29/10/2017

Avion de combat, ne pas mettre la charrue avant les bœufs !

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La relance du projet d’un nouvel avion de combat avec le lancement des travaux préparatoires prévus pour l’évaluation d’un nouvel avion de combat ne laisse personne indifférent. A tel point d’ailleurs que le projet tampon de prolongation de la structure de la flotte actuelle de nos Boeing F/A-18 « Hornet » qui doit permettre d’éviter des lacunes dans la protection de l’espace aérien et lui aussi de toutes les discussions.

Un débat émotionnel :

Une nouvelle fois nous assistons à un débat émotionnel porté le plus souvent pare des politiques qui ne sont eux mêmes pas fin connaisseurs du sujet. En résulte une nouvelle cacophonie reliée dans les médias.

A gauche, nous assistons à un bataille rangée entre les antiavions qui laissent croire qu’ils sont pour une police du ciel, alors qu’il y a encore quelques années, ils jugeaient le projet inutile. Ce même groupe déclare vouloir maintenir nos « Hornet » jusqu’en 2040 sans achat d’un nouvel avion. Mais la question devient risible, lorsque ce groupe de parlementaires votre contre le projet de prolongation lors du débat sur le programme d’armement 2017 !

De l’autre, se trouve un groupe qui bataille sur l’idée, qu’il nous faut 12 nouveaux avions de combat, comme l’Autriche. Sauf, que l’Autriche dispose de 15 Eurofighter, dont elle cherche à se séparer pour acquérir un nombre d’avions plus élevés (incapacité à assurer une police du ciel 24/24). Et puis il y a toujours à gauche un dernier groupe qui veut bien acheter 20 à 25 avions, mais pas toute suite, plus tard. Oui mais quand ?

A côté de ces tergiversations, nous assistons à des débats toujours animés par des politiques de tous bords sur leurs préférences personnelles en matière de choix du futur avion.

Tout ceci est bien charmant, mais l’essentiel n’y est pas. Car ces discussions occultent l’essentiel : les priorités du dossiers. On attend d'ailleurs de la droite qu'elle se serre les coudes sur une prise de position claire.

La réalité :

Il est aujourd’hui primordial de passer de l’émotionnel à la raison. D’une part en ce qui concerne nos « Hornet » le crédit de prolongation permettra bien de tenir jusqu’en 2030 mais pas plus. A compter de 2023 les mises à jour des logiciels ne seront plus disponibles de la part de l’avionneur Boeing, poussant ainsi nos « Hornet » vers une obsolescence programmée. Le récent rapport de l’US Navy confirme d’ailleurs que nos « Hornet » qui volent en moyenne 200 heures (180 pour la Navy) par année essentiellement en combat aérien dans des conditions difficiles en montage, vieillissent plus vite que ceux de la Navy. Rappellons que l’US Navy va entamer le retrait de ces « Hornet » dès 2023.

Quelles priorités :

La question aujourd’hui n’est pas de savoir si nous devons préférer l’avion A, B ou C, mais de disposer d’un budget d’acquisition à la hauteur de nos ambitions. Car à l’heure où j’écris ces lignes, le budget du DDPS ne permet même pas d’acheter 25 avions, soit le moins onéreux du marché. Nous sommes pour l’instant incapable de remplacer la flotte de 30 F/A-18 (34 à l’origine) et de combler le départ progressif des 25 derniers F-5 E/F « Tiger II ».

Deux réponses semblent pour l’instant possible en terme de budget. D’une part le Ministre de la Défense a demandé un budget spécial de 9 milliards de nos francs pour le projet d’avions de combat et DSA20 au Conseil Fédéral. Nous ne connaissont pas encore la réponse de celui-ci et de toute manière, en cas d’acceptation le montant final sera rabaissé sérieusement.

De l’autre nous avons une commission de sécurité qui a de son côté proposé une augmentation du budget de l’armée à 6,5 milliards au lieu des 5 milliards en prévision. Là encore, nous ne connaissons pas encore ce qui va être décidé.

La seconde priorité concerne le volet du cahier des charges du futur avion de combat et plus particulièrement la partie traitant des compensations industrielles (Offsets). En effet, il y a fort penser que celle-ci sera très proche de celle demandée en 2012 avec une compensation à 100% et une participation suisse au développement de l’avion. Si cela se confirme, il y aura une influence directe sur la participation ou non de certains concurrents.

Pas de garantie sur les participants:

A l’heure actuelle nous ne pouvons pas garantir qui sera effectivement en concours en 2018-2019. A mon sens deux avions seront bien présents, il s’agit du Gripen E de Saab et du Rafale de Dassault. Pour le reste il y a plusieurs inconnues.

Si la demande de participation industrielle se confirme, Boeing qui se trouve en attente ne proposera pas son « Super Hornet ». De son côté, Lockheed-Martin pourrait décliner l’offre de son F-35. Reste que ce dernier "pourrait" revenir en course avec son F-16 « Viper » qui est automatiquement offert en contre-partie du F-35.

La dernière inconnue vient d’Airbus DS qui se retrouve empêtré dans un scandale de corruption en Autriche. Une confirmation pourrait avoir comme effet d’exclure l’Eurofighter de la compétition en Suisse.

Il est bien trop tôt pour parler de choix à ce jour. De cinq concurrents potentiels, nous pourrions nous retouvés avec trois voir même deux.

 

Pour terminer :

La prolongation de nos « Hornet » n’est pas une solution à long terme, l’achat d’un nouvel avion est devenu une nécessité. Les besoins exprimés sont de 50 à 55 avions, afin de garantir une flexibilité minimale en temps de paix à nos Force aériennes et garantir une capacité suffisante en cas de tensions internationales.

Sachant que la fourchette de prix des divers avions cités plus haut varie du moins cher à 85 millions à près de 122 pour le plus élevé, qu’il faut prendre en compte un montant moyen de 1,7 milliards pour les pièces détachées, la formation, les équipements connexes et l’armement minimum et y ajouter pour les avions les plus gros (sauf F-16 et Gripen) une dépense de 350 millions pour adapter l’infrastructure.

Il grand temps de nous concentrer sur un budget viable avant d’aller plus loin.

 

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Photos : Ravitaillement en vol de Hornet suisses par un KC-135 US@ USAF

 

 

F-35, pas assez de pièces de rechanges !

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Un nouveau problème gangrène la mise en service du nouvel avion de combat américain Lockheed-Martin F-35. En effet, il s’avère que les besoins en matière de pièces de rechange ont été jusqu’ici sous-estimés.

Actuellement, près de 250 F-35 sont en service et cette flotte devrait tripler d’ici 2021. Hors, le nouveau jet n’a pas pu voler durant 22% du temps entre janvier et août en 2017 en raison de la pénurie de pièces de rechange, selon un rapport du Government Accountability Office (GAO) publié cette semaine à Washington.

La maintenance a accumulé six ans de retard, ce qui a entraîné un délai moyen de réparation des pièces de 172 jours, soit le double de l'objectif du programme. L'achat de pièces prend de deux à trois ans, y compris une longue période contractuelle suivie d'un délai supplémentaire pour produire des pièces.

Soucis pour l’US Navy et l’USMC :

Le US Marine Corps et l’US Navy prévoient de déployer le F-35 sur les navires après 2018, mais ils ne pourront pas le faire sans une maintenance nécessaire en mer. Pendant ce temps, le programme continue de se heurter à des retards dans le système d'information logistique autonome (ALIS), un système de maintien en puissance complexe que certains partenaires internationaux du F-35 rejettent.

Il semble donc, qu’une fois les livraisons terminées, le programme continuera de faire face à des problèmes de maintien en puissance, puisque le Pentagone n'a pas identifié toutes les données techniques requises de l'entrepreneur principal pour assurer la performance et le soutien du système d'armes, selon le GAO. 

« En 2014, nous avons recommandé que le bureau du programme élabore une stratégie à long terme pour inclure l'identification de tous les besoins des données techniques critiques et de leurs coûts associés », déclare le GAO. "En septembre 2017, le programme a pris quelques mesures pour développer une stratégie, mais il n'a pas identifié tous les besoins critiques et leurs coûts associés."

 

Photo : le F-35 de Lockheed-Martin @ USAF

 

28/10/2017

Premier B787-9 pour Ethiopian Airlines !

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Ethiopian Airlines a célébré la livraison de son premier Boeing B787-9. Éthiopien loue le « Dreamliner » par un accord avec AerCap. Après une cérémonie de livraison chez l’avionneur américain, le B787 d’Éthiopien a rejoint l’aéroport d’Addis-Abeba, lors d’un vol  non-stop de 13’444 km depuis Everett, Washington.

La compagnie Éthiopienne devient le premier transporteur en Afrique a mettre ne ligne le B787-9. Éthiopien est devenu le premier transporteur de l' Afrique à utiliser le B787-8 en 2012, ainsi que les B777-200LR (Longer Range), B777-300ER (Extended Range) et B777 Freighter. 

Ethiopian Airlines exploite une flotte de Boeing B737, B767, B777 et B787 avions en service des passagers et six B777 et deux avions B757-200 dans les opérations de fret. 

Le B787-900 :

Le B787-900 complète et étend la famille « 787 ». Avec un fuselage allongé de 6 mètres (20 pieds) par rapport au B787-800, l’avion peut emporter jusqu'à 20% de passagers en plus et 23 % de marchandises supplémentaire et ceci encore plus loin avec la même performance environnementale, soit 20 % d'émissions de CO2 en moins que les avions actuels. Plus de 60 clients provenant de six continents du monde ont placé des commandes pour plus de 1’100 « Dreamliner », ce qui fait du B787 bi-couloirs l’avion qui engrangé le vite des ventes dans l'histoire de Boeing. Le B787 « Dreamliner » dispose près de 110 commandes et engagements auprès de clients chinois à ce jour.

Photo : B787-9 d’Ethiopian @ Boeing

 

27/10/2017

Taiwan: Dassault, Thales & Safran amendés pour le Mirage 2000 !

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Taïwan, semble avoir réussi son pari en vue de mettre à l’amende Dassault Aviation, ainsi que les équipementiers Thales & Safran dans le cadre d’un vieux litige portant sur l’achat à l’époque par l’île de 60 avions de combat Mirage 2000-5.

De son côté, Dassault Aviation a déclaré avoir été condamné à une amende de 134 millions d'euros alors que le fabricant d'avionique et de systèmes Thales est frappé d'une amende de 64 millions d'euros et le motoriste Safran condamné à payer 29 millions d'euros.

Petit rappel :

L’affaire remonte à 1992, lorsque Taïwan et Dassault Aviation, l'électronicien Thomson CSF (devenu depuis Thales) et le motoriste Snecma (devenu depuis Safran) signent la vente de Mirage 2000-5 pour un contrat d’une valeur de 4,6 millards d’euros. Or, selon les plaignants, ce contrat aurait fait l'objet de commissions commerciales, alors que le contrat de vente était doté d’une clause signée par les contractants interdisant toute commission, lors de la signature du contrat portant sur les Mirage 2000-5.

 

Photo : Mirage 2000-5CI taïwanais @ Weimeng

 

 

 

 

 

Le trafic aérien a augmenté de 7% en un an !

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L'IATA a publié ses statistiques de performance pour 2016 indiquant que les compagnies aériennes ont transporté 3,8 milliards de passagers sur les vols réguliers l'année dernière, soit une augmentation de 7% par rapport à 2015, représentant 242 millions de voyages aériens supplémentaires.

Une fois de plus, les compagnies aériennes de la région Asie-Pacifique ont transporté le plus grand nombre de passagers. Le classement régional (basé sur le nombre total de passagers transportés sur des vols réguliers par des compagnies aériennes enregistrées dans cette région) est:

  1. Asie-Pacifique 35% part de marché (1,3 milliard, soit une augmentation de 11,3% par rapport à 2015)
  2. Europe 26% de part de marché (992,4 millions, en hausse de 6,1% par rapport à 2015)
  3. Amérique du Nord 24% de part de marché (911,5 millions, en hausse de 3% par rapport à 2015)
  4. Amérique latine 7% de part de marché (275,1 millions, en hausse de 1,8% par rapport à 2015)
  5. Moyen-Orient 5% de part de marché (206,1 millions, soit une augmentation de 9,1% par rapport à 2015)
  6. Afrique 2% de part de marché (84 millions, en hausse de 6% par rapport à 2015).

Les cinq premières compagnies aériennes classées selon le nombre total de passagers réguliers (nationaux et internationaux) étaient:

 

  1. Southwest Airlines (151,8 millions)
  2. American Airlines (144,2 millions)
  3. Delta Air Lines (143,3 millions)
  4. China Southern Airlines (114,5 millions)
  5. Ryanair (112 millions)

Les cinq principaux aéroports internationaux / régionaux de passagers étaient presque les mêmes qu'en 2015, et tous se trouvaient dans la région Asie-Pacifique:

  1. Hong Kong-Taipei (5,2 millions, en hausse de 2,1% par rapport à 2015)
  2. Jakarta-Singapour (3,4 millions, en hausse de 0,9% par rapport à 2015)
  3. Bangkok Suvarnabhumi (3 millions, en baisse de 3,14% par rapport à 2015)
  4. Kuala Lumpur-Singapour (2,8 millions, en hausse de 3,3% par rapport à 2015)
  5. Hong Kong-Séoul (2,8 millions, en baisse de 15% par rapport à 2015)

Les cinq premières paires d'aéroports pour passagers intérieurs se trouvaient également toutes dans la région Asie-Pacifique:

  1. Jeju-Seoul Gimpo (11,6 millions, en hausse de 4,6% par rapport à 2015)
  2. Sapporo-Tokyo Haneda (7,7 millions, en baisse de 1,2% par rapport à 2015)
  3. Fukuoka-Tokyo Haneda (7,3 millions, en baisse de 4% par rapport à 2015)
  4. Melbourne-Tullamarine-Sydney (7,3 millions, en baisse de 4,6% par rapport à 2015)
  5. Hanoi-Ho Chi Minh-Ville (6,4 millions, en hausse de 16,2% par rapport à 2015)

Trafic de passagers par nationalité :

Une nouvelle fonctionnalité est disponible cette année, soit le classement du nombre de passagers en termes de nationalité (citoyenneté). Les faits saillants incluent:

Les citoyens américains sont les voyageurs les plus répandus dans le monde. Quelque 810 millions de passagers ont voyagé avec des passeports américains en 2016, soit 21% de tous les passagers dans le monde.

À l'échelle internationale, les citoyens américains ont également pris la première place, comprenant 9,5% de tous les voyageurs. Viennent ensuite les citoyens du Royaume-Uni (7,8%), de l'Allemagne (6,5%), de la Chine (6,4%) et de la France (4,1%).

Sur le plan intérieur, les citoyens américains étaient également les voyageurs les plus fréquents avec 29,9%, suivis par la Chine (19,0%), l'Inde (5,2%), l'Indonésie (4,4%) et le Japon (3,5%).

Nouvelles compagnies aériennes modèles :

Les New Model Airlines (NMA), une classification qui comprend les transporteurs à bas prix (LCC), représentaient 28,3% de tous les passagers en 2016, contre 27,1% des passagers en 2015. Les transporteurs réseau représentent 69,5% du nombre total de passagers, les transporteurs de loisirs ont contribué 2,2% aux volumes de passagers.

Mesurées en passagers-kilomètres payants (PKP), les AMM représentaient 20% du trafic mondial, reflétant la concentration de ce secteur sur les vols court-courriers. Par la même mesure de RPK, les transporteurs de réseau représentaient 77% du trafic avec des transporteurs de loisirs comprenant 3% du trafic.

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Et le fret :

Les cinq principales compagnies aériennes classées selon le nombre total de tonnes de marchandises transportées par service régulier étaient:

 

FedEx Express (7,1 millions)

United Parcel Service (4,7 millions)

Emirates Airline (2,5 millions)

Qatar Airways (1,8 million)

Cathay Pacific Airways (1,6 million)

Du côté des Alliances aériennes :

Star Alliance a maintenu sa position de première alliance aérienne en 2016 avec 38% du trafic total (en RPK), suivie de SkyTeam (33%) et oneworld (29%).

 

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Photos : 1 B737 Southwest Airlines@ T. Wesson 2 B777 Cargo FedEx@ Angelo Bufalino 3 B787 China Southern Airlines @ Weimeng