30/10/2017

Chine, de nouvelles informations sur le J-20 et FC-31 !

 Chinese FC-31J-31Shen Fei (Falcon Eagle) Stealth 5th Fighter Aircraft demonstration its capabilities at China International Aviation & Aerospace Exhibition 2014 (Airshow China 2014).  (4).jpg

 

De nouvelles informations sur le développement des chasseurs à réaction Chinois ont émergé cette semaine. Ces informations concernent en particulier le développement des programmes furtifs J-20 et FC-31. Pour un grand nombre d’observateurs occidentaux, l’accent est actuellement mis sur les développements indigènes dans le but de pouvoir un jour ne plus dépendre de programmes étrangers comme c’est encore le cas aujourd’hui.

Chengdu Aircraft Corporation a annoncé que son J-20 dispose désormais d’un APU et du moteur chinois WS-15 fiable produit localement. Les modèles précédents du J-20 étaient équipés du moteur Saturn Lyulka AL-31F de fabrication russe. Le moteur chinois ne peut toujours pas égaler les performances du Pratt & Whitney F119 qui équipe le Lockheed-Martin F-22 " Raptor ", mais il est équipé du mode « Supercruise ». Selon l’avionneur chinois, une centaine de J-20 seront en service d'ici 2020.

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Le Chengdu J-20, soit un appareil de la cinquième génération de combat furtif, devra répondre à trois rôles bien précis. Ayant des capacités furtives semblables à celles du F-22 et F-35, l’avion semble offrir des capacités dans un certain nombre de rôles, de l’interception à l'attaque de précision à long rayon d’action. L’avion dispose de deux baies latérales pour les petits missiles air-air et une grande baie sous le fuselage pour accueillir des missiles de plus grandes tailles et des armes d'attaques de surface à guidage de précision.

De son côté, le Shenyang FC-31 a fait l'objet d'une refonte majeure pour corriger un certain nombre d'insuffisances constatées dans les prototypes d'origines. La structure a été retravaillée de sorte qu'elle est maintenant plus lourde de trois tonnes et plus longue de 20 à 30 pouces. Le moteur RD-33 de fabrication russe de l'avion a été remplacé par le moteur chinois WS-19 censé être «sans fumée», et dispose également du mode « Supercruise ». Des travaux ont été entrepris pour réduire sa signature radar. Le radar aurait également été mis à niveau avec de nouveaux modes, notamment la capacité de réaliser des tâches de ciblage dépendant ou de gestion du champ de bataille.

Le Shenyang J-31 est un chasseur de taile moyenne utilisant des moteurs russes RD-93 et à terme des moteurs chinois WS-13. L’avion reprend les entrées d’air du F-35 sans séparateur de couche du moins en apparence. On notera que les tuyères sont classiques à la différence du F-22. Conçu par l'Institut 601 de Shenyang et fabriqué par l'usine 112, toujours à Shenyang. Selon les premières communications de la China Aviation Industry dédiée à cet avion, indiquent qu'il a une faible signature radar et une forte capacité en matière de contre-mesures électroniques. Il a une capacité multirôle. Les systèmes de bords permettent la fusion des données. De plus, l’avion capacité en logistique intégrée et un haut ratio qualité/prix. Il peut décoller sur 400 mètres et atterrir sur 600 mètres. La durée de vie est estimée entre 6 et 8’000 heures de vol ou 30 ans de service.

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Photos : 1 FC-31 @ Weimeng 2 J-20 @ Chine nouvelle 3 FC-31 @ CCVT

 

 

 

Incendies, des Super Puma suisses engagés en Italie !

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Depuis quelques jours, d’importants incendies de forêt sévissent en Italie du Nord. Dimanche, l’Etat italien a accepté l’offre d’assistance suisse. Cet après-midi, un détachement de l’armée a commencé à opérer dans la région de la Lombardie avec deux hélicoptères Super Puma pour appuyer les forces d’intervention et la population italiennes.

Depuis ce lundi après-midi, l’aérodrome militaire de Locarno sert de base pour l'engagement de l’Armée suisse en Italie du Nord. Sur mandat du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), en l’occurrence de la Direction du développement et de la coopération (DDC), deux hélicoptères Super Puma appuient les autorités italiennes chargées de lutter contre les incendies de forêt dans le secteur de la Lombardie. L’armée tient un troisième appareil en réserve au cas où l’une des machines engagées devrait subir des travaux d’entretien.

Outre les volontaires issus du personnel professionnel des Forces aériennes, deux militaires de carrière de la Formation d’application du génie et du sauvetage agissent volontaires en tant que membres civils d’une équipe d’intervention rapide de la DDC et apportent, sur place, leurs connaissances spécialisées dans la lutte contre les incendies de forêt. En collaboration étroite avec l’armée, le DFAE assume la responsabilité générale de l’engagement.

Le Conseil fédéral a approuvé l’engagement ce lundi matin. En vertu de la décision prise, le détachement peut compter au plus 50 militaires et collaborateurs du DDPS. L’engagement durera probablement jusqu’au lundi 6 novembre au plus tard.

A l’instar d’autres pays méditerranéens, l’Italie doit faire face à un nombre inhabituellement élevé d’incendies de forêt. Outre la Lombardie, le Piémont est sévèrement touché. L’Aide humanitaire de la DDC et l’Armée suisse collaborent déjà pour la troisième fois cette année sur un front d’incendies de forêt : la Suisse avait dépêché des hélicoptères bombardiers d’eau au Monténégro en juillet et au Portugal en août. (Sources DDPS)

 

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Photos : Engagement des Super Puma suisses en Italie @ DDPS

 

29/10/2017

Avion de combat, ne pas mettre la charrue avant les bœufs !

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La relance du projet d’un nouvel avion de combat avec le lancement des travaux préparatoires prévus pour l’évaluation d’un nouvel avion de combat ne laisse personne indifférent. A tel point d’ailleurs que le projet tampon de prolongation de la structure de la flotte actuelle de nos Boeing F/A-18 « Hornet » qui doit permettre d’éviter des lacunes dans la protection de l’espace aérien et lui aussi de toutes les discussions.

Un débat émotionnel :

Une nouvelle fois nous assistons à un débat émotionnel porté le plus souvent pare des politiques qui ne sont eux mêmes pas fin connaisseurs du sujet. En résulte une nouvelle cacophonie reliée dans les médias.

A gauche, nous assistons à un bataille rangée entre les antiavions qui laissent croire qu’ils sont pour une police du ciel, alors qu’il y a encore quelques années, ils jugeaient le projet inutile. Ce même groupe déclare vouloir maintenir nos « Hornet » jusqu’en 2040 sans achat d’un nouvel avion. Mais la question devient risible, lorsque ce groupe de parlementaires votre contre le projet de prolongation lors du débat sur le programme d’armement 2017 !

De l’autre, se trouve un groupe qui bataille sur l’idée, qu’il nous faut 12 nouveaux avions de combat, comme l’Autriche. Sauf, que l’Autriche dispose de 15 Eurofighter, dont elle cherche à se séparer pour acquérir un nombre d’avions plus élevés (incapacité à assurer une police du ciel 24/24). Et puis il y a toujours à gauche un dernier groupe qui veut bien acheter 20 à 25 avions, mais pas toute suite, plus tard. Oui mais quand ?

A côté de ces tergiversations, nous assistons à des débats toujours animés par des politiques de tous bords sur leurs préférences personnelles en matière de choix du futur avion.

Tout ceci est bien charmant, mais l’essentiel n’y est pas. Car ces discussions occultent l’essentiel : les priorités du dossiers. On attend d'ailleurs de la droite qu'elle se serre les coudes sur une prise de position claire.

La réalité :

Il est aujourd’hui primordial de passer de l’émotionnel à la raison. D’une part en ce qui concerne nos « Hornet » le crédit de prolongation permettra bien de tenir jusqu’en 2030 mais pas plus. A compter de 2023 les mises à jour des logiciels ne seront plus disponibles de la part de l’avionneur Boeing, poussant ainsi nos « Hornet » vers une obsolescence programmée. Le récent rapport de l’US Navy confirme d’ailleurs que nos « Hornet » qui volent en moyenne 200 heures (180 pour la Navy) par année essentiellement en combat aérien dans des conditions difficiles en montage, vieillissent plus vite que ceux de la Navy. Rappellons que l’US Navy va entamer le retrait de ces « Hornet » dès 2023.

Quelles priorités :

La question aujourd’hui n’est pas de savoir si nous devons préférer l’avion A, B ou C, mais de disposer d’un budget d’acquisition à la hauteur de nos ambitions. Car à l’heure où j’écris ces lignes, le budget du DDPS ne permet même pas d’acheter 25 avions, soit le moins onéreux du marché. Nous sommes pour l’instant incapable de remplacer la flotte de 30 F/A-18 (34 à l’origine) et de combler le départ progressif des 25 derniers F-5 E/F « Tiger II ».

Deux réponses semblent pour l’instant possible en terme de budget. D’une part le Ministre de la Défense a demandé un budget spécial de 9 milliards de nos francs pour le projet d’avions de combat et DSA20 au Conseil Fédéral. Nous ne connaissont pas encore la réponse de celui-ci et de toute manière, en cas d’acceptation le montant final sera rabaissé sérieusement.

De l’autre nous avons une commission de sécurité qui a de son côté proposé une augmentation du budget de l’armée à 6,5 milliards au lieu des 5 milliards en prévision. Là encore, nous ne connaissons pas encore ce qui va être décidé.

La seconde priorité concerne le volet du cahier des charges du futur avion de combat et plus particulièrement la partie traitant des compensations industrielles (Offsets). En effet, il y a fort penser que celle-ci sera très proche de celle demandée en 2012 avec une compensation à 100% et une participation suisse au développement de l’avion. Si cela se confirme, il y aura une influence directe sur la participation ou non de certains concurrents.

Pas de garantie sur les participants:

A l’heure actuelle nous ne pouvons pas garantir qui sera effectivement en concours en 2018-2019. A mon sens deux avions seront bien présents, il s’agit du Gripen E de Saab et du Rafale de Dassault. Pour le reste il y a plusieurs inconnues.

Si la demande de participation industrielle se confirme, Boeing qui se trouve en attente ne proposera pas son « Super Hornet ». De son côté, Lockheed-Martin pourrait décliner l’offre de son F-35. Reste que ce dernier "pourrait" revenir en course avec son F-16 « Viper » qui est automatiquement offert en contre-partie du F-35.

La dernière inconnue vient d’Airbus DS qui se retrouve empêtré dans un scandale de corruption en Autriche. Une confirmation pourrait avoir comme effet d’exclure l’Eurofighter de la compétition en Suisse.

Il est bien trop tôt pour parler de choix à ce jour. De cinq concurrents potentiels, nous pourrions nous retouvés avec trois voir même deux.

 

Pour terminer :

La prolongation de nos « Hornet » n’est pas une solution à long terme, l’achat d’un nouvel avion est devenu une nécessité. Les besoins exprimés sont de 50 à 55 avions, afin de garantir une flexibilité minimale en temps de paix à nos Force aériennes et garantir une capacité suffisante en cas de tensions internationales.

Sachant que la fourchette de prix des divers avions cités plus haut varie du moins cher à 85 millions à près de 122 pour le plus élevé, qu’il faut prendre en compte un montant moyen de 1,7 milliards pour les pièces détachées, la formation, les équipements connexes et l’armement minimum et y ajouter pour les avions les plus gros (sauf F-16 et Gripen) une dépense de 350 millions pour adapter l’infrastructure.

Il grand temps de nous concentrer sur un budget viable avant d’aller plus loin.

 

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Photos : Ravitaillement en vol de Hornet suisses par un KC-135 US@ USAF

 

 

F-35, pas assez de pièces de rechanges !

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Un nouveau problème gangrène la mise en service du nouvel avion de combat américain Lockheed-Martin F-35. En effet, il s’avère que les besoins en matière de pièces de rechange ont été jusqu’ici sous-estimés.

Actuellement, près de 250 F-35 sont en service et cette flotte devrait tripler d’ici 2021. Hors, le nouveau jet n’a pas pu voler durant 22% du temps entre janvier et août en 2017 en raison de la pénurie de pièces de rechange, selon un rapport du Government Accountability Office (GAO) publié cette semaine à Washington.

La maintenance a accumulé six ans de retard, ce qui a entraîné un délai moyen de réparation des pièces de 172 jours, soit le double de l'objectif du programme. L'achat de pièces prend de deux à trois ans, y compris une longue période contractuelle suivie d'un délai supplémentaire pour produire des pièces.

Soucis pour l’US Navy et l’USMC :

Le US Marine Corps et l’US Navy prévoient de déployer le F-35 sur les navires après 2018, mais ils ne pourront pas le faire sans une maintenance nécessaire en mer. Pendant ce temps, le programme continue de se heurter à des retards dans le système d'information logistique autonome (ALIS), un système de maintien en puissance complexe que certains partenaires internationaux du F-35 rejettent.

Il semble donc, qu’une fois les livraisons terminées, le programme continuera de faire face à des problèmes de maintien en puissance, puisque le Pentagone n'a pas identifié toutes les données techniques requises de l'entrepreneur principal pour assurer la performance et le soutien du système d'armes, selon le GAO. 

« En 2014, nous avons recommandé que le bureau du programme élabore une stratégie à long terme pour inclure l'identification de tous les besoins des données techniques critiques et de leurs coûts associés », déclare le GAO. "En septembre 2017, le programme a pris quelques mesures pour développer une stratégie, mais il n'a pas identifié tous les besoins critiques et leurs coûts associés."

 

Photo : le F-35 de Lockheed-Martin @ USAF

 

27/10/2017

Taiwan: Dassault, Thales & Safran amendés pour le Mirage 2000 !

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Taïwan, semble avoir réussi son pari en vue de mettre à l’amende Dassault Aviation, ainsi que les équipementiers Thales & Safran dans le cadre d’un vieux litige portant sur l’achat à l’époque par l’île de 60 avions de combat Mirage 2000-5.

De son côté, Dassault Aviation a déclaré avoir été condamné à une amende de 134 millions d'euros alors que le fabricant d'avionique et de systèmes Thales est frappé d'une amende de 64 millions d'euros et le motoriste Safran condamné à payer 29 millions d'euros.

Petit rappel :

L’affaire remonte à 1992, lorsque Taïwan et Dassault Aviation, l'électronicien Thomson CSF (devenu depuis Thales) et le motoriste Snecma (devenu depuis Safran) signent la vente de Mirage 2000-5 pour un contrat d’une valeur de 4,6 millards d’euros. Or, selon les plaignants, ce contrat aurait fait l'objet de commissions commerciales, alors que le contrat de vente était doté d’une clause signée par les contractants interdisant toute commission, lors de la signature du contrat portant sur les Mirage 2000-5.

 

Photo : Mirage 2000-5CI taïwanais @ Weimeng