26/03/2019

Air2030, le Samp/T et le Patriot en course!

 

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Le 22 mars 2019, deux des trois candidats ont transmis leurs offres respectives à armasuisse, rédigées sur la base des exigences en matière de système de défense sol-air de longue portée qu’avait publiées le DDPS le 23 mars 2018. Il s’agit des systèmes de défense Patriot de la société Raytheon (États-Unis) et SAMP/T du consortium Eurosam (France). Israël n’a pas soumis d’offre pour son système «David’s Sling». Le pays ne fait donc plus partie de la procédure de sélection.

Coup d’envoi de la phase d’analyse et d’essais

Comme pour l’acquisition du prochain avion de combat, la soumission de cette première offre de DSA marque le début de la phase d’analyse et d’essais. Des spécialistes du DDPS vont à présent analyser les réponses au questionnaire rempli par les fabricants dans leur offre. De mai à juillet 2019, plusieurs équipes du DDPS évalueront l’efficacité des différents systèmes, leur maintenance et la formation requise. De mi-août à fin septembre 2019, les capteurs des systèmes de défense sol-air seront testés en Suisse afin de vérifier la performance indiquée du radar de façon ponctuelle, par des mesures au sol et sur cibles en vol. Aucun essai de tir ne sera effectué.

Des conférences de presse sont prévues pour les journalistes. Toutes les informations sur ces événements seront publiées début août 2019 sur le site Internet du DDPS.

Étapes suivantes du projet de système de défense sol-air

Pour chaque candidat, armasuisse, en coopération avec l’État-major de l’armée, les Forces aériennes, la Base logistique de l’armée et la Base d’aide au commandement de l’armée, inscrira les résultats des phases d’analyse et d’essais dans des rapports spécialisés individuels. Les candidats ne seront comparés entre eux qu’ultérieurement.

Conformément au calendrier actuel, armasuisse élaborera un deuxième appel d’offres qui sera transmis aux candidats dans le courant de l’hiver 2019/2020. À partir des résultats de la deuxième offre, armasuisse comparera les candidats entre eux sur la base des rapports spécialisés et déterminera l’utilité globale pour chaque candidat. Le rapport d’évaluation mettant en parallèle l’utilité globale avec les coûts d’acquisition et d’utilisation pour une période de 30 ans sera alors élaboré. Le Conseil fédéral décidera du modèle retenu.

Les raisons de Rafael :

Le fabricant Israëlien semble avoir été en difficulté en ce qui concerne les possibilités de répondre correctement en matière d’Offsets. Repellons ici que l’ahat de l’avion et du système sol-air devront être compensés à 100% à travers l’industrie suisse. 

 

 

03/02/2019

Choisir un avion de combat, c’est définir une ligne stratégique !

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Le choix d’un avion de combat n’est en rien une mince affaire. Un programme d’acquisition peut s’étendre sur plusieurs années, être retardé mainte fois pour plusieurs raisons (politique, financière) avant de pouvoir enfin toucher son but. Le choix lui-même peut être motivé par plusieurs éléments comme les coûts  à l’achat et à l’heure de vol, les considérations politiques du moment, d’un éventuel embargo pour certains pays et de l’intérêt des compensations industrielles (offsets) si celles-ci font partie du contrat. Autrement dit le choix d’un système d’arme complexe comme avion de combat requière pleinement d’une ligne stratégique définie à l’avance par le pays acheteur.

Le cas belge :

Preuve en est le choix en début de semaine du Lockheed-Martin F-35A « Lightning II » par la Belgique pour venir remplacer la flotte actuelle de F-16 du même avionneur. Un choix qui fait grincer les dents des pays européens producteurs d’avions. Comment Bruxelles, ce cœur de l’Union Européenne peut-il une nouvelle fois tourner le dos à un élément de la défense européenne pour ouvrir ses bras aux Etats-Unis ? Pour beaucoup dans les capitales européennes, il s’agit-là d’une trahison.

Les belges sont-ils des traîtres pour autant ?

Le cas belge n’est pas une exception et démontre qu’une fois de plus il n’y a pas de « culture militaire pro-européenne ». Les intérêts de chacun en matière de défense prennent le pas sur les considérations d’une défense européenne unique.  Dans le cas de la Belgique, on connaissait depuis le début de la compétition que certains signes prédestinaient une décision en faveur du F-35. En effet, le choix belge est motivé, depuis le début par le choix d'emporter la bombe nucléaire américaine B61. En choisissant le F-35, la Belgique garde ainsi ses prérogatives déjà obtenues avec le F-16. Certes, la B61 est sous contrôle de l’US Air Force et les belges se retrouvent sous les ordres de ceux-ci. Mais, il semble bien que Bruxelles y trouve son compte, notamment au sein de l’Alliance Atlantique.Et puis, il y a une raison complémentaire dans le choix belge, elle concerne la possibilité de travailler directement avec la force aérienne néerlandaise qui a également choisi le F-35. Sachant que l’aviation militaire belge est aux mains des flamands, un rapprochement avec le voisin est particulièrement avantageux en terme de formation et de partage des armements par exemple. Pour le reste de ses acquisitions la Belgique achète européen comme des véhicules blindés du franco-allemand Nexter-Reinmetall.

L’exemple du Qatar :

Dans un tout autre ordre d’idée, mais pour bien comprendre les intérêts qui peuvent motiver un ou plusieurs choix en matière d’équipement militaire et à plus forte raison en matière d’avions prenons celui du Qatar. Ce petit pays est actuellement très controversé et se retrouve isolé du point de vue diplomatique face à l’Arabie Saoudite qui l’accuse de soutenir le terrorisme. En arrière plan le soutien du Qatar à l’Iran a fortement déplus aux Emirats voisins. Mais derrière la guerre des frères ennemis du wahhabisme, c’est l’avenir économique de la région qui se joue.

Pour adoucir son image, le pays à lancer un vaste programme d’acquisition d’équipement militaire de plus de 100 milliards de dollars avec l’achat non pas d’un type d’avion, mais de trois ! Le pays a lancé un programme d’achat portant sur :

Une première commande de 24 avions de combat Rafale de Dassault Aviation en 2015 avec un ajout de 12 appareils en 2017 pour un total de 7,4 milliards d’euros.

En 2016, c’est l’achat de 36 Boeing F-15E « Strike Eagle » pour 4,7 milliards de dollars avec la possibilité d’en obtenir sur étagère 72.

Et pour terminer en 2017, c’est une commande portant sur 24 avions de combat Airbus DS Eurofighter T3 pour un prix non communiqué, mais qui se chiffre en milliards d’euros sans compter les options d’avions supplémentaires.

Sans parler des autres équipements, le pays tente ici de renforcer son image et de se montrer comme un allié des puissances Occidentales.

La stratégie du choix

Europe ou pays du Moyent-Orient, Asie-Pacifique, les choix des gouvernements en matière d’équipement militaire de pointe s’expliquent avant tout par les facteurs politiques et industrielles avec comme objectif une base industrielle nationale pour certain capable de produire du matériel comme un avion de combat ou pour d’autre de venir participer en tant que sous-traitant par exemple. Pourvoir fabriquer en  sous-traitance un avion de combat peut permettre à terme d’obtenir une certaine autonomie (L’Inde par exemple). Mais tout cela est intimement lié au tissu industriel du pays.

Un gouvernement choisira l’avion national : c’est le cas de la France et de la Suède. Pour autant l’Angleterre et l’Italie qui produise au sein du consortium Airbus DS l’Eurofighter se sont également tournés en direction du F-35. Les anglais pour remplacer les BAe Sea Harrier et les italiens pour devenir la plateforme de production et de maintenance unique du F-35 en Europe.

Le facteur industriel joue également un rôle pour les États dénués d’industrie nationale : la question sera alors davantage celle du prix des appareils et des compensations qu’un gouvernement recevra d’une entreprise en contrepartie du contrat (offset). En ce sens, la question des négociations autour du prix et des avantages pour les industries nationales existe également pour ces pays.

Pour comprendre un choix de l’avion X, il est important de comprendre le rôle des facteurs industriels et stratégiques dans les choix des gouvernements en matière d’avions de combat. Chaque pays fait face à des pressions adaptatives liées au coût important et croissant des avions de combat, les élites stratégiques de certains pays sont portées soit vers une solution américaine (le plus souvent) soit vers une solution à bas prix alors qu’ailleurs, comme en France, des acteurs industriels s’opposent à leur propre marginalisation. Dans les deux cas, certains acteurs au sommet de l’État exercent un veto qui rend impensable l’achat d’un avion « européen ». Sur le plan industriel, on observe une capture de la décision par les entreprises nationales qui, soit indépendantes soit enrôlées par Lockheed-Martin, réussissent à vendre leur produit à un prix qui échappe aux prévisions budgétaires initiales. De fait, une décision nationale ne s’inscrit pas forcément pas dans une dynamique européenne. C’est le cas en Belgique, Norvège et Danemark, soit des pays ayant optés pour le F-35, mais reflètent plutôt la superposition de logiques nationales, européennes et transatlantiques.

Et la Suisse  :

Le projet de modernisation des Forces Aériennes « Air2030 » qui prévoit le remplacement des types d’avions de combat Northrop F-5 E/F et Boeing F/A-18 C/D, ainsi que les systèmes de défense sol-air missiles BAe Rapier et canons Oerlikon de 35mm pour un montant maximum de 8 milliards n’échappe pas à la règle.

La politique d’armement constitue ainsi aussi la base des affaires compensatoires liées aux acquisitions de biens d’armement à l’étranger. Le Conseil fédéral a décidé que le 100% du prix d’achat devait en principe être compensé en Suisse. Les décisions prises jusqu’ici par le Conseil fédéral dans le cadre du projet d’acquisition du prochain avion de combat et d’un nouveau système de défense sol-air s’inscrivent dans cette ligne. Le Conseil fédéral est convaincu que les affaires compensatoires permettent aux entreprises suisses d’accéder à un savoir-faire et aux marchés pertinents. Afin de garantir la transparence autant que possible, ces affaires compensatoires seront répertoriées dans un registre consultable par le public.

Autrement dit, nous aurons une limitation de choix principalement due au montant total qui nous impose un nombre d’équipement limité et certainement pas les plus onéreux. Par contre, la provenance des futures systèmes aura un double impact. D’une part, il aura une influence sur les partenariats en matière d’entraînement de nos soldats en Europe et/ou aux USA voir Israël et le second concernera les rapports industriels et le développment du marché pour notre industrie civiles. En effet, la résultante du choix ne sera pas la même, si nous choississons le tout européen ou américain ou bien, si nous optons pour un mixte USA/Europe/Israël. Dernier point, choisirons-nous un aéronef certifié biofuel ? Là encore, le choix aura une raison stratégique.

 Photo: Gérard Famerée

 

 

24/09/2018

Air2030, Transmission des demandes d'offre pour la défense sol-air !

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Berne, armasuisse a transmis la première demande d’offre pour un nouveau système de défense sol-air de longue portée (DSA) aux organismes gouvernementaux des trois pays de fabrication. armasuisse attend les offres d’ici fin mars 2019. 

Sur la base des exigences publiées par le DDPS le 23 mars 2018, armasuisse a, le 21 septembre 2018, envoyé la demande d'offre pour un nouveau système de défense sol-air de longue portée aux organismes gouvernementaux des trois constructeurs concernés: la France (Eurosam SAMP/T), Israël (Rafael David's Sling) et les États-Unis (Raytheon Patriot). 

Les offres doivent notamment contenir les éléments suivants:

  • capacités du système proposé
  • coûts d’acquisition et d’assistance produit 
  • informations et propositions de coopération entre forces armées et autorités de passation des marchés 
  • indication quant à la possibilité de compensations

Évaluation et analyse des coûts et des bénéfices

Après prise de contact par leur organisme gouvernemental, les constructeurs ont la possibilité de soumettre leur offre à armasuisse jusqu’à fin mars 2019. armasuisse analysera ensuite les indications des constructeurs en utilisant, comme pour l’évaluation du nouvel avion de combat, les critères d’évaluation principaux pondérés suivants:  

  • efficacité (opérationnelle, autonomie) 55%
  • assistance produit (facilité d’entretien, autonomie dans l’assistance) 25% 
  • coopération 10%
  • compensations directes 10% 

Pour pouvoir comparer les candidats, armasuisse mettra en regard l’utilité globale du système de défense sol-air de longueur portée et les coûts d’achat et d’exploitation. 

Essais

armasuisse prévoit de réaliser les essais des détecteurs radar de chaque système à la fin de l’été 2019 en Suisse. armasuisse analysera les capacités des autres composants principaux tels que les missiles et le système de conduite sur la base de données supplémentaires obtenues soit en Suisse soit, si nécessaire, dans chaque pays de fabrication.    

Étapes suivantes du programme Air2030

Comme pour le nouvel avion de combat, armasuisse enverra en novembre 2019 aux organisations gouvernementales du nouveau système de défense sol-air de longue portée une deuxième demande d'offre prenant en compte les informations et les données recueillies. Celle-ci demandera aux constructeurs de proposer à armasuisse avant la fin mai 2020 l’offre la plus avantageuse possible pour la Suisse. Le rapport d’évaluation sera établi à la fin 2020 à partir des informations fournies et soumis au Conseil fédéral afin de décider du modèle.  

Défense sol-air de longue portée

Depuis la mise hors service du BL-64 Bloodhound en 1999, il existe une lacune dans la défense sol-air de longue portée. Un système de défense sol-air de longue portée permet de couvrir efficacement de grands secteurs. Quelques positions suffisent à couvrir la majeure partie des régions les plus densément peuplées de Suisse. L’utilisation à la fois d’un système de défense sol-air de longue portée et d’avions de combat dans un même secteur s’avère efficace et facilite la tâche des avions de combat. La défense sol-air de longue portée offre une protection permanente. En fonction de la situation, les avions de combat peuvent se tenir prêts au sol selon un degré de disponibilité élevé et n’être engagés qu’en cas de nécessité. (sources DDPS)

Photos : les systèmes en compétition potentielle : Le SampT, David’S Sling, Patriot Pac 3

 

Dossier Air2030 :

Demandes d’offres pour le nouvel avion de combat :

http://psk.blog.24heures.ch/archive/2018/07/06/demande-d-...

 

 

23/03/2018

Exigences fixées pour le nouvel avion de combat et le système sol-air !

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Le DDPS a fixé les exigences auxquelles doivent satisfaire les nouveaux moyens de protection de la population contre les menaces aériennes. Par ailleurs, il a déterminé les critères d’évaluation impératifs et d’autres caractéristiques souhaitables en matière de politique d’armement, notamment en ce qui concerne les affaires compensatoires.

Cette phase lance le programme d’acquisition du nouvel avion de combat et du futur système de défense sol-air. Ces deux systèmes feront partie du programme Air2030, soit le modernisation en profondeur des Forces aériennes suisses. Nous allons égalment voir qu’il y a du changement en ce qui concerne la défense sol air et les implications des différentes exigence sur le choix de l’avion.

Exigences imposées:

 

  • L’ensemble de la flotte doit être mesure de réaliser les prestations suivantes :
  • fournir les prestations journalières de police aérienne, 24 heures sur 24, et imposer les restrictions d’utilisation de l’espace aérien suisse.
  • lors de tensions accrues, intervenir dans un délai de quelques minutes (QRA) dans l’ensemble de l’espace aérien suisse avec des avions de combat en cas de violation de l’espace aérien par des avions civils non coopératifs, des avions militaires de transport, des drones et des avions de combat isolés pénétrant dans l’espace aérien.
  • en situation de défense, en combinaison avec la défense sol-air, empêcher un adversaire, pendant une durée limitée, d’obtenir la supériorité aérienne et, dans le même temps, appuyer l’armée avec du feu opératif au-delà de la portée de notre propre artillerie et avec de la reconnaissance aérienne.

Données servant de base de calcul pour le dimensionnement de la flotte : la taille de la flotte doit permettre :

  • en situation normale, d’assurer le service journalier de police aérienne ainsi que l’instruction et l’entraînement.
  • lors de tensions accrues, de maintenir une présence permanente dans les airs d'au moins quatre avions pendant au moins quatre semaines.
  • en cas d'attaque armée, d'engager, parallèlement à l’accomplissement des tâches de défense aérienne, des avions de combat pour la reconnaissance aérienne et pour frapper des objectifs au sol.

Exigences relatives à l’acquisition du prochain avion de combat et d’un nouveau système de défense sol-air c. Le paquet logistique doit être dimensionné au minimum pour :

  • assurer en permanence le service de vol lorsque les frontières sont ouvertes et que l’approvisionnement en pièces de rechange à partir de et vers l’étranger peut être garanti ;
  • assurer la souveraineté sur l’espace aérien pendant approximativement six mois, de même que l’instruction et l’entraînement lorsque les frontières sont fermées et que l’approvisionnement en pièces de rechange à partir de et vers l’étranger ne peut pas être garanti. Exigences opérationnelles concernant le système de défense sol-air (DSA/Bodluv) :

La défense sol-air de grande portée doit être en mesure, seule ou en combinaison avec les avions de combat, de protéger des secteurs et, ce faisant, de combattre en premier lieu des objectifs dans l’espace aérien moyen ou supérieur. La surface à couvrir doit être de 15’000 km système doit disposer d’une grande portée, c’est-à-dire atteindre une altitude d’engagement de plus de 12’000 m (ver- ticalement) et une portée supérieure à 50 km (horizontalement).

Concernant la maintenance :

Pour le prochain avion de combat, le groupe RUAG est désigné comme centre de compétences pour le matériel au lancement du projet. Dans cette fonction, RUAG réalise les tâches non dévolues à la troupe concernant le suivi technique du système, la gestion du matériel entre la Suisse et l'étranger et la maintenance des avions. L’étendue et le degré de profondeur des tâches que devra accomplir RUAG seront déterminés dans le cadre de l'évaluation.

Pour le nouveau système de défense sol-air, il est en principe souhaitable que RUAG assume la fonction de CCM (dans la même mesure que pour le prochain avion de combat), pour autant que le fabricant du système retenu ne dispose pas d’une succursale en Suisse.

Les essais :

Une partie au moins des essais en vol et au sol doivent être effectués en Suisse pour tous les candidats entrant en ligne de compte pour l’acquisition du prochain avion de combat.

Outre des adaptations minimales requises (comme l’intégration dans nos propres systèmes de conduite), il faut renoncer à des helvétisations ; autrement dit, les systèmes (avions de combat et système de défense sol-air) doivent fondamentalement correspondre à la configuration qui est autorisée à l’exportation et qui est en service ou sera introduite dans le pays producteur.

Dans la mesure du possible, les avions de combat évalués seront pilotés par des pilotes suisses lors des essais en vol.

Pour améliorer la connaissance du système, il serait judicieux qu’une équipe de base composée de personnel de l’industrie suisse et de l’armée collabore avec le fabricant ou un représentant du fabricant pour le montage final des prochains avions de combat. Procéder au montage final en Suisse n’est pas une exigence, mais cette possi-bilité n’est cependant pas non plus exclue.

Pour augmenter le degré d’autonomie, il faut s’efforcer d’acquérir les droits d’utilisation (codes sources) en vue du développement autonome de logiciels C2 (Bodluv, système de surveillance de l'espace aérien).

Affaires compensatoires (offsets)

Pour l’acquisition des avions de combat et de la défense sol-air de grande portée, des affaires compensatoires représentant 100 % du prix d’achat doivent être exigées. L’industrie suisse pourra participer au développement futur de l’avion.

La mise en œuvre des obligations liées aux affaires compensatoires intervient après la signature du contrat. Les affaires compensatoires éventuellement générées auparavant peuvent être prises en compte jusqu’à 20 % du volume total des affaires compensatoires (Offset-Banking-Agreements).

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Les concurrents :

Avions :

L’Airbus : Eurofighter « Typhoon II » T3, Dassault : Rafale F4, Saab : Gripen E MS22, Boeing : F/A-18 « Super Hornet », Lockheed-Martin : F-35A.

Sol-air :

Eurosam : SAMP/T, Rafael : David’s Sling, Raytheon : Patriot Pac3.

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Analyse :

On peut dès lors constater plusieurs éléments avec la mise effective des exigences. En ce qui concerne le nouvel avion de combat, il sera multirôle et devra pouvoir communiquer électroniquement avec le nouveau système sol-air. Selon les exigences, le nombre d’avions doit permettre de tenir au moins un mois en situation tendue. De fait, si l’on se base sur les différents modèles de dotation, il faudra donc au minimum 40 avions. En matière de maintenance, celle-ci devra se faire en Suisse chez RUAG Aersopace. De plus, les demandes en matière d’Offsets obligent la participation suisse au dévellopement futur de l’avion et 100% de compensation. Rien de nouveau en fait, sauf qu’avec le besoin des codes sources pour communiquer avec le système sol-air cela exclut le F-35A de Lockheed-Martin et dans une certaine mesure Boeing. Le futur avion pourrait donc être européen ?

En ce qui concerne le système sol-air, on passe à des systèmes longue-portées. On abandonne donc les deux systèmes de moyenne-portées Iris-SL et CAMM-ER. Les systèmes longue-portées pourront être acquis en nombre limités, mais ne pourront être positionnés que sur le plateau. En effet, la topographie de notre pays limiterait beaucoup trop l’engagement à proximité du Jura et des Alpes. Il faudra donc à l’avenir renforcer la défense sol-air courte portée, afin de combler les zones vides.

Avec un montant maximum de 8 milliards de nos francs, le choix des deux systèmes se fera en fonction du meilleur coût/efficacité, ainsi que des coûts de maintenance les plus faibles.

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Photos : 1 Les avions potentiels 2 Eurosam SAMP/T 3 Rafael David’s Sling 4 Raytheon Patriot PAC3

29/01/2017

DSA20 peut continuer !

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Le rapport d’enquête de la délégation des Commissions de gestion du Parlement arrive à la même conclusion que le rapport de Kurt Grüter, qui s’est récemment penché sur les processus liés à la suspension de l’acquisition d’une nouvelle défense sol-air (DSA): le projet étant bien préparé, aucune suspension ne s’avère nécessaire.

Comme la SSO l’a indiqué à plusieurs reprises, il est incontestable que le système de défense sol-air actuel, obsolète et dont la puissance de feu a déjà été considérablement réduite, devra être prochainement remplacé. «Car il s’agit d’un système clé pour la protection des ouvrages et du territoire. Si la protection n’est pas assurée depuis le sol, à quoi cela servirait-il d’acquérir de nouveaux avions de combat, de nouvelles pièces d’artillerie ou des chars plus puissants? Sans une protection effective et efficace assurée par la défense sol-air, ils ne seront que peu utilisés, voire pas du tout», insiste Stefan Holenstein, colonel d’état-major général et président de la SSO.

C’est la raison pour laquelle l’Armée suisse a urgemment besoin d’une défense sol-air qui soit capable de déployer toute sa puissance par n’importe quel temps, de jour comme de nuit, lorsqu’elle est combinée à des moyens d’action aéroportés et fonctionne en interaction avec les autres capteurs et effecteurs de l’armée.

La SSO demande donc logiquement au Conseil fédéral de remettre immédiatement sur les rails le processus d’acquisition de la défense sol-air. Il convient en outre de préciser les conséquences qu’a eu le retard pris par le processus d’acquisition sur le budget d’investissement de l’armée et de quelle manière ce budget pourra être augmenté de sorte à ne pas compromettre d’autres investissements dont l’armée a également un besoin urgent. Car il faut considérer l’armée comme un système global qui ne peut fonctionner correctement que si les différents investissements et projets d’armement ne sont pas mis en opposition voire, pire, en concurrence.(SSO)

Une réaction légitime :

Le Mnistre de la Défense Guy Parmelin a-t-il été trop brutal sur ce dossier ? Je vous rappelle qu'il y a une année la presse s'est déchainée sur le sujet : accusant de négligence le chef de l'armée, le Cmdt des FA et relatant les problèmes des deux systèmes à l'étude. Le nouveau Chef du DDPS a donc réagi et bloqué l'évaluation avec en sus une enquête sur le fonctionnement de l'évaluation. Aurait-il pu en être autrement ? Non. D'une part l'enquête à révélé que l'évaluation a été correcte, que les chefs de l'armée n'ont commis aucune faute. Pare contre, oui, le système de BAe le CAMM-ER ne répond pas en terme de rayon d'action et l'Iris-SL de Diehl-BGT devait améliorer sa capacité d'engagement lors de conditions météorologiques difficiles. Aurait-t-on pu commander l'un de ces deux systèmes dans ces conditions ? La réponse est NON. En Suède le système Iris-SL qui a été commandé est retardé en ce qui concerne sa mise en service, tant que les capacités n'ont pas été améliorées. Les essais de 2016 sont positifs, un nouveau test aura lieu cette année pour valider la capacité de l'Iris-SL et finalement l'entrée en service se fera en 2019 avec une année de retard !! Non, notre Ministre n'a pas commis de faute, peut-être a-t-il surréagi trop brutalement, mais il n'a pas commis de faute, le projet DSA20 peut aujourd'hui être conduit correctement.

A noter que dans cette fâcheuse histoire notre Ministre de la Défense se doit d’assumer sa décision en tant que Chef, la presse qui a de son côté, une fois de plus, sombrer dans la désinformation n’assume pas ses erreurs, pour combien de temps encore ?

 Photos : Systèmes Diehl BGT Iris-SL & radar Girafe @ Diehl BGT