23/10/2020

Un futur missile Ramjet pour le Super Hornet !

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L’avionneur Boeing en collaboration avec la marine américaine feront la démonstration de technologies de missiles avancées en vue d’une future intégration. L’objectif étant de rendre les aéronefs de l’US Navy plus meurtriers contre les menaces au cours de la prochaine décennie.

Boeing a remporté un contrat de 30 millions de dollars de la part de la Marine pour co-développer le démonstrateur de vol SPEAR (Supersonic Propulsion Enabled Advanced Ramjet) avec la division des armes du Navy's Air Warfare Center. L'attribution du contrat intervient après que le ministère de la Défense a demandé des informations à l'industrie de la défense pour aider la marine à déterminer les exigences techniques des futurs systèmes d'armes de frappe terrestres et maritimes basés sur des transporteurs.

Le démonstrateur de vol SPEAR fournira au F/A-18 « Super Hornet » et au groupe de frappe des transporteurs des améliorations significatives en termes de portée et de capacité de survie contre les systèmes avancés de défense contre les menaces.

Boeing et la division des armes du Navy Air Warfare Center prévoient de piloter le démonstrateur SPEAR à la fin de 2022. Les succès antérieurs de Boeing dans le développement de technologies supersoniques et hypersoniques comprennent le véhicule d'essai X-51 Waverider en 2010 et le système de propulsion à flux variable sous le triple Programme Target Terminator en 2014.

La technologie Ramjet :

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La technologie Ramjet des statoréacteurs est intéressante parce qu’elle offre à la fois une portée étendue et une vitesse moyenne accrue pendant le vol du missile, avec une vitesse de croisière effective de Mach 3. Contrairement aux missiles à propergol solide, cependant, les conceptions actuelles de statoréacteurs, pour fonctionner efficacement, doivent être allumées à des vitesses approchant Mach 2. Cela exige que la propulsion du statoréacteur soit utilisée en conjonction avec un propulseur à fusée solide. La séquence d'allumage du statoréacteur pose elle-même de nombreux problèmes de conception. La chambre de combustion doit être débarrassée des éléments du surpresseur solide.

Une fois que l'allumage du statoréacteur est obtenu avec succès, le flux d'air dans les entrées doit être géré pour garantir que le moteur ne s'éteigne pas.

Photos : 1 F/A-18 Super Hornet@ Robert Bell 2 Image d’artiste d’un Ramjet @ Boeing

Delta réceptionne le premier A220 assemblé aux USA !

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L’avionneur Airbus a livré le premier A220 entièrement assemblé aux États-Unis depuis l’usine de Mobile, en Alabama, consolidant ainsi le rôle du constructeur aéronautique en tant que producteur mondial d'avions. L'appareil a été livré au transporteur Delta Air Lines.

« La livraison du premier A220-300 assemblé aux États-Unis est un moment historique qui met en évidence l'empreinte industrielle croissante d'Airbus en Amérique du Nord et nous rend tous extrêmement fiers », a déclaré C. Jeffrey Knittel, président et PDG d’Airbus Americas, Inc. « Nous attendons avec impatience de voir la réaction positive des passagers lorsqu’ils feront l'expérience de voyager à bord de ce tout nouveau A220-300 fièrement assemblé à Mobile, en Alabama ».

Plusieurs jalons ont permis d’aboutir à ce moment historique. Depuis la mise en service de la chaîne d'assemblage final de l'A220 de Mobile en janvier 2019, jusqu'au démarrage officiel de la production de l'A220 en août 2019 et au vol inaugural de cet appareil en juin, les équipes A220 de Mirabel (Québec) et de Mobile ont travaillé en étroite collaboration pour assurer le succès de la production de l'A220 aux États-Unis.

À ce jour, environ 400 employés américains ont été formés pour la production de l’A220. Certains d’entre eux ont reçu la formation à Mirabel, au Québec (Canada), où se trouvent le programme A220 et la chaîne d'assemblage final primaire. Il y a un an, la première équipe de production A220 basée aux États-Unis qui est composée de nouveaux membres ainsi que de membres plus expérimentés, commençait à assembler des A220 à Mobile.

Delta Air Lines est actuellement le plus gros client de l'A220, avec un total de 95 appareils A220 en commande et sera le premier opérateur A220 en Amérique à exploiter les deux types d'appareils, soit l'A220-100 et A220-300.

Bénéficiant des technologies les plus récentes, l'A220 est l'appareil le plus silencieux, le plus propre et le plus écologique de sa catégorie. Avec une empreinte sonore réduite de 50 % par rapport aux appareils de la génération précédente, une consommation de carburant par siège réduite de 25 % et des émissions de NOx inférieures de 50 % aux normes de l’industrie, l'A220 est un excellent appareil pour les quartiers situés près des aéroports. Grâce à sa conception épurée, l'A220 offre une efficacité opérationnelle inégalée et des coûts d’exploitation par siège réduits de 25 % par rapport aux appareils de la génération précédente. 

En date de la fin septembre 2020, 123 appareils A220 ont été livrés à sept opérateurs et sont en opération sur des itinéraires en Asie, en Amérique, en Europe et en Afrique, ce qui prouve la grande polyvalence du dernier membre de la famille Airbus.

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Photo : 1 A220 Delta Airlines 2 l’A220 construit à Mobile s’envole @ Airbus

22/10/2020

L’aviation se prépare au transport du vaccin contre le COVID-19 !

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L’industrie de l’aviation subit comme tant d’autres toujours les effets négatifs de la pandémie de COVID-19. L’arrivée prochaine d’un vaccin devrait permettre de sortir définitivement de cette dernière. Le fret aérien sera l’élément clé pour le transport de ce dernier, mais contrairement à ce que l’on pourrait croire, le transport de vaccins en avion n’est pas simple.  

Le fret aérien moteur de la distribution :

Mis à mal par la pandémie et également par la fronde écologique contre l’aviation, c’est pourtant bien l’industrie de l’aviation qui sera au centre d’une distribution des doses de vaccins. Le déploiement en vue de ce transport doit être organiser, planifier à l’avance, sans quoi il ne sera pas efficace et pire, des millions de doses de vaccins pourraient être involontairement détériorées.

Le transport des vaccins est un processus très délicat et exigeant qui nécessite des installations et des équipements de stockage spécialisés. Les vaccins doivent généralement être stockés à des températures basses entre 2 et 8°C. A ce sujet, l’IATA a lancé dès le mois de septembre des avis demandant que les gouvernements et intervenants du monde de l’aviation d’engager des mesures de préparations minutieuses.

En temps normal, le fret aérien joue un rôle clé dans la distribution des vaccins grâce à son système mondial bien établi de distribution de produits périssables et sensibles à la température. Cette capacité́ sera cruciale pour le transport rapide et efficace ainsi que la distribution des vaccins contre la COVID-19 lorsque ces derniers seront disponibles, et cela exigera une planification minutieuse de la part des gouvernements et le soutien des intervenants de l’industrie.  

Les vaccins doivent être manutentionnés et transportés conformément aux exigences réglementaires internationales, à température contrôlée et sans retard, afin d’assurer la qualité du produit. Bien qu’il subsiste plusieurs inconnus (nombre de doses, vulnérabilité à la température, lieux de fabrications, etc.), il est évident que les activités seront de grande ampleur, qu’il faudra des installations pour assurer la chaîne du froid, et qu’il faudra livrer dans tous les coins de la planète.

Il faudra donc :

Disposer d’installations et d’équipements doté d’un contrôle de température de taille et ne nombre suffisant.

Du personnel formé à la manutention des vaccins.

Des systèmes de contrôle à chaque étape du stockage et du transport.

Une étroite collaboration entre les pays, les services de santé et des douanes.

Mettre en place des procédures accélérées pour les survols de territoires et les permis d’atterrissage à l’intention des vols transportant des vaccins contre la COVID-19.

Exempter les membres d’équipage des exigences de quarantaine pour assurer le maintien des chaînes d’approvisionnement du fret.

Soutenir les droits de trafic temporaires pour les vols transportant les vaccins contre la COVID-19 là où des restrictions peuvent s’appliquer.

Assurer et maintenir une couverture mondiale du réseau aérien.  

Préparer des alternatives pour relier les villes et régions du monde ou la connectivité aérienne est limitée.

 Un énorme défi :

Selon l’analyse de l’IATA, le défi est énorme car une simple dose à 7,8 milliards de personnes suffirait à̀ remplir 8’000 avions-cargos de type B747. Le transport terrestre va contribuer, en particulier dans les économies développées ayant une capacité́ de fabrication locale. Mais les vaccins ne peuvent être distribués dans l’ensemble du monde sans l’utilisation importante du fret aérien.

« Même en supposant que la moitié des vaccins nécessaires pourront être transportés par voie terrestre, l’industrie du fret aérien devra tout de même relever le plus grand défi de son histoire. Dans la planification de leurs programmes de vaccination, en particulier dans les pays en développement, les gouvernements doivent soigneusement tenir compte de la capacité́ limitée du fret aérien offerte en ce moment. Si les frontières demeurent fermées, les voyages interrompus, les flottes clouées au sol et les employés mis à pied, la capacité́ de livrer les vaccins qui sauvent des vies sera gravement compromise », selon M. de Juniac, Directeur de l’IATA. (Sources: IATA, OACI, OMS)

Photo : A330 @ Fret Air France/KLM

 

21/10/2020

Des F-16 Viper et peut-être même des F-35 pour le Maroc !

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Les tensions s’accentuent entre l’Algérie et le Maroc, pour ce dernier il n’est pas question de se laisser distancer par son voisin. En effet, l’Algérie a procédé à fin 2019 à l’achat d’avions de combat Sukhoi Su-34 « Fullback », de Su-35 « Flanker-E » et peut-être même de 14 nouveaux Su-57 E « Felon ».

Rappel des tensions :

Le Maroc réagit aux tensions avec son voisin l'Algérie, qui ont augmenté ces derniers mois, alors que le premier se prépare à son retour à l'Union africaine. L'agenda politique algérien, qui soutient la République démocratique arabe sahraouie (RASD) auto-déclarée, a dominé l'union continentale depuis le retrait du Maroc en 1984. Au cours de ces dernières semaines, l'Algérie a approuvé l'utilisation de drones pour la surveillance de sa frontière occidentale y compris à la frontière avec le Maroc. Selon le Stockholm International Peace Research Institute, l’Algérie a importé pour plus de 10 milliards de dollars d’armement. Le Maroc n’est pas en reste, avec des achats d’équipements pour près de 10,3 milliards de dollars en 2019. Cette course n’est de loin pas terminée.

Avions et hélicoptères au menu du Maroc :

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La forte modernisation de l’aviation militaire algérienne pousse le Maroc à prendre les devants, entre la modernisation de sa flotte de F-16 et la concrétisation actuelle d’un contrat d’achat de 25 F-16 au standard « Viper » Block 70/72 supplémentaires, soit un contrat estimé à 3,78 milliards de dollars et de 36 hélicoptères Boeing AH-64 E BlockIII « Apache ».

Le Maroc a le soutien inconditionnel de Washington. L'objectif ultime du gouvernement américain est de renforcer la coopération en matière de défense et de préparer la nation gouvernée par Mohamed VI comme le pays d'Afrique du Nord le mieux équipé militairement, sachant que l'administration américaine est déjà le plus grand fournisseur d'armes du Maroc.

Washington tient à garantir l'exclusivité des approvisionnements militaires américains au profit des Forces Armées Royales Marocaines, notamment en ce qui concerne les F-16 ainsi que le système sol-air MIM-104 Patriot. Le Maroc fait partie des 22 pays qui vont acquérir des missiles air-air avancés de moyenne portée Raytheon AIM-120 AMRAAM dans le cadre d'un contrat d'une valeur de 768 millions de dollars devant être achevé en février 2023, comme l'a confirmé le ministère américain de la Défense.

Des F-35A pour le Maroc ? 

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Afin de contrer l’arrivée possible du Sukhoi Su-57 E « Felon » chez le voisin algérien, Washington ouvre la porte à l’exportation du Lockheed-Martin F-35A « Lightning II » au Maroc. Offre faite notamment sous couvert de la reconnaissance de l'État d'Israël par le roi Mohamed VI. Les négociations entre Rabat et Washington ont débuté en juin dernier et pourraient déboucher sur un accord avant la fin de l’année.

Pour autant une vente éventuelle devrait tomber sous la coupelle de la nouvelle loi « Secure F-35 Exports Act de 2020 ». Une loi visant à réaffirmer la surveillance du Congrès sur la vente de systèmes militaires américains sophistiqués et critiques. Cette loi comprend notamment les exigences suivantes :

Exige que le Président évalue et fasse rapport au Congrès, avant toute fourniture d'avions F-35 à des pays qui ne sont pas membres de l'OTAN. Une évaluation complète des risques présentés par une telle vente, exportation ou transfert pour la sécurité des États-Unis, y compris pour l'avantage militaire et technologique critique que ces aéronefs procurent aux forces armées des États-Unis et

une certification, selon laquelle une telle vente, exportation ou transfert ne présente pas un risque significatif de compromettre l'avantage militaire et technologique critique que ces aéronefs procurent aux forces armées des États-Unis. Des assurances solides ont été données que ces aéronefs ne seront pas utilisés dans des activités ou opérations contraires à la sécurité d'Israël ou à la politique étrangère et aux intérêts de sécurité nationale des États-Unis. Des mesures de sécurité technologique suffisantes seront nécessaires pour empêcher l'espionnage contre ces aéronefs et si ces assurances sont violées, les États-Unis auront les moyens de contrer ces violations.

Le F-16 « Viper » Block70/72 marocains : 

Le Département de la défense des États-Unis approuve la vente de 25 Lockeed-Martin F-16 Block70/72 « V » au Maroc. Là pays dispose actuellement de 25 F-16 qu’on seront portés au standard Block70/72.

Selon le Département américain de la Défense, le contrat comprend également le matériel suivant : 29 moteurs F100-220E de Pratt & Whitney.

- 26 ordinateurs de mission modulaires, dont un de rechange.

- 26 systèmes de distribution d’informations multifonctions Link-16-JTRS (MIDS-JTRS) avec terminaux TACAN et ESHI (avec un disque de secours).

- 26 systèmes mondiaux de navigation intégrés (EGI) LN260.

- 40 viseurs de casque. Ces casques seront ainsi généralisés à tous les pilotes marocains des F16. 

- 26 générateurs d’affichage programmables améliorés (iPDG).

- 30 canons M61 Al Vulcan 20mm.

- 50 lanceurs polyvalents LAU-129.

- 40 missiles air-air de moyenne portée évolués AIM-120C-7 (AMRAAM).

- 40 sections de guidage AIM-120C-7.

- 3 kits JDAM GBU-38/54.

- 50 groupes de feuille d’air MXU-650, GBU-49.

- 50 MAU-210 groupes de contrôle informatique amélioré (GCC), GBU-49, -50.

- 36 fusées FMU-139 D/B.

- 6 fusées inertes FMU-139 D/B (D-l).

- 2 GTV GBU-39 (T-l).

- 60 bombes de petit diamètre GBU-39/B (SDB I).

- 10 groupes de commande d’ordinateur MAU-169L/B, GBU-10, -12, -16.

- 10 groupes MXU-650C/B, GBU-12.

- 12 bombes MK82 inertes.

- 4 bombes d'entraînement BLU-109.

- 10 MAU-169 GCC (D-2).

- 26 nacelles Sniper AN/AAQ-33.

Sont également inclus dans ce contrat : 26 systèmes de gestion de la GE AN/ALQ-213, 26 systèmes IFF d’identifications avancées ami/ennemi, une communication sécurisée, équipement de navigation cryptographique de précision, un système de planification de mission conjointe, 26 AN/ALQ-211 AIDEWS, 6 systèmes de reconnaissance avancée DB-110, matériel de communication, équipement de soutien.

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Photos : 1 & 3 F-16 C et D @ FAM 2 F-35A @ USAF

 

La Colombie opte pour le T-6C « Texan II » !

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La Fuerza Aérea Colombiana (FAC, Force aérienne colombienne) a annoncé hier avoir sélectionné son nouvel avion formateur avancé avec le Beechcraft T-6C « Texan II ».  Au total se sont 8 appareils qui seront commandés. L’avion était en compétition avec l’Embraer EMB Super Tucano et le KAI KT-1 coréen.

Le nouvel avion école doit venir remplacer le vénérable Cessna T-37 « Tweet » dont l’entrée en service date de 1978. Les Beechraft T-6C « Texan II » seront exploités exploités par l'École d'aviation militaire Marco Fidel Suarez (EMAVI) "Marco Fidel Suarez" à Calí. Il est prévu que les T-6C Texan II démarreront leurs opérations en mars 2021. 

Le T-6 « Texan II » :

Le Beechcraft T-6C « Texan II » est la version la plus moderne disponible de la gamme T-6, le cockpit comprend un Head-Up Display (HUD) couplé avec panneau de configuration Up-Front (UFCP), et Hands-On Throttle and Stick, soit le système mains sur manettes et manche. Le cockpit avec écrans EFIS intégrés à l'architecture ouverte, entièrement numérique et à la pointe de la technologie se compose de six écrans multifonctions à cristaux liquides interchangeables couleur 5 pouces x 7 pouces à matrice active. Il comprend également un système de commande de vol deux sièges éjectables Martin-Baker MkUS16LA 0/0 et un panneau de commande avant intégré (UFCP).

Le T-6C est un avion d'entraînement primaire et avancé qui permet un enseignement de base aux procédures de vol et aux instruments et permet d’effectuer les figures d’introduction à la voltige.

Le Beechcraft T-6 « Texan II » est un aéronef à turbopropulseur monomoteur construit par la Raytheon Aircraft Company (Beechcraft), basé sur une cellule de Pilatus PC-9. 

Le T-6 est un développement du Pilatus PC-9, modifiés de manière significative par Beechcraft en vue d'entrer dans le système commun de formation primaire d'aéronef (JPATS) prévu pour les Forces aériennes américaines. Des modifications mineures ont été introduites sur la cellule d’un PC-9, mais des conflits entrer l’USAF et la Navy ont entraîné des retards et des augmentations de coûts (par rapport aux estimations initiales de 3,9 millions à près de 6 millions dollars par avion). De plus, le T-6 se retrouve avec un surpoids de 22% vis-à-vis du PC-9 initial.

Photo : T-6 C aux couleurs de la FAC, image de synthèse @ Beechraft