09/01/2022

Allemagne, regain d’intérêt pour le F-35 !

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Surprise, Berlin va reconsidérer l’avion de combat Lockheed Martin F-35A au détriment du Boeing F/A-18 E/F. Si tout semblait plier il y a quelques mois encore avec la commande effective d’Eurofighter et la préparation d’une commande mixte de Super Hornet et de Growler pour 2022, les essais en Suisse et en Finlande ont relancé le débat en Allemagne.  

Réflexion de la nouvelle coalition

Le changement de gouvernement en Allemagne jour un rôle prépondérant dans l’analyse des dossiers en cours, notamment ceux de la Défense. De plus, depuis les essais en Suisse et en Finlande, de nombreuses voix tant militaires que politiques font état d’un besoin de réévaluer le choix premier du binôme Super Hornet / Growler.

« Les Suisses ont été remarquablement transparents dans la façon dont ils ont pris leurs décisions, la qualité des tests effectués dans le cadre d’air2030 a été exemplaire de qualité » dixit la nouvelle ministre de la Défense allemande Christine Lambrecht.

Cette dernière a pris des mesures en vue d'une décision sur le successeur de l'avion de combat Tornado. La ministre de la Défense s'est entretenue jeudi avec le chancelier fédéral Olaf Scholz au sujet du projet d'armement. L’objectif maintenant et d’effectuer une réévaluation est de préciser une nouvelle fois si l'achat d'avions F-35 plus modernes pourrait être une alternative plus sérieuse que le Super Hornet. Après des années de dispute, les choses pourraient aller vite : les décisions pourraient bientôt être prises.

Rappel

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Lors de son entrée en fonction en décembre 2021, la nouvelle coalition gouvernementale allemande composée du SPD, des Verts et du FDP s'est engagée à doter la Luftwaffe d'un avion pour succéder au Tornado. Le point crucial concerne l’emploi de bombes atomiques B61-12 et la participation allemande au programme de défense nucléaire.  La nouvelle coalition semble acquise à cet état de fait.

Le concept de dissuasion nucléaire de l'OTAN prévoit qu'en cas de guerre, les alliés ont accès aux armes nucléaires américaines, c'est-à-dire doivent pouvoir transporter les bombes jusqu'à la cible.

Pas de B61 sur le Super Hornet

Trois éléments motivent donc ce revirement en faveur du F-35. D’une part, le Boeing F/A-18 « Super Hornet » semble aujourd’hui dans une position de faiblesse. L’avion n’a plus les faveurs de l’US Navy qui veut aller de l’avant avec le F-35 et le futur F/A-XX. L’avion a été recalé lors des deux évaluations en Suisse et en Finlande, même si visiblement ce dernier n’était pas au dernier rang des évaluations. Et dernier point, la bombe B61 n’est pas pour l’instant installée à bord de l’avion et selon la NNSA, il n’est pas prévu de le faire. De plus, il faudrait que le Parlement allemand autorise en cas de sélection du Super Hornet l’intégration de la B61. Or, pour la écologistes allemands membres de la coalition, il n’est pas question de payer un supplément financier pour intégrer une bombe sujette à controverse. Par contre, les écologistes semblent enclins à fermer les yeux sur le fait que cette dernière est déjà certifiée à bord du F-35.

Pas de contre-indication

Si le choix du F-35 par l’ancien gouvernement allemand pouvait éventuellement froisser la politique européenne à l’époque, cette question n’est plus d’actualité avec les récents accords de développement du SCaf entre la France, l’Espagne et l’Allemagne. Berlin de son côté semble également particulièrement motivé à ne pas rater l’arrivée d’un avion de 5 ème génération, alors même que le futur SCaf n’est encore qu’en phase de préparation.  

Pour le chef de la Luftwaffe le futur avion doit pouvoir survivre dans un environnement contesté grâce à une faible observabilité par radar et signature infrarouge, avoir de faibles émissions électromagnétiques, offrir une capacité d'attente avec ses capteurs et ses armes et être capable de fusion de capteurs. De plus, une solution basée sur le F-35 renforcerait l'interopérabilité car d'autres membres de l'OTAN l'acquièrent et contribuerait à équilibrer l’excédent commercial avec les États-Unis. 

La B61 sur le F-35

Le F-35A est le premier chasseur de cinquième génération à être pratiquement certifié en tant que plate-forme à capacité nucléaire après avoir terminé la première démonstration complète de système d'armes et terminé le processus de certification de conception nucléaire. Au cours de la démonstration, deux F-35 ont largué des assemblages d'essais conjoints (JTA) B61-12, qui imitent une arme nucléaire à gravité tactique du monde réel, sur le champ d'essai de Tonopah dans le Nevada.

La prochaine étape est la certification opérationnelle nucléaire pour assurer la formation et la validation des équipages de maintenance et des aéronefs aux emplacements souhaités des escadres où existent des missions F-35 à capacité nucléaire. L'approbation signifierait que les États-Unis ont un chasseur capable de frapper des cibles avec des armes nucléaires tactiques à l'intérieur d'un territoire hostile sans détection

Berlin optera-t-elle au final pour le F-35 ? La réponse, cette année encore.

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Photos : 1 F-35 & B61 @USAF 2 Tornado @ Luftwaffe 3 Démonstration sim F-35@LM

 

 

 

08/01/2022

Le Pakistan se tourne vers le Z-10ME chinois !

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Le Pakistan a annulé son projet d'achat d'hélicoptères d'attaque T129 auprès de la Turquie, optant cette fois pour le CAIG Z-10ME de construction chinoise. Avec la commande de l’avion de combat  Shenyang J-10C « Dragon Véloce » (avia news 30.12.21) Islamabad se tourne résolument en direction de Pékin. La nouvelle a été rapportée le 5 janvier dernier par le porte-parole de l'armée pakistanaise, le général de division Babar Iftikhar.

Rappel 

C’est en novembre 2017 que le Pakistan est entré en négociation en vue de l’achat d'hélicoptères d'attaques T129 ATAK de Turkish Aerospace Industries (TAI). Le Pakistan avait choisi l'hélicoptère T129 ATAK qui était en concurrence avec le Changhe Aircraft Industries Group (CAIG) 

(CAIC) Z-10 chinois. Les deux constructeurs d'hélicoptères étaient dans la course pour fournir à l'armée pakistanaise un hélicoptère d'attaque léger pour plus de 50 unités avec une négociation initiale impliquant 30 hélicoptères additionnels.

Ce qui a changé

Si rien n’est encore complètement signé, ce changement de direction du Pakistan est la conséquence du refus États-Unis d'accorder des licences d'exportation américaines pour les moteurs américain LHTEC CTS800-4A qui équipent les T129 turcs. De plus, les retards dans le développement d'un moteur turc indigène pour l'hélicoptère ont empêché les livraisons des hélicoptères de combat.

A l’époque du choix de l’hélicoptère turc, le Pakistan avait donné comme raison le fait que le Z-10 chinois avait de plus faibles performances moteur qui auraient empêchés le Z-10 de transporter sa charge utile maximale d'armes lors d'opérations militaires. En effet le turbomoteur chinois WZ-9 installé sur l’hélicoptère était considéré comme très insuffisant du point de vue de sa puissance.

Depuis, la Chine a travaillé sur un moteur plus puissant, le WZ-16, qui ne serait pas encore entré en production en série. Pour autant, ce nouveau moteur est proposé sur la nouvelle version Z-10ME réveillé en 2018 par l’hélicoptériste CAIG.

Le CAIG Z-10ME

Le nouveau moteur WZ-16 augmente la puissance maximale de 935 kilowatts à 1200 kilowatts, selon CAIG. Le Z-10ME dispose également d’une plus grande mobilité, d’une meilleure protection contre les tirs adverses et d’un armement plus puissant. La nouvelle version est également être dotée d’équipement lui permettant d’opérer dans le désert et depuis des bâtiments de surface. Pour l’hélicoptériste chinois, le Z10ME répond à de nombreuses demandes à travers le monde, tout en étant moins cher que l’Apache américain, mais avec une puissance de feu comparable. Les acheteurs potentiels incluent le Pakistan, la Thaïlande, la Malaisie, l'Iran.

Le CAIG WZ-10 : 

Dans le Z-10, le pilote et l'opérateur d’armes sont assis en tandem dans un cockpit renforcé. L'hélicoptère dispose d’un rotor principal à cinq pales. Il dispose d’un cockpit moderne avec affichage à écrans multifonctions (MFD). L'équipage de l'hélicoptère peut également être équipé d'un viseur de casque (HMS) pour l'affichage tête haute de l'information et de contrôle des armes. Le système de navigation inertielle (INS) embarqué est entièrement intégré au système de navigation par satellite BeiDou et des dispositions sont prises pour des mises à niveau futures pour inclure Galileo (navigation par satellite)/GPS/GLONASS lorsque les capacités étendues de ces systèmes seront disponibles. Pour les clients potentiels à l'exportation, il peut sélectionner les systèmes de navigation par satellite de son choix, bien que le GPS soit généralement la norme.

L'hélicoptère est équipé d'un canon de 25mm, monté sous le nez en tourelle. Une série de capteurs sont situés dans le nez de l'avion dont, probablement, une caméra optique et infrarouge (FLIR) et un télémètre laser. Il doit aussi probablement emporter un système de contre-mesures électroniques.

Les ailettes doivent possèdent deux points d'emport chacune où les missiles antichars probablement du type HJ-9 et peuvent être accrochés par groupe de quatre. Dernièrement, le Z-10 a été doté des nouveaux missiles HJ-10, qui améliorent de manière significative les possibilités de lutte antichars en matière air-air il emporte le missile TY-90.

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Photos : Z-10ME @CAIG

 

 

07/01/2022

Atlas commande 4 B777F !

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Atlas Air Worldwide a annoncé une commande portant sur quatre B777 Freighter. La commande, passée en décembre, complète un record en 2021 pour la famille de cargos de Boeing, comprenant des modèles de nouvelle production et convertis. Boeing a prévu que la flotte mondiale de cargos augmentera de 70 % au cours des 20 prochaines années, avec des transporteurs de fret tels qu'Atlas Air soutenant une activité de commerce électronique mondiale en pleine expansion et des chaînes d'approvisionnement en évolution.

Le B777 Freighter de Boeing, leader sur le marché, est le plus grand, le plus long rayon d'action et le plus performant des cargos bimoteurs au monde, avec le coût de voyage le plus bas et la plus grande fiabilité de tous les gros cargos. Avec une autonomie de 4 970 nmi (9 200 km), le 777 Freighter peut transporter une charge utile maximale de 102 tonnes (224 900 lb), tout en réduisant la consommation de carburant et les émissions de CO2 par rapport aux avions précédents. Cette capacité et cette efficacité exceptionnelle se traduisent par des économies importantes pour les opérateurs de fret, avec moins d'arrêts et de frais d'atterrissage associés.

Jusqu'en novembre, Boeing avait dépassé le précédent record de cargos avec 80 commandes de nouveaux cargos de production et plus de 80 commandes de modèles convertis. La société annoncera les commandes et livraisons pour l'année 2021 le 11 janvier.

Atlas Air possède actuellement 14 B777 et est le plus grand opérateur mondial de B747 cargos, avec 49 dans sa flotte. Ces deux modèles, en particulier, sont conçus pour s'associer de manière transparente, permettant aux opérateurs de transférer facilement des charges de fret hautes et surdimensionnées entre les deux sur des palettes de 3 mètres (10 pieds) de hauteur. Le transporteur de fret et de passagers exploite également une flotte de B767 et B737 avions.

Photo : B777 F Atlas Air @ Boeing

06/01/2022

La marine indienne teste le Rafale et le Super Hornet !

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La Marine indienne procède aux essais en vue du choix de son futur avion de combat. Des tests d’intégration sur porte-avions doivent servir à départager les deux concurrents en course, le Dassault Rafale M et le Boeing F/A-18 E/F « Super Hornet ». 

Rappel

C’est en 2017 que la Marine indienne a publié une demande de renseignements détaillés pour l'achat de 57 avions de combat polyvalents (MRCBF). L’avion doit pouvoir être mis en œuvre à partir des deux porte-avions, soit l’IAC-1 et le futur IAC-2. 

De fait, un premier point saute aux yeux, les deux porte-avions n’utilisent pas le même mode de catapultage. L ‘IAC-1 INS Vikrant en service depuis 1987 est de type STOBAR, c’est-à-dire qu’il fait appel à un tremplin sur une piste oblique. Alors que le futur IAC-2 INS Vishal sera muni du système avec catapultes de type CATOBAR. L’avion devra pouvoir réduire son envergure grâce à des ailes pliantes.

Selon les besoins de la Marine, le futur avion devra être polyvalent, capable de fonctionner tous les jours et de nuit, pouvant être utilisé pour la défense aérienne, les opérations air-surface, le ravitaillement d’avions amis avec nacelle, la reconnaissance et missions de guerre électronique. Le coût du cycle de vie de l'aéronef (après la garantie) est une considération importante, avec deux installations de réparation au niveau du dépôt. L'Inde veut le transfert de technologie critique et la participation à ce processus par les fournisseurs indiens de second rang et ceux qui peuvent contribuer à la chaîne d'approvisionnement. 

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Le tremplin à l’essai

Le futur avion doit pouvoir utiliser le système de tremplin en service sur le porte-avions INS Vikrant. Pour cela depuis le 6 janvier une équipe de Dassault Aviation est au travail en Inde, sur la base aéronavale de Hansa ou a été implanté une rampe terrestre (SBTF), pour démontrer l’intégration du Rafale avec ce système. Les testes dureront 12 jours. Il s'agira notamment de vérifier sa capacité à décoller depuis un poste de pilotage de 283 mètres de long équipé d'un tremplin.

Puis ce sera l’équipe de Boeing qui devra effectuer les mêmes démonstrations avec le Super Hornet au mois de mars prochain. 

Pas de Tejas

La Marine indienne a conclu que le Tejas en version aéronavale ne convenait pas à l'un ou l'autre des deux porte-avions car, malgré les améliorations structurelles apportées à la cellule d'essai à l'appui des opérations du porte-avions, l’avion ne répondait pas à la norme d'acceptabilité à un moment où l'aviation navale indienne se prépare à répondre adversaires redoutables, comme la Chine, dans l'océan Indien. La marine indienne doit faire face aux avions chinois, soit les de J-15, et peut-être prochainement le J-31.

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Photos : 1 Super Hornet contre Rafale 2 Rafale Marine @ Aéronavale 3 Super Hornet essais de tremplin à Patuxent River @ Boeing

 

 

 

 

Allegiant Air commande 50 B737 MAX !

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Allegiant Air a annoncé une commande portant sur 50 Boeing B737 MAX, avec des options pour 50 avions supplémentaires. Dans le cadre du premier contrat de transporteur à très bas prix (ULCC). Allegiant a sélectionné deux modèles, le B737-7 et le 737-8-200 de la famille B737 MAX, qui offrent les coûts par siège-mille les plus bas pour un avion monocouloir.

Avec des points communs et une efficacité énergétique améliorée, la famille B737 MAX permet aux compagnies aériennes d'optimiser leurs flottes dans un large éventail de missions. Le 737-7 offre des coûts d'exploitation faibles qui permettent aux transporteurs d'ouvrir de nouvelles routes avec moins de risques économiques, et le plus grand B737-8-200 offre un potentiel de revenus supplémentaire et est de la bonne taille pour l'expansion du marché de l'ULCC. Par rapport à la flotte actuelle d'Allegiant, les nouveaux modèles B737 réduiront la consommation de carburant et les émissions de carbone de 20 %.

Boeing et Allegiant s'associeront pour l'assistance à l'entrée en service, permettant une transition en douceur alors que le transporteur ajoute le 737 à ses opérations. Allegiant utilisera également une suite d'outils numériques de Boeing Global Services pour améliorer encore l'efficacité opérationnelle. Allegiant exploite actuellement une flotte de 108 avions Airbus A319 et A320.

Photo : B737 MAX aux couleurs d’Allegiant air @ Boeing