12/10/2020

La France commande le NH-90 en version « Forces Spéciales » !

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La Direction générale de l'armement (DGA) a ordonné la conversion de dix hélicoptères NH90 en versions « Forces Spéciales » (NH-90 FS) auprès du consortium NHI Industries. Cette nouvelle version du NH-90 doit permettre de doter les forces spéciales françaises de nouvelles capacités d'intervention adaptées à leurs missions sur tous types de théâtres.

Le Consortium NH Industries et ses sociétés partenaires (Airbus Helicopters, Leonardo et Fokker), ont signé avec l'Agence de gestion des hélicoptères de l'OTAN (NAHEMA) un contrat ferme pour le développement d'une version améliorée de l'hélicoptère NH90 Tactical Troop (TTH) pour les forces spéciales françaises (TFRA Standard 2). Aux termes du contrat de production, le dernier lot de 10 NH-90 déjà commandés par le ministère des Armées, via la Direction générale de l'armement (DGA), sera livré directement à ce nouveau standard début 2025.

Le NH-90 FS / TFRA Standard 2 : 

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La nouvelle configuration TFRA Standard 2 intégrera un système électro-optique (EOS) EuroFLIR ™ de nouvelle génération de Safran avec des affichages et des commandes pour les pilotes, les commandos, les artilleurs et les capitaines de charge. Les capteurs fourniront des sorties pour entreprendre une planification de mission mise à jour sur des écrans ou des tablettes connectés.

En plus d’un cockpit modernisé, la cabine sera améliorée avec un nouveau système de portes à battant amovible rapide et une poutre à corde rapide. Cela fournira des capacités supplémentaires à l'arrière de l'appareil avec le feu protecteur des mitrailleuses latérales. 

En complément des équipements existants tels que les mitrailleuses M3M et les réservoirs de carburant externes, d'autres améliorations au service des forces spéciales et de l'aviation de l'armée française incluent une carte numérique 3D de nouvelle génération, des marches d'embarquement pliables et des points d'ancrage de corde supplémentaires montés au plafond.

Dans un deuxième temps, il est prévu qu'un système d'ouverture distribuée (DAS) composé de caméras infrarouges fixes affichant la vision 3D dans un affichage numérique de viseur monté sur casque de nouvelle génération sera également incorporé, offrant un niveau sans précédent de soutien du pilote en basse visibilité, améliorant considérablement la capacité de l'hélicoptère dans des conditions environnementales dégradées.

Les principales améliorations apportées au NH90 FS concernent :

L’ajout d’un nouveau système optronique d’observation (l’Euroflir™410 de nouvelle génération de la société Safran Electronics & Défense) pour permettre une détection améliorée des obstacles et des menaces, en vol tactique et par toutes conditions de nuit.

La possibilité d’utiliser l’issue arrière du TTH pour les opérations d’aérocordage avec autoprotection par les portes latérales.

Diverses améliorations de la soute du NH90 pour permettre entre autres d’utiliser l’issue arrière en vol ou d’afficher la vidéo du système optronique d’observation au profit des personnels en soute.    

En outre, des provisions électriques et mécaniques ont été prises pour intégrer ultérieurement :

La mise à hauteur du casque TopOwl de Thales, c’est-à-dire le passage de l’affichage analogique au numérique pour offrir de nouvelles capacités comme l’affichage de vidéo haute résolution des senseurs de pilotage et de mission (Eurofl’eye™ & Euroflir™), l’élaboration et l’affichage de la réalité augmentée (terrain synthétique et obstacles) et l’affichage de symboles 3D « tactiques ». Cet équipement sera commun avec le prochain standard 3 de l’hélicoptère d’attaque Tigre ;

Un « système optronique large champ » Eurofl’Eye™ développé par Safran Electronics & Defense pour améliorer les conditions de pilotage en environnement dégradé (comme les posés de nuit ou en environnement sableux) en offrant des champs de vision indépendants au pilote et au co-pilote.

Les évolutions du NH90 FS, qui suscitent de l’intérêt d’autres pays déjà équipés de cet hélicoptère, ne sont pas destinées à l’usage exclusif des forces spéciales. En effet, la plupart de ces nouvelles capacités seront également utiles à l’Aviation légère de l’armée de Terre (ALAT) pour augmenter la couverture opérationnelle du TTH.

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Photos : 1 NH-90 actuel @ ALAT 2 & 3 vue et équipement du futur NH-90 FS @ NH Industries

 

11/10/2020

Les F-35 exports sont moins performants !

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On savait que le système ALIS du F-35 renvoyait des informations confidentielles des utilisateurs aux USA, maintenant, nous apprenons que les clients du F-35 n’ont pas droit aux mêmes capacités que les USA.  

L’affaire de la vente aux EAU :

C’est l’affaire de vente possible de F-35 aux Émirats arabes unis (EAU) qui vient de faire éclater la nouvelle. Pour pouvoir vendre l’avion furtif aux EAU, les USA étudient comment structurer un accord sans gêner l’Allié Israélien. Tout accord doit satisfaire des décennies d’accord avec Israël selon lequel toute arme américaine vendue à la région ne doit pas nuire à « l’avantage militaire qualitatif » d’Israël, garantissant que les armes américaines fournies à Israël sont « supérieures en capacité » à celles vendues à ses voisins.

La sophistication technique du F-35 qui intéresse énormément les clients potentiels est intimement liée à ses systèmes de mission et à sa puissance de traitement. C’est cette puissance de calcul intégrée dans le F-35 qui le rend si efficace dans l’analyse des données qui vont permettre d’obtenir une vision de la situation quasi parfaite. Cette même puissance et au cœur du système en réseau qui apporte les véritables changements de la gestion du combat aérien. Mais qu’en est-il de la valeur du F-35, si ce système si performant est « ainsi bridé » pour les clients étrangers de l’avion ? Certes, il restera plus performant que d’autres appareils plus anciens, mais qu’adviendra-t-il, lorsque la concurrence mettra prochainement sur le marché des aéronefs disposant d’une capacité de calcul équivalente ?

Le bon choix :

Par exemple, la Finlande et la Suisse ont déjà l’assurance des autres avionneurs (Airbus, Boeing, Dassault) qu’en cas de choix, l’avion n’aura pas de « Black Box » et que ce dernier ne sera pas bridé. Les standards offerts par ces trois fabricants seront dotés des nouvelles capacités de calcul qui permettront de fonctionner en réseau sans restriction. Voilà une bonne raison de réfléchir à deux fois avant de choisir.

Un petit code qui change tout :

Les avions de combat F-35 vendus aux Émirats arabes unis pourraient être construits de manière à garantir que les mêmes avions appartenant à Israël surclassent tous les autres vendus dans la région.

En effet, il faut savoir que Washington exige déjà que tout F-35 vendu à des gouvernements étrangers ne puisse égaler les performances des avions américains, a déclaré un membre du Congrès. La sophistication technique du F-35 est liée à ses systèmes de mission et à sa puissance de traitement et « c'est la puissance de calcul qui vous permet de vendre un avion de plus haute technologie à Israël qu'aux Émirats arabes unis », a déclaré Doug Birkey, directeur exécutif du Mitchell Institute for Aerospace Etudes à Washington. Toujours selon Birkey, « lorsque des pilotes étrangers sont en formation aux États-Unis, ils tapent un code dans une interface utilisateur lorsqu'ils montent à bord d’un F-35, le code attribue une capacité présélectionnée dans l’avion, différente pour chaque pilote en fonction des autorisations légales données aux pays utilisateurs ».  

Cette affirmation montre clairement que des niveaux de capacité sont décidés par Washington pour chaque pays utilisateurs du F-35. Les clients n’ont du coup pas la pleine capacité à disposition de fait d’un système qui « bride » l’avion.  Est-ce que les Alliés « propriétaires » de F-35 sont tous logés à la même enseigne ou existe-t-il des disparités de droits d’accès entre les utilisateurs ?

Pour l’instant ces questions restent sans réponse et risquent bien d’y rester pour des raisons de confidentialité.

La dépendance au « système F-35 » :

De tout temps, certains systèmes d’armes sont vendus avec des restrictions, par exemple l’exportation d’un système de missile dans une version moins performante dans certains cas en direction de certains pays jugés sensibles. Le cas du F-35 est un peu similaire, sauf que là, il ne s’agit pas juste d’une arme isolée, mais d’un système complet qui doit être le nœud central sur lequel un utilisateur compte pouvoir s’appuyer pour disposer d’une force aérienne compétitive, afin de répondre aux diverses menaces. Difficile de mettre en place des tactiques sachant que celles-ci seront irrémédiablement moins efficaces, car freinée par des ordinateurs qui ne donneront pas la pleine capacité. Cette dépendance du client avec le « système F-35 » est très problématique et ceci à plusieurs titres.

Photo : F-35A norvégien @ LM

 

09/10/2020

La Chine continue la production du J-15 !

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L’Armée populaire de libération (APL) a publié cette semaine de nouvelles photos montrant un nouveau lot d’avions de combat Shenyang J-15 « Flying Shark ». Ces images attestent des preuves supplémentaires que l’avionneur Shenyang Aircraft Company (SAC) a poursuivi la production du chasseur multirôle J-15 embarqué, avec au moins deux avions du troisième lot maintenant confirmés comme étant en service.

Ces photos montrent deux appareils attachés à l’Université de l’aviation navale de l’APL en train de rouler au cours d’un vol organisé fin septembre. L'un des chasseurs porte le numéro de production « 0206 » indiquant qu'il fait partie du deuxième lot, tandis que l'autre porte le numéro « 0306 »: une indication qu'il appartient au dernier troisième lot de production. Une deuxième image montre un autre J-15 portant le numéro de production « 0303 ».

La poursuite de l’assemblage d’un nouveau lot d’avions de combat J-15 coïncide avec la mise en service du deuxième porte-avions chinois, le Shandong, en décembre 2019. Environ trois mois plus tard, l’avionneur Shenyang avait indiqué avoir repris la production du J-15. Le constructeur avait publié des images montrant au moins un J-15 peint en apprêt vert, suggérant que l'avion faisait partie d'un nouveau lot.

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Shenyang J-15 « Flying Shark » :

Le Shenyang J-15 « Flying Shark » est un avion de chasse embarqué sur porte-avions, dérivé du Sukhoi 33 russe. Bien que pendant un certain temps les rumeurs faisaient état d’un appareil semi-furtif, celui-ci est en fait une copie chinoise, mais dotée d’un équipement entièrement indigène. Pour développer le J-15, la Chine a acquis un modèle de Su-33 en 2001, auprès de l’Ukraine. A ce propos, il faut rappeler que la Russie avait refusé de vendre ce type d’appareil et l’épisode ukrainien avait profondément enragé Moscou à l’époque.
La Chine a activement cherché à acheter des Su-33 en provenance de Russie à de nombreuses reprises, l’offre a été faite en mars 2006, mais les négociations se sont effondrées en 2009, après qu'il fut découvert que la Chine avait développé une version modifiée du Su-27SK désigné Shenyang J-11B, en violation des accords de propriété intellectuelle.

Premier vol :

Le premier prototype du J-15 a effectué, selon l’agence Chine nouvelle, son premier vol le 31 août 2009. Le J-15 est doté de moteurs chinois de type WS-10, l’un des grands défis pour les ingénieurs chinois fut la conception des ailes repliables et le développement des moteurs. Le J-15 dispose d’une queue raccourcie et des trains d’atterrissages renforcés. Le J-15 utilise la technique STOBAR (Short Take-Off But Arrested Recovery), décollant sur la totalité de la piste/pont (incliné au bout) pour décoller et atterrissant avec l’aide d’un brin d’arrêt. Les derniers rapports indiquent que la Chine a développé un radar AESA, qui pourrait être installé sur le chasseur.

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Photos : 1 Shenyang J-15 en vol @ Weimeng 2 La photo avec les N° 0306 & 0206 3 J-15 du lot 1 sur le porte-avion Liaoning @ CCTV

 

08/10/2020

Un A400M pour le Luxembourg !

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Les forces armées luxembourgeoises ont pris livraison de leur avion de transport militaire Airbus A400M, qui a été accepté sur la ligne d'assemblage final de l'A400M à Séville (Espagne). Il fera une première escale au Luxembourg avant de poursuivre son voyage vers la 15e escadre de transport aérien à Melsbroek (Belgique), où sera basée l'unité de transport aérien mixte entre la Belgique et le Luxembourg. Avec cette livraison, le Luxembourg devient le septième opérateur de l'A400M.

L'avion, connu sous le numéro de série MSN104, sera exploité par les forces armées luxembourgeoises et la Belgique au sein d'une unité binationale, ainsi que les sept A400M commandés par la Belgique, qui devrait recevoir son premier avion dans les semaines à venir. 

L'A400M a récemment atteint des capacités supplémentaires telles que l'envoi simultané de parachutistes pour un maximum de 116 parachutistes utilisant les portes latérales, le vol automatique à basse altitude dans des conditions météorologiques de vol à vue (le seul avion de transport militaire avec cette capacité), et la livraison aérienne et le combat à vide qui permet de larguer automatiquement une seule charge de 16 tonnes par extraction par parachute. En outre, 25 tonnes peuvent être larguées par gravité et le déchargement de combat manuel jusqu'à 19 tonnes sur palettes ou 25 tonnes sur une piste non goudronnée est possible, ce qui est sans précédent. En ce qui concerne les opérations de ravitaillement en vol des hélicoptères, l'A400M a récemment réussi les premiers contacts de ravitaillement avec un hélicoptère H225M. 

Photo : A400M luxembourgeois@ Airbus DS

07/10/2020

Début du retrait des Boeing C-135FR au sein de l’Armée de l’air !

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Ce mardi 7 octobre débute au sein de l’Armée de l’air française le début du retrait des vénérables Boeing C-135FR. L’avion est remplacé par l’Airbus A330 MRTT « Phénix ».

Un premier Boeing C-135FR de l’Escadron de ravitaillement en vol 4/31 Sologne, n°475, codé 93CF va être retiré du service après une entrée en service en 1964.

Le C-135F est une variante construite par la France en tant qu'avion ravitailleur, cargo et de transporteur de troupes. 12 ont été construits pour l'armée de l'air française avec l'ajout d'un adaptateur pour panier sur la rampe de ravitaillement. La version C-135F été modernisée avec des réacteurs CFM International F108 entre 1985 et 1988. Modifié plus tard avec des nacelles d'aile MPRS et une avionique modernisée.

Le Boeing C-135 « Stratolifter » est un avion de transport dérivé du prototype d'avion de ligne Boeing 367-80 (également la base du 707) au début des années 1950. Il a un fuselage plus étroit et est plus court que le B707. Contrairement à certaines croyances, le C-135 n’est pas un B707 modifié.

Boeing a donné à l'avion la désignation interne du modèle 717.  Depuis que le premier a été construit en août 1956, le C-135 et ses variantes font partie intégrante de l'US Air Force.

Le C-135 était en grande partie conçu comme une mesure provisoire en attendant le développement de transports à réaction plus spécialisés, tels que le Lockheed C-141 « Starlifter » et en tant que tel, il a incorporé de nombreux compromis dans sa capacité de transport aérien stratégique. Le plancher de chargement de l'avion était à environ 3,0 m du sol, ce qui nécessitait un équipement de manutention au sol, sa seule porte de chargement à chargement latéral était limitée dans ce qui pouvait y passer et sa portée utile était d'environ 9’700 km, insuffisant pour atteindre de nombreux sites d'opérations de l'armée de l'air en Asie et dans le Pacifique. Bien que la portée ait été considérablement améliorée par rapport aux transports précédents, elle ne pouvait pas être augmentée par le ravitaillement en vol, car les C-135 n'étaient pas configurés avec des réceptacles de ravitaillement. De plus, ses performances de décollage et d'atterrissage nécessitaient de longues pistes disponibles uniquement dans les plus grandes bases militaires ou aéroports commerciaux, qui n'étaient pas nécessairement situés à proximité de zones de combat potentielles.

Photo : C-135FR @ Armée de l’air