06/08/2017

Avions d’attaques légers pour l’US Air Force ?

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L’US Air Force cherche désespérément un successeur au Fairchild A-10 qui doit encore rester en service jusqu’en 2020 au minimum et peut-être un peu plus. Pour l’instant, il n’existe pas de jet de combat susceptible de reprendre les lourdes et difficile tâches de l’A-10.

Une solution « light » ?

Les responsables de l’US Air Force ont récemment manifesté un intérêt pour une alternative à faible coût en ce qui concerne les missions de soutien aérien rapproché, du moins en ce qui concerne le opérations contre des groupes terroristes ne disposant pas de défense sol-air. Une autre solution devra être trouvée pour l’appui des unités au sol qui combattent des forces protégées par des moyens de défense aérienne.

Trois concurrents :

L'US Air Force prépare une campagne d’évaluation avec trois concurrents : le Beechcraft AT-6, le Cessna Textron Scorpion et l’Embraer A-29 « Super Tucano » dans le cadre d’une démonstration de capacités de soutien aérien rapproché léger. A noter que pour l’instant l’US Air Force n’a pas de fond disponible pour une future acquisition.

L’AT-6 Light Attack :

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Basé sur la cellule de son avion d’entraînement militaire AT-6, Beechcraft a développé une version d’attaque au sol & surveillance pour répondre aux besoins d’appui au sol des unités antiguérillas et de lutte contre les narcotrafiquants. Cette solution devrait convenir selon son constructeur d’évoluer à proximité directe des Forces au sol et ceci de manière plus proches que les actuels A-10.  La réalisation de l’AT-6 Light Attack est la conclusion de nombreux essais effectués entre le constructeur et  l’Air National Guard Reserve Command Test de l’Arizona. L’appareil intègre un système de gestion NetCentric  de combat dérivé de l’A-10, permettant l’utilisation d’un viseur de casque, une tourelle FLIR couplée à un armement complet. La cellule est renforcée et permet de résister aux impacts d’armes légères. L’AT-6 dispose également d’une turbine plus puissante que sont petit frère, une Pratt&Whitney PT6A-68D de 1600 chevaux.

L’appareil doit donc pouvoir évoluer et surveiller les frontières, ainsi que les secteurs proches d’unités au sol. Permettre de détecter tout mouvement adverse et d’apporter si besoin une réponse armée.

 Le Textron Scorpion :

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Cessna et Bell Helicopter Textron sont partenaires pour le développement d’un avion de renseignement, surveillance et reconnaissance de nouvelle génération. Dénommé «Scorpion», cet aéronef est de conception entièrement en matériaux composites avec un cockpit en tandem. Il dispose de supports de capteurs rétractables, une baie pour des armes en interne et des points durs sur les ailes. Il est propulsé par turboréacteurs jumeaux produire pouvant produire 8’000 livres de poussée, son plafond pratique est de 45’000 pieds.

Le Scorpion est conçu pour répondre aux contraintes budgétaires de plus en plus strictes en vigueur actuellement. Il doit pouvoir répondre à diverses missions comme la sécurité intérieure en tant qu’appareil de recherche et de sauvetage, la lutte contre les narcotiques, mais aussi la reconnaissance du champ de bataille et l’appui au sol léger. Pour répondre à ces différentes missions, les concepteurs ont prévu une capacité de transition rapide entre la basse vitesse et la haute vitesse. Le Scorpion a une vitesse de croisière maximale de 450 ktas (517 mph)  avec un rayon d’action de 2’400 miles nautiques. L'avion peut transporter une charge utile interne jusqu'à 3000 Lbs.

Le A-29 « Super Tucano :

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Le « Super Tucano » A-29 est doté d’un turbopropulseur Pratt & Whitney Canada PT6A-68C deux fois plus puissant que celui du Tucano de base et dispose d’une hélice Hartzell à cinq pales. Son fuselage est également plus long et deux mitrailleuses de 12,7mm Herstal M3P sont incorporées dans des ailes, dotées d’un nouveau profil. Effectuant fréquemment des missions à basse altitude et donc exposé à des tirs terrestres, l’habitacle du « Super Tucano » est protégé par un blindage en Kevlar. Un train d’atterrissage renforcé permet d’utiliser des pistes sommairement aménagées. L’appareil possède 5 points d’accrochage, dont un sous le fuselage, permettant d’emporter jusqu’à 1’500 kg d’armement selon diverses combinaisons. Ainsi, un canon de 20 mm peut être installé sous le fuselage, auquel s’ajoute, soit des bombes en chute libre ou guidées, des roquettes ou des missiles de types : AIM-9 Sidewinder, des MAA-1 Piranha ou des Python 3/4. Des réservoirs extérieurs de carburant peuvent également être utilisés pour augmenter l’autonomie de l’appareil. 

Photos : 1 Les trois concurrents 2 L’AT-6 @ Beechraft 3 le Scorpion@ Textron 4 l’A-29 @ Embraer

 

 

04/08/2017

Vol inaugural pour le premier VH-92A « Marine One » !

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Stratford dans le Connecticut, Sikorsky a annoncé avoir effectué avec succès le premier vol du prototype du futur hélicoptère Présidentiel VH-92A N° EDM-1 du Corps des Marines des États-Unis. Ce premier vol a lieu en toute discrétion le 28 juillet dernier. Ce vol inaugure les premiers essais de 250 heures, qui auront lieu sur les installations de Lockheed Martin/Sikorsky à Owego près de New York.

Une fois son premier vol réussi, un second vol a eu lieu le même jour. Le temps de vol total pour les deux sorties était d'une heure et comprenait des contrôles de vol, dont un vol à basse vitesse.

Ce premier prototype sera bientôt rejoint  par un second aéronef d’essai N° EDM-2. Les deux appareils vont être engagés cette-fois sur un programme de tests de vol d’une durée de 12 mois.

Rappel :

La Marine des États-Unis a attribué un contrat de développement de fabrication et d'ingénierie (EMD) de 1,24 milliard de dollars à prix fixes avec options de production auprès de Sikorsky le 7 mai 2014. Le contrat EMD produira un total de six appareils: deux d'essai et quatre aéronefs de production. Les options de production pour les 17 autres appareils seront finalisées au cours de l'exercice budgétaire 2019. Le VH-92A entrera en service en 2020. La VH-92A transportera le président (nom de code « Marine One ») et le vice-président des États-Unis et d'autres fonctionnaires.

Le Sikorsky VH-92A :

Le Sikorsky VH-92 est un dérivé du S-92. Le premier appareil a été livré en septembre 2004. Principalement utiliser pour le ravitaillement des plates-formes pétrolières et en mode de recherche et sauvetage, il a été commandé par les Forces armées canadiennes au nombre de 28 exemplaires sous la désignation CH-148 « Cyclone ». L’appareil peut voler de jour comme de nuit, dans presque toutes les conditions météorologiques et par des températures variant entre - 51 °C et + 49 °C. Grâce à sa vitesse maximale de croisière de 250 km/h, le S-92 est environ 10 % plus rapide que le « Sea King ». Le S-92 peut aussi parcourir 450 km sans ravitaillement. Le Sikorsky S-92 est un hélicoptère de transport biturbine de type : General Electric CT7-6D, muni d’un rotor principal et d’un rotor de queue quadripales, d’un train d’atterrissage tricycle rétractable et pouvant transporter jusqu’à 22 passagers.  

Le poste de pilotage est équipé de systèmes de navigation modernes, ainsi que de quatre écrans multifonctions. Les pilotes sont assis sur des sièges Martin-Baker anti-crash. Le poste de pilotage est chauffé, ventilé et climatisé indépendamment de la cabine. Un équipement complet permet une sécurité en vol maximale : deux systèmes automatiques de contrôle de vol (AFCS), des systèmes anticollision (TCAS) et d’avertissement de proximité du sol (EGPWS) et un radar météorologique placé dans le nez de l’appareil. Les systèmes vitaux de l’appareil sont redondants, la cellule offre une bonne résistance en cas de crash et la boite à vitesse peut fonctionner durant ½ heure sans huile.

Dans le cadre du programme VXX, Sikorsky propose le S-92 dans le standard VH-92 aux moteurs plus puissants et entièrement construit par des entreprises américaines. Les systèmes électriques et hydrauliques sont installés en triple exemplaires et le système d’alimentation en carburant se fait par aspiration, ce qui évite d’éventuelles fuites dues à la pression. Les systèmes de pilotages sont également redondants. Les réservoirs de carburant auto-obturant, placés à l’extérieur de la cabine, sont capables de supporter des impacts d’obus de 23mm. L’appareil possède un système de dégivrage et est également protégé contre la foudre et les champs de rayonnement d’intensité élevée.

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Photos : 1 VH-92A EDM-1 lors de son premier vol  2 Image de synthèse du futur VH-92A @Sikorsky

Pas de production de F-16 en Inde !

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Washington, dans le cadre de l’appel d’offre indien en vue d’acquérir et de produire un nouvel avion de combat monoréacteur, l’avionneur américain Lockheed-Martin s’est vu notifier une « fin de non –recevoir » de l’administration.

L’administration américaine en charge des exportations d’armement et le Pentagone ont refusé le transfert de la technologie critique et la production des avions de chasse F-16 dans le cadre de l'initiative « Faire en Inde ».

À la question de savoir, si les États-Unis ont accepté le transfert de technologie sophistiquée et la production du F-16 dans le cadre de l'initiative « make in  India », Subhash Bhamre, ministre indien d'État à la Défense, a déclaré « Non » à une question au Parlement mardi dernier.

Les technologies critiques en question font parties des systèmes intégrés du radar à antenne à balayage électronique (AESA), des systèmes  de ciblage électro-optique, du capteur infrarouge IRST et concerne le système de brouillage des fréquences radio. Ces technologies forment une composante importante du F-16 « Viper » proposé jusqu’ici à l’Inde.  

Lors de la remise de l’offre américaine, l’Inde avait demandé la garantie des États-Unis pour le transfert complet de technologie.

Un revers pour Lockheed-Martin :

Cette décision, bien peu étonnante de la part des Etats-Unis qui ne partagent pas leurs technologies, semblent mettre un sérieux frein à la vente de F-16 en Inde. Il semble que seul les suédois et le Gripen E peuvent encore espérer se positionner sur cette demande. Du côté de l’avionneur américain, on a  commencé à déplacer la production des avions de chasse F-16 à Greenville à partir des installations existantes de Fort Worth au Texas. Les plans  pour déplacer la chaîne de production vers l'Inde sont ainsi définitivement enterrés.

Photo : F-16 « Viper »@ Lockheed-Martin

03/08/2017

Le prototype du S-97 « Raider » rate son atterrissage !

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Le prototype de l’hélicoptère tactique léger S-97 « Raider » a raté son atterrissage après un vol d’essai, au centre de vol de Sikorsky Development à West Palm Beach. Deux pilotes étaient à bord, mais aucun n’a été blessé selon les déclarations de Sikorsky. Il faudra plusieurs semaines avant que l'appareil puisse être réparé et reprenne sa campagne de vol. Mais il semble déjà que cet incident ne remette pas en cause la participation de l'appareil, lors de la compétition pour venir équiper l'US Army.

Le « Raider » de Sikorsky a débuté sa campagne d’essai en vol en mai 2015. Le S-97 « Raider » avec son rotor coaxial rigidedoit être testé à des vitesse jusqu'à 220kt - soit environ 50 kt plus vite que la limite de vitesse de la plupart des hélicoptères classiques.

Le Sikorsky S-97 « Raider » :

Le «Raider» est basé sur la technologie du X-2 développé par Sikorsky à la fin des années 2000. Le démonstrateur X-2 est une plate-forme de 5’000 livres, alors que le «Raider» est d'environ 11’000  livres et permettra d’emporter jusqu’à six soldats en mode assaut. En mode reconnaissance, cet espace pourrait être utilisé pour l'équipement supplémentaire ou des munitions avec 2 pilotes et réservoirs de carburant auxiliaire. Outre, sa vitesse maximale presque deux fois supérieure, à 250 nœuds, le S-97 sera plus manœuvrable et aura une signature acoustique plus faible qu’un hélicoptère standard.

Le principe des rotors contrarotatifs coaxiaux à hélices propulsives offrent des vitesses de croisière allant jusqu'à 250 kt (253 mph), plus du double de la vitesse des hélicoptères classiques, selon Sikorsky. Le S-97 est propulsé par un moteur General Electric YT706, une variante du CT7. 

Pour Sikorsky, ces attributs permettront au S-97 d’égaler ou dépasser les exigences de l’US Army pour son prochain hélicoptère léger polyvalent, car celui-ci, sera en plus, très performant dans les opérations à haute altitude qui posent problème aux hélicoptères légers actuels.

 

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Photos : 1 Le 97 accidenté 2 lors de son premier vol en 2015@ Sikorsky

02/08/2017

Air Force One, on renégocie !

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Boeing et l'armée de l'air des États-Unis ont confirmé avoir repris les négociation en vue de baisser le prix du futur nouvel avion présidentiel « Air Force One ».

Rappel : 

Le nouvel avion présidentiel américain a été sélectionné par l’administration Obama. Le choix s’est porté sur la nouvelle génération du Boeing B747-800 « Intercontinental ». Le remplacement de trois aéronefs de type B747-200 présidentiels (VC-25A) stationnés sur la base aérienne d’Andrews AFB est une grande priorité pour l'US Air Force. L’objectif est de pouvoir continuer à disposer de deux avions opérationnels à tout moment pour le transport du président des Etats-Unis, tandis que le troisième est à l’entretien. Selon un rapport de l’US Air Force, ce taux de disponibilité simultanée pourrait tomber à 28% en 2025" contre 60%, si les trois nouveaux appareils n’entrent pas en service d’ici là. 

On se rappelle les menaces de Donald Trump ayant déclaré sur Twitter « Je vais négocier les prix. Les avions sont trop chers et nous allons faire baisser les prix. Et si nous n'obtenons pas une réduction des coûts nous ne les commanderons pas. Nous allons rester avec ce que nous avons » !

Selon l’équipe de la nouvelle administration américaine, le programme d'acquisition du nouvel Air Force One, a grimpé à 4 milliards de dollars.

Selon l’avionneur américain, le coût du programme de remplacement des deux B747-200 actuels serait de 2,87 milliards de dollars. Hors, selon le catalogue de Boeing un B747-800 se négocie à 378 millions de dollars l’appareil. 

La forte augmentation des coûts est due aux nombreuses modifications de l’avion. Capacité de ravitaillement en vol, protection contre les missiles, aménagement d’un réseau complet de communications sécurisées qui doit permettre au Président d’assurer la gouvernance en vol. Zone VIP, secteur de repos et salle de conférence et bien d’autres options. En évoquant la somme de 4 milliards, Trump semble parier sur de possibles surcoûts.

Achat d’avions existant :

L’une des solutions en négociation comprendrait l’achat de deux Boeing B747-800 « Intercontinental » qui étaient autrefois destinés au transporteur russe Transaero. Ces deux avions sont actuellement stockés au sein de la Southern California Logistics Airport à Victorville, en Californie. Ce rachat pourrait réduire la facture d’acquisition de base (sans les transformations) de près de 35% en lieu est place de construire deux nouveaux fuselages.

La porte-parole de l'Air Force, Ann Stefanek, a déclaré à propos de ces deux avions : "Nous travaillons à un accord pour fournir deux B747-800 « Intercontinental » à la Force aérienne. Cette entente vise à fournir une grande valeur pour l'armée de l'air et le meilleur prix pour le contribuable. "

Le prix catalogue d'un Boeing B747-800i est de 387 millions de dollars, selon l’avionneur. Dans sa soumission budgétaire de l'exercice 2018, la Force aérienne a demandé 434 millions de dollars en financement de recherche, développement, test et évaluation pour le programme de recapitalisation. Le service recherche un financement de 3,1 milliards de dollars d'ici 2022 pour finaliser la mise en service des deux futurs « Air Force One ».

Les négociations portent également sur d'autres points, notamment la surfacturation de plusieurs équipements intérieurs et des systèmes de protection électroniques. 

 

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Photos : images d’artistes du futur Air Force One@ Boeing