel d'offres ainsi qu'à sa poursuite.

Collusion d’un fonctionnaire avec un avionneur :

De plus, il apparaît que le ministre de la Défense Steven Vandeput a licencié l'an dernier son chef de cabinet adjoint, après qu'il est apparu qu'il a eu des contacts avec Lockheed-Martin, confirme la porte-parole du ministre.

Que dit le fameux rapport :

Le rapport fournit par l’avionneur Lockheed-Martin porte sur la structure des F-16 et des faiblesses dues aux criques. Lockheed indique que l’analyse est délicate du fait de méthodes calquées sur celles utilisées pour les flottes de F-16 Block 30, hors les belges sont au Block 15MLU, mais aussi que l’état des enregistreurs de vol n’a pas toujours permis d’avoir des données fiables.

Il est de notoriété qu’il est parfaitement possible d’augmenter le nombre d’heure de vol d’un appareil. Mais à quel prix ? On parle de 1 milliard de dollars ! Dans le cas des F-16 Belges l’avionneur parle de 6 années, soit le temps qu’il faut pour équiper la Force aérienne belge (FAB) avec un nouvel appareil. Est-ce donc utile ? Pas vraiment, d’autant plus que l’argent serait mieux investit dans l’achat du futur aéronef. Bref cette histoire d’heures de vol, n’est en soi, pas si importante. Mais, elle le deviendrait en cas de retard du choix, car il faudra, alors combler les besoins de la FAB en attendant l’arrivée du nouveau destrier.

Le vrai problème :

Le véritable problème dans cette compétition provient de la connivance entre l’ancien adjoint du ministre de la Défense et l’avionneur américain. Les déclarations du Ministre vont d’ailleurs dans ce sens, lorsqu’il parle de l’appel d’offre. De plus, l'avionneur américain Lockheed-Martin n'a-t-il pas justement jouer un jeu pour mieux faire passer son F-35 en remplacement des F-16 au plus vite?

Finalement, on ne sera pas étonné de voir le gouvernement belge reporter le choix de son futur avion de combat à une date ultérieure, une chance peut-être, pour les avionneurs européens !

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Photos : 1 F-16 Belges @ FAB 2 F-35 @ Lockheed-Martin

 

 

21/03/2018

Remplacement des Sea Lynx allemand !

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Je vous l’annonçais en décembre 2016, l'Allemagne prépare le remplacement de sa flotte de 22 hélicoptères de guerre anti-sous-marine Westland Sea Lynx. La flotte devrait prendre sa retraite en 2025.

Le maintien de la flotte de « Sea Lynx » qui a commencé à entrer en service à partir de 1981 devient un défi de plus en plus important pour la marine allemande, avec une moyenne de seulement six appareils déployables en 2017.

Les phases du programme:

La première étape de la future compétition a été franchie avec l’approbation des exigences fonctionnelles du futur remplaçant par le chef de la défense allemande.

La seconde phase est actuellement en préparation, le bureau fédéral allemand des marchés publics travaille en ce moment à l’élaboration de plusieurs propositions d’hélicoptères susceptibles d’être sélectionnés en vue du choix final. Cette seconde phase donnera lieu à une demande de propositions aux différents hélicoptéristes courant 2019.

Trois appareils suceptibles de participer à l’évaluation : 

Les appareils susceptibles de venir remplacer les Westland « Sea Lynx » sont l’Airbus NH90 « Sea Lion », l’AgustaWestland (Leonardo) AW159 « Wildcat » et le Sikorsky S-70B « Sea Hawk ».

Airbus NH90 « Sea Lion » :

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La version spéciale commandée par la marine allemande du NH90, le « Sea Lion » vient d’effectuer son premier (voir article du 9.12.16 ). Selon Airbus, il serait très facile de convertir les modèles déjà commandés par l’Allemagne en vue d’assurer la lutte anti-sous-marine ASW et ceci pour un coût moindre. La seule difficulté vient du fait que le « Sea Lion » de part sa taille ne peut pas être engagé depuis les anciennes frégates de la marine encore en service et celle-ci devrait les remplacer au plus vite.

Lancé lors du Salon international ILA Airshow de Berlin en mai 2014, le « Sea Lion » est largement similaire à la version de base du NH90 NFH de l'OTAN, mais présente des équipements de communication et de navigation spécifiques à l'Allemagne, dont un système de communications par satellite. L’avionique comprend en plus un système d'identification automatique (AIS) pour localiser, identifier et suivre les navires. L’appareil sera également de mitrailleuses latérales M3M de 12,7 mm de chaque côté, de missiles Marte MKII, de torpilles Torpille MU90. Par ailleurs le « Sea Lion » peut emporter des réservoirs de carburant internes et externes supplémentaires ainsi qu'une deuxième console de mission.

Lorsqu'il sera pleinement opérationnel, le NH90 « Sea Lion » est destiné à fournir des services de surveillance continue, de surveillance maritime, de recherche et de sauvetage (SAR), de transport pour les nouvelles régates F124 et F125 Baden-Wurttemberg, ainsi que des navires de soutien au combat de classe Berlin (Type 702) de la Marine allemande.

Leonardo AW159 Wildcat :

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L’AW159 Lynx « Wildcat » est prévu pour remplacer les Lynx de première génération, ce nouvel hélicoptère multi-rôle de six tonnes, est commandé à 62 exemplaires par le ministère britannique de la Défense. Le premier a été livré à la fin de 2011.

Doté de deux turbines Rolls-Royce Honeywell CTS800 de nouvelles générations capables d’offrir 12 % de puissance supplémentaire, face aux anciens modèles. Le poste de pilotage comprend un système entièrement intégré d’affichage, utilisant quatre écrans 10x8 pouces. Les capteurs disposés dans le nez comportent une imagerie TV/IR couplé avec un désignateur laser. La version maritime dispose d’un radar Selex-ES Galileo 7400E actif sur 360 degrés. L'AW159 intègre un système d'alerte de missiles, des détecteurs d'alerte radar et un système de distribution des contre-mesures. En outre, il dispose d’une palette complète en matière d’armement soit : des mitrailleuses, torpilles, grenades sous-marines et pourra également tirer la future arme de surface a guidage autonome (FASGW).

Sikorsky S-70B « Sea Hawk » :

 

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La version S-70B est la version export du MH60R, soit le dernier développement du SH60 «SeaHawk» destiné à la lutte anti-sous-marine et de bâtiments de surface. Il remplace et reprend l’ensemble des missions actuellement dévolues aux actuels SH60B et SH60F. Conçu par Sikorsky est doté d’une interface de Lockheed Martin, le MH-60R représente l’évolution des versions précédentes, grâce aux leçons apprises durant les différents déploiements et durant les nombreuses opérations de ces dernières années. Cette nouvelle version permet un engagement multi-missions en utilisant un équipage de trois personnes.

Outre, l’attaque de navires et de sous-marins, le MH60R est susceptible de remplir l’ensemble des missions secondaires telles que : la recherche et le  sauvetage (SAR), le  ravitaillement vertical, le soutien aux incendies de surface, l’évacuation médicale (MEDEVAC)  ainsi que le relais des communications. Lockheed Martin qui est responsable de l'intégration numérique de poste de pilotage de l'hélicoptère, du radar multi-mode, du sonar acoustique à longue portée et l’adjonction d’une caméra infrarouge. Le MH60R dispose également d’une architecture électronique permettant de protéger l’aéronef contre les menaces missiles. 

 

Photos : 1 Sea Lynx de la marine allemande@ Marine allemande 2 NH90 « Sea Lion »@Airbus 3 AW159 Wildcat@ Leonardo 4 S-70B « Sea Hawk » @ Sikorsky

 

 

 

 

 

 

 

 

Taïwan, des F-15 au lieu du F-35 ?

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Taipei, le gouvernement de Taiwan s’inquiète de la nomination à vie du président chinois Xi Jinping et de la recrudescence des menaces chinoises sur la petite île. En effet, depuis deux ans la Chine accentue ses exercices militaires aériens autour de l’île de Taïwan. L’armée de l’air chinoise a effectué au moins vingt fois des manœuvres à proximité de Taïwan en 2017, contre seulement huit fois en 2016. Alarmé par la multiplication de ces exercices, le ministre taïwanais de la défense Feng Shih-kuan a souligné, dans un rapport annuel, que ces manœuvres constituaient une « énorme menace » pour la sécurité de l’île. Dans ce contexte particulièrement tendu, Taipei cherche à moderniser son armée afin de la rendre plus dissuasive face au géant chinois.

Intérêt pour le F-35 :

Dans un premier temps Taïwan s’est beaucoup intéressé au Lockheed-Martin F-35 et plus particulièrement à la version F-35B. LF-35B étant la variante STOVL  (Short TakeOff/Vertical Landing, ou décollage court et atterrissage vertical) l’idée première était de pouvoit disloquer les appareils sur différents points de l’île, hors des bases aériennes et donc de pouvoir survivre en cas de bombardement chinois. Mais cette solution à un coût énorme, et le F-35B est hors de prix pour l’armée taïwanaise.

Le F-15C « Eagle » :

L’alternative pourrait venir du Boeing F-15C « Eagle » qui serait moins coûteuse politiquement moins risquée. Certes, l’attrait tactique du F-15 ne permet pas d’être utilisé hors des bases aériennes comme le pourrait un F-35B. Par contre, le pays pourrait se doter d’un nombre très important de F-15, soit une flotte trois fois supérieur à celle d’un F-35B. Par ailleurs, d’un point de vue politique le Congrès américain ne mettrait aucune condition à la vente du grand chasseur américain, tandis que celle du F-35 pourrait envenimer un peu plus les relations déjà tendues entre Pékin et Washington.

Des sources proches du dossier ont déclaré que lors d'une discussion entre les Etats-Unis et Taïwan sur les moyens de renforcer les capacités d'interception de la défense aérienne taïwanaise, les Etats-Unis ont proposé la location d'avions de chasse F-15C. Parce qu'il s'agirait d'un «bail», cela ne compterait pas comme une vente d'armes à Taiwan, la durée du bail étant ouverte aux ajustements en termes de temps et en fonction des contraintes budgétaires. La proposition a été soumise au ministère de la Défense pour évaluation.

Remplacer les Mirage 2000 :

La possible arrivée du F-15 coïnciderait avec le remplacement de la flotte vieillissante d'avions de combat Mirage 2000 qui servent actuellement le rôle d'intercepteur et qui coûte très cher à maintenir.

Taiwan a demandé la dernière version de l'Eagle, soit le F-15C ayant subit la dernière mise à jour (Mid-Life Update (MLU), y compris les mises à niveau de son ordinateur de mission, son système de détection et son radar. L’idée sera également d’y adapter le programme d'amélioration en plusieurs étapes (MSIP) de l'armée de l'air japonaise adapté pour décoller d'une piste plus courte et qui sera bénéfique aux besoins de Taiwan.

 

Photo : F-15C « Eagle » @ USAF

 

 

20/03/2018

Capacité opérationnelle initiale pour les P-8A australien !

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La Royal Australian Air Force (RAAF) a déclaré la capacité opérationnelle initiale (IOC) son appareils multimission maritime (MMA) Boeing P-8A « Poseidon », soit cinq mois plus tôt que prévu.

L'étape, qui a été annoncée par le service le 20 mars, vient avec 6 des 12 avions actuellement basé à Edinburgh en Australie du Sud. Trois autres aéronefs subissent actuellement le processus d'approbation pour une flotte finale de 15 aéronefs.

L'Australie a acquis le P-8A pour remplacer les 19 avions de patrouille maritime Lockheed AP-3C « Orion » qui sont en service depuis les années 1960. Les 15 P-8A seront exploités en tandem avec sept systèmes d'aéronef sans pilote (UAS) Northrop Grumman MQ-4C « Triton » , qui seront acquis une fois le développement achevé par le constructeur et l'US Navy (USN).

Les livraisons à l'Australie ont débuté en novembre 2016, date à laquelle les escadrilles 10 et 11 ont réceptionné les premiers du P-8A. Dans le cadre de ce processus, le RAAF a envoyé ses équipages s'entraîner aux côtés de l'USN et du personnel britannique de la Royal Air Force (RAF) au Centre de test intégré (ITC) de la Naval Air Station (NAS) de Jacksonville en Floride.

Le Boeing P-8A «Poseidon» : 

Le P-8A "Poseidon" est un avion de longue portée de lutte anti-sous-marine (ASM) et antisurface (LAN), renseignement, surveillance et reconnaissance (RSR). Le P-8A est capable de longues patrouilles proche et loin des côtes.

Le P-8A "Poseidon" est conçu pour assurer l'avenir de la Marine à long rayon d'action dans les missions de patrouille maritime. Le P-8A offre une plus grande capacité de combat et demandera moins d'infrastructure tout en se concentrant sur la réactivité et l'interopérabilité avec les forces traditionnelles. L’avion pourra échanger ses informations avec l’ensemble des bâtiments de surface, sous-marins, avions et drones en service dans l’US-Navy.

Pour Boeing, le choix de base d’une cellule de B737 NG permet une importante réduction des coûts, le constructeur estime cette base permettra de décliner d’autres versions du P-8A afin de remplacer plusieurs appareils actuellement en services et destinés à des opérations spéciales. Pour Boeing, il sera possible par exemple de remplacer les B707 et autres C-130 spécialisés dans les domaines de l’écoute électronique, commandement volant, guerre psychologique (PsyOps), brouillage. Cet avion équipé de liaisons 11 et 16 et de systèmes internet, doit agir dans un concept de guerre en réseau en collaboration avec des drones.

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Photos : 1 Boeing P-8A Poseidon de la RAAF 2 Postes de travail du P-8A@ RAAF