28/06/2015

Des P-3C « Orion » pour les Philippines ?

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Le ministère philippin de la Défense nationale (MDN) est entré en pourparlers avec le Japon pour un éventuel rachat d’avions de patrouille maritime Lockheed-Martin P-3C  « Orion » de seconde main.

 

Pour les Philippines, il s’agit de moderniser et de renforcer la sécurité maritime et ceci en fonction de moyens limités du point de vue financier. L’objectif étant d’acquérir quatre avions de patrouille maritime d’occasion d’ici 2020.

 

De son côté, la défense maritime du japon exploite une flotte de près de 70 P-3C « Orion » dont la plus part ont été produit sous licence par  Kawasaki Heavy Industries dans les années 1980. Le Japon prévoit de remplacer progressivement le P-3C avec le Kawasaki P-1. De fait, un certain nombre de P-3C pourraient être vendus à des pays comme les Philippines.

 

Lockheed-Martin P-3 « Orion » :

 

Le Lockheed P-3 Orion est un quadrimoteur à hélices. Le P-3 Orion est un dérivé militaire du projet d'avion civil Lockheed L-188 «Electra» qui a été abandonné.

 

En 1957, l’USN fait part de son besoin d'avoir un remplaçant à ses P2 «Neptune» vieillissant et encore doté de moteurs à pistons. Lockheed est sélectionné pour le développement de l'appareil.

 

Un premier prototype désigné YP3V-1 est construit. Il effectua son premier vol le 25 novembre 1959. Par rapport au modèle civil, dont il est issu, il est plus court de 2,24 m et est modifié pour accueillir une soute à bombes.

 

Ses essais effectués, il fut mis en production sous le nom de P-3A. 157 appareils de ce type furent construits. Il fut mis en service pour la première fois dans les forces armées des États-Unis en 1962.  Ils étaient équipés de propulseurs Allison T56-A-10W de 4 500 chevaux et du même système tactique que le P2V-7. À partir du 109e appareil, celui-ci fut remplacé par un système Deltic plus moderne tandis que les avions déjà en service furent rétrofités avec ce système.

 

Une seconde version vit le jour sous le nom de P-3B et fut construite à 145 exemplaires. Les différences avec le P-3A résidaient dans une nouvelle motorisation, des Allison T56-A-14, et la possibilité d'emporter des missiles AGM-12 Bullpup.

 

La version finale, P-3C, conserva la cellule et la motorisation de la précédente mais fut équipée d'un nouveau système de lutte anti-sous-marine et d'un Naval Tactical System.

 

Le dernier P-3C Orion construit quitta l'usine en 1996. Il reste cependant en service actif dans diverses marines.

 

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Photos : Kawasaki Heavy Industries/Lockheed-Martin P-3C japonais @ Force de défense du Japon

 

 

27/06/2015

Nouvelle bataille à propos du retrait des A-10 !

 

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Washington, c’est une nouvelle saison en ce qui concerne le feuilleton sur  la mise à la retraite des avions d’attaque au sol A-10 « Thunderbolt II ». En fin de semaine, le Government Accountability Office (GAO) a soulevé des doutes en ce qui concerne les économies réalisables avec le retrait des A-10 au sein de l’USAF.

 

En effet, selon le GAO l’économie réalisable avec le retrait des A-10 estimée à 4,2 milliards de dollars sur cinq ans ne serait qu’approximative. De plus, des lacunes capacitaires apparaîtront au sein de l’USAF et ne pourront être compensées avant longtemps.

En effet, le dernier rapport publié, datant du 25 juin dernier, confirme que l'armée de l'air des Etats-Unis ne sera pas en mesure de soutenir pleinement les missions d'appui aérien rapproché (CAS) sans l'A-10 « Thunderbolt II ».

L'A-10 est considéré comme l’une des meilleures plates-formes de CAS jamais produit, et il fournit également une couverture aérienne pour les d'hélicoptères effectuant des opérations de recherche et sauvetage en combat. L'armée de l'air a besoin d'eux aussi, afin de former et qualifier ses contrôleurs d'attaque en finale (JTAC).

 

Pour autant, cette prise de position n’est pas du goût de tout le monde, la secrétaire en charge de la planification des opérations au sein de l’USAF, Deborah Lee James a déclaré que le coût du maintien de l'A-10, se ferait au détriment de la supériorité de l'air et des missions à l’étranger. De plus, le fait de garder en ligne les A-10, pose un problème de moyen en ce qui concerne la maintenance des aéronefs actuels et diminue les ressources disponibles destinées à l’arrivée du nouveau F-35.

 

Les surcoûts du F-35 :

 

On le constate une nouvelle fois, l’arrivée du F-35 pose de nombreux problèmes connexes à l’USAF. Les retards de son entrée en service posent de nombreux tracas de planification, de plus le fait que celui-ci ne soit pas encore qualifié pour l’attaque au sol rapprochée, laisse encore planer de nombreux doutes sur ses réelles capacités à pouvoir remplacer l’A-10. Ajoutons le fait que les coûts de maintenance de l’un péjorent l’entrée en service l’autre et vice versa.

 

 

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Photos : 1 A-10 « Thunderbolt II » 2 F-35 @ USAF

26/06/2015

Nouveau drone: cessons la désinformation !

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Il y a quelques jours, le 16 juin, le Conseil National a donné son feu vert à l’achat des nouveaux drones pour l’armée, ceci dans le cadre du programme d’armement 2015 (PA15). On notera au passage que se sont bien les députés de droite et du centre droit, qui ont accepté le projet, la gauche comme à son habitude était contre. Cette même gauche, qui lors du vote sur le « fond Gripen » expliquait qu’il fallait « des drones » !!

 

 

Les fausses affirmations:

 

 

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A travers le débat au Conseil National, mais aussi dans la presse, j’ai relevé plusieurs fausses affirmations concernant le drone Hermes 900, que l’armée s’apprête à acquérir. La première concerne l’appellation « drone tueur » et l’idée que celui-ci puisse un jour être armé. 

 

Le drone d’Elbit Systems Hermes 900 que notre pays veut acheter ne peut pas être armé. Chez Elbit Systems, on confirme que dans la configuration actuelle du drone, cela n’est pas possible. En effet, pour armer l’Hermes 900, il faudrait engager plusieurs modifications : 

 

° Changement des ailes (plus larges et plus résistante).

° Changer l’emplanture et les points de raccord au fuselage.

° Equiper le drone d’une motorisation plus puissante.

° Ajouter le câblage et les logiciels nécessaires au tir de missiles.

 

Toutes ces modifications ont un coût, soit 40% du prix actuel du drone Hermes 900. 

Rappelons également que le principal concurrent de l’Hermes 900, l’IAI Heron 1 n’est pas armé et que la version armée de celui-ci, le Heron TP (plus gros, plus cher) n’a pas été pris en compte dans l’évaluation.

 

La deuxième fausse affirmation concerne le fait que le choix du drone Hermes 900 serait un « luxe » pour notre pays ! Cette affirmation reprise par certain politiciens de gauche, tend à prétendre que notre pays n’a pas besoin d’un système de drone de cette taille et qu’un petit drone aurait été plus intéressant.  

 

Si l’armée opte pour un drome MALE (Multi-rôle, Moyenne Altitude Longue Endurance), c’est avant tout pour répondre à plusieurs besoins. D’abord, ce drone évolue à haute altitude 30’000 pieds (9000 mètres) et ne va donc plus déranger la population la nuit, lorsqu’il est engagé pour l’appuis des gardes-frontières. La gauche se plaignait à l’époque du drone actuel, justement à cause du bruit ! On en est plus à contradiction près !

 

De plus, le fait de disposer d’un drone capable de voler près de 36 à 40 heures, permet une surveillance complète d’une zone et même de changer de secteur, suivant les besoins en appuis des autorités civiles.

 

Et pour terminer l’Hermes 900 en Israël a été utilisé en opérations par l’aviation israélienne pour la première fois au-dessus de la Syrie en 2012. Il a permis de repérer des armes chimiques tombées en mains des milices du « Daech » (Etat Islamique) et du Hezbollah, puis a coordonné les images permettant l’intervention des commandos israéliens du Sayeret Matkal qui les ont neutralisées de manière définitive.

 

 

 

Et en cas de conflit:

 

Le choix du drone Hermes 900 et d’un modèle de type MALE est d’autant plus justifié, que ce type de système de part sa capacité à voler haut (9000 mètres), lui permet de rester à distance des moyens de défenses contre-avions (courtes jusqu’à 3000 mètres et moyennes 5000 mètres) ce qui n’est pas le cas avec la génération actuelle de drone, ni avec de petits drones. Pour exemple, l’armée ukrainienne a perdu une centaine de petits drones (équivalent à notre Ranger actuel) en quelques mois lors du conflit dans le Donbass.

 

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Et si notre pays voulait un drone armé?

 

Si un jour notre pays doit s’équiper d’un drone armé, se sera avec un modèle très différent de l’Hermes 900. Pourquoi ? Les systèmes de drones armés actuels, comme le RQ-1 « Predator » américain ou le Heron TP ne sont utilisés que face à des groupes armés (Talibans, Daech, Boko Haram, Al-Quaida) soit des groupes terroristes ne disposant pas ou très peu de défenses antiaérienne. Ce qui permet à ces drones de descendre à moins de 3’000 mètres d’altitude. Hors dans un conflit en Europe ce type de drone n’est absolument pas adapté.

En conséquence, si la Suisse acquiert un jour un drone armé, il devrait être à réaction, de type furtif et capable de voler en binôme avec nos avions de combat à des vitesses comprises entre 600 et 1500 km/h. Ce type de drone n’est encore pas sur le marché, les prototypes comme le nEUROn européen et le X-47B américain en sont les précurseurs. 

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Commentaire:

 

On peut une nouvelle fois remarquer, le manque de culture militaire des uns, le manque de professionnalisme des autres et la volonté de quelques-uns à tromper volontairement le citoyen. 

 

 

Photos : 1 & 2 Hermes 900 en Suisse @Armasuisse 3 Drone Ukrainien abattu et récupéré par les milices pro-russes 4 Prototype drone nEUROn @ Dassault Aviation

L’Arabie Saoudite a choisi le H145 !

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Arabie saoudite vient de choisir l’hélicoptère Airbus H145 pour équiper ses forces de sécurité, le pays envisage de commander 23 hélicoptères. Le contrat est estimé à près de 500 millions  de dollars.

 

Airbus Helicopters : 

 

Le H145M est conçu à partir de la version civile et parapublique modernisée du H145 (anciennement dénommé EC145 T2 sous Eurocopter). Avec une masse maximum au décollage en augmentation (3 700 kilos), il peut être équipé d'équipements de mission, notamment d'un canon latéral monté sur pivot, il peut transporter des armes sur des mâts multifonctions ; des capteurs électro-optiques/infrarouges avec moyen de repérage d'objectifs ; ainsi que des solutions d'avionique militaire pour les communications, la navigation et la gestion de vol.

Équipé d'un dispositif de descente sur corde pour les opérations spéciales, le H145M bénéficie d'une capacité de survie améliorée par la protection balistique de l'équipage, des réservoirs de carburant auto-obturant et un système de guerre électronique d'autoprotection contre les menaces de missiles.

 

Bénéficiant de la robustesse, des faibles coûts d'exploitation et de la disponibilité élevée des hélicoptères éprouvés de la famille EC145/H145 d'Airbus Helicopters, le nouveau H145M est doté de moteurs Turbomeca Arriel-2E, un système numérique de régulation des moteurs à pleine autorité (FADEC) sur deux canaux, un rotor de queue caréné Fenestron®, ainsi que des boîtes de transmission modernisées pour les rotors principal et de queue. La masse maximum au décollage de cet hélicoptère modernisé est augmentée de 50 kg, tandis que ses performances en vol stationnaire - même avec une seule turbine opérationnelle - sont cruciales pour la sécurité en vol et le succès des missions, en particulier dans le cadre d'opérations spéciales ou de recherche et de sauvetage au combat.

 

 

Photo : le H145 @ Airbus Helicopters

25/06/2015

Israël, les premiers cadets formés sur M-346 !

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Base aérien d’Hatzerim, l’aviation israélienne (IAF) vient de promouvoir les premiers officiers pilotes formés sur le nouvel aéronefs AleniaAermacchi M-346 « Lavi ».

 

Une cérémonie a eu lieu sur la base aérienne et a marqué la promotion, après six mois de formation terminale, le premier lot de jeunes pilotes le M-346. Le commandant adjoint de l'escadron de formation, le Major Erez, dont le nom complet ne peut être divulgué, a expliqué que le nouvel appareil apportait une avancée sans commune mesure par rapport aux vieux A-4 « Skyhawk » utilisés jusqu’à présent, cet avion est une révolution pour l’Armée de l’Air israélienne. Ses caractéristiques en vol sont très proches de celles du F-16I et du F-15I. Nous pouvont montrer aux élèves les manoeuvres possibles sur leurs futurs appareils, et raccourcir ainsi leur temps de formation et d’adaptation.

En parallèle avec la nouvelle monture, un simulateur vient compléter le système de formation. Le simulateur du “Lavi” utilise, les toutes dernières technologies de pointe en matière de logiciels et de matériel, afin de reproduire exactement la façon dont l’avion se comporte en vol, tout en reproduisant les bruits environnants, comme celui des réacteurs et du vent.

L’épreuve sur simulateur est l’étape-clé de la formation théorique, car c’est là, que les pilotes vont tester ce qu’ils ont appris avant de voler sur le “Lavi. 

 

Le M-346 :

 

L'AleniaAermacchi M-346 se présente comme un monoplan à aile delta construit essentiellement en alliage d’aluminium. L’empennage horizontal est entièrement mobile et l’appareil, biplace en tandem, repose sur un train d’atterrissage tricycle. Les deux Honeywell/ITEC F124-GA-200 de 2’880 kgp sont produits sous licence par Fiat-Avio. Le M-346 dispose d’un groupe auxiliaire de démarrage (APU) MicroturboRubis. Le cockpit est pressurisé et climatisé sous une verrière articulée à droite, doté de sièges éjectables « Zero-Zero » Martin-Baker Mk16D. Il dispose également d’un système embarqué de génération d’oxygène (OBOGS) éliminant le besoin de bouteilles, d’écrans multi-fonctions et d’un affichage HUD (Head Up Display), d’un équipement digital Fly-by-Wire programmable en fonction du niveau de l’élève ou simulant différents types d’avions. Un équipement de navigation à longue distance est prévu, ainsi que 3 points sous chaque aile pour une capacité de 1 800 kg et des rails en bout d’aile pour missiles air-air. Un bidon largable peut être emporté sous chaque aile, un bidon de convoyage sous le fuselage, et une perche de ravitaillement en vol est prévue en option.

 

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Photos : 1 première promotions sur M-346 2 le M-346 « Lavi » de l’IAF @IAF