29/06/2020

Air2030 : rétablissons quelques vérités !

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Dans le cadre de la votation du 27 septembre prochain, les défendeurs et les opposants à l’achat du nouvel avion de combat s’arment de divers arguments. Rien de bien étrange dans notre pays ou la démocratie directe et en soi une manière de vivre. Par contre, lorsque l’argument est faux et peut induire en erreur la citoyenne et le citoyen, il est important de rétablir la vérité.

Intervention de Mme Brigitte Crottaz, PS à La Matinale :

Dans son intervention de ce matin, Mme Crottaz avance plusieurs arguments qui ne correspondent pas à la réalité :

Pour cette opposante aux avions de combat, « Les progrès font qu'on peut augmenter les heures de vol jusqu'à 6000 voire 10'000 pour les F/A-18 » Ce n’est pas exact, les « HORNET » utilisés en Suisse vont être prolongés à 6'000 heures afin d’atteindre 2030, soit la limite d’utilisation. Après, il n’y aura plus aucune garantie d’obtention de pièces détachées (rapport de l’US Navy 2017). De fait, il n’est pas possible de prolonger le « HORNET » au-delà !

Par contre, le Super Hornet BlockIII proposé à notre pays est certifié pour une vie cellule de 10'000 heures. Les Super Hornet BlockII de l’US Navy seront eux portés à cette limite. Cela s’explique par le fait que Boeing a tiré les enseignements des « Hornet » plus anciens pour prolonger la vie du « Super Hornet » en supprimant près de 40% de pièces et en utilisant de nouvelles techniques.

Confusion entre "Hornet" et Super Hornet", mauvaise connaissance du dossier ou volonté de tromper l’électorats ?

Concernant la police du ciel : 

Mme Crottaz affirme: "Les F/A-18 ne sont concernés que par une toute petite quantité de missions chaudes par année". Avec en moyenne plus de 200 missions d'interceptions  par année dont 70 à 80 "Hot Mission" celà ne lui suffit pas ? Faut-il attendre un drame dans notre ciel, pour certaines personnes réalisent "enfin" l'importance de la PA24 ?

A propos du M-346, notre opposante affirme que « ce dernier n’a pas été étudier dans le projet, que le petit jet italien décolle plus vite qu’un avion de combat multirôle » Non seulement le M-346 n’est pas à la norme QRA15 (Quick Reaction Alert 15) soit le minimum de temps pour décoller, mais il est incapable de dépasser un plafond pratique de 13'000 mètres (en configuration lisse) alors que les avions de combat testés atteignent les 18'000 mètres. Sans postcombustion le taux de montée du M-346 avoisine (en configuration lisse) les 6'000 m/min de vitesse ascensionnelle contre en moyenne 18'000 m/min pour les avions en compétition. La solution M-346FA ne permet PAS de décoller et de rejoindre un simple avion commercial en altitude. De plus, de la dénomination même de son constructeur Leonardo, il s'agit d'un "LIght Attack Fighter" et non d'un intercepteur!

Oui, la solution d’un avion léger a été étudiée et discutée au sein du Groupe d’accompagnement pour l’évaluation du futur avion dans lequel siégeait sa collègue de partis Mme G. Savary.

"Mais est-ce qu'on assure vraiment notre sécurité actuellement ?", interroge Brigitte Crottaz. "Non. Depuis 2003, il est prévu qu'on ait une police de l'air 24 heures sur 24. Ce n'est toujours pas le cas et ce ne sera le cas qu'à fin 2020 » Ce que Mme Crottaz néglige, vient du fait que nous aurions pu gagner 10 ans pour la PA24, si nos parlementaires à Berne n’avaient pas traîné les pieds. Le PS, n’a pas véritablement fait avancer les choses. Par contre, depuis 2003, la surveillance radar militaire fonctionne H24 et coordonne la sécurité avec nos voisins.

Autre affirmation : « La défense sol-air serait bien plus utile pour faire face à des missiles ». Sauf que nous sommes en Suisse et les radars au sol subissent les effets de la topographie. Les ondes radars ne traversant pas les montagnes la capacité de couverture d’un système sol-air de moyenne/longue-portée est limitée à 15'000 km2 (Données Rapport sur la Défense Aérienne). Par ailleurs, un système sol-air est une arme de guerre, elle est inutilisable en temps de paix. De plus, l’engagement de missiles balistiques est complexe, il ne peut être effectué de manière fiable qu’avec un engagement en « réseau » avec un avion de combat multirôle. Pour terminer, je porterais à votre connaissance que cette vision de nos opposants et le fruit du rapport ACAMAR payé par le PS. Ce dernier prend comme référence la défense sol-air de l’Arabie Saoudite, celle-là même qui a été mis en échec à la fin de l’année dernière, par des missiles Houthis qui ont frappé une installation pétrolière de premier plan. Ce que nous ne voulons surtout pas reproduire !

Si chacun a le droit d’avoir une opinion, il est par contre juste d’offrir une argumentation réaliste et non biaisée ! Il en va de la survie de démocratie !

Petite question : Vous pensez sérieusement que le PS qui milite pour la suppression de l’armée serait prêt à voter un crédit d’armement pour le M346 qui ne correspond pas au cahier des charges ?

09/06/2020

Premier vol pour l’Advanced Super Hornet Block III de série !

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Boeing a effectué le vol inaugural du premier exemplaire de production de l’Advanced Super Hornet Block III. Ce premier a eu lieu  le 4 juin dernier, impliquant un avion portant le numéro de construction F287. L’avion a décollé des installations de l’avionneur à St Louis dans le Missouri. Il s'agit du premier des deux appareils du Block III de série qui seront livrés à la division des aéronefs du Naval Air Warfare Center de la Marine américaine à Patuxent River dans le Maryland pour des tests et une vérification avec l'escadron VX-23. Cet appareil fait suite au prototype et un avion de préséries qui vol déjà.

Les essais prévus comprendront une évaluation de l’adéquation des systèmes et serviront également à familiariser la Marine avec les nouveaux systèmes de l’avionique du Block III. Ces tests devraient être suivis d'essais de tir sur le polygone de China Lake, en Californie, avec l'escadron VX-9.

Rappel :

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En mars 2019, Boeing a reçu un contrat d'achat pluriannuel pour 61 F/A-18E monoplaces et 17 F/A-18F biplace dans la configuration Block III. Les livraisons devraient commencer l'année prochaine et se poursuivre jusqu'en 2024. Le premier avion a été déployé à St Louis le 8 mai et n'est pas encore équipé des réservoirs de carburant conformes (CFT) destinés à la configuration complète, bien que ceux-ci aient été précédemment piloté sur le prototype.

La production du Block III fait suite à un total de 608 avions Block I/II, le Block II ayant introduit le radar à balayage électronique actif (AESA) Raytheon APG-79 qui est conservé dans le Block III. Une proportion importante de la flotte existante du bloc II sera mise à niveau vers la norme du Block III, y compris une modernisation de la durée de vie qui prolonge la durée de vie de la cellule de 6’000 à 10’ 000 heures. Le programme de mise à niveau devrait se dérouler de 2022 à 2033. D'ici 2024, la Marine espère avoir au moins un escadron équipé du Bloc III dans chaque escadre aérienne de porte-avions.

Le F/A-18 E/F Block III « Advanced Super Hornet » :

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La version Block III « Super Hornet » ou l'Advanced Super Hornet, outre les réservoirs CFT, qui ajoutent 3’500 livres de carburant et réduisent la traînée, se distingue de plusieurs manières.

La particularité résident dans le fait, qu’il est possible en fonction de la mission, de choisir entre le transport en interne grâce à un caisson ventral pour intégration des armes ou de revenir au transport traditionnel. Une autre amélioration est l'aérodynamique Digital Flight Control System (DFCS), qui améliore la fiabilité de l'avion et réduit le poids de la cellule. L’adoption d’une peinture absorbante sur l’ensemble de la cellule contribue également à la diminution de la signature radar.

Un nouveau système de guerre électronique Digital Electronic Warfare System (DEWS) qui travaille de concert avec le radar Raytheon Electronic Scanning Array (AESA) permet une optimisation des différents capteurs et senseurs. L’avionique comprend un écran géant couleur d’Elbit Systems de 10X19 pouces. L'Advanced Cockpit System (ACS) permet de rassembler toutes les données des différents capteurs et réseaux en une image claire et intuitive couplé à un système anticollision GCAS.

L’avion est doté d’un capteur IRST longue portée, placé sous le nez de l’avion et non plus, dans un réservoir sous le ventre comme pour le Block II. Cette nouvelle version de l’IRST permet au capteur de détecter et de suivre passivement des cibles bien au-delà de la portée du radar APG-79. "Il peut voir un avion chaud". L’IRST fonctionne directement avec les TTNT et DPT-NT.

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Le réseau Rockwell Collins TTNT (Tactical Targeting Network Technology) permet un transfert rapide de grandes quantités de données même en cas de brouillage hostile. Le TTNT fait quant à lui partie du système NIFC-CA (Naval Integrated Fire Control - Counter-Air). Le processeur de ciblage distribué en réseau (DTP-N) gère toutes ces données à bord de l'avion et permet une fusion complète en y intégrant toutes les données extérieures (avions, systèmes sol-air et navires de surface).

Autre élément clé est l'insertion d'un autre programme d'enregistrement, la connectivité en réseau avancée SATCOM, un système IP à haut débit améliorant les communications à longue portée avec la liaison de communication par satellite Lockheed Martin MUOS (Mobile User Objective System) pour partager des données avec des forces amies trop loin pour la radio en visibilité directe. L’ensemble tourne avec de nouveaux ordinateurs de mission offrant une pleine capacité de fonctionnement en réseau.

L’avion emporte la gamme complète d’armement en service actuellement au sein de la Navy et est optimisé pour les nouvelles armes comme les futurs missiles antiradrar AARGM-ER et le missile supersonique air-air longue portée Raytheon Peregrine.

En matière de motorisation, l’appareil est doté de deux General Electric F414-440 qui augmentent la puissance de 20%. Le mode « SuperCroisière » est dès lors disponible. A noter la certification des moteurs pour le biokérosène.

Le Boeing le Block III  peut ainsi effectuer la plupart des missions imaginées pour le F-35 de la Navy à l’exception de la pénétration furtive. Le Block III est spécialement optimisé pour volé avec un ailié robotisé comme l'Airpower Teaming ou le drone ravitailleur MQ-25 "Stingray". 

Le coût à l'heure de vol étant estimé à 18’000 dollars américains (au sein de la Navy), soit 8'000 à 10'000 dollars de moins que les anciennes versions de Hornet. 

A l’exportation :

Le Block III vient d’être choisi par l’Allemagne pour compléter la future flotte d’Eurofighter « Quadriga ». Il est proposé au Canada, en Finlande et en Suisse.  

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Photos : 1 Le Block III de série 2 Le prototype 3 Cockpit 4 L’IRST sous le nez  5 Le block III de présérie avec les réservoirs CFT @ Boeing

 

 

 

 

17/02/2020

Air2030 : Pourquoi faut-il un nouvel avion, interview de Claude Nicollier

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Le professeur et ex-astronaute Claude Nicollier explique pourquoi une armée sans défense aérienne ne peut pas remplir sa mission avec succès. Et pourquoi il est urgent de décider de l'acquisition de nouveaux avions de chasse.

Claude Nicollier a été pilote de milice dans les Forces aériennes suisses, pilote de ligne, chercheur à l'Agence spatiale européenne (ESA), puis pilote d'essai et astronaute à la NASA. Il est professeur à l'École polytechnique fédérale de Lausanne depuis 2007. Sa passion pour l'aviation ne s'est jamais éteinte: ici, devant «son» Hunter. (Photo : DDPS)

Professeur Nicollier, vous dites que nous sommes sur le point de prendre une décision politique essentielle au maintien de la défense aérienne de notre pays. N’êtes-vous pas en train de tomber dans le catastrophisme ?

À mon avis, non, parce qu’une défense aérienne n’est possible que si les moyens nécessaires sont disponibles. Les systèmes actuels – avions de combat et systèmes de DCA – arriveront au terme de leur durée d’utilisation dans les prochaines années. S’ils ne sont pas remplacés, l’armée ne disposera de plus aucun moyen adéquat pour protéger l’espace aérien à partir de 2030.

Le F/A-18 est une machine robuste et la mise en œuvre de mesures visant à prolonger sa durée d’utilisation a commencé. Quand est-ce que cela ne suffira plus ?

Une prolongation au-delà de 2030 et de 6000 heures de vol n’a aucun sens. C’est déjà un défi que d’atteindre cette limite! Notre espace aérien est petit et étroit. En Suisse, un avion de combat parvient dans son secteur d’engagement quelques minutes après son décollage; là, il doit souvent effectuer des virages serrés. Nos F/A-18 auront près de quarante ans en 2030, plus encore pour la technologie qu’ils embarquent. Ils ne pourront bientôt plus être alignés contre un adversaire moderne, à l’instar des F-5 Tiger aujourd’hui.

Dans votre avis sur le rapport d’experts « Avenir de la défense aérienne », vous soulignez l’urgence: est-on vraiment «quelques minutes avant minuit», s’agissant de garantir la sécurité de l’espace aérien et de protéger la Suisse ainsi que sa population ?

Absolument. Par rapport à la planification initiale, nous avons déjà 15 ans de retard dans le remplacement de nos avions de combat. Par conséquent, la durée de vie du F/A-18 a dû être prolongée. Depuis quelque temps, les problèmes de fonctionnement s’accumulent. Cela signifie que nous allons amener ces aéronefs à leurs limites d’ici 2030. Il n’y a vraiment plus de temps à perdre.

La question de la taille de la flotte d’avions de combat, destinée à remplacer le F/A-18, suscitera de vives discussions. Vous soulignez qu’il ne faut pas se montrer minimaliste. Pourquoi ?

Si nous acquérons aujourd’hui une flotte réduite au strict minimum, toute perte affectera directement la capacité d’ensemble. Et si l’on me rétorque que nous pourrons toujours en racheter, je réponds que les avions de combat évoluent en permanence. Si nous voulions racheter le même type d’avion de combat dans quelques années, il ne disposerait plus de la même configuration.

En chiffres, qu’est-ce que cela signifie concrètement ?

Dans mon analyse, j’ai plaidé pour l’option 2, qui prévoit environ 40 avions de combat. En fonction de la manière dont les avions atteignent les capacités requises et de leurs cycles de maintenance, il faudra un peu plus ou un peu moins d'avions pour atteindre le niveau de performance demandé.

Vous soulignez qu’une armée sans défense aérienne ne peut remplir sa mission. Quelles ressources complémentaires sont nécessaires et quelle doit être leur ampleur ?

Il ne fait aucun doute que les avions de combat ne peuvent être utilisés efficacement que dans un système global. Cela signifie qu’il faut également un système de défense aérienne basé au sol, notamment pour protéger durant une période prolongée les installations critiques des menaces aériennes. Et bien entendu, nous avons besoin d’un équipement radar et d’autres capteurs pour que l’armée dispose en permanence d’une image complète de la situation aérienne.

Quel équilibre doit-on trouver entre les avions de combat et la défense sol-air ?

Il y a deux critères financiers: 8 milliards de francs suisses pour les deux systèmes, dont 6 milliards pour les avions de combat, si les citoyens approuvent cette décision. C’est dans ce cadre que nous devons tenter de nous rapprocher le plus possible de l’option 2.

Dans votre prise de position, vous écrivez que la topographie et l’environnement particuliers de notre pays exigent une défense aérienne combinée. Est-il possible de l’assurer de manière totalement autonome ?

Nous ne pourrons jamais être complètement indépendants du fabricant, qu’il soit européen ou américain, surtout en matière de maintenance. Néanmoins, nous devons nous efforcer d’obtenir un degré d’autonomie approprié. Sur ce point, les évaluations doivent fournir des réponses. En ce qui concerne l’autonomie opérationnelle, nous devons être en mesure de garantir de manière indépendante le service de police aérienne et d’assurer pendant quelques semaines au moins la défense en cas de conflit. Cela n’est possible qu’avec une défense aérienne combinée.

Comment nos voisins assurent-ils leur défense aérienne ? Et comment le font les autres petits États non alliés ?

En tant que membres de l’OTAN, l’Allemagne, la France et l’Italie ont fortement concentré leurs capacités sur la défense de l’Alliance; en même temps, ces pays revendiquent tous une certaine autonomie. Neutre et non alliée, l’Autriche tente, elle, de protéger son espace aérien de manière indépendante, dans la limite des ressources financières disponibles. À l’avenir, elle souhaite toutefois miser davantage sur une politique de défense européenne. Les autres pays neutres comme la Suède et plus particulièrement la Finlande visent un niveau élevé d’autonomie, ce qui est bien sûr lié à leur situation géopolitique. Le « prêt-à-porter » ou la « taille unique » n’existe pas en matière de défense aérienne.

Comment expliquez-vous au public que notre espace aérien revêt une importance stratégique ?

Le trafic aérien civil – passagers et fret – ne peut utiliser l’espace aérien que s’il est sûr. Deux des plus importantes voies du trafic aérien européen passent par la Suisse. Il est donc essentiel de garantir que les règles de la circulation aérienne soient observées et de veiller à ce que personne n’y circule sans autorisation ou en violation de la neutralité de la Suisse. Cette tâche, seules les Forces aériennes peuvent l’effectuer.

Est-il pertinent de parler à nouveau de «dissuasion» ?

Si l’espace aérien suisse est perçu comme bien contrôlé au quotidien, cela diminue le nombre de violations des règles du trafic aérien, comme c’est le cas pour le trafic routier !

En cas de conflit imminent, il peut être crucial de savoir que la Suisse dispose d’une force aérienne opérationnelle et efficace. De fait, la meilleure défense est celle qui dissuade un adversaire d’attaquer.

À quel point doit-on être ambitieux ?

Le but est d’assurer l’endurance de nos Forces aériennes, afin qu’elles puissent rester opérationnelles pendant une période prolongée de tensions accrues. En cas de conflit, on doit fixer des priorités. Ainsi, le système DCA doit garantir une protection permanente d’une grande partie des régions peuplées de Suisse.

On entend souvent l’argument selon lequel nous devrions acheter des hélicoptères de combat. Qu’en pensez-vous?

Les hélicoptères de combat sont conçus pour de tout autres tâches. Ils sont prévus exclusivement pour l’appui-feu des troupes au sol. Ils ne conviennent pas pour le service de police aérienne, car ils n’ont ni la vitesse ni l’altitude opérationnelle suffisantes pour pouvoir contrôler un avion de ligne. Engagés contre des avions de combat, ils seraient également trop lents et pas suffisamment armés.

Et qu’en est-il des drones?

En matière de police aérienne, leur particularité première constitue leur limite : il n’y a aucun homme à leur bord ! Dans ce contexte, il est souvent décisif que le pilote de chasse puisse établir un contact visuel avec le pilote de l’avion intercepté et communiquer avec lui au moyen de signaux manuels si la liaison radio est perdue. Cette tâche ne peut pas être effectuée avec un système non habité.

Certaines personnalités politiques plaident pour des « avions de combat légers ». Pouvez-vous comprendre cela ? Et en existe-t-il, d’ailleurs ?

Je peux très bien comprendre que l’on recherche des alternatives. Mais les avions de combat légers ne sont à mon avis pas une solution. Tout d’abord, il s’agit simplement d’avions d’entraînement conçus justement pour la formation des pilotes et non pour des engagements. S’ils peuvent servir à compléter une flotte d’avions de combat pour effectuer certaines tâches, ils ne pourront jamais la remplacer. Pas même le service de police aérienne ne pourrait être assuré, et encore moins la défense aérienne. Penser que des machines moins chères à l’achat et à l’exploitation ont les mêmes capacités que des avions plus chers, c’est faire fausse route. Où a-t-on déjà vu cela ?

A propos de Claude Nicollier :

Claude Nicollier a été pilote de milice dans les Forces aériennes suisses, pilote de ligne, chercheur à l'Agence spatiale européenne (ESA), puis pilote d'essai et astronaute à la NASA. Il est professeur à l'École polytechnique fédérale de Lausanne depuis 2007. Sa passion pour l'aviation ne s'est jamais éteinte: ici, devant «son» Hunter. (Photo & sources : DDPS)

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Les quatre appareils en course : Boeing Advanced Super Hornet, Dassault Rafale F4, Airbus Eurofighter T3B, Lockheed Martin F-35A.

17/01/2020

L’US Navy prépare l'arrivée de l’IRST BlockII !

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Pour la première fois, Boeing et la marine américaine ont volé un F/A-18 « Super Hornet » équipé de la nacelle IRST BlockII. La nouvelle nacelle IRST prépare la conversion prochaine en direction de l’Advanced Super Hornet BlockIII avec notamment une meilleure capacité en réseau, une plus grande portée avec des réservoirs de carburant et un nouveau cockpit avancé, des améliorations de signature radar et d'un système de communication amélioré.

Actuellement en phase de réduction des risques de développement, les vols avec la nacelle IRST BlockII sur le Super Hornet de Boeing et permettent à la Marine de recueillir des données précieuses sur le système avant le déploiement au sein de la flotte. La variante BlockII sera livrée à la Marine en 2021, pour atteindre la capacité opérationnelle initiale peu après. 

L’IRST21 BlockII (Infrared Search-and-Track) AN/ASG-34 destiné au « Super Hornet » est développé en commun par Lockheed-Martin, Boeing et General Electric. Contrairement aux systèmes IRST montés sur les nez des aéronefs, celui-ci, est installé dans un réservoir ventral de type General-Electric FPU-13. Selon ses concepteurs, il est capable malgré sa position particulière sur l’aéronef de suivre des cibles en hauteur et ceci jusqu’à 16’000 mètres d’altitudes. Les données du capteur de IRST21 BlockII sont fusionnées avec les autres informations acquises par les différents capteurs qui équipent le F/A-18E/F « Super Hornet » et augmente ainsi, la conscience de la situation du pilote. De plus, il offre une augmentation de carburant, puisque le réservoir conserve son rôle primaire.

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L’ajout d’un capteur IRST sur le « Super Hornet » permet à celui-ci de combler son retard en ce qui concerne la détection passive (sans révéler sa propre position) et permet au « Super Hornet » d’évoluer jusqu’en 2040-2045 en parallèle avec le Lockheed-Martin F-35.

L’IRST BlockII recherche et de suivi infrarouge peut être utilisés pour détecter passivement d’autres avions ou missiles, y compris des avions furtifs, en recherchant une signature thermique ainsi que l’humidité accumulée sur une structure. De plus, comme le capteur est passif n'émet aucun type de rayonnement, il est plus difficile à détecter pour un adversaire.

Le système va permettre de compléter le radar AESA en vue de la détection d’avions adverses comme le Chengdu J-20 chinois ou le Sukhoi Su-57 russe. Lorsque l’IRST Block II est utilisé par deux avions à la fois, il peut créer une solution de ciblage pour un missile air-air par exemple.

Dans le cadre de la phase de développement technique, Lockheed a fourni les lots de production initiale 1 et 2 à faible coût en 2019. Ces lots sont utilisés pour les essais, l'entraînement et le développement tactique et comprennent 18 capteurs intégrés dans les réservoirs de carburant. A noter que l’IRST21 a été présenté en Suisse, lors des essais « air2030 » ce printemps par Boeing.

L’IRST21 va être progressivement installé sur les « Super Hornet » BlockII et sera de série sur l’Advanced Super Hornet BlockIII de l’US Navy (il est proposé à la Finlande & la Suisse).

Photos : 1 Super Hornet de l’US Navy avec l’IRST BlockII @ Boeing 2 Nacelle IRST21 BlockII @ LM

 

14/01/2020

Tragédie du Boeing 737 ukrainien : révélatrice de la faiblesse du concept de la « double sécurité à moitié prix » du parti socialiste ?

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En cas de problèmes d’identification depuis le sol d’un avion dans un espace aérien ouvert au trafic civil, on ne peut pas faire de la police aérienne qu’avec des missiles sol-air. Pour la police aérienne, il faut disposer d’une flotte d’avions de chasse performants, pour pouvoir procéder à une identification visuelle de la cible en toutes circonstances.

L’AVIA romande rappelle que la police aérienne est d’abord un outil de sécurisation de l’espace aérien, en temps de paix comme de crises. C’est une mission des plus exigeantes.

Pour mener à bien de telles missions et assurer ainsi la sauvegarde de la souveraineté sur l’espace aérien suisse, à savoir identifier à temps un avion, sans engager la sécurité de l'appareil, de ses passagers et de la population, il faut disposer d’avions de chasse capables :

  • de décoller en urgence et de monter en altitude très rapidement (QRA15)
  • de voler à des vitesses supersoniques ( à plus forte raison dans un espace aérien réduit comme le notre)
  • d’intervenir de jour comme de nuit, par tous les temps, dans tous les environnements (à haute altitude comme au fond d’une vallée) et face à tout type de cible (rapide ou lente) *;
  • d’être interconnectés avec les systèmes et moyens militaires et civils en charge de la sécurisation de l’espace aérien**.

Non couplés à une flotte d’avions de combat performants, les systèmes de défense sol-air ne sont pas adaptés aux temps de paix ou de crises, car :

  • ils n’ont pas la disponibilité, la souplesse d’utilisation ni la réversibilité nécessaires ;
  • ce sont des moyens de guerre qui ne peuvent tirer que dans un espace interdit à la navigation aérienne, ou ne pas tirer ;
  • leur fiabilité dépend du type de cible à abattre et de son profil de vol ;
  • à moins d'aplatir la Suisse, l'électronique ne peut pas grand-chose dans un relief alpin : les radars ne voient pas à travers les montagnes.

La liste trop longue d’avions civils abattus en raison de l’absence de procédures de police aérienne telles que définies et pratiquées par les Forces aériennes suisses rappelle que mal pondérer l’engagement des moyens – comme dans le concept de « double sécurité à moitié prix » du Parti socialiste – peut entraîner des bévues. Est-ce un luxe qu’on peut se payer ?

Prétendre tout miser sur des systèmes de défense antiaérienne et accepter le risque d’une tragédie semblable à celle du Boeing B737 d’Ukrainian Airlines, c’est un luxe qu’on ne peut se payer au prétexte de vouloir économiser sur le budget de l’armée ou tenter de le réduire.

*Radar puissant capable d’opérer dans un environnement montagneux.

** Capacité de mise en réseau.

Sources : AVIA romande

La sécurité et la liberté n’ont pas de prix, l’espoir n’est pas une solution !