14/10/2020

F-35, arrivée d’ODIN et d’une protection contre la foudre !

56.jpg

Le remplaçant du système de diagnostique ALIS arrive aux essais au sein de l’USMC et Lockeed-Martin va prochainement installer un système de protection contre la foudre. En parallèle, l’avionneur annonce pouvoir livrer 121 F-35 d'ici la fin de 2020, soit 20 jets de moins que les 141 initialement prévus cette année, COVID-19 en cause.

Rappel : 

A l’origine, le système d’information logistique autonome (ALIS) a été conçu pour soutenir les opérations quotidiennes de la flotte de F-35, allant de la planification des missions et de la planification des vols aux réparations et à la maintenance programmée, ainsi que le suivi et la commande de pièces. ALIS en ligne informatisé du chasseur furtif F-35 fabriqué par Lockheed Martin ne marche pas, il souffre de nombreux retards. ALIS était connu pour ses problèmes. En janvier, le Government Accountability Office a déclaré dans un rapport que le système présentait 4’700 lacunes. Ces problèmes comprenaient des données inexactes ou manquantes, des défis de déploiement du système, un besoin de plus de personnel que prévu, un processus de résolution des problèmes inefficace, une mauvaise expérience utilisateur, des applications immatures et une formation inefficace, selon le rapport.

Operational Data Integrated Network (ODIN): 

Le Pentagone a déclaré que ALIS serait remplacé par le réseau intégré de données opérationnelles (ODIN) de Lockheed Martin, qui sera rationalisé pour plus d'efficacité. Lockheed Martin, le maître d'œuvre du F-35, travaille sur ODIN (Operational Data Integrated Network) dans le cadre du profil de financement actuel d'ALIS sans frais supplémentaires pour le contribuable. Selon LM, le système ODIN aura remplacé ALIS dans tous les F-35 en décembre 2022, à l'exception de ceux déployés à distance ou sur des navires. ODIN sera basé dans le cloud et conçu pour fournir des données en temps quasi réel sur les performances des avions et des systèmes dans le cadre de dispositions de cyber sécurité renforcées.

87.jpg

Premiers tests positifs :

Les premiers tests de performance d'ODIN ont montré une réduction de la charge de travail administrative et des temps de traitement considérablement réduits par rapport aux serveurs ALIS sur le terrain, une diminution de plus de 50%, réduisant la charge de travail des responsables en accélérant les interactions avec le système. Le nouveau système va permettre une surveillance en temps réel des performances du système et la collecte automatisée des informations sur les performances, ainsi qu'une gestion transparente des pièces, des commandes techniques et des données de performance du programme.

De plus, ODIN est bien plus pratique, car la taille du système est réduite. En effet, la partie au sol d'ODIN tient dans deux valises transportables de la taille d'un bagage à main au lieu du rack d'électronique et de modules d'alimentation de secours d'ALIS. ODIN pèse 32 kg, contre 363 kg pour ALIS.

Le 29 septembre dernier, un premier module d’ODIN est entré en service au sein de l’USMC sur la base aéronavale de Yuma en Arizona. Les premiers essais ont débuté le même jour avec des F-35B.

Le F-35 ne craindra bientôt plus la foudre :

economic-impact-splash.jpg.pc-adaptive.1280.medium.jpg

Fait incroyable à notre époque, le « nec plus ultra » de l’aviation militaire craint la foudre ! Mais ce Talon d’Achille sera bientôt une histoire ancienne. Lockheed-Martin prévoit d’installer d’ici la fin de l’année sur les F-35 sortant de la chaîne de production, un système de protection contre la foudre. Ce système résoudra les problèmes découverts plus tôt cette année. En fait le F-35 est bel est bien déjà doté d’une protection contre la foudre, mais cette dernière n’était pas véritablement fiable. 

En juin, le F-35 Joint Program Office a imposé des restrictions de vol sur la variante conventionnelle de décollage et d'atterrissage du F-35A, soit le modèle utilisé par l'US Air Force et la plupart des clients internationaux après que l'US Air Force ait découvert un problème avec le Système de génération de gaz inerte embarqué.

Le système OBIGGS (Onboard Inert Gas Generation System) permet à l’avion de voler en toute sécurité dans des conditions où la foudre est présente en pompant de l'air enrichi en azote dans les réservoirs de carburant pour les rendre inerte, empêchant l'avion d'exploser s'il est frappé par la foudre. Cependant, les responsables de la maintenance du complexe logistique Ogden de la base aérienne de Hill, dans l’Utah, ont constaté que l’un des tubes qui distribuait le gaz inerte dans le réservoir de carburant était endommagé, augmentant ainsi le risque que le système ne fonctionne pas comme prévu.

Alors que les restrictions de vol sont toujours en vigueur, le département de la Défense et Lockheed-Martin sont parvenus à un accord sur l’adjonction d’un correctif pour le système OBIGGS. Le correctif consiste principalement à renforcer un certain nombre de supports associés à ces tubes pour OBIGGS, ce qui permettra finalement aux tubes à l'intérieur du réservoir de carburant d'être maintenus en place plus solidement et d'empêcher tout mouvement qui pourrait entraîner des dommages.

Photos : 1 & 2 Maintenance du F-35 3 Chaîne d’assemblage de F-35 @ Lockheed-Martin

 

 

 

12/10/2020

La France commande le NH-90 en version « Forces Spéciales » !

France to get upgraded NH90 TTH Caiman helicopters for its Special Forces.jpg

La Direction générale de l'armement (DGA) a ordonné la conversion de dix hélicoptères NH90 en versions « Forces Spéciales » (NH-90 FS) auprès du consortium NHI Industries. Cette nouvelle version du NH-90 doit permettre de doter les forces spéciales françaises de nouvelles capacités d'intervention adaptées à leurs missions sur tous types de théâtres.

Le Consortium NH Industries et ses sociétés partenaires (Airbus Helicopters, Leonardo et Fokker), ont signé avec l'Agence de gestion des hélicoptères de l'OTAN (NAHEMA) un contrat ferme pour le développement d'une version améliorée de l'hélicoptère NH90 Tactical Troop (TTH) pour les forces spéciales françaises (TFRA Standard 2). Aux termes du contrat de production, le dernier lot de 10 NH-90 déjà commandés par le ministère des Armées, via la Direction générale de l'armement (DGA), sera livré directement à ce nouveau standard début 2025.

Le NH-90 FS / TFRA Standard 2 : 

NH90-TFRA-Standard2-infographic_Airbus-RGB.jpg

La nouvelle configuration TFRA Standard 2 intégrera un système électro-optique (EOS) EuroFLIR ™ de nouvelle génération de Safran avec des affichages et des commandes pour les pilotes, les commandos, les artilleurs et les capitaines de charge. Les capteurs fourniront des sorties pour entreprendre une planification de mission mise à jour sur des écrans ou des tablettes connectés.

En plus d’un cockpit modernisé, la cabine sera améliorée avec un nouveau système de portes à battant amovible rapide et une poutre à corde rapide. Cela fournira des capacités supplémentaires à l'arrière de l'appareil avec le feu protecteur des mitrailleuses latérales. 

En complément des équipements existants tels que les mitrailleuses M3M et les réservoirs de carburant externes, d'autres améliorations au service des forces spéciales et de l'aviation de l'armée française incluent une carte numérique 3D de nouvelle génération, des marches d'embarquement pliables et des points d'ancrage de corde supplémentaires montés au plafond.

Dans un deuxième temps, il est prévu qu'un système d'ouverture distribuée (DAS) composé de caméras infrarouges fixes affichant la vision 3D dans un affichage numérique de viseur monté sur casque de nouvelle génération sera également incorporé, offrant un niveau sans précédent de soutien du pilote en basse visibilité, améliorant considérablement la capacité de l'hélicoptère dans des conditions environnementales dégradées.

Les principales améliorations apportées au NH90 FS concernent :

L’ajout d’un nouveau système optronique d’observation (l’Euroflir™410 de nouvelle génération de la société Safran Electronics & Défense) pour permettre une détection améliorée des obstacles et des menaces, en vol tactique et par toutes conditions de nuit.

La possibilité d’utiliser l’issue arrière du TTH pour les opérations d’aérocordage avec autoprotection par les portes latérales.

Diverses améliorations de la soute du NH90 pour permettre entre autres d’utiliser l’issue arrière en vol ou d’afficher la vidéo du système optronique d’observation au profit des personnels en soute.    

En outre, des provisions électriques et mécaniques ont été prises pour intégrer ultérieurement :

La mise à hauteur du casque TopOwl de Thales, c’est-à-dire le passage de l’affichage analogique au numérique pour offrir de nouvelles capacités comme l’affichage de vidéo haute résolution des senseurs de pilotage et de mission (Eurofl’eye™ & Euroflir™), l’élaboration et l’affichage de la réalité augmentée (terrain synthétique et obstacles) et l’affichage de symboles 3D « tactiques ». Cet équipement sera commun avec le prochain standard 3 de l’hélicoptère d’attaque Tigre ;

Un « système optronique large champ » Eurofl’Eye™ développé par Safran Electronics & Defense pour améliorer les conditions de pilotage en environnement dégradé (comme les posés de nuit ou en environnement sableux) en offrant des champs de vision indépendants au pilote et au co-pilote.

Les évolutions du NH90 FS, qui suscitent de l’intérêt d’autres pays déjà équipés de cet hélicoptère, ne sont pas destinées à l’usage exclusif des forces spéciales. En effet, la plupart de ces nouvelles capacités seront également utiles à l’Aviation légère de l’armée de Terre (ALAT) pour augmenter la couverture opérationnelle du TTH.

French-NH90-FS-Rendering.jpg

 

Photos : 1 NH-90 actuel @ ALAT 2 & 3 vue et équipement du futur NH-90 FS @ NH Industries

 

Le 10’000ème avion de la famille A320 !

A321neo-Middle-East-Airlines-Delivery-Ceremony-001.jpeg

Middle East Airlines (MEA) a pris livraison de son troisième avion de la famille A320 d’Airbus. Cet A321 porte le numéro de série du constructeur MSN10’000. Désormais, la compagnie dispose de 18 avions. MEA a reçu son premier avion A321neo plus tôt en 2020 et prendra six autres A321neo au cours des prochains mois. La remise de l'avion a eu lieu à Toulouse en présence de Mohamad El-Hout, président et directeur général de MEA.

« Nous sommes honorés de recevoir l'A321neo à la fine pointe de la technologie avec son numéro de série distinctif 10’000 coïncidant avec le 75e anniversaire de Middle East Airlines et spécialement après avoir reçu 5’000 MSN en 2012. Depuis que nous avons acquis un avion de la famille A320 en 2003, nous ont non seulement bénéficié de l'excellente efficacité opérationnelle de l'avion, mais ont également été la première compagnie aérienne à introduire le produit à cabine large sur un avion monocouloir, qui est devenu une tendance dans l'industrie aérienne par la suite », a déclaré le président et directeur général de la MEA. Mohamad El Hout. « Malheureusement, en raison de la situation actuelle au Liban, cette fois, nous ne serons pas en mesure de célébrer la livraison des 10 000 MSN à Beyrouth, comme nous l'avons fait avec les 5’000 MSN, mais je suis sûr que dans ces circonstances difficiles, il est un rayon de lumière, d'espoir et de motivation pour dépasser les difficultés de notre nation. 

MEA avait reçu le MSN 5’000 en 2012, après 23 ans de production dans la famille Airbus A320. Les 5’ 000 suivants ont mis huit ans de plus pour marquer cette étape importante du MSN 10 000, toujours avec MEA. Cette réalisation témoigne de l'avancée industrielle et des capacités d'Airbus et de la popularité de la dernière version NEO encore plus efficace de l'avion.

A321 de MEA:

L’A321neo de la compagnie aérienne est propulsé par des moteurs Pratt & Whitney PW1100G-JM PurePower et est configuré en deux classes avec 28 sièges en classe affaires et 132 sièges en classe économique. Il est également équipé du système de divertissement en vol de dernière génération et d'une connectivité haut débit. Intégrant les derniers moteurs, les avancées aérodynamiques et les innovations de l'habitacle, l'A321neo offre une réduction de la consommation de carburant de 20% ainsi qu'une réduction du bruit de 50%.

Photo : A321 MEA MSN 10'000 @ Airbus/ P.Masclet

11/10/2020

Les F-35 exports sont moins performants !

EZqK1Z4XgAAR9tf.jpeg

On savait que le système ALIS du F-35 renvoyait des informations confidentielles des utilisateurs aux USA, maintenant, nous apprenons que les clients du F-35 n’ont pas droit aux mêmes capacités que les USA.  

L’affaire de la vente aux EAU :

C’est l’affaire de vente possible de F-35 aux Émirats arabes unis (EAU) qui vient de faire éclater la nouvelle. Pour pouvoir vendre l’avion furtif aux EAU, les USA étudient comment structurer un accord sans gêner l’Allié Israélien. Tout accord doit satisfaire des décennies d’accord avec Israël selon lequel toute arme américaine vendue à la région ne doit pas nuire à « l’avantage militaire qualitatif » d’Israël, garantissant que les armes américaines fournies à Israël sont « supérieures en capacité » à celles vendues à ses voisins.

La sophistication technique du F-35 qui intéresse énormément les clients potentiels est intimement liée à ses systèmes de mission et à sa puissance de traitement. C’est cette puissance de calcul intégrée dans le F-35 qui le rend si efficace dans l’analyse des données qui vont permettre d’obtenir une vision de la situation quasi parfaite. Cette même puissance et au cœur du système en réseau qui apporte les véritables changements de la gestion du combat aérien. Mais qu’en est-il de la valeur du F-35, si ce système si performant est « ainsi bridé » pour les clients étrangers de l’avion ? Certes, il restera plus performant que d’autres appareils plus anciens, mais qu’adviendra-t-il, lorsque la concurrence mettra prochainement sur le marché des aéronefs disposant d’une capacité de calcul équivalente ?

Le bon choix :

Par exemple, la Finlande et la Suisse ont déjà l’assurance des autres avionneurs (Airbus, Boeing, Dassault) qu’en cas de choix, l’avion n’aura pas de « Black Box » et que ce dernier ne sera pas bridé. Les standards offerts par ces trois fabricants seront dotés des nouvelles capacités de calcul qui permettront de fonctionner en réseau sans restriction. Voilà une bonne raison de réfléchir à deux fois avant de choisir.

Un petit code qui change tout :

Les avions de combat F-35 vendus aux Émirats arabes unis pourraient être construits de manière à garantir que les mêmes avions appartenant à Israël surclassent tous les autres vendus dans la région.

En effet, il faut savoir que Washington exige déjà que tout F-35 vendu à des gouvernements étrangers ne puisse égaler les performances des avions américains, a déclaré un membre du Congrès. La sophistication technique du F-35 est liée à ses systèmes de mission et à sa puissance de traitement et « c'est la puissance de calcul qui vous permet de vendre un avion de plus haute technologie à Israël qu'aux Émirats arabes unis », a déclaré Doug Birkey, directeur exécutif du Mitchell Institute for Aerospace Etudes à Washington. Toujours selon Birkey, « lorsque des pilotes étrangers sont en formation aux États-Unis, ils tapent un code dans une interface utilisateur lorsqu'ils montent à bord d’un F-35, le code attribue une capacité présélectionnée dans l’avion, différente pour chaque pilote en fonction des autorisations légales données aux pays utilisateurs ».  

Cette affirmation montre clairement que des niveaux de capacité sont décidés par Washington pour chaque pays utilisateurs du F-35. Les clients n’ont du coup pas la pleine capacité à disposition de fait d’un système qui « bride » l’avion.  Est-ce que les Alliés « propriétaires » de F-35 sont tous logés à la même enseigne ou existe-t-il des disparités de droits d’accès entre les utilisateurs ?

Pour l’instant ces questions restent sans réponse et risquent bien d’y rester pour des raisons de confidentialité.

La dépendance au « système F-35 » :

De tout temps, certains systèmes d’armes sont vendus avec des restrictions, par exemple l’exportation d’un système de missile dans une version moins performante dans certains cas en direction de certains pays jugés sensibles. Le cas du F-35 est un peu similaire, sauf que là, il ne s’agit pas juste d’une arme isolée, mais d’un système complet qui doit être le nœud central sur lequel un utilisateur compte pouvoir s’appuyer pour disposer d’une force aérienne compétitive, afin de répondre aux diverses menaces. Difficile de mettre en place des tactiques sachant que celles-ci seront irrémédiablement moins efficaces, car freinée par des ordinateurs qui ne donneront pas la pleine capacité. Cette dépendance du client avec le « système F-35 » est très problématique et ceci à plusieurs titres.

Photo : F-35A norvégien @ LM

 

10/10/2020

Alaska Airlines négocie l’achat de B737 MAX !

n915ak-alaska-airlines-boeing-737-9-max_PlanespottersNet_990147_7c57810e61_280.jpg

Boeing est en pourparlers pour vendre des avions B737 MAX à Alaska Airlines une fois l'avion remis en service après sa mise à l’arrêt. Les pourparlers s'inscrivent dans le cadre d'une série de négociations entre Boeing et plusieurs compagnies aériennes sur les commandes de jets ou l'indemnisation après l'interdiction du B737 MAX dans le monde à la suite de deux accidents mortels.

Tout accord serait soumis à l'approbation par la Federal Aviation Administration des États-Unis des mises à niveau de sécurité proposées pour le B737 MAX. Cette information a fait réagir les bourses, les actions de Boeing ont augmenté de 1,6% à 167,22 dollars jeudi après-midi, tandis que les actions d'Alaska Air ont augmenté de 4,1% à 38,54 dollars.

Alaska Airlines avait déjà commandé 37 B737 MAX avant son interdiction de vol. Si elle est confirmée, une nouvelle commande d'un transporteur aussi important donnerait au B737 MAX de Boeing un coup de pouce commercial cruellement nécessaire alors que l'avionneur américain tente de dépasser une crise qui a martelé ses finances. Cela marquerait également un test post-crise de l'équilibre des forces entre Boeing et Airbus. L'avionneur européen se bat pour garder un pied dans Alaska Airlines, qui exploitait une flotte entièrement Boeing jusqu'à l'acquisition de Virgin America en 2016.

Cependant, tout nouvel accord entre Alaska Airlines et Boeing devrait inclure des remises importantes compte tenu les malheurs du MAX et de la baisse de la demande d'avions pendant la crise des coronavirus.

Photo : B737 MAX aux couleurs d’Alaska Airlines @ Boeing