13/09/2022

Le C919 chinois certifié la semaine prochaine !

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L’avionneur chinois COMAC est maintenant entré dans la phase finale de la certification chinoise de son avion C919. Deux appareils ont rejoint la capitale chinoise, en préparation de la délivrance du certificat de type par la CAAC, qui devrait avoir lieu le 19 septembre prochain.  

Il s'agit de la première visite de l'avion monocouloir, le projet civil le plus avancé jamais développé en Chine. Les deux C919  immatriculés B-001F et B-001J participeront à la cérémonie de remise du certificat de type par la CAAC, l'autorité de l'aviation civile du pays.

Rappel

Le 23 juillet  dernier, l’avionneur chinois a que tous les vols d'essai du C919 avant la certification avaient été terminés, rapprochant l'avion de la certification de type dans les mois à venir. Cette annonce est également devenue l’évènement politique le plus important de Chine. Pour cette première certification d’un avion presque entièrement chinois, la COMAC a invité des responsables gouvernementaux du ministère de l'Industrie et des Technologies de l'information (MIIT), du ministère des Finances et de l’Administration chinoise de l’Aviation (CAAC) à la cérémonie de célébration.

Afin d’obtenir sa certification, la CAAC a demandé une série de 300 heures d'essais fonctionnels et de fiabilité. Au cours de ces 300 heures, 150 heures de vol devaient être effectuées en combinaison avec d'autres tâches d'essais en vol de certification, et les 150 heures de vol restantes doivent être effectuées dans le cadre d'opérations indépendantes. Ces derniers tests ont été conçus pour démontrer l'état de préparation des opérations des compagnies aériennes, y compris les performances élevées des aérodromes, les essais d'atterrissage automatique, les services de rotation et de manutention des aéroports, les systèmes de cabine, les performances des fonctions de navigation et de connectivité.

Les transporteurs chinois achètent chinois 

Le duopole Airbus/Boeing tient encore la corde en Chine avec de nombreuses commandes. Cependant, les deux avionneurs ont souligné dernièrement que les commandes diminuent progressivement par rapport aux besoins de la Chine et de l’autre la libération d’options se fait attendre. En contrepartie, les transporteurs chinois accentuent leurs commandes en direction de l’avionneur national COMAC. Deux appareils émergent, il s’agit du COMAC ARJ-21 de 78 à 90 places et du COMAC C919 de 150 à 190 places, soit le concurrent direct des A320 et B737. 

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Or les appareils de 70 à 190 places sont exactement taillés pour répondre aux besoins du marché intérieur chinois. Or, c’est bien là que se trouve le véritable enjeu du marché aérien dans les prochaines années. Sur ce créneau. Airbus et Boeing font maintenant jeu égal avec les deux aéronefs chinois qui profitent de la préférence nationale. Pour exemple, l’ARJ-21 a engendré près de 208 commandes et près de 815 pour le C919. 

L’ARJ21 tout comme le C919 profitent de technologies étrangères en ce qui concerne la motorisation et l’avionique par exemple. Certaines entreprises occidentales bénéficient donc de ces commandes. Mais à termes, COMAC ne veut plus dépendre de fournisseurs étrangers et être capable de se fournir exclusivement chez des fabricants chinois. 

Made in China 2025 

La Chine débute un processus d’indépendance vis-à-vis des aéronefs étrangers à travers un plan nommé : Made In China 2025.  Un défi technologique dont le régime communiste a fait un enjeu de prestige : ne pas avoir d'avion "made in China", c'est se trouver "à la merci des autres", avait déploré le président Xi Jinping en 2014. 

Selon les prévisions, la Chine aura besoin de 6’800 avions de ligne sur les vingt années à venir, soit un triplement de la flotte du pays durant cette période. L’avionneur chinois COMAC compte bien avoir sa part du gâteau et prendre des parts de marché actuellement détenues par Airbus et Boeing.

Pour l’avionneur COMAC il s’agit également de venir taquiner les deux grands avionneurs sur le marché de l’international. Cependant, l’avionneur chinois devra pour cela s’imposer en tant qu’avionneur de prestige. D’une part, car il faudra encore obtenir une certaine « crédibilité » et de l’autre faire face à la longue histoire des avions commerciaux d’Airbus et Boeing qui disposent également d’un réseau de service après-vente et d'entretien très étoffé. Sans oublier que les avions chinois devront obtenir les certifications des différents régulateurs internationaux. Mais la Chine est en marche, elle va offrir d’ici quelques années une nouvelle concurrence dans le secteur de l’industrie aéronautique.

Le C919 :

Le site de Shangai devrait, selon le groupe, pouvoir produire à terme, chaque année 20 exemplaires du C919 et 50 avions de transport régional ARJ21 (70 à 90 places). Le C919, C désigne autant la Chine que le constructeur Comac, le premier 9 étant le  symbole de longévité et le 19 final, faisant référence à ses 190 places. L’avion de type monocouloir sera capable de transporter entre 150 à 200 passagers.

Si celui-ci est de conception chinoise dans son ensemble, les premières versions sont motorisées par le groupe CFM International (SNECMA & General Electric) qui fourniront  la première version de leur nouveau réacteur le Leap-X1C. La soufflante du moteur LEAP-X1C comportent dix-huit aubes, soit 50 % de moins que celle du CFM56-5C, et 25 % de moins que celle du CFM56-7B.

Nexcelle, société partenaire du groupe livre les nacelles et les inverseurs de poussées. A terme ces moteurs seront fabriqués en Chine. Cependant, le groupe COMAC entrevoit déjà la possibilité d’équiper dans un deuxième temps, le C919 par une motorisation entièrement de conception chinoise.

Partenariat international :

La Chine a parfaitement compris les enjeux d’une telle industrie, si le besoin était jusqu’à maintenant d’aller chercher de l’aide en Occident, l’avenir permettra la conception complète d’aéronefs en Chine, mais en ayant la même stratégie que ces concurrents. La vision chinoise n’est autre que de chercher des partenariats d’équipementiers susceptibles de lui fournir des systèmes complets. Traiter les Occidentaux en partenaire et d’ouvrir le marché des équipements (trains d’atterrissage, système de navigation, sièges passagers) pourrait permettre à la Chine d’ouvrir son marché à l’exportation pour ces avions, qui pour l’instant sont destinés aux compagnies chinoises.

Cette décennie, comme la précédente sera chinoise, il va falloir compter sur l’aéronautique chinoise et ceci très rapidement, car celle-ci, devrait se positionner comme le troisième fournisseur d’avion commercial derrière Airbus et Boeing d’ici 15 ans. 

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Photos : 1 & 3 le C919 @ COMAC 2 Comparatif cabine

 

 

 

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