09/06/2022

10 ans de retard pour le SCAF? 

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L’annonce à de quoi intriguer, pour autant elle provient du PDG de Dassault, Éric Trappier en personne. On savait que le système Future Combat Air System (FCAS)/Système de Combat Aérien Futur (SCAF) ne serait pas disponible dans un premier standard avant 2040 – 2045, mais la date de 2050 est maintenant énoncée.

Pour Eric Trappier, les retards persistants dans l'accord sur les conditions de développement du SCAF retarderont l'entrée en service du nouvel avion de combat de nouvelle génération (NGF ) élément du programme d'au moins dix ans. Selon le calendrier actuel publié, le premier vol du démonstrateur NGF était prévu pour 2027, la conception finale proposée étant gelée en 2030 avant une date de mise en service proposée de 2040 – 2045 . S'adressant aux médias, Éric Trappier, a déclaré que la date de mise en service actuellement prévue n'est plus tenable, 2050 étant un calendrier plus réaliste.

Cette déclaration est intervenue trois mois après avoir annoncé le 4 mars que les travaux de développement sur le système NGF du SCAF avaient effectivement été interrompus, Dassault, Airbus et Indra n'ayant pas pu s'entendre sur les conditions de partage de la phase 1B, et qu'il avait retiré ses ingénieurs hors du programme jusqu'à ce qu'une solution soit trouvée.

Le problème

L’histoire semble se répéter au sein des grands programmes militaires européens. Le problème repose toujours sur la maîtrise d'œuvre du système. Dans le cas présent il implique Dassault en tant que maître d’œuvre, mais qu'Airbus souhaite partager. Mais pour Eric Trappier cette question est hors de propos. On assiste clairement à un profond désaccord sur la nature de la coopération entre Dassault, Airbus et Indra.

Rappel sur la répartition des travaux

Dassaut Aviation aura la charge de travail du NGF sur les lots stratégiques et secondaires phase 1B, en tant maitre d'œuvre soit 38%. 

Airbus obtient 62% (Allemagne 32%, Espagne 30%) : L'Allemagne va s'occuper de la conception des drones avec MBDA  et Satnus, du Cloud avec Thales et Indra. De son côté l'Espagne aura la charge des technologies de furtivités et des capteurs avec Indra, Thales et l'Allemand FCMS. La motorisation sera du ressort d'une joint-venture entre Safran, MTU et ITP.  

Un plan B ?

Pourrait-ont imaginer un « plan B » ? Dassault avait en son temps quitter le consortium Eurofighter à l’époque et développer seul le Rafale. Imaginer refaire reprendre un même chemin aujourd’hui est problématique. Le développement d’un avion de 6 -ème génération est estimé dans une fourchette de

50 et 80 milliards d’euros. Il faut y ajouter des compétences technologiques énormes, afin de ne pas encore une fois, se retrouver en retard face à la concurrence américaine.

Conclusion

Une fois de plus l’Europe se retrouve face à ses vieux démons, une politisation qui ralentit les efforts du fait d’un égo surdimensionnés pour certains ce qui a pour conséquence de freiner les industriels et le développement de la technologie. Les Forces aériennes européennes n’ont de fait pas d’autres alternatives que de se tourner en direction du F-35. A l’avenir, si une solution européenne n’est pas viable, le programme américain Next Generation Air Dominance (NGAD) sous le concept  « Digital Century » risque bien de doucher les espoirs des avionneurs européens.  

Photo : Image de synthèse du SCAF @ Dassault Aviation