01/09/2019

Canada, Airbus se retire de la compétition !

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L’avionneur Airbus DS a annoncé ce vendredi se retirer de la compétition au Canada en vue du remplacement de la flotte d’avions de combat Boeing CF-18 « Hornet ».  La décision a été transmise au gouvernement canadien que l’Eurofighter « Typhoon II » n’est plus candidat.  Il s’agit du second retrait après celui de l’avionneur français Dassault et du Rafale.

Les raisons du retrait :

Deux raisons ont motivés la décision d’Airbus DS :

La première a été l’élément déclencheur du retrait du Rafale, il s’agit de la question concernant l'intégration au réseau NORAD de renseignements ultra-secret du Canada et des États-Unis appelé «Two Eyes», utilisé pour coordonner la défense de l'Amérique du Nord. En effet, les soumissionnaires ne peuvent connaître les détails techniques du système. De plus, pour Airbus une intégration du système imposerait des coûts additionnels aux entreprises situées à l'extérieur de l'Amérique du Nord.

La seconde raison concerne la décision du gouvernement de modifier une politique qui obligeait traditionnellement les soumissionnaires à s’engager légalement à investir autant d’argent dans des produits et activités au Canada que ce qu’ils tirent des contrats militaires décrochés. En vertu du nouveau mécanisme, les soumissionnaires peuvent plutôt établir des « objectifs industriels » et signer des accords non contraignants promettant de tout mettre en œuvre pour les atteindre. Ces soumissionnaires perdent des points dans l’appel d’offres, mais ils ne sont plus écartés d’emblée de la course. Les États-Unis soutenaient que la politique précédente violait un accord signé par le Canada en 2006 pour devenir l’un des neuf pays partenaires dans le développement du F-35 de Lockheed Martin. Or, cet accord prévoit que les entreprises des pays partenaires se feront toutes concurrences pour obtenir des contrats en sous-traitance.

Dans sa déclaration, Airbus a déclaré que la nouvelle approche "ne valorise pas suffisamment les engagements contraignants que le paquet Typhoon Canada était prêt à prendre et qui constituaient l'un de ses principaux points de mire".

Des craintes chez Boeing & Saab :

Boeing et Saab ont déjà fait part de leurs préoccupations concernant la nouvelle politique en matière d’exigences industrielles. Les modifications apportées au processus d'évaluation ont agacé certains concurrents. En vertu d'une politique d'approvisionnement militaire établie de longue date, le gouvernement fédéral demande aux entreprises de dépenser l'équivalent de la valeur d'un contrat au Canada afin de renforcer l'industrie canadienne.

De fait, pour l’avionneur américain Boeing, si l’intégration au système «Two Eyes» n’est pas un problème, les nouvelles règles imposées le deviennent.

Saab est désormais le seul candidat européen. Pour autant, la question est également problématique pour l’avionneur Suédois, compte tenu du fait que la Grande-Bretagne, qui a soutenu l'offre d'Eurofighter, estime qu'elle ne peut pas respecter les strictes mesures de partage du renseignement du NORAD sans coûts importants, on peut se demander comment Saab va pouvoir faire mieux ?

Boeing n’est pas certain de rester :  

Le maintien en dans la compétition de l’américain Boeing n’est pas assurée à ce jour, car celui-ci estime toujours que la compétition avantage beaucoup trop le F-35 de Lockheed-Martin. Un comble pour le gouvernement Trudeau qui avait comme promesse de campagne un refus de l’achat du F-35, justement. Si d’aventure Boeing et Saab devaient se retirer également de la compétition, cela signerait un véritable camouflet politique pour l’actuel gouvernement.

La réaction :

Au Canada, le retrait d’Airbus a fait bondir l’opposition : "Justin Trudeau a passé les quatre dernières années à retarder et à retarder la construction de nouveaux avions de combat pour le Canada, uniquement pour mal gérer le processus de concurrence", a déclaré James Bezan porte-parole conservateur en matière de défensedans une interview. 

Photo :Image d’un Typhoon aux couleurs du Canada @Clyveworks Design

11/08/2019

Quel avion école pour la Slovaquie ?

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L’armée de l’air slovaque (SAF) est en train de définir ses besoins en matière de nouvel appareil de formation moderne et ceci pour préparer à l’arrivée des 14 avions Lockheed-Martin F-16 Block 70/72 « Viper ». Le contrat des F-16 et d'un montant de 1,6 milliard USD, est le plus important de l'histoire de la SAF. Les premiers avions doivent être livrés en Slovaquie au deuxième trimestre de 2023, selon le calendrier initial.

Dans le cadre de cet accord, 22 pilotes de la SAF commenceront à s'entraîner sur le F-16 Block 52 à la base de la Garde nationale aérienne de Tucson dans Arizona en 2022. Ils seront principalement issus de la petite flotte d’avions  formateurs Aero-Vodochody L-39CM/ L-39ZAM actuellement utilisés. Mais ces avions écoles sont actuellement en fin de vie et ne permettront pas de former les futurs pilotes de combats slovaques pour les amener sur les futurs « Viper ».

Pour ce faire, la Slovaquie prépare un budget en vue de l’acquisition d’un nouvel entraineur moderne et qui réponde en terme de prix au budget du pays. Pour l’instant, il n’est pas encore défini si le futur avion école sera un Jet de type : L-59NG ou M-345 ou un turbopropulseur comme le Pilatus PC-21.

Dans le courant de l’année prochaine, un cahier des charges doit être établi et une demande d’information sera faite en direction des avionneurs susceptibles de répondre à l’offre. Deux éléments semblent déjà importants pour la Slovaquie, le prix et la possibilité d’être livré rapidement.

Photo :L-39 slovac @ Pavel Bencik

 

 

 

01/08/2019

Les données des F-35 norvégiens transmises aux USA !

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Les autorités norvégiennes de la défense ont surpris l'un de leurs nouveaux avions furtifs F-35A « Lightning II » Block 3F renvoyant des données sensibles à son fabricant américain Lockheed Martin. 

La Norvège est le premier utilisateur non américain du F-35 à disposer d'un logiciel essentiel à la mission, rendu possible par la fourniture de fichiers de données de mission.

C’est une base de données et un logiciel essentiel qui sont censés fournir la «prise de conscience révolutionnaire de la situation». Mais voilà, cette «conscience de la situation» va dans les deux sens. Cela veut dire que l’avionneur américain Lockheed Martin et l’armée américaine reçoivent une télémétrie détaillée sur tout ce que les pilotes norvégiens font avec les F-35A.  

Un problème connu :  

La transmission d’informations propres aux utilisateurs du F-35 est connue depuis un certain temps. Révélée à l’époque par les israéliens qui ont été les premiers à suspecter cette possibilité. Ceux-ci ont été les seuls à prendre la mesure du problème. Les industriels israéliens à travers la société Israël Aerospace Industry (IAI) disposent d’un service de maintenance complet. Israël a mis en place sont propres pare-feu pour s'assurer que l'information privilégiée ne passe pas entre les Etats-Unis et israël via un système externe, tel que le système Autonomic Logistics information (ALIS). Les données ALIS sont téléchargées sur un serveur isolé. Ayant obtenu les codes sources, les informaticiens de Tsahal sécurisent les données, les testes et c’est seulement ensuite que ceux-ci, les téléchargent sur les F-35A « Adir » évitant ainsi toute fuite de données. Cette façon de faire permet également d’éviter d’être « online » et donc d’être éventuellement victime de hackeurs.

On peut donc s’étonner que de nombreux pays ayant délibérement choisi le F-35 semblent tout-à-coup surpris de ce qu’ils découvrent.

Blocage du retour de données :

Lors de la présentation du F-35A en Suisse à Payerne, Lockheed Martin a reconnu qu’il était possible de recevoir en retour des données des utilisateurs. Pour Lockheed Martin, si notre pays devait opter pour le F-35, nous recevrions une version d’ALIS qui permettrait de bloquer tout retour d’information en direction des USA. Quelles garanties aurrions-nous réellement que ce système fonctionne ? Sans parlez d’une erreur humaine qui rendrait nos données visibles. Des nombreuse questions subsistent à ce sujet.

Photo : F-35A norwégiens @ Erik Moen

 

31/07/2019

Début de production pour le Sukhoi Su-57 !

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L’avionneur russe Sukhoi a débuté la production en série du chasseur Su-57, selon les déclarations faites cette semaine par le vice-Premier ministre, Yuri Borisov. Borisov a déclaré qu'un accord concernant 76 exemplaires avait été signé entre le ministère de la Défense et Sukhoi lors de l'exposition "Armée de Russie 2019", qui s'est tenue à Moscou à la fin du mois de juin dernier. Selon le calendrier, le premier avion faisant partie de la commande initiale de 12 avions en 2018 devraient rejoindre l'armée de l'air d'ici fin 2019. En mai, le président russe Vladimir Poutine s’était engagé à élargir considérablement la flotte de Sukhoi Su-57 opérée par les forces aériennes du pays.

Rappel :

Plus tôt en 2018, lors du forum de l'armée, un contrat avait été signé pour la livraison d'un premier lot de 12 Su-57. Le premier avion sera remis au client d’ici la fin de l’année. Puis en juin dernier un contrat a été signé entre le ministère de la Défense et la société Sukhoi pour la fourniture d'un second lot de 76 avions de combat Sukhoi Su-57 de cinquième génération.

Le Sukhoi Su-57 :

Le nouvel avion dispose d’un nombre considérable de nouveauté avec l’adjonction de la fusion des données et une signature radar réduite. Le Su-57 est doté d’une centrale de navigation inertielle BINS-SP2M à gyrolasers qui permet de gérer automatiquement les informations de navigation et ceci même si la réception GPS (Glonass) ne fonctionne plus. L’avion dispose de commandes de vol électriques et multiplexées avec un système mécanique en « back-up » permettant de ramener l’appareil à destination en cas de défaillance généralisée du système électrique. Un système de communication S111-N avec deux radios cryptées UHF/VHF, une liaison de données, complète le tout.

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Les moteurs actuels du Su-57 Izd117 ne sont pas définitifs et représente une variante fortement modernisée de l’AL-31F équipant le Su-27 Flanker.  Le futur moteur qui est encore aux essais, l’Izd 30 permettra le mode de la « SuperCroisière » avec un rapport poids puissance supérieur avec la poussée vectorielle.

On notera que le Su-57 dispose d’une extension mobile le LEVCON (Leading Edge Vortex Controllers) qui vient se positionner devant l’aile et permet de combiner l’effet des plans canards avec celui des extensions des bords d’attaques. Ce système permet à l’avion d’être moins sujet à des pertes de portances, lors d’angles d’attaques élevés.

Le Sukhoi Su-57 dispose de cinq radars intégrés développés par NIIP Tikhomirov MIRES (MultifunctionIntegrated Radio-Electronic System) ce dernier est composé de deux ensembles de capteurs principaux: soit le radar AESA en bande X N036 dans le nez, deux radars AESA en bande X N036B placés à côté du cockpit en amont, deux radars AESA en bande L N036L placés sur les bords d’attaques. De fait, le Su-57 peut "voir" sur une plage de 270° autour de l’appareil. Les performances précises des radars ne sont pas encore connues. Les premiers chiffres parlent d’une capacité de détection montant jusqu’à 400 Km (donnée estimée) en air-air et en fonction de la taille de la cible avec la possibilité de détecter 62 cibles et d’en engager 16 simultanément en air-air tandis que le système peut assurer l’engagement de 4 cibles en air-sol simultanément.

En ce qui concerne la guerre-électronique, l’avion dispose du système de contre-mesures L402, soit un ensemble de nombreux capteurs qui assure une protection spécifique.

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Photos : Su-57 @ Sukhoi

 

27/07/2019

Premier vol pour le B-21 « Raider » à fin 2021 ?

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Le futur bombardier furtif américain Northrop-Grumman B-21 « Raider » avance bien et pourrait même effectuer son vol inaugural à fin 2021. L’information a été donnée lors d’un point presse par le 24 juillet dernier par le général Stephen «Seve» Wilson, chef d'état-major de l'US Air Force.

Le général Stephen Wilson s’est exprimé lors d’un événement de l’AFA Mitchell Institute à Washington, DC, En ce qui concerne le projet du B21, il a déclaré que le service continuait d’analyser sa capacité de mise au point  qui devrait être courte et étudie actuellement diverses combinaisons de d’utilisation avec les autres aéronefs en service. Le calendrier semble donc en avance pour le futur bombardier avec un premier vol en décembre 2021.

L’armée de l’air a déclaré dès le début que le premier B-21 serait un «actif utilisable», mais a également indiqué qu’elle ne s'attendait pas à une capacité opérationnelle initiale le B-21 avant le «milieu des années 2020».

Du côté de l’avionneur, la PDG de Northrop-Grumman Kathy Warden et son équipe se concentrent sur l’intégration de logiciels et s’assurent que les logiciels seront prêts pour l’avion lorsqu’il sera livré.

L’armée de l’air est «concentrée sur le développement du nouveau bombardier ainsi que sur la modernisation du B-52, avec de nouveaux moteurs et un radar (voir avia news sur le sujet). L’USAF explore actuellement sa capacité actuelle avec les B-1, le B-2 et le B-2. -52. Ce qui ressort de la première analyse confirme que la capacité de frappe à longue portée et pour l’instant insuffisante.  Il s’agit pour l’USAF de déterminer avec précision comment organiser à l’avenir sa force de frappe à longue portée. Selon les estimations, celle-ci aura besoin d’au moins 100 B-21 « Raider ».

Plus de B-21 :

En conséquence il se pourrait bien que l’USAF augmente sa commande de B-21 pour satisfaire ses objectifs. Une augmentation du nombre de B-21 avec 7 escadrons supplémentaires aurait également pour résultat de réduire le coût unitaire, en amortissant le développement sur un plus grand nombre d'unités.

Selon le général Stephen Wilson, la décision du retrait des B-1 et B-2 n’a pas été prise et une flotte composée uniquement de B-21 et de B-52. Pour l’instant ce qui ressort des analyses et que l’USAF ne pourra pas disposer d’une flotte composée de quatre bombardiers.

Le projet B-21 Long Range Strike- Bomber (LRS-B) :

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L'Air Force affirme que chaque B-21 coûtera environ 564 millions de dollars (en dollars de l'exercice 2016) plus 23,5 milliards de dollars pour le développement global du programme, soit un total de près de 80 milliards de dollars pour 100 bombardiers. L’armée de l’air affirme également que le coût d’achat moyen de chaque B-21 sera d’environ un tiers de ce qu’il coûtait.

Sauf que historiquement, les nouveaux programmes de défense ont tendance à dépasser le budget de 20 à 30%, ce qui exercerait une pression supplémentaire sur le budget de l’armée de l’air.

Si tel est le cas, le coût total du développement et de la production de 100 bombardiers B-21 pourrait atteindre 96 à 104 milliards de dollars. A cela, il faut encore ajouter les coûts d'intégration de la nouvelle bombe à guidage nucléaire B61-12 et du nouveau missile de croisière nucléaire (LRSO) sur le B-21.

Le programme LRS-B prévoit de mettre au point une nouvelle génération de bombardier stratégique furtif capable d’emporter des armes conventionnelles et nucléaires. Il doit venir compléter le nouveau dispositif de l’USAF qui comprend l’arrivée du F-35, des nouveaux ravitailleurs KC-46A et la modernisation des F-15. Le programme LRS-B a été officiellement lancé en 2012. Le projet LRS-B est considéré, comme prioritaire, pour la future stratégie militaire américaine dans le Pacifique Occidental et le Moyen-Orient, que le programme se poursuivra en dépit d'une réduction de 487 milliards de dollars dans le budget du Pentagone, portant sur les 10 prochaines années.

Photo :Image de synthèse possible du B-21 @ Northrop-Grumman