07/10/2019

L’USAF : retour à la « Century Series » !

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Vous n’avez pas connu l’époque des « Century Series » ? Eh, bien, nous allons vivre un ersatz de cette période, mais numérique. La référence à «Century Series» remonte aux années 50, lorsque les États-Unis ont mis au point une série de chasseurs, tels que le F-100, le F-102 « Convair » et le F-104 « Starfighter » dans un laps de temps relativement court tout en repoussant les limites de la technologie.

Changement de stratégie au sein de l’USAF :

Will Roper, le nouveau Directeur des acquisitions de l’US Air Force a créé un nouveau bureau pour aider au développement de technologies de chasse avancées. Ce nouveau bureau a été créé pour transformer le programme NGAD (Next Generation Air Dominance) en une initiative similaire à ce que fût la série « Century Series » en terme de création rapide d’avions. Cependant, la nouvelle version de la « Century » fera appel à l’architecture numérique, à l’architecture des systèmes ouverts modulaires et au développement de logiciels agiles pour concevoir des avions avancés plus rapidement et entrer en production avec un coût nettement inférieur. Cette nouvelle vision contraste fortement avec les programmes existants, qui peuvent durer des années tout en ne produisant qu'un seul avion.

La série Digital Century vise à améliorer la vitesse et la flexibilité avec lesquelles les avions peuvent être pilotés en utilisant des technologies de conception et de fabrication entièrement numériques et ne modifiera pas les technologies de combat poursuivies au NGAD.

Ce nouveau bureau exécutif du programme (PEO) sera dirigé par le colonel Dale White, qui a de l'expérience dans le développement et l'acquisition de plateformes de renseignement, de surveillance et de reconnaissance, avec d'autres rôles. Il a également participé au programme Northrop-Grumman B-21 « Raider ».

Pourquoi ce changement ?

Nous avons ici un véritable changement de concept qui renie tout simplement les 30 dernières années de gestion des programmes au sein de l’US Air Force. Il y a deux raisons principales dans cette nouvelle vision :

D’une part le concept actuel pose un problème de compétence en ce qui concerne la répartition du savoir faire entre les avionneurs américains. Lockheed-Martin se taille la part du lion avec le F-22 et le F-35, laissant ainsi Boeing et Northrop-Grumman sur la paille. Ces deux derniers pourraient à terme perdre des capacités de développement technologique. Une telle perte pourrait au final compromettre les chances de mise au concours futures.

De l’autre, le système actuel produit des avions trop chers. Le modèle actuel ne permet pas, par exemple de réagir face à la production de 3 à 4 avions de nouvelles générations en Chine. Hors, il faudra à l’avenir être capable de répondre rapidement à une nouvelle menace en créant un nouvel avion ou plus simplement un dérivé d’un aéronef existant qui réponde à celle-ci de manière spécifique.

La mort du programme F-35 ?

Cette nouvelle vision du concept de réponse aux menaces est totalement inverse de ce qui a été créé au sein du programme F-35. La nouvelle « Century » ne va pas aider le programme F-35 de Lockheed-Martin, bien au contraire. Elle devrait même le rendre obsolète et réduire considérablement les espoirs de produire 3'000 avions à terme. La « Digital Century » devrait également impacter à la baisse les envies d’exportations du F-35. Inutile de dire qu’à Washington, les pro-F-35 s’inquiètent de la nouvelle décision.

La nouvelle approche concrètement :

La nouvelle approche de la série « Digital Century » pourrait permettre  à l’US Air Force de disposer assez rapidement d’un nouvel avion furtif qui servirait de nœud central au NGAD, fonctionnant en réseau avec des capteurs, des drones et d'autres plates-formes. L’USAF utiliserait le prototypage pour accélérer l'utilisation de technologies clés dans l'espoir de les faire mûrir suffisamment tôt pour pouvoir être intégrées dans des aéronefs perfectionnés au début des années 2030. De fait, au lieu de produire un super avion, l’objectif serait de construire rapidement le meilleur chasseur que l’industrie puisse rassembler en quelques années, en intégrant toute la technologie émergente existante. Le service sélectionnerait, mettrait un petit nombre d’appareils sous contrat, puis relancerait une nouvelle ronde de concurrence entre les constructeurs de chasseurs, qui réviserait leurs conceptions de chasseurs et exploreraient de nouvelles avancées technologiques. Le résultat serait une famille d’aéronefs en réseau, certains plus interdépendants que d'autres, développés pour répondre à des besoins spécifiques et intégrant les meilleures technologies à bord d'une cellule unique. Un jet pourrait être optimisé autour d'une capacité révolutionnaire, comme un laser aéroporté. Un autre pourrait donner la priorité aux capteurs de pointe et ainsi de suite.

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Photos : Image de synthèse d’avions futuristes

 

 

04/10/2019

Des P-3C « Orion » pour l’Argentine !

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L'Argentine a acheté quatre avions de patrouille maritime Lockheed P-3C « Orion » pour remplacer les modèles précédents, a annoncé le ministre de la Défense nationale. Les quatre avions avaient été achetés au gouvernement américain.

L’intention est de remplacer les six orions P-3B reçues par l’Argentine entre 1997 et 1999, dont aucun n’est opérationnel. Étant donné que les P-3B nécessitaient une rénovation structurelle majeure, il a été décidé que le meilleur plan d'action consistait à les remplacer par des appareils plus récents, récemment retirés par la US Navy (USN).
Les termes de l'accord stipulent que les quatre P-3C affectés au transfert en Argentine ne doivent pas avoir quitté le service actif américain pendant une période supérieure à deux ans avant leur livraison.En outre, le contrat comprend des dispositions relatives à la fourniture de pièces de rechange et d’autres équipements techniques.

L'intérêt pour les P-3C a commencé en 2016 lorsque le personnel de la marine argentine s'est rendu dans des installations américaines pour inspecter des cellules excédant les exigences américaines. Le 25 juin dernier, lors d'une visite en Argentine, l'amiral Craig Faller, commandant du US Southern Command, a déclaré que l'avion pourrait être mis à disposition et que des négociations ont été engagées pour la fourniture de quatre d'entre eux.

Lockheed-Martin P-3 « Orion » :

Le Lockheed P-3 Orion est un quadrimoteur à hélices. Le P-3 Orion est un dérivé militaire du projet d'avion civil Lockheed L-188 «Electra» qui a été abandonné.

En 1957, l’USN fait part de son besoin d'avoir un remplaçant à ses P2 «Neptune» vieillissant et encore doté de moteurs à pistons. Lockheed est sélectionné pour le développement de l'appareil.

Un premier prototype désigné YP3V-1 est construit. Il effectua son premier vol le 25 novembre 1959. Par rapport au modèle civil, dont il est issu, il est plus court de 2,24 m et est modifié pour accueillir une soute à bombes.

Ses essais effectués, il fut mis en production sous le nom de P-3A. 157 appareils de ce type furent construits. Il fut mis en service pour la première fois dans les forces armées des États-Unis en 1962.  Ils étaient équipés de propulseurs Allison T56-A-10W de 4 500 chevaux et du même système tactique que le P2V-7. À partir du 109e appareil, celui-ci fut remplacé par un système Deltic plus moderne tandis que les avions déjà en service furent rétrofités avec ce système.

Une seconde version vit le jour sous le nom de P-3B et fut construite à 145 exemplaires. Les différences avec le P-3A résidaient dans une nouvelle motorisation, des Allison T56-A-14, et la possibilité d'emporter des missiles AGM-12 Bullpup.

La version finale, P-3C, conserva la cellule et la motorisation de la précédente mais fut équipée d'un nouveau système de lutte anti-sous-marine et d'un Naval Tactical System. Le P-3C est doté du système de radar (LSRS) AN/APS-149 hautement performant de Raytheon.

Photo : P-3C Orion@ Lockheed

 

29/09/2019

Taïwan présente son jet formateur !

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En fin de semaine dernière, le président de Taiwan, Tsai Ing-wen, a dévoilé le prototype du nouvel avion école de formation avancée Advanced Jet Trainer (AJT) dans les locaux de la Société de développement industriel aérospatiale (AIDC) de Taichung.

Un dérivé du F-CH-1 « Ching Kuo » :

L’appareil qui a été dévoilé est désigné «A1» « Brave Eagle », il s’agit du premier des quatre prototypes qui seront produits pour les essais au sol et en vol. Le développement de cet appareil est issus d’un programme en collaboration entre l’Institut national de la science et de la technologie Chung-Shan (NCSIST), l’État, l’armée de l’air de la République de Chine (ROCAF) et l’avionneur l’AIDC. A terme l’avion devrait être nommé T-5 « Brave Eagle »

A première vue, l’avion est directement dérivé de l’avion de combat indigène F-CK-1 «Ching Kuo » en service au sein de Armée de l'Air taïwanaise. Le design du T-5 « Brave Eagle » est basé sur la version biplace du chasseur de défense autochtone F-CK-1 d’ AIDC, mais incorpore plus de 80% de nouveaux composants. Parmi les changements, l’avionneur précise avoir utilisé plus de matériaux composites pour réduire le poids, l’avion offre une plus grande capacité de carburant, un profil d’aile différent pour un vol à basse altitude plus lent et plus stable. Le canon de bord a été enlevé. L’avion est motorisés par deux réacteurs Honeywell / ITEC F124-200TW sans post-combustion. L’avion est doté de sièges éjectables Martin-Baker.

La société Pyras Technology a été chargée de fournir les antennes de communication et Tron Future  Tech le radar AESA à base de nitrure de gallium (GaN). Le NCSIST a dirigé l'élaboration du système de formation au sol (GBTS), qui comprend des dispositifs de formation au pilotage, des simulateurs de mission complets et des systèmes de planification de mission et de compte rendu.

Le contrat de développement du nouveau jet école a été signé pour la première fois entre le gouvernement et le NCSIST le 7 février 2017 pour un coût de 2,2 milliards de dollars américains. Le premier vol est prévu pour juin 2020 et sa production limitée débutera en novembre 2021. Le projet vise à terme à produire 66 avions sur une période de six ans, en remplacement des AIDC AT-3 et Northrop F-5E/F, qui sont utilisés en tant que formateurs avancés.

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Photos : le T-5 « A1 » dévoilé @ AIDC

 

23/09/2019

L’Air National Guard reçoit ses premiers F-35 !

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La Garde Aérienne Nationale des Etats-Unis a réceptionné ses premiers avions de combat Lockheed-Martin F-35A sur la base aérienne du Vermont à Burlington.

« L'arrivée du F-35 est une étape importante pour les Green Mountain Boys de la Garde nationale aérienne du Vermont et de l'état du Vermont. L'incroyable travail acharné et le dévouement de nos aviateurs et le soutien de nos familles et de la communauté nous ont permis de vivre ce moment », a déclaré le colonel David Smith, du 158e Fighter Wing commander.

Avec la technologie furtive, des capteurs de pointe, une vitesse supersonique le F-35 est l'avion le plus avancé, et connecté survivable dans le monde. Plus qu’un avion de chasse, la capacité du F-35 permet de recueillir, d’analyser et de partager des données. Il est un puissant multiplicateur de force qui améliore tout dans l'air, à la surface et pour le combat terrestre.

Deux appareils ont été livrés sur un total de 18 aéronefs. Sept nouveaux F35 arriveront dans le Vermont jusqu'à fin 2019. Avec l’arrivée de F-35A sur la base de la Garde nationale aérienne du Vermont, les F35 fonctionnent maintenant à partir de 19 bases dans le monde entier. Plus de 425 F-35 ont été livrés et plus de 890 pilotes et 8.230 personnes du service de maintenance ont été formés. Huit pays ont opérèrent le F-35  sur leur sol et sept ont déclaré sa capacité opérationnelle initiale. 

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Photos : Premiers F-35A l’Air National Guard@ LM

 

20/09/2019

Premier vol pour le drone MQ-25 de Boeing !

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St-louis, Boeing et la US Navy ont effectué avec succès hier le premier vol d'essai du ravitailleur aérien sans pilote MQ-25 ™ « Stingray ». Le premier drone ravitailleur en vol MQ-25 n°T1 a effectué le vol autonome de deux heures sous la direction de pilotes d’essai de Boeing opérant depuis une station de contrôle au sol située à l’aéroport St. Louis de Mascouta. L’appareil a effectué un taxiage et un décollage autonomes, puis a emprunté un itinéraire prédéterminé pour valider les fonctions de vol de base et les opérations de l’appareil avec le poste de contrôle au sol.


Le T1 a reçu son certificat de navigabilité expérimental de la FAA en septembre, attestant que le véhicule aérien répond aux exigences de l’agence en matière de sécurité du vol. 

Le MQ-25 fournira à la marine une capacité de ravitaillement en vol sans pilote basée sur un transporteur. Cela permettra une meilleure utilisation des avions de combat au combat remplissant actuellement le rôle de tanker et élargira la portée de l’aéronavale.

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Rappel :

L’avionneur Boeing  a obtenu le contrat en vue de la fabrication du futur drone ravitailleur en vol  MQ-25 « Stingray » de support opérationnel destiné à  l'US Nav.  Ce premier contrat est d’un montant de 805 millions de dollars doit permettre à Boeing de développer l'ingénierie et la fabrication de quatre premiers aéronefs sans pilote.

Le drone MQ-25 « Stingray » est conçu pour fournir à la marine des États-Unis  une capacité de ravitaillement en vol . Selon la US Navy, le MQ-25 « Stingray » permettra une meilleure utilisation des avions de combat en élargissant la gamme de déploiement des  Boeing F/A-18 « Super Hornet », Boeing EA-18G « Growler » et des Lockheed Martin F-35C. Le MQ-25 fonctionnera depuis les porte-avions en utilisant les mêmes systèmes de bord communs aux avions pilotés par l’homme, comme  la catapulte de lancement et les systèmes de récupération du bâtiment.

Désigné le RAQ-25 dans la phase d’évaluation du projet de drone ravitailleur, la désignation a été modifiée en MQ-25 « Stingray ». Les exigences en matière de furtivité  permettent toujours tirer des missiles ou larguer des bombes à partir de pylônes, mais la surveillance et la destruction des cibles ne seront pas sa mission principale du nouvel engin.  Le drone MQ-25 va permettre de prolonger le rayon de combat non ravitaillé des  « Super Hornet »  à plus de 700 milles marins (1 300 km). L'objectif de la Navy est de fournir 6 800 kg (15 000 lb) de carburant à 4 à 6 avions sur une distance de 530 mi (580 mi).

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Photos : 1Premier vol du MQ-25 image de synthèse 3Essais au sol @ Boeing