11/03/2021

Vol inaugural pour le premier F-35 destiné au Danemark !

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Cette semaine le premier avion de combat Lockheed Martin F-35A « Lightning II » destiné au Danemark, n° L-001, a effectué son vol inaugural à Forth Worth. Le Danemark est le cinquième pays européen et membre de l’OTAN à avoir opté pour le F-35A.

Le L-001 va maintenant passer par une série de tests complets pour s'assurer que tous les systèmes de l'avion fonctionnent correctement. Entre autres, il couvre un large éventail de tests logiciels, où tous les systèmes mécaniques et électroniques de l’avion sont testés. Le L-001 devrait être livré à la Royal Danish Air Force en avril et sera transféré sur les installations de Luke Air Force Base, en Arizona, plus tard cette année pour la formation des pilotes et du personnel de maintenance. Les F-35 arriveront au Danemark en 2023 et seront basés sur l’aérodrome de Skrydstrup de la Royal Danish Air Force (RDAF) dans le sud du Jutland.

Rappel :

C’est au mois de mai 2016 que le ministère de la défense et le gouvernement du Danemark ont ​​recommandé la sélection du Lockheed-Martin F-35A « Lightning II » comme futur avion de combat pour le pays. Cette décision fait suite à une réévaluation. La décision finale a été annoncée par le Premier ministre Lars Løkke Rasmussen et le ministre de la Défense Peter Christensen. Trois appareils étaient concernés, l’Airbus DS Eurofighter, le Boeing F/A-18 E/F « Super Hornet » et le Lockheed-Martin F-35.

Pas assez d’avions et trop cher : 

Selon le National Audit Office, le ministère de la Défense du Danemark a été trop optimiste pour calculer ce que les avions de combat F-35 pourront faire, par exemple, en termes d’heures de vol. Les 27 Lockheed-Martin F-35A ne pourront purement et simplement pas compenser en termes de dotation minimale la flotte actuelle de 44 F-16. Pour mémoire le Danemark avait acheté 77 F-16A/B et en avait modernisés 47 au standard MLU.

Dans le même temps, il existe un risque important que le coût total de l’acquisition dépasse les 66 milliards de l’ensemble de la durée du programme, soit 30 ans.

Pour la Force aérienne du Danemark, une future flotte de 27 F-35 ne permettrait pas de résoudre les tâches promises et le Danemark se retrouvera avec une Force aérienne plus faible qu’aujourd’hui.

Selon le professeur de politique internationale de l'Université de Copenhague Ole Wæver, le Danemark pourrait être contraint d'acheter plus d'avions de combat ou de réduire le nombre de tâches. L'expert en défense Peter Viggo Jakobsen, de l'Académie de la Défense, critique le ministère de la Défense pour avoir « reculé » afin de s'assurer que le F-35 puisse remporter la compétition sur deux autres avions en concurrence. 

Des marquages colorés :

Ce qui marque avec les premières photos du L-001 vient de la coloration des cocardes de l’avion. Habituellement, les F-35 sont dotés de cocardes dites « basse visibilité ». Mais le Danemark en a décidé autrement et veut que ses couleurs puissent être arborées de manière colorée.

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Photos : le premier F-35A de la RDAF @ RDAF

10/03/2021

La reprise et les perspectives en places pour Boeing ! 

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Le ciel s’éclaircit pour l’avionneur Boeing après la série noir du « MAX » et l’ajout de la pandémie. D’une part, le B737 « MAX » a atteint ses objectifs pour le retour en vol et de l’autre l’avionneur a retrouvé un cahier de commandes positifs. Boeing prépare également une relance avec un nouvel appareil.

Objectif atteint pour le B737 « MAX » :

La reprise du programme B737 « MAX » a atteint ses objectifs avec le retour en vol progressif depuis décembre dernier. En parallèle, le taux de production du B737 « MAX » augmente régulièrement pour atteindre probablement le chiffre de 31 avions par mois au début de 2022. Mais la crise traversée par le « MAX » combinée à la pandémie va obliger Boeing à revoir ses objectifs de production à la baisse, du moins pour encore deux années. Pendant ce temps, l’avionneur concentre ses efforts pour accélérer les livraisons des « MAX » stockés et qui doivent recevoir les modifications prévues. Selon Boeing, se sont 450 « MAX » qui attendent de d’être livrés et une partie doit encore trouver preneur. Depuis décembre dernier, Boeing confirme que pas moins de 70 « MAX » ont été livrés à ce jour.

Selon le dernier pointage effectué au début du mois, 12 compagnies aériennes avaient remis en service le B737 « MAX » selon les chiffres de Boeing. La flotte avait enregistré plus de 7’500 vols payants et 17’500 heures de vol et ceci toujours dans le contexte actuel de pandémie.

Retour des commandes et livraisons :

L’autre bonne nouvelle concerne le remplissage du carnet de commande. Boeing annonce des commandes brutes de l’ordre de 86 appareils à fin février. Les livraisons, quant à elles, ont également augmenté, avec 22 avions en février, dont dix-huit B737 « MAX » livrés à 11 clients. Boeing a livré un total de 48 avions au cours des deux premiers mois de l'année, contre seulement 30 au cours de la même période en 2020.

Un nouvel avion intermédiaire :

Le projet avait été mis de côté suite aux déboires de la compagnie ces derniers mois, mais Boeing se relance avec son projet d’avion intermédiaire (NMA). Selon les premières informations transmises par le Directeur de Boeing David Calhoun, le programme comprend trois variantes : le 7K7-6X, avec environ 250 sièges, le 7K7-7X, avec près de 275 sièges et le 7K7-5X, avec environ 225 sièges. Ce dernier est doublement intéressant car il se situe entre les variantes actuelles du B737-9 et B737-10 MAX et très proche de l’A321. Sauf que la famille NMA serait à contrario conçue à deux couloirs.

Du côté de la conception, Boeing est déjà en avance sur la famille NMA, avec un fuselage et une aile entièrement en composite qui permettront de réduire considérablement la consomation de carburant. Si la motorisation n’est pas encore connue, les principaux motoristes sont déjà entrés en discussion avec Boeing pour des offres avenir.

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Photos : 1 B737MAX American Airlines de retour en vol @ Rob Filayson 2 La nouvelle famille NMA @ Leeham news

 

09/03/2021

Entre le F-35 et le Tempest, Londres va devoir choisir !

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Je vous en parlais en août dernier, Londres ne va pas pouvoir assurer l’ensemble de ses programmes en matière d’avions de combat. Des choix s’imposent entre l’Eurofighter, le F-35 et le futur Tempest. Le sort des 24 anciens Eurofighter de la Tranche 1 est déjà scellé avec un retrait définitif en préparation. Mais le coup d’assommoir reste à venir avec le F-35B.

48 F-35 et pas un de plus :

Le Royaume-Uni s’est engagé à l’achat de 48 F-35 d'ici la fin de 2025 pour un montant de 11 milliards dollars. Initialement, Londres avait en projet l’acquisition de 138 avions de combat F-35 Lightning II, selon une étude du gouvernement. La Grande-Bretagne a commandé la variante à décollage court et atterrissage vertical de type F-35B qui est conçu pour voler à partir de porte-avions. Les porte-avions de classe Queen Elizabeth de la Royal Navy devraient se déployer avec 12 ou 36 F-35B à bord, selon l’opération. Selon le nombre d’appareils en déploiement, la dotation sur deux porte-avions de classe Queen Elizabeth serait donc insuffisant. Selon le Naval Forces and Maritime Security à l'International Institute for Strategic Studies, il faudrait une dotation de l’ordre de 60 à 70 F-35B.

Une augmentation du nombre de F-35 est certes souhaitée, mais financièrement impossible pour l’instant. Pour Londres, le maintien des versions modernisées de l’Eurofighter et le développement du système aérien « Tempest » sont prioritaires.

Inquiétudes concernant le revêtement :

Pour Londres, un autre sujet pousse à un éloignement du programme F-35. Il s’agit de deux problèmes, l’un concerne les températures moteur qui provoquent un décollement du revêtement furtif dès que la vitesse dépasse Mach 1,2 et l’autre se situe lorsque l’avion évolue par temps chaud, le réacteur est susceptible de ne pas donner toute la puissance nécessaire à la sustention du F-35B. Soit une situation particulièrement gênante pour une appareil de la catégorie STOVL.

La variante F-35B :

La variante du F-35B STOVL (Short TakeOff/Vertical Landing, ou décollage court et atterrissage vertical) cette version possède une soufflante intégrée verticalement dans le fuselage, à l'arrière du cockpit (utilisée uniquement pour le décollage ou l'atterrissage), ainsi qu'une tuyère principale orientable vers le bas. La soufflante est reliée à la turbine basse pression du réacteur principal. La capacité interne en carburant est réduite à 6,35 tonnes (- 24,22 % par rapport à la version F-35A). Cette variante du F-35 est celle qui est livrée à l'US Marines Corps et la Royal Air Force.

Photo : F-35B britannique @ RAF

 

06/03/2021

L’AT-5 « Yung Yin » bientôt prêt pour les tests opérationnels ! 

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L’avionneur taïwanais Aerospace Industrial Development Corporation (AIDC) a annoncé le 2 mars dernier que son avion d'entraînement avancé (AJT) AT-5 « Yung Yin » ( Brave Eagle ) serait bientôt prêt pour être livré à la Force aérienne de la République de Chine (RoCAF) afin de subir les tests opérationnels et son évaluation finale avant livraison.

L'annonce a été faite le jour où le président d’AIDC Hu Kai-hung a volé sur l'un des deux prototypes biplaces de l'AT-5 (11001, 11002) qui ont fait leur première présentation officielle en public. Le premier prototype du T-5, qui a été développé en collaboration avec le National Chung-Shan Institute of Science and Technology (NCSIST), a effectué son premier vol en juin 2020 soit environ neuf mois après son déploiement en septembre 2019. Le deuxième prototype a volé fin décembre 2020.

Le RoCAF devrait acquérir 66 AT-5 « Yung Yin » biplace dans le cadre d'un contrat de 2,2 milliards de dollars US attribué en 2017. L'avion devrait remplacer l’avion école AIDC AT-3 tandis qu'une variante d'attaque et de combat léger est destinée à remplacer les Northrop F-5 E/F Tiger II en service. La production de l'AT-5 devrait commencer fin 2021 et se poursuivre jusqu'en 2026. 

AIDC AT-5 « Yung Yin » (Brave Eagle ) :

Taïwan s'est engagé à développer un avion indigène pour répondre à ses besoins de formateur en février 2017, après avoir flirté avec l'acquisition du KAI T-50 ou du Leonardo M-346. À l'époque, le nouvel entraîneur taïwanais était connu sous le nom de « Blue Magpie ». L'avion « A1 » a été dévoilé lors d'une cérémonie le 24 septembre 2019, au cours de laquelle, il a été nommé Yung Yin (Brave Eagle) par la présidente Tsai Ing-wen.

Le développement de l'AT-5 a été dirigé parle le National Chung-Shan Institute of Science and Technology (NCSIST), qui a conçu une version simplifiée du chasseur de défense indigène F-CK-1D « Ching-kuo » biplace. Alors que l'IDF est propulsé par deux Honeywell / ITEC F125 avec postcombustion, l'AT-5 dispose des F124-200 similaires, mais sans postcombustion. Bien que basé sur le F-CK-1 « Ching-Kuo », l’avion incorpore 80% de nouveaux composants. Parmi les changements figurent l'utilisation accrue de matériaux composites pour réduire le poids, une plus grande capacité de carburant, le retrait du canon de bord. L'avion dispose d’une plus grande capacité de carburant interne que la variante opérationnelle, mais ne pourra pas transporter de réservoirs de carburant sous les ailes. Le profil aérodynamique dispose d’une section révisée, légèrement plus épaisse pour des vitesses d'approche et d'atterrissage plus basses, tandis que le train d'atterrissage sera également repensé. L’avion dispose d’une nouvelle avionique et d’un radar AESA. L’avion emportera les divers armements en service au sein de la RoCAF dont un canon en nacelle ventrale.

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Photos : le prototype 11001 de l’AT5 @ AIDC

04/03/2021

Le Diamond DA42 « Centaur » propriété d’armasuisse !

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Armasuisse louait depuis 2012 un aéronef spécial Diamond DA42 « Centaur OPA » pour effectuer des tests opérationnels et de développement. Dorénavant, l’avion est propriété d’armasuisse.

Aurora Flight Sciences, une société de Boeing, a annoncé aujourd'hui la vente internationale de son système Centaur OPA à armasuisse, l'agence d'approvisionnement de l'armée suisse.

« Centaur est une plate-forme idéale pour l'évaluation des capteurs aéroportés et le développement d'un système de détection et d'évitement pour les drones », a déclaré Roland Ledermann, responsable du programme des systèmes d'aéronefs sans pilote (UAS) d'armasuisse. « Après huit ans d'exploitation, l'achat de Centaur augmentera encore la flexibilité de son utilisation.

Dans les opérations de routine depuis 2012, Centaur intègre les capacités des avions non pilotés sur l'avion bimoteur Diamond DA42. Le système offre une portée exceptionnelle et de faibles coûts de cycle de vie pour de multiples missions de formation de l'équipage, de renseignement et d'essais en vol. Le système Centaur OPA d’Aurora fait partie de l’offre élargie de Boeing de solutions autonomes offrant des capacités permettant des missions du fond marin à l’espace.

Armasuisse teste à l'aide de cette nouvelle plate-forme technologique des capteurs pouvant être utilisés dans de futurs systèmes de drones. Les activités portent également sur les procédures « Sense and Avoid » destinées aux aéronefs sans pilote (UAS). Il permet d'acquérir le savoir-faire pour l’engagement de charges utiles dans le domaine SAR/SIGINT et de tester des concepts SOA (Service Orientierte Architektur) et d’effectuer des engagements dans le domaine SatCom.

La plate-forme technologique Centaur OPA ( Optionally-Piloted Aircraft ) est réalisée sur la base d'un avion bimoteurde type  Diamond Aircraft ( DA-42 ). Le DA-42 a été transformé en OPA par la société Aurora Flight Science, à Manassas (USA) qui appartient à Boeing. En Suisse Aurora dispose d’une importante antenne à Lucerne.

Le « Centaur » prend en charge trois modes de fonctionnement via des options pilotées, non pilotées et hybrides. En mode non piloté, l'aéronef est autonome d'avant décollage à après atterrissage, y compris les opérations de roulage à distance. Le mode hybride permet un contrôle depuis le sol avec un pilote de sécurité à bord de l'avion pour faciliter les tests. La conversion entre les modes de vol habité et sans pilote ne prend que quatre heures. Centaur est capable de transporter sa propre station de contrôle au sol, ce qui en fait le premier système d'avion sans pilote auto-déployable au monde.

Les Suisses sont des leaders dans le développement des opérations UAS dans des espaces aériens complexes et denses.

Diamond DA42 « Centaur OPA » :

Économique le Centaur est un avion bimoteur qui offre à la fois une efficacité exceptionnelle et qui est extrêmement silencieux. Le Centaur brûle moins de 40 livres de carburant par heure et peut rester dans les airs durant trois jours. Le bruit des moteurs a été spécialement atténué au point que l'aéronef et pratiquement indétectable à des altitudes de plus de 3’000 pieds depuis le sol.

En service depuis les installations de l’aérodrome d’Emmen, le Centaur sers à tester différents systèmes de navigation ainsi que les futurs systèmes de capteurs pouvant équiper les drones qui équiperont les Forces aériennes Suisses.

Le Diamond DA42 « Centaur OPA » ne fait pas partie de l’inventaire des Forces aériennes et seuls des pilotes d'armasuisse en prennent les commandes.

Au total, l’OPA peut revêtir les trois configurations suivantes :

Avec équipage : 1 pilote et 3 passagers (PAX) comme avion de liaison VFR/IFR (vol à vue/vol aux instruments), ou 1 pilote et 1 payload operator (siège arrière), engagement VFR/IFR

Hybride :1 pilote et 1 payload operator (siège arrière, si le payload operator est nécessaire), engagement : VFR/IFR

Sans équipage : pas d’équipage à bord, engagement VFR/IFR

Photo : Centaur en service au sein d’armasuisse @ DDPS