25/01/2019

Cinq avionneurs ont répondu à demande suisse !

412896217.jpg

 

Le Départment de la défense annonce ce vendredi que cinq candidats ont transmis à armasuisse leurs offres relatives aux prochains avions de combat. Les offres portent sur les avions suivants: Eurofighter d’Airbus DS, F/A-18 Super Hornet de Boeing, Rafale pour Dassault, F-35A de Lockheed-Martin et le Gripen E de Saab.

Coup d’envoi de la phase d’analyse et d’essais :

La soumission de ces premières offres marque le début de la phase d’analyse et d’essais. De février à mars 2019, les spécialistes d’armasuisse et des Forces aériennes procéderont aux essais des avions dans les simulateurs correspondants. Ces activités auront lieu chez les candidats et se dérouleront parallèlement aux audits de support produit. Au cours de ces audits, les forces aériennes des pays de fabrication présenteront l’exploitation et la maintenance des avions ainsi que le déroulement de la formation. Ils seront suivis par l’analyse des réponses au questionnaire que les fabricants devaient remplir dans leurs premières offres. Parallèlement, entre avril et juillet 2019, les avions de combat seront soumis à des essais en vol et au sol à Payerne.

Étapes suivantes du projet Prochain avion de combat :

Pour chaque candidat, armasuisse, en coopération avec l’État-major de l’armée, les Forces aériennes, la Base logistique de l’armée et la Base d’aide au commandement, rassemblera dans des rapports spécialisés les connaissances tirées de la phase d’analyse et d’essais. Ces rapports spécialisés constitueront la base de la comparaison systématique et complète entre les candidats qui sera réalisée au deuxième semestre 2020. Ils serviront aussi à déterminer pour chaque modèle d’avion la taille nécessaire de la flotte. 

Sur cette base, conformément au calendrier actuel, armasuisse élaborera un deuxième appel d’offres qui sera transmis aux candidats. À partir des connaissances acquises avec la deuxième offre, armasuisse comparera les candidats entre eux sur la base des rapports spécialisés et déterminera l’utilité globale pour chaque candidat. Le rapport d’évaluation mettant en parallèle l’utilité globale avec les coûts d’acquisition et d’utilisation pour une période de 30 ans sera alors élaboré. Le Conseil fédéral décidera du modèle retenu. (Source DDPS)

Quelques détails  de la procédure :

Pour garantir un travail impartial, armasuisse à mis en place un système compartimenté. Les détails sont strictement séparés des prix.  Ainsi, les groupes d’experts du département de la Défense qui évaluent les aspects techniques des aéronefs ne connaissent pas les coûts et ne peuvent être influencés. A l’inverse, le groupe d’évaluations des coûts ne connaîtra pas les aspects techniques. Cette manière de faire évitera toute collusion.

Lors de la remise de la première offre, chaque avionneur disposait d’un jour pour sa présentation. C’est seulement après que tous les candidats ont pu apporter leur dossier ,que ceux-ci sont ouverts pour débuter les études.

Chacune des équipes d’experts n’aura accès qu’a ce qui la concerne. Le groupe de maintenance ne disposera que de questions relative à ce domaine, comme celui de l’armement et ainsi de suite.

Des questions en nombres :

Les avionneurs ont du répondre à pas moins de près de 700 questions qui doivent refléter l’ensemble des domaines de l’avion qu'ils proposent, mais également de l’évolution des standards disponibles pour 2025. Mais chaque avionneur devra ensuite répondre aux questions additionnelles qui ne manqueront pas d’apparaître lors des essais.

Nous aurons donc l'occasion de décortiquer chaque phase à venir avec intérêt et ceci d'autant plus que pour la première fois, si tout se déroule comme prévu, le F-35 sera testé grandeur réelle avec ses concurrents. Du jamais vu !

Photo montage : Gérard Famerée

06/01/2019

Air2030, la grande farce du Parti Socialiste !

IMG_1979.JPG

Le Parti Socialiste veut donner de la voix en ce qui concerne le projet Air2030. Pour lui, le modèle proposé par le DDPS est trop cher et ne correspond pas à une armée moderne. Pour cela, le PS propose son propre modèle et nous allons voir, que celui-ci est en soi une vaste fumisterie. Il semble donc bien que PS qui trouvait que la police du ciel était inutile, il y a peu, a retourné sa veste histoire de plaire en vue des prochaines élections Fédérales.

La proposition socialiste :

Pour le PS les avions proposés dans le cadre du projet Air2030 sont trop chers et surtout dépassés ! De fait, les socialistes proposent d’évaluer les avions suivants : le M-346 de l’italien Leonardo, l’Aerovodochody L-159 et le sud-coréen KAI T-50. Ces avions coûtent entre 10 et 20 millions d'euros chacun. À titre de comparaison: les jets que la Suisse souhaite acheter (Rafale, Eurofighter, Gripen, F-35, Super Hornet) coûtent 100 millions et plus chacun selon, le PS. On notera que le PS cherche également à faire patienter jusqu’à l’arrivée des futurs avions comme le Scaf et le Tempest. Le nombre de jets légers devant être achetés "dépend également du type acheté", explique le responsable de la sécurité du PS Zurich, Priska Seiler Graf. "L'ordre de grandeur est une douzaine visant à assurer la sécurité de l'espace aérien dans la force aérienne en attendant le départ à la retraite des F/A-18.

En ce qui concerne le système sol-air, le PS préconise un achat limité à 1,2 milliards de nos francs. Pour ce faire, le SP s’appuie sur une défense aérienne au sol bien plus grande que celle prévue par Parmelin. "Deux cloches de protection" doivent être installées: une pour 1,1 milliard d'euros et distribuée dans tout le pays, à courte et moyenne portée. En outre, une artillerie antimissile guidée d’une portée de 200 kilomètres et pour environ 1,2 milliard de dollars. Au total, le concept de SP coûterait 4 milliards.

air2030,ddps,froce aérienne suisse,nouvel avion de comabt,plr,pbd,pdc,udc,verts-libéraux,blog défense,les nouvelles de l'aviation suisse,avia romande,son,sso,romandie aviation,aviation francophone

Rappel des besoins pour Air2030 :

L’ensemble de la flotte doit être mesure de réaliser les prestations suivantes : 

  • fournir les prestations journalières de police aérienne, 24 heures sur 24, et imposer les restrictions d’utilisation de l’espace aérien suisse.
  • lors de tensions accrues, intervenir dans un délai de quelques minutes (QRA) dans l’ensemble de l’espace aérien suisse avec des avions de combat en cas de violation de l’espace aérien par des avions civils non coopératifs, des avions militaires de transport, des drones et des avions de combat pénétrant dans l’espace aérien.
  • en situation de défense, en combinaison avec la défense sol-air, empêcher un adversaire, pendant une durée limitée, d’obtenir la supériorité aérienne et, dans le même temps, appuyer l’armée avec du feu opératif au-delà de la portée de notre propre artillerie et avec de la reconnaissance aérienne.

air2030,ddps,froce aérienne suisse,nouvel avion de comabt,plr,pbd,pdc,udc,verts-libéraux,blog défense,les nouvelles de l'aviation suisse,avia romande,son,sso,romandie aviation,aviation francophone

Données servant de base de calcul pour le dimensionnement de la flotte : la taille de la flotte doit permettre :

  • en situation normale, d’assurer le service journalier de police aérienne ainsi que l’instruction et l’entraînement.
  • lors de tensions accrues, de maintenir une présence permanente dans les airs d'au moins quatre avions pendant au moins quatre semaines.
  • en cas d'attaque armée, d'engager, parallèlement à l’accomplissement des tâches de défenseaériennedes avions de combat pour la reconnaissance aérienne et pour frapper des objectifs au sol. 

Exigences relatives à l’acquisition du prochain avion de combat et d’un nouveau système de défense sol-air. Le paquet logistique doit être dimensionné au minimum pour : 

  • assurer en permanence le service de vol lorsque les frontières sont ouvertes et que l’approvisionnement en pièces de rechange à partir de et vers l’étranger peut être garanti ; 
  • assurer la souveraineté sur l’espace aérien pendant approximativement six mois, de même que l’instruction et l’entraînement lorsque les frontières sont fermées et que l’approvisionnement en pièces de rechange à partir de et vers l’étranger ne peut pas être garanti. 

Les deux systèmes (avions/système sol-air) doivent pouvoir communiquer à travers la fusion des données et permettre de contrer les aéronefs modernes, drones divers, appareils furtifs, missiles balistiques.

air2030,ddps,froce aérienne suisse,nouvel avion de comabt,plr,pbd,pdc,udc,verts-libéraux,blog défense,les nouvelles de l'aviation suisse,avia romande,son,sso,romandie aviation,aviation francophone

La défense sol-air de grande portée doit être en mesure, seule ou en combinaison avec les avions de combat, de protéger des secteurs et, ce faisant, de combattre en premier lieu des objectifs dans l’espace aérien moyen ou supérieur. La surface à couvrir doit être de 15’000 km système doit disposer d’une grande portée, c’est-à-dire atteindre une altitude d’engagement de plus de 12’000 m (verticalement) et une portée supérieure à 50 km (horizontalement). 

L’affabulation socialiste :

Au vue des exigences du cahier des charges qui est en parfaite adéquation avec les nouvelles menaces, le modèle socialiste est une énorme farce. Pourquoi ?

Les aéronefs proposés par le PS sont issus d’avions formateurs et ne sont pas des intercepteurs multirôle. De plus, ces appareils en version combat  (light attack) sont spécialisés pour l’attaque au sol légère et dans certains cas l’interception à courte distance. Par ailleurs, ces appareils ne disposent pas de radars modernes AESA avec une portée suffisante. Pires, ces avions écoles ne possèdent pas la postcombustion et encore moins le nouveau mode « supercroisière ». Le manque de puissance électronique et de capteurs ne permet pas une une redondance adaptée en mode « Electronic Warfare » 

Incapable d’effectuer la police du ciel !

Les avions proposés par le PS sont incapables de faire la police du ciel en temps de paix, car trop lent, ils ne peuvent rejoindre un avion civil à haute altitude. Le KAI T-50 le pourrait, mais de manière limitée, car sont radar ancien, serait insuffisant dans des conditions climatiques hivernales par exemple.

Exemples concrèts :

Pour Leonardo le concepteur du M-346 LCA (Light Combat attack) l’avion ne peut effectuer la police du ciel que face à aéronefs lents comme des hélicoptères et des avions de tourismes.

Aux Philippines le FA-50, soit la version armée du T-50 de KAI n’est utilisée que pour la lutte antiguerrilas islamistes. Pour la police du ciel, Manille prévoit d’acquérir, des Gripen ou des F-16. 

En résumé :

Les avions proposés par le modèle socialiste sont incapables d’assurer :

Le police du ciel en temps de paix face à des avions civils à réaction.

Incapable de défendre l’espace aérien en temps de crise et de guerre, ils seraient détectés et abattus avant même que le pilote ne puisse voir l’ennemi.

Incapable d’assurer une sécurité aérienne en binôme avec le système sol-air, par manque de puissance électronique.

Ne peuvent assurer une protection en matière de cyberguerre en terme liaison.

Un vol en binôme avec des drones.

Les PS détourne la théorie McCain :

Selon le PS, feu le Sénateur McCain a posé la théorie qu’il faut  un "mélange intelligent" dans la Force aérienne: d'un côté, de gros avions de combat coûteux et de l’autre d’avions légers et peu coûteux.

Ce que le PS ne dit pas, vient du fait que McCain parlait de l’Armée américaine. Hors la Suisse n’a pas le budget militaire des USA et ne participent pas à des « opérations extérieurs ». La comparaison s’arrête là. Quant aux avions légers, le Sénateur McCain faisait allusion aux appareils de type turbopropulseurs spécialisés dans la lutte antiguérillas. Quel intérêt pour notre pays ? Aucun !

En ce qui concerne le système sol-air :

Le PS propose d’acquérir pour 1,2 milliards de nos francs un système sol-air proposé par le DDPS. Sauf que le PS semble ne pas connaître les prix. En effet, pour acheter un système minimal qui comprend 4 lanceurs de missiles et deux centrales radars, il faut compter entre 1,8 et 3 milliards  en fonction du système choisi. Même en choisissant le moins onéreux la facture sera sensiblement plus élevée que celle proposée par les socialistes 

Exemple : La Suède a choisi le plus cher,  soit le Raytheon Patriot PAC-3, soit une facture en Chf de 2,8 milliards.

Le Air2030 ne prend pas encore en compte la défense sol-air courte portée, soit le remplacement des missiles Stinger et radar «PSTAR ». Et pour cause ce remplacement est prévu à partir de 2025 pas avant. Mais les socialistes proposent 1,1 milliards pour ce remplacement, sauf que les systèmes de remplacement ne pourront être testés avant 2023, car ils ne sont pas encore disponibles sur le marché.

Le PS prétend offrir une plus grande protection aérienne sol-air que celle proposée par le DDPS. Mais c’est faux. D’une part, par le manque de moyens financiers et de l’autre un décalage technique par rapport aux systèmes de courte portée encore indisponibles. Le PS néglige également la topographie spécifique de la Suisse qui de part ses montagnes et collines réduisent les capacités de détection en profondeur des radars au sol des systèmes de DSA. Sans oublier que la DSA est une arme de guerre, elle ne peu remplacer la flexibilité d’un avion de combat multirôle.

Le « low cost » inefficace, donc trop cher :

Au total, le concept de parti Socialiste coûterait 4 milliards selon ses dires. Ce modèle « low cost » s’avère inapplicable, inefficace, car ne remplissant pas les exigences même minimales du cahier des charges. Pires, ce modèle serait voué à un échec en terme de fonctionnement et rimerait avec une perte financière.  

La leçon :

La proposition socialiste est doublement dangereuse, d’une part elle pourrait séduire des citoyennes et citoyens qui n’ont pas de connaissance suffisantes dans le domaine aérien, ni en ce qui concerne la culture militaire. Un double danger en vue du futur vote sur l’achat d’avion. De l’autre, il s’agit pour le PS de faire croire que celui-ci est un acteur fiable dans le domaine de la sécurité et ceci en vue des votations fédérales de 2019. Il n’en est rien, le PS a toujours comme but de supprimer l’armée, ce modèle est un trompe l’œil. Par contre, il renforce la conviction que le projet Air2030 est bon et doit être poursuivi sans délai, car celui-ci permet une réelle protection de l'espace aérien tout temps et répond aux besoins de la guerre hybride.

 

2545268769.jpg

Photos : 1 Hornet & F-5 @ Marc Wenger 2L-39NG, M-346FT, FA-50 du PS3Les avions proposés par le DDPS Rafale, Gripen E, Super Hornet, Eurofighter, F-35

 

 

 

26/10/2018

Succès pour les libérations de charges du Gripen E !

saab,gripen e,nouvel avion de comabt,air2030,blog défense,nouvel avion de combat,les nouvelles de l'aviation

Le Gripen E n°39-8 a accompli avec succès les premiers tests de vérification de sa capacité à libérer et à tirer des charges externes. Les essais se sont déroulés en octobre 2018 au sein du polygone de tir de Vidsel Test Range dans le nord de la Suède.

Ces essais, qui ont été réalisés sur le premier avion test Gripen E (désigné 39-8), comprenaient le largage d'un réservoir de carburant externe ainsi qu’un tir de missile air-air  Diehl-BGT IRIS-T.

IMG_1785.JPG

"En tant que pilote, il est important de voler avec des éléments externes tels que des réservoirs et des missiles, afin de pouvoir analyser le comportement de l'avion lorsque des charges y sont fixées. Ce test a également permis d’évaluer l'effet sur l'avion lors de la libération et du lancement des charges. Le point culminant a bien sûr été d'appuyer sur la gâchette et de regarder le tir du missile s'éloigner. Cela nous rapproche également de la préparation de l'avion pour une utilisation opérationnelle ", déclare Marcus Wandt, pilote d'essai expérimental pour le Gripen chez Saab.

"Je suis heureux de voir l'avion se comporter et fonctionner selon nos attentes, ce qui prouve sa conception intelligente et démontre l'ingénierie de niveau mondial de Saab. Le programme est sur la bonne voie et nous avançons à bon rythme dans le programme de livraison à nos clients suédois et brésiliens ", déclare Jonas Hjelm, Senior Vice President et responsable du secteur Aéronautics de Saab.

saab,gripen e,nouvel avion de comabt,air2030,blog défense,nouvel avion de combat,les nouvelles de l'aviation

Ces tests constituent les étapes les plus récentes du programme d'essais en vol du Gripen E, après les essais d’emport en juillet, et font partie du travail d'intégration des armes.

Le Gripen E dispose d'armes pour tous les types de missions, telles que les frappes de précision à distance de sécurité à l'aide de bombes planantes guidées, les missiles antinavires lourds et les missiles à frappe profonde, ainsi que les missiles air-air à longue portée et agiles tels que Meteor. Le Gripen E peut également transporter des nacelles et des capteurs pour des missions de reconnaissance et des missions spéciales. Afin de permettre aux forces aériennes de disposer d’un large choix de capacités opérationnelles, le Gripen E est conçu pour permettre une intégration rapide de diverses armes. Celle-ci est rendue possible en partie grâce à l'architecture avionique flexible du Gripen E.

Prochaine étape :

Actuellement le second Gripen E  de présérie n°39-9 est aux essais moteurs et procédera à son vol inaugural dans quelques semaines. Il sera suivi par le Gripen E n°39-10 qui sera au standard de production initial. Selon l’avionneur le calendrier de livraison du premier Gripen E MS21 de série sera livré comme prévu en 2019 à la Force Aérienne brésilienne (FAB).

 

IMG_1786.JPG

Photos :Gripen E 39-8, tir de l’Iris-T et largage de réservoir @ Saab

 

 

24/09/2018

Air2030, Transmission des demandes d'offre pour la défense sol-air !

solair.jpg

Berne, armasuisse a transmis la première demande d’offre pour un nouveau système de défense sol-air de longue portée (DSA) aux organismes gouvernementaux des trois pays de fabrication. armasuisse attend les offres d’ici fin mars 2019. 

Sur la base des exigences publiées par le DDPS le 23 mars 2018, armasuisse a, le 21 septembre 2018, envoyé la demande d'offre pour un nouveau système de défense sol-air de longue portée aux organismes gouvernementaux des trois constructeurs concernés: la France (Eurosam SAMP/T), Israël (Rafael David's Sling) et les États-Unis (Raytheon Patriot). 

Les offres doivent notamment contenir les éléments suivants:

  • capacités du système proposé
  • coûts d’acquisition et d’assistance produit 
  • informations et propositions de coopération entre forces armées et autorités de passation des marchés 
  • indication quant à la possibilité de compensations

Évaluation et analyse des coûts et des bénéfices

Après prise de contact par leur organisme gouvernemental, les constructeurs ont la possibilité de soumettre leur offre à armasuisse jusqu’à fin mars 2019. armasuisse analysera ensuite les indications des constructeurs en utilisant, comme pour l’évaluation du nouvel avion de combat, les critères d’évaluation principaux pondérés suivants:  

  • efficacité (opérationnelle, autonomie) 55%
  • assistance produit (facilité d’entretien, autonomie dans l’assistance) 25% 
  • coopération 10%
  • compensations directes 10% 

Pour pouvoir comparer les candidats, armasuisse mettra en regard l’utilité globale du système de défense sol-air de longueur portée et les coûts d’achat et d’exploitation. 

Essais

armasuisse prévoit de réaliser les essais des détecteurs radar de chaque système à la fin de l’été 2019 en Suisse. armasuisse analysera les capacités des autres composants principaux tels que les missiles et le système de conduite sur la base de données supplémentaires obtenues soit en Suisse soit, si nécessaire, dans chaque pays de fabrication.    

Étapes suivantes du programme Air2030

Comme pour le nouvel avion de combat, armasuisse enverra en novembre 2019 aux organisations gouvernementales du nouveau système de défense sol-air de longue portée une deuxième demande d'offre prenant en compte les informations et les données recueillies. Celle-ci demandera aux constructeurs de proposer à armasuisse avant la fin mai 2020 l’offre la plus avantageuse possible pour la Suisse. Le rapport d’évaluation sera établi à la fin 2020 à partir des informations fournies et soumis au Conseil fédéral afin de décider du modèle.  

Défense sol-air de longue portée

Depuis la mise hors service du BL-64 Bloodhound en 1999, il existe une lacune dans la défense sol-air de longue portée. Un système de défense sol-air de longue portée permet de couvrir efficacement de grands secteurs. Quelques positions suffisent à couvrir la majeure partie des régions les plus densément peuplées de Suisse. L’utilisation à la fois d’un système de défense sol-air de longue portée et d’avions de combat dans un même secteur s’avère efficace et facilite la tâche des avions de combat. La défense sol-air de longue portée offre une protection permanente. En fonction de la situation, les avions de combat peuvent se tenir prêts au sol selon un degré de disponibilité élevé et n’être engagés qu’en cas de nécessité. (sources DDPS)

Photos : les systèmes en compétition potentielle : Le SampT, David’S Sling, Patriot Pac 3

 

Dossier Air2030 :

Demandes d’offres pour le nouvel avion de combat :

http://psk.blog.24heures.ch/archive/2018/07/06/demande-d-...

 

 

16/09/2018

Nouvel avion de combat, le poid des offsets !

9732835.image.jpeg

La compétition qui s’annonce débutera pleinement, lors des premières offres qui doivent parvenir à armasuisse en janvier prochain. Celles-ci confirmeront la participation des avionneurs en vue du choix du nouvel avion de combat destiné à venir remplacer les actuels Northrop F-5 E/F « Tiger II » et Boeing F/A-18 C/D « Hornet ». Nous verrons dès lors, si tous les actuels prétendants seront bien présents ou non.

Différents éléments en vue du choix :

Le choix se fera fera sur une base de centaines d’éléments qui seront collectés notamment, lors des essais en vol et au sol qui se tiendront dans notre pays de mai à juillet 2019. Là, l’aspect technique des aéronefs sera primordial et il n’y aura pas de seconde chance, les avions devront être très bons pour avoir une chance de rester en course. A la différence de ce qui s’est passé en 2008 ou les avions avaient de profondes différences en matière de standards, nous devrions cette fois évoluer dans un mouchoir de poche et obtenir des résultats plus proches les uns des autres.

De ce point de vue, une première différence plus importante devrait apparaître et concerne les prix à l’achat et à l’heure de vol. Ces deux éléments seront particulièrement scrutés pour le choix final et chaque avionneur fera bien évidemment l’offre la plus basse en matière de prix à l’achat. Mais comme pour la dernière compétition, des différences importantes vont être constatées entre l’avion le plus cher et le moins onéreux en course. De la même manière, les coûts à l’heure de vol vont montrer là aussi des différences d’un modèle à un autre. Pour satisfaire au choix, l’avion devra entrer dans l’enveloppe des frais de fonctionnement des Forces aériennes. Un « Hornet » suisse actuel vole en moyenne 200 heures par années (180 pour les Hornet de l’US Navy) pour un coût moyen de 29'000.— Chf à l’heure. Le futur ne devrait pas dépasser ce chiffre, voir être inférieur.

Entre les domaines techniques et les coûts, les avionneurs vont se retrouver à batailler pour pouvoir se placer. Mais il est un autre domaine ou chacun pourrait venir compenser ses éventuelles petites faiblesses, il s’agit des « affaires compensatoires ou offsets ».

1689942983.jpg

Affaires compensatoires (offsets) :

Exigences imposées par le Conseil Fédéral

Pour l’acquisition des avions de combat et de la défense sol-air de grande portée, des affaires compensatoires représentant 100 % du prix d’achat doivent être exigées et garantie.

La mise en œuvre des obligations liées aux affaires compensatoires intervient après la signature du contrat. Les affaires compensatoires éventuellement générées auparavant peuvent être prises en compte jusqu’à 20 % du volume total des affaires compensatoires (Offset-Banking-Agreements).

L’objectif visé concernant la répartition régionale dans les trois régions linguistiques de la Suisse est d’approximativement 65 % en Suisse allemande, 30 % en Romandie et 5 % dans la partie italophone de la Suisse.

L’utilisation de facteurs de multiplication est autorisée pour la participation industrielle directe et indirecte. Ceux-ci tiennent compte du fait que la valeur économique générée par les investissements peut être plus élevée que les charges financières pures.

Pas une première :

La demande de garantie à 100% du prix d’achat n’est en soi pas une première, puisque lors du choix en 2014 du Gripen E, l’Etat suédois et l’avionneur Saab avaient offert une garantie à 100 % en matière d’affaires compensatoires sur le prix du contrat qui était à l’époque de 3,1 milliards de chf.

Les offsets doivent permettre donc un retour sur investissement de l’argent engagé dans l’achat de systèmes d’armes par la Confédération. Avec un montant minimum équivalent aux 8 milliards prévu (avion de combat & système sol-air) les industriels suisses doivent donc se retrouver avec des investissements garantis principalement dans le domaine civil et un minimum dans le secteur militaire. Au final, il s’agit de faire travailler ces 8 milliards qui permettront à l’industrie de notre pays d’offrir de nouveaux emplois, places d’apprentissage et ouverture de contrat à l’étranger. Le retour se fera également en direction de l’Etat avec les impôts, cotisations chômage et AVS.

Entrée en matière :

Afin d’activer et de promouvoir la collaboration entre les consortiums d’avionneurs et l’industrie suisse, Swissmem / groupe spécialisé SWISS ASD organise avec d’autres partenaires en octobre 2018, pour chaque consortium, deux manifestations d’une journée intitulées « SIP Kick Off Days » (SIP: Swiss Industrial Participation). Ces événements auront lieu à Berne et à Lausanne. Il s’agit ici de débuter la prise de contacte en vue des futures offres.

Le cas Belge :

Hormis l’intérêt de l’industrie suisse en matière d’offsets, les avionneurs peuvent-ils jouer une carte déterminante dans le choix final ? Certes, ceux-ci peuvent très bien se contenter de garantir les 100% demandé. Mais certains pourraient par exemple se montrer très « agressifs » avec des offres telles que celles proposées à la Belgique, jugez plutôt :

Airbus DS avec l’Eurofighter (36 avions pour 3,6 milliards d’euros) qui concours au sein de l’offre officielle propose à la Belgique : un montant de retombées économiques à hauteur de 19,3 milliards d’euros et créerait ou consoliderait 6.785 emplois d’ici 2043, selon une analyse de sa proposition réalisée par le cabinet d’économistes d’Oxford Economics (OE).

Dassault Aviation se lance hors-concours officiel, mais avec une offre directe d’Etat à Etat propose le Rafale avec une compensation estimée à 20 milliards d’euros sur 20 ans et plus de 5'000 emplois par an à haute valeur technologique en Belgique», précise le document.

Peut-on alors rêver de voir dans notre pays des offres particulièrement généreuses se profiler ? Difficile à dire pour l’instant, cependant se serait dans l’intérêt des avionneurs de venir « titiller » le lobby de l’industrie sur ce sujet.

Double impact :

Des offsets particulièrement généraux auraient un double impact, d’une part ceux-ci permettraient à un avionneur de se profiler devant ses concurrents et de l’autre, du côté suisse sachant qu’il y aura une votation plus le retour sur investissement sera grand plus il sera aisé de défendre une acquisition dans le domaine militaire.

On le voit, rien n’est joué dans le futur choix qui s’annonce et les avionneurs peuvent encore disposer de marges de manœuvre intéressantes, qui au final ne feront que relancer l’intérêt de ce futur achat.