10/05/2020

F-22 & F-35 pourront bientôt communiquer ! 

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Northrop-Grumman a initié le développement et la mise en service d'un prototype d’un système ouvert permettant la traduction et la communication entre les plates-formes de type F-22 et F-35. En effet, jusqu’à maintenant, les deux appareils n’arrivent pas à travailler en réseau.

Rappel :

Le problème est connu, mais il n’est toujours pas réglé, les avions de la cinquième génération qui équipent l’US Air Force n’arrivent pas à communiquer. Le Lockheed-Martin F-35A « Joint Strike Fighter » et F-22A « Raptor », ne peuvent pas transmettre de données entre eux.

Aujourd'hui, le réseau de données du F-22 (Link16) ne peut recevoir que des données du F-35. De son côté le F-35 peut à la fois transmettre et recevoir des données avec des avions plus anciens comme les F-16 et les F-15 et ceci à travers le réseau de liaisons16 existant pour ces appareils. Mais le F-35 n’arrive toujours pas à recevoir les informations transmises par les F-22.

Les raisons du problème :

Les F-22 fonctionne avec une liaison Link16 en lien avec des données intra-vol (IFDL), tandis que le F-35 utilise une liaison Link16 qui englobe le Multi-Function Advanced Datalink (MADL). Hors, Les essais montrent que l’IFDL et le MADL ont une capacité d'interception à faible probabilité d'interception entre-elles. A contrario, les F-15C et F-22 peuvent communiquer à l'aide du de la nacelle « Talon HATE ». 

De plus, le système MADL du F-35 a été conçu pour afficher des informations et les donner au pilote du F-35 uniquement. Les ingénieurs du système MADL semblent avoir oubliés d’y avoir intégré une passerelle permettant de transférer les informations sur le réseau de données Link16 permettant ainsi le partage des communications. 

Résoudre cet épineux problème :

Northrop Grumman Corporation travaille au développement et à la mise en service d'un prototype d’un système ouvert  répondant au nom de « gatewaONE » permettant la traduction et la communication sur toutes les plateformes, à l'appui de la famille de systèmes Advanced Battle Management (ABMS).

Dans le cadre du contrat, attribué par l'US Air Force, Northrop Grumman fournit l'ingénierie, la gestion et l'assistance technique pour l'intégration par l'Air Force des capacités de communication des avions de 5e à 5e génération et d'autres plates-formes « net-centric » en une passerelle modulaire à architecture ouverte. Le test d'une configuration représentative du vol sera effectué dans un laboratoire d'intégration de systèmes, au sol et dans les airs, sur la base du rythme de démonstration opérationnelle de quatre mois.  

Les travaux effectués dans le cadre de ce programme soutiendront directement des démonstrations en direct du développement de la famille de systèmes Advanced Battle Management de l'Air Force. Cette capacité pourrait être utilisée pour mettre en réseau les types d'avions en cours de développement dans le cadre de l'initiative Low-Cost Attractive Aircraft Technology de l'Air Force.

Northrop Grumman intégrera cette capacité - en utilisant sa gamme de produits radio Freedom éprouvée qui peut connecter des avions de 5ème génération d'un même type ainsi que des plates-formes de 5e génération à 4e génération et via ABMS étendre cette fonctionnalité pour permettre plusieurs types de plates-formes de 5ème génération de partager et intégrer les données, contribuant ainsi à faire de l'interopérabilité une réalité. Les radios multifonctions Freedom définies par logiciel sont au cœur de la suite avionique intégrée du F-22 et du système de communication, de navigation et d'identification du F-35. S'appuyant sur des investissements, la société développe des variantes abordables personnalisées pour s'adapter à plusieurs plates-formes.

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Photos : F-22 et F-35 @USAF

 

05/05/2020

Le futur bombardier stratégique chinois prêt pour cette année !

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Certaines sources pensaient que le futur bombardier stratégique chinois serait présenté lors d'un défilé dans le cadre des célébrations du 70e anniversaire de la PLAAF en 2019. Mais il n’en fut rien. De nouvelles sources pensent que la Chine prépare une présentation cette année à un moment spécifique, car celui-ci servirait les intentions de Pékin face à la complexité des relations internationales en raison de la pandémie de coronavirus. Les autorités chinoises sont de plus en plus pointées du doigt suite à la pandémie du COVID-19.

Présentation en novembre ?

Contrairement à l’année dernière, ce ne sont pas des sources journalistiques, mais bien militaires chinoises qui ont déclaré que le bombardier furtif supersonique Xian H-20 pourrait faire sa première apparition publique au salon aéronautique de Zhuhai cette année en novembre prochain.

"Le salon aéronautique de Zhuhai devrait devenir une plate-forme pour promouvoir l'image de la Chine et son succès dans la lutte contre la pandémie en expliquant au monde extérieur que la contagion n'a pas eu de gros impacts sur les entreprises chinoises de l'industrie de la défense", a déclaré une source militaire.

Quelles réactions ?

Pour autant, si la Chine compte montrer sa puissance et calmer les ardeurs de ses détracteurs, la présentation du nouveau bombardier Xian H-20 « Hong » pourrait produire les effets contraires. Les tensions étant déjà particulièrement fortes dans la région Asie-Pacifique et les pays étant directement inclut dans le rayon d’action du nouveau bombardier comme l'Australie, le Japon et la péninsule coréenne ne verront certainement pas d’un bon œil l’arrivée de cette nouvelle menace.

Il faut comprendre par là, que le H-20 n’aura pas la capacité de menacer directement les Etats-Unis faute de puissance. Ces derniers gardent ainsi le une position dominante avec le B-2 « Spirit » et le futur B-21 « Raider ». Par contre, la Chine compte utiliser le H-20 pour peser de tout son poids pour menacer les cibles au-delà du deuxième anneau insulaire qui comprend des bases américaines au Japon, à Guam, aux Philippines et dans d'autres pays à partir de bases situées en Chine continentale. La troisième chaîne d'îles s'étend jusqu'à Hawaï et en Australie côtière.

Le Xian H-20 « Hong » pourra emporter diverses charges dont des  missiles nucléaires et conventionnels d'une masse maximale au décollage d'au moins 200 tonnes et d'une charge utile allant jusqu'à 45 tonnes. Le bombardier devrait voler à des vitesses subsoniques et pourrait potentiellement lancer quatre puissants missiles de croisière furtifs hypersoniques.

La principale question qui reste ouverte pour l’instant concerne la motorisation. Des sources militaires ont émis l'hypothèse que le H-20 pourrait utiliser le moteur russe NK-321, mais deux sources militaires indépendantes ont déclaré qu'il serait équipé du moteur chinois WS-10 amélioré.

Rappel : 

L’existence du programme de bombardiers a été confirmée par le commandant de la PLAAF, Ma Xiaotian, en 2016. Des analystes ont émis l'hypothèse que le prototype du nouveau bombardier stratégique à grand tonnage chinois, connu sous le nom de  H-20, devrait effectuer son premier vol prochainement.

Le Xian Aircraft Corp H-20 est un projet de bombardier stratégique qui ressemblerait au B-2 américain. Il semble que cette « copie » chinoise du bombardier conçu par Northrop-Grumman est le fait de la vente d’informations classifiées à la Chine d’un ingénieur du nom de Noshir Gowadia. Celui-ci avait en son temps été employé chez l’avionneur américain. Cette personne a été condamnée depuis, à 32 ans de prison.

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Photos : Images de synthèse du possible H-20

 

04/05/2020

Maintenance, de nouvelles places de travail à Payerne !

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Grâce à la construction d’une nouvelle place de stationnement sur la base aérienne de Payerne, RUAG AG assure désormais, en faveur des Forces aériennes, la présence d’un service de maintenance sur place en Suisse romande. En plus des six postes actuellement occupés à Payerne, douze autres seront créés dans la région. L’exploitation opérationnelle doit débuter vers la fin du premier trimestre 2021. Dès lors, à Payerne, les collaborateurs de RUAG AG conduiront jusqu’à cinq contrôles majeurs par an sur les F/A-18 et fourniront leur assistance pour les contrôles secondaires. L’aménagement de cette infrastructure accueillant deux équipes sera terminé d’ici la fin du troisième trimestre 2021. 

Cette étape franchie, les agents de maintenance de RUAG AG engagés à Emmen pourront davantage concentrer leur travail sur le programme d’assainissement des F/A-18. La réalisation des travaux d’assainissement à Payerne permettra de renforcer la collaboration déjà étroite entre RUAG et le DDPS, un succès qui dure depuis plus de 30 ans. Grâce au rapprochement géographique des sites de maintenance des avions et des opérations, l’efficience et l’efficacité des prestations fournies en faveur des Forces aériennes seront accrues et les deux partenaires pourront, dans une même mesure, tirer profit des synergies.

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Bien qu’une réduction des besoins en contrôles majeurs soit prévue sur le site d’Emmen dès le lancement de l’exploitation à Payerne, l’ensemble des prestations en faveur des Forces aériennes seront, à l’avenir, toujours fournies dans la même ampleur. 

La maintenance garante de sécurité :

La maintenance des F/A-18 prévoit cinq types de contrôles planifiés. Après 50 heures de vol a lieu un premier contrôle basique. Les deuxièmes et troisièmes types de contrôles (appelés K1 et K2) sont effectués après 100 et 200 heures de vol. Les grands contrôles en revanche, après 300 et 600 heures de vol (appelés G3 et G6), nécessitent un démontage considérable de l'avion. Jusqu'à fin 2017, les G3 et G6 étaient effectués exclusivement par RUAG sur son site d'Emmen et les mécaniciens de Payerne se chargeaient seulement des trois premiers types de contrôles. Mais avec l'extension des horaires du service de police aérienne et l'augmentation du personnel qui en découle, Payerne peut aussi se charger en partie des grands contrôles.

Cette nouvelle mission représente un challenge de taille pour les collaborateurs de la base vaudoise. En effet, les mécaniciens ne s'occupent pas uniquement de la maintenance des F/A-18. Ce personnel effectue parallèlement diverses tâches telles que préparer les avions pour le vol, assurer le piquet dans le service de lutte contre les incendies, ravitailler les avions en carburant, assister la milice durant les cours de répétition ou encore participer aux démonstrations aériennes en Suisse ou à l'étranger. Il n'est donc pas rare qu'une personne démonte une pièce lors d'un contrôle, et que cette même pièce soit remontée par un autre collaborateur plus tard. C'est un travail de rotation d'équipes qui demande une planification rigoureuse.

Les contrôles G3 et G6 contrairement aux K1 et K2 impliquent des contrôles de tous les systèmes, des révisions de certains composants ainsi que des analyses de la structure de l'avion de chasse. Chaque collaborateur acquiert ainsi une vue d'ensemble et approfondit ses connaissances techniques. En outre, l'extension du service de police aérienne crée des postes de travail supplémentaires. En effet, en plus des deux pilotes prêts en permanence, dix techniciens sur aéronefs sont également de permanence pour parer aux engagements de police aérienne ainsi qu'à d'éventuelles pannes.

Payerne œuvre ainsi au bon fonctionnement des avions de combat et est la seule base des Forces aériennes suisses à avoir cette compétence. Elle accomplit, en collaboration avec RUAG, un travail essentiel au profit de la sécurité de l'espace aérien suisse. 

La base aérienne de Payerne est le premier site pour les avions de combat des Forces aériennes et le principal site responsable du service de police aérienne. Concernant ce dernier, l’objectif fixé par le Conseil fédéral consistant à en assurer la permanence se concrétisera au début de l’année prochaine.

La Police du ciel dope l’emploi :

Avec les améliorations en cours sur l’aérodrome de Payerne et ceci grâce à la mise en place de Police du ciel (PA24), c’est la création de 100 emplois sur le site de Payerne qui seront progressivement ajoutés aux 364 emplois actuels sur la base aérienne.

Un meilleur taux de disponibilité des avions. Les mécaniciens de piquets pour la PA24 sont occupés, lorsqu’ils ne sont pas à préparer un décollage en urgence, à la révision d’avions 24/24, ainsi que le week-end. Les cycles de révision G3 (300heures) et G6 (600heures) seront effectués dans les nouvelles halles (H4) actuellement en cours d’achèvement.

En parallèle à la PA24, de nouvelles infrastructures modernes (dortoirs, salles d’eau, bureaux) pour les pilotes et le personnel au sol sont actuellement en phase de finalisation. Une nouvelle centrale écologique de chauffage fonctionnant avec de pellet de bois sera bientôt mise en service, additionnée par des panneaux photovoltaïques sur les bâtiments. (Sources: RUAG/DDPS)

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Photos : 1 & 3 Maintenance avion de combat 2 nouvelle Halle @ DDPS

29/04/2020

Les EAU réceptionnent le premier GlobalEye !

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L’avionneur suédois Saab a livré le premier avion de surveillance d’alerte précoce « GlobalEye » aux Emirats Arabes Unis ce 29 Avril à 2020. Les Emirats arabes unis (EAU) ont commandé trois avions « GlobalEye », avec le contrat initial signé à la fin de 2015. En novembre 2019, le pays a également annoncé son intention d'achever une modification du contrat pour l'achat d'un deux systèmes supplémentaires.

« La livraison du premier « GlobalEye » est une étape importante pour Saab, mais aussi une étape importante dans l'histoire de l'alerte précoce et de contrôle aéroporté. Nous avons établi une nouvelle norme pour le marché et je suis fier de dire que nous avons livré la solution la plus en pointe en matière de surveillance aérienne  dans le monde aux Emirats arabes unis », dit Micael Johansson, président-directeur général de Saab.

Le GlobalEye AEW&C :

Basé sur une cellule de jet d’affaires Global 6000, le « GlobalEye » offre les plus récentes technologies, cet impressionnant biréacteur peut relier Paris à Tokyo sans escale avec huit passagers et de trois à quatre membres d’équipage (en mode jet privé). Il peut franchir 6’000 milles marins (11’100 km) à Mach 0,85 avec jusqu’à huit passagers. De son côté la Société de Défense et de la sécurité Saab a installé sa nouvelle version du système de radar Saab « Erieye ER » intégrant la technologie GaN (nitrure de gallium), le système « Swing Role Surveillance System » (SRSS) capable de détection simultanée et le suivi des cibles multiples dans les airs, sur terre et en mer.

Le système AEW&C « GlobalEye » dispose donc de la nouvelle version du radar « Erieye ER », le SRSS de type AESA qui offre une détection supérieure à 600 kilomètres. Les caractéristiques du système comprennent, la production d'onde adaptative (y compris la compression numérique, codées en phase d'impulsion), le traitement du signal et de poursuite de cible (TWS) tout au long de la couverture angulaire du système à l’aide de fréquences basses et moyennes. Le système permet une capacité de détection avant et en arrière du cap de l'avion.


En matière de détection maritime, le système est couplé avec le radar Leonardo 7500E AESA en bande I (8 à 12,5 GHz) ventral et d’une tourelle électro-optique. Le « GlobalEye » est capable de détecter des navires à environ 400 km et même des contacts plus petits, comme par exemple un jet ski et des bateaux gonflables (CPCR) et un périscope de sous-marin à très longue portée au-delà des 100 nautiques miles. L’ensemble du système est capable de fonctionner dans un environnement de guerre-électronique et de cyberguerre. L’identification de piste aérienne est facilitée par un IFF Mode 5 (ou norme nationale du client).

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Photos : GlobalEye destiné au EAU @ SAAB

28/04/2020

Dassault livre le 3ème ATL2 modernisé !

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Dassault Aviation a livré à la DGA un 3ème avion de patrouille maritime (PATMAR) ATL2 modernisé au standard 6. Cette livraison a été effectuée comme prévue à l ami-avril, malgré les contraintes liées à la crise du Covid-19, grâce au professionnalisme et à l’engagement des équipes de Dassault Aviation et de ses partenaires industriels et étatiques.

Rappel : 

Au total se sont 18 des 22 AMP ATL2 exploités par la Marine française qui seront mis à niveau vers la nouvelle version Standard 6. La mise à niveau est complète et devrait permettre à l’avion d’opérer jusqu’à 2030. La DGA avait notifié le 11 octobre 2018 aux industriels Dassault Aviation et Thales un marché de rénovation des avions de patrouille maritime Atlantique 2 (ATL2).

Placé sous la maîtrise d’ouvrage de la DGA, le programme de rénovation des Atlantique 2 permet de doter ces appareils des performances requises pour assurer leurs missions opérationnelles jusqu’à leur retrait de service après 2030. La modernisation de l’avion porte principalement sur le remplacement de certains matériels par des équipements numériques issus des meilleures technologies actuellement disponibles

Le Standard 6 : 

Le programme de mise à niveau comprend la mise au point d'un nouveau système de combat appelé «Logiciel de traitement de l'information opérationnelle nouvelle génération» (LOTI-NG). Le système est utilisé pour établir une image tactique à partir des données recueillies par les différents capteurs de l'avion. Les nouveaux postes d’opérateurs numériques ont remplacé les équipements analogiques d’origine.

Une autre amélioration majeure est la mise à niveau du sous-système de traitement acoustique appelé «Sous-système de traitement acoustique numérique» (STAN). Ce système est capable de faire fonctionner plus de bouées sous-marines que son prédécesseur et de scanner une gamme de fréquences plus large. Le système peut également utiliser les bouées sous-marines américains les plus récentes, y compris en mode multistatique. La tourelle électro-optique (EO) Wescam MX-20 a également été intégrée (la même que celle utilisée à bord du Boeing P-8A Poseidon). Ce système avait déjà été installé sur certains ATL2, mais il n’était pas intégré au système de combat. Avec la mise à niveau au Standard 6, différents opérateurs peuvent accéder simultanément aux images fournies par le MX-20.

Le dernier élément majeur de la mise à niveau de Standard 6 est l’intégration du radar AESA (Active Electronic Scanning Array) de Thales le Searchmaster. Selon Thales, ce radar de surveillance multirôle offre le plus haut niveau de performance opérationnelle. La Marine française recevra également un nouvel outil de préparation de mission et un simulateur.

Photo : ATL2 Modernisé @Dassault Aviation