30/03/2022

Le F-22 « Raptor » retiré plus vite que prévu ?

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L’USAF va de l’avant avec la proposition concrète du retrait d’un premier lot de 33 Lockheed Martin F-22 « Raptor ». Initialement, l’USAF prévoyait un début de retrait en 2030, mais les choses s’accélèrent.

Un retrait effectif porterait la taille de la flotte à 153 appareils au lieu des 186 en service aujourd’hui. Les F-22 qui seraient concernés par ce retrait sont principalement les aéronefs les plus anciens du Block 20 et sont déjà largement relégués à l'entraînement et à d'autres tâches non liées au combat.  

Un tel retrait permettrait à l’USAF d’économiser près de 1,8 milliards de dollars. En effet, pour continuer d’exploiter correctement ces 33 avions il faudrait engager un programme de mise à jour. Or l’USAF désire consacrer diriger ces fonds en direction de la mise à jour de F-22 plus récents. De plus, les économies dégagées permettront de relancer l’achat de F-35 et d’appuyer le développement du programme NGAD.

D’autres éléments motivent ce retrait, la flotte étant relativement restreinte, la marge de manœuvre est complexe en ce qui concerne la maintenance et la gestion du stock de pièces de rechanges. Ce retrait permettrait donc de grossir le stock de pièces. Il en va de même pour les pièces des moteurs Pratt & Whitney F119.

Selon le dernier rapport de maintenance de l’USAF, la flotte de F-22 commence à accumuler les problèmes techniques. Des trains d'atterrissage qui ne se déploient pas ou se fissure à l'atterrissage sont particulièrement préoccupants. Une inspection des F-22 à Eglin et de 10% des appareils d'autres bases a révélé qu'au moins un avion sur cinq dans l'inventaire total des F-22 avait un train d'atterrissage en mauvais état.  

Les F-22 restants en service au sein de l'USAF seraient alors  redistribués dans les escadrons, qui comprennent des unités de la base interarmées Langley-Eustis, en Virginie, Joint Base Pearl Harbor-Hickam, Hawaï et Joint Base Elmendorf-Richardson, Alaska, et Eglin. La décision finale du retrait appartient au Congrès. 

Améliorations prévues pour le solde de F-22

Le programme ARES doit couvrir les  mises à niveau, des améliorations et des correctifs pour le « Raptor ». Lockheed fournira également des services logistiques et l'achat de kits de matériel de modernisation. Les travaux seront effectués à Fort Worth, au Texas. Les appareils recevront notamment le nouveau TACLink 16 et le TACMAN (TACLink) aux cours des exercices. 

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Lockheed Martin va travailler en étroite collaboration avec l'US Air Force pour intégrer un processus de gestion du cycle de vie complet des systèmes afin de garantir que la flotte de « Raptor «  puisse être prête à accomplir sa mission. Un programme complet de gestion des armes appelé Sustainment Agile Sustainment for the Raptor, ou FASTeR, doit permettre de gérer la chaîne d'approvisionnement, les modifications et la maintenance lourde, l'ingénierie de soutien, la formation, le soutien direct sur le terrain et le flux continu de données techniques pour le terrain via un centre d'assistance technique 24h/24 et 7j/7. 

Le système RAMMP, ou programme de maturation de la fiabilité et de la maintenabilité : l’équipe de maintenance inspecte constamment les données du domaine des opérations et des solutions d'ingénierie pour augmenter la disponibilité des avions pour le combat.

Ligne de modernisation   

Le centre de logistique aérienne d'Ogden à Hill Air Force Base, dans l'Utah, abrite la ligne de modernisation actuelle du F-22, ou ligne Mod. Dans ce centre d'excellence, l'US Air Force et Lockheed Martin intègrent les dernières capacités du système pour renforcer l'avantage asymétrique du F-22 sur les adversaires actuels et potentiels.

Améliorer la fiabilité et réduire les heures de maintenance

Alors que le F-22 continue de mûrir, l’avionneur Lockheed Martin se concentre sur l'amélioration de la disponibilité des avions, la réduction des heures de maintenance et l'amélioration de la fiabilité et des diagnostics, tout en améliorant l'efficacité et en minimisant les coûts.

Environ 50 % de la maintenance effectuée sur le F-22 est liée à la réparation des revêtements furtifs Low Observable (LO) qui sont endommagés lorsque l'avion est ouvert pour la maintenance de routine. 

Des améliorations sont prévues dans le cadre du Inlet Coating Repair (ICR) Speedline, le Mighty Tough Boot : l’amélioration des joints inter-panneaux de l'avion. Le  Form In Place (FIP) : FIP s'appuie sur le projet Mighty Tough Boot, en améliorant les panneaux de l'avion pour faciliter leur retrait lors de la maintenance sans endommager le revêtement furtif LO. Cela réduit le temps en éliminant le besoin de recouvrir l'avion après la maintenance.

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Photos : F-22 @ USAF

 

29/03/2022

Un A380 vole avec 100% de biokérosène !

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L’avionneur européen Airbus a effectué un premier vol en A380 alimenté à 100 % en carburant d'aviation durable (SAF). L'avion d'essai A380 d'Airbus MSN 1 (F-WWOW) a décollé de l'aéroport de Blagnac, Toulouse en France à 08h43 le vendredi 25 mars. Le vol a duré environ trois heures, avec un moteur Rolls-Royce Trent 900 fonctionnant à 100% SAF.

Les 27 tonnes de biokérosène AF non mélangé ont été fournies par Total Energies pour ce vol. Le SAF produit en Normandie, près du Havre, en France, était fabriqué à partir d'esters et d'acides gras hydrotraités (HEFA), exempts d'aromatiques et de soufre, et principalement constitués d'huile de cuisson usagée, ainsi que d'autres déchets gras. Un deuxième vol, avec le même appareil, doit avoir lieu de Toulouse à l'aéroport de Nice, le 29 mars pour tester l'utilisation du SAF au décollage et à l'atterrissage.

Il s'agit du troisième type d'avion Airbus à voler à 100 % SAF en 12 mois, le premier était un Airbus A350 en mars 2021 suivi d'un monocouloir A319neo en octobre 2021.

L'augmentation de l'utilisation des SAF reste une voie clé pour atteindre l'ambition de l'industrie de zéro émission nette de carbone d'ici 2050. Les principales statistiques présentées dans le rapport Waypoint 2050 indiquent que les SAF pourraient contribuer entre 53 % et 71 % des réductions de carbone requises.
Tous les avions Airbus sont actuellement certifiés pour voler avec jusqu'à 50 % de SAF mélangé à du kérosène. L'objectif est d'atteindre la certification 100% SAF d'ici la fin de cette décennie.

L'avion A380 utilisé lors du test est le même avion récemment révélé que le démonstrateur ZEROe d'Airbus, un banc d'essai volant pour les technologies futures essentielles à la mise sur le marché du premier avion zéro émission au monde d'ici 2035. 

Les programmes de recherche en cours  ECLIF3 et VOLCAN poursuivront leurs campagnes d'essais tout au long de 2022 et 2023 avec l'A350 et l'A319neo. Étant donné que l'A380 MSN1 dispose d'une fenêtre de test très limitée, l'objectif de la campagne de test est de collecter autant de données que possible sur l'avion sur une période de deux semaines.

Alors que la première phase d'essais en vol se concentre sur le comportement du moteur hors-bord des essais 100 % SAF et APU, la deuxième phase d'essais en vol à venir testera ce type de carburant sur le moteur inboard et son impact sur la jauge de carburant. Le 29 mars, l'A380 décollera de Toulouse, se dirigera vers Nice et reviendra à Toulouse afin d'augmenter l'exposition moteur à 100% SAF.

A l'issue de cette campagne d'essais en vol 100% SAF de deux semaines, l'A380 MSN1 sera rénové pour restaurer sa capacité d'essais avion puis transformé en démonstrateur ZEROe pour tester la technologie de combustion d'hydrogène dans les années à venir.

Photo : l’A380 avec 100% de biokérosène @ Airbus/ A.Doumenjou

28/03/2022

Le Canada confirme le choix du F-35 !

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Ottawa, par la voix de sa ministre de la Défense, Anita Anand, le gouvernement Trudeau confirme avoir opté pour l’avion de combat Lockheed Martin F-35A « Lightning II ». La Canada prévoit une commande de 88 appareils. Le F-35 va remplacer les actuels Boeing CF-18 « Hornet » en service au sein de la RCAF. Le F-35 était opposé en finale face au Saab Gripen E, qui après sa seconde place exaquo avec le Super Hornet en Finlande et l’avion européen le plus surprenant du moment.

Le F-35 est utilisé par nos partenaires de l’Otan dans le monde entier. Il s’est avéré être un avion mature, adapté et interopérable, c’est pourquoi nous passons à la phase de finalisation​, a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse évoquant la nouvelle réalité mondiale et le conflit en Ukraine.

Le gouvernement canadien espère finaliser le contrat dans les sept mois à venir pour une livraison des appareils dès 2025. Cela représente un investissement de 19 milliards de dollars canadiens.  

Nous devons nous assurer que les forces armées canadiennes disposent de l’équipement nécessaire pour assurer la sécurité des Canadiens​, a encore déclaré la ministre. Le Canada possède l’un des plus grands espaces aériens au monde et doit donc pouvoir répondre à un large éventail de menaces​. Cela représente le plus important investissement pour l’aviation canadienne depuis plus de 30 ans, a précisé le gouvernement.

Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis !

Le Premier ministre Justin Trudeau qui avait fait campagne pour son élection sur la promesse de ne jamais commander le F-35, s’est montré très discret à ce sujet aujourd’hui.

Cette décision n’est en soi pas une grande surprise, Ottawa fait partie du programme ACI pour le F-35, qui englobe la conception, la production et l'entretien d'un chasseur furtif polyvalent. Le programme d'ACI est le programme d'avions de combat le plus important au monde. Le Canada est l'un des huit pays partenaires du programme d'ACI, aux côtés des États-Unis, du Royaume-Uni, de l'Italie, des Pays-Bas, de la Norvège, du Danemark et de l'Australie. D'autres pays, comme le Japon, la Corée du Sud et Israël, achètent également l'avion par l'entremise du programme de vente de matériel militaire des États-Unis (É.-U.) à l'étranger (Foreign Military Sales). 

Le Canada participe au programme d'ACI depuis 1997. Cette participation affirmée très tôt dans le processus a permis à l'industrie canadienne de s'installer solidement dans la chaîne d'approvisionnement des ACI F-35. Avec le programme ACI, le Canada verra ses investissements en direction du programme F-35 récompensés. Soit une acquisition plus rapide et avec des coûts diminués. Question technologies, le F-35 n’a pas de concurrence en Occident et Ottawa là compris. Un choix en direction du F-35 est simplement naturel.

Lockheed-Martin F-35A/F4

Le F-35A/F4 est un avion de combat de la 5ème génération doté de capacités furtives. Avion monoplace ne nécessitant pas l’obligation d’une version biplace pour la transition, le F-35 a été conçu spécifiquement autour d’une architecture informatique très puissante pour permettre une totale fusion de l’ensemble des capteurs multispectraux. Il est le premier avion entièrement conçu pour fonctionner dans ce que l’on appelle la guerre en réseau (Network Centric Warfare). Le F-35A peut ainsi effectuer des missions de renseignement, de surveillance et de reconnaissance et menés directement des opérations de guerre électronique, ainsi que la supériorité aérienne sans oublier l’attaque au sol. Doté d’un cockpit de nouvelle génération avec un écran géant central tactile couleurs qui ne nécessite plus le besoin de boutons de sélection. A noter que le traditionnel viseur tête haute (HUD) est supprimé, l’ensemble des informations sont ainsi partagées entre l’écran et le viseur de casque Rockwell Collins ESA Vision Systems LLC, « Helmet Mounted Display System ». Le pilote dispose de la liaison de données TADIL-J (Tactical Digital Information Link) soit une version améliorée de la Link16 de l’Otan. Le TADIL-J a été conçu comme une liaison de données améliorée utilisée pour échanger des informations en temps quasi-réel (NRT). Il s’agit d’un système de communication, de navigation et d’identification qui facilite l’échange d’informations entre les systèmes de commandement, de contrôle, de communication, d’informatique et de renseignement (C4I) tactiques. Le composant d’émission et de réception radio de TADIL-J est le système commun de distribution d’informations tactiques (JTIDS). L’avion est également le premier à disposer d’un système de mise à jour et de logistique en ligne qui répond ODIN (en remplacement d’ALIS). Le système intègre les fonctionnalités suivantes : la maintenance, les pronostics de pannes, la chaîne d’approvisionnement, les services d’assistance aux clients. Actionneurs électro-hydrostatique, le F-35 dispose pour la première fois des actionneurs électro-hydrostatiques (EHA) agissant en tant que commandes de vol principale, ce qui inclut le gouvernail, les empennages horizontaux et la surface de contrôle du flaperon. Les actionneurs des commandes de vol, bien qu’ils possèdent des systèmes hydrauliques internes à boucle fermée, sont contrôlés et alimentés par électricité et non de manière hydraulique, ce qui permet une capacité de survie accrue et un risque réduit. 

Radar AESA 

Le F-35A est équipé du radar à balayage électronique AESA conçu AN/APG-81conçu par Northrop-Grumman. Le système dispose des modes air-air et air-sol, suivi de terrain, cartographie à haute résolution, détection de véhicules terrestres, de l’écoute passive et des capacités de brouillage.

L’EOTS 

Le système de ciblage électro-optique de poursuite infrarouge (EOTS) AN/AAQ-40 produit par Lockheed Martin est un système de localisation et désignation de cible air-air et air-sol comprenant un FLIR, une caméra TV à haute définition et un système laser (télémétrie, désignation de cible). Le système est composé d’une fenêtre en saphir durable et est relié à l’ordinateur central intégré de l’avion via une interface à fibre optique à haute vitesse. Le système EOTS améliore la connaissance de la situation des pilotes de F-35 et permet aux équipages d’aéronefs d’identifier les zones d’intérêt, d’effectuer des reconnaissances et de livrer avec précision des armes à guidage laser et GPS. 

AN/ASQ-239 Barracuda 

Le système AN/ASQ-239 conçu par BAe Systems protège le F-35 grâce à une technologie avancée afin de contrer les menaces actuelles et émergentes. La suite offre une alerte radar entièrement intégrée, une aide au ciblage et une autoprotection, pour détecter et contrer les menaces aériennes et terrestres.

Le système fournit au pilote une connaissance maximale de la situation, aidant à identifier, surveiller, analyser et répondre aux menaces potentielles. Une avionique et des capteurs avancés fournissent une vue en temps réel et à 360 degrés de l’espace de combat, aidant à maximiser les distances de détection et offrant au pilote des options pour échapper, engager, contrer ou bloquer les menaces.

AN/AAQ-37 (DAS) 

Le système d’alerte missile de Northrop Grumman Electronic System DAS (Distributed Aperture System) AN/AAQ-37 comprend 6 détecteurs infrarouges répartis en différents points de façon à fournir une vision à 360° autour de l’avion. Le système est combiné à un brouilleur Sanders/ITT ALQ-214.

Radios & IFF   

Le F-35A est doté système de navigation et de combat Northrop Grumman AN/ASQ-242, qui inclut : le système de communication Harris Corporation Multifunction Advanced Data link (MADL) avec une radio SINCGARS, une radio cryptée HAVE QUICK et un interrogateur/ transpondeur IFF Mode5. 

Données techniques & armement du F-35A 

Un moteur Pratt & Whitney F135 de 125kN et 178kN avec postcombustion. Masse à vide 13’170kg, maximale 25’600kg. Vitesse Mach 1,6. Plafond pratique 18’500m. Vitesse ascensionnelle plus de 180 m/s. Rayon d’action 2’200km.

Armement 

10 points d’emport : 4 internes et 6 externes. 1 canon General Dynamics GAU-22 de 25mm. Air-air : AIM-9X Sidewinder, IRIS-T, ASRAAM, AIM-120 AMRAAM, METEOR, Raytheon Peregrine, LM AIM-620. Air-sol : AGM-AARGM, AGM-158 JASSM Brimstone, AGM-169 JCM. Antinavire : JSM, LRASM. Bombes : Mark 82, Mark 84, Small Diameter Bombe, JDAM, AGM-154 JSOW. 

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Photos : 1 F-35 aux couleurs du Canada @ The Avionist  2 F-35A @ LM

 

26/03/2022

Surprise : un moteur américano-italien pour l’Eurodrone !

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Airbus recommande le choix du moteur Catalyst produit par General Electric et Avio Aero et ceci au détriment du moteur Ardiden de Safran. Un choix qui fait déjà grincer des dents en Europe. Pour le motoriste européen c’est une mauvaise nouvelle qui s’additionne avec les déboires du Silvercrest.

Rappel

Deux motorisations étaient en course pour venir équiper le futur drone MALE européen l’Eurodrone. Il s’agissait du français Safran avec son Ardiden 3TP et de l’américain General Electric (GE Aviation) qui propose le Catalyst un moteur produit en Italie par Avio Aero.

Pourquoi le Catalyst ?

Le Catalyst s’est imposé en étant meilleur sur tous les critères, assure Airbus, maître d’œuvre de l’Eurodrone. "C’est la solution la plus mûre, avec le risque de développement le plus faible, assure Jean-Brice Dumont, directeur des avions militaires chez Airbus Defence & Space. Il a également plus de marge de poussée que son concurrent, et une meilleure performance économique, notamment sur le soutien."

GE Aviation a effectué le premier vol du moteur Catalyst le 30 septembre 2021. Textron Aviation a également sélectionné le système de propulsion pour propulser son turbopropulseur monomoteur Beechcraft Denali. Le Catalyst se démarque des autres turbopropulseurs du marché pour plusieurs raisons : 30 % des composants sont fabriqués en technologie additive avec des matériaux innovants, le taux de compression élevé (16:1, le plus élevé de sa catégorie), le compresseur à géométrie variable, la turbine haute pression refroidie, le FADEC avec contrôle d'hélice intégré et un système de surveillance de l'état en temps réel. Le nouveau turbopropulseur de GE serait particulièrement adapté à la classe MALE. Le moteur Catalyst peut offrir une série d'avantages compétitifs significatifs à la nouvelle génération de drones : d'abord et avant tout une réduction de la consommation de carburant permettant des missions en vol plus longues, ou une augmentation de la soi-disant charge utile (c'est-à-dire la capacité de fonctionnement). Mais il est aussi capable d'extraire plus de puissance à haute altitude, permettant de réaliser des missions qui ne sont pas possibles aujourd'hui ». De plus, le FADEC permet une intégration et un « dialogue » encore plus simples avec l'avionique de l'avion, tandis que le système de surveillance en temps réel de l'état des moteurs assure une plus grande sécurité et un pilotage à distance extrêmement simplifié.

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Le moteur Catalyst est également le seul moteur de sa catégorie qui peut se vanter d'avoir un cerveau numérique. Le FADEC avec contrôle d'hélice intégré facilite l'intégration entre le contrôle d'hélice et le système de gestion de l'aéronef, mais ce dispositif permet également à ceux qui pilotent un UAV à partir d'un contrôle place pour utiliser un seul levier. En conséquence, la fiabilité de toute la plate-forme augmente. La simplicité du FADEC, est immédiatement évidente pour les experts aéronautiques, peut être aussi facilement comprise si l'on considère que jusqu'à présent les turbopropulseurs étaient pilotés à l'aide d'un levier qui donne la puissance au moteur et d'un autre qui régule le pas de l'hélice. Le Catalyst de GE révolutionne ce paradigme et réduit le contrôle à un seul levier. Les drones sont exploités à partir de salles de contrôle situées à des milliers de kilomètres du lieu où les missions sont exécutées. Depuis ces salles, il est possible de contrôler et de gérer en temps réel les opérations et les paramètres de vol grâce aux données échangées entre l'avion et le satellite.

A l'intérieur des salles de contrôle à distance, les pilotes disposent de toutes les informations nécessaires pour suivre toutes les opérations de la mission et d'être encore plus soutenus dans leur visée par les commandes du moteur simplifiées numériquement. Outre les fonctionnalités numériques du moteur Catalyst - qui incluent la capacité unique de collecter et de traiter des données en temps réel pour les diagnostics et les pronostics, ainsi qu'une maintenance optimisée et personnalisée (un facteur clé dans les missions militaires) - les performances sont également importantes. Ce moteur, grâce à son architecture et à la légèreté obtenue grâce à l'utilisation de l'impression 3D de divers composants, peut réduire la consommation de carburant de 15 à 20 % : pour un opérateur militaire, cela se traduit facilement par une mission plus longue ou une capacité de charge accrue.

L’Eurodrone MALE 

Le futur drone européen est bimoteur avec une masse maximale au décollage de 11 t, la plate-forme doit être capable de transporter une charge utile de 2,3 t, y compris une variété de capteurs et d'armes à lancement aérien. Pour recevoir la certification civile, le drone aura une vitesse de pointe de 500 km/h et une autonomie maximale de 18 à 40 heures, selon la charge utile et son profil de mission.

L’Eurodrone est le premier système aérien sans pilote européen conçu pour le vol dans l'espace civile et militaire. Il dotera l'Europe de ses propres compétences dans le domaine des systèmes aériens sans pilote (UAS), offrant des capacités de performance stratégique avancées. Les caractéristiques incluront la modularité des missions pour les missions de renseignement, de surveillance et de reconnaissance (ISR), garantissant la souveraineté européenne.

En tant que projet de quatre nations, Eurodrone doit renforcer la souveraineté européenne en établissant et en développant une base technologique indépendante dans le domaine de l'aviation sans pilote. Le programme entre l'Allemagne, la France, l'Espagne et l'Italie et sous la direction de l'agence internationale de l'armement, l'OCCAR (Organisation Conjointe de Coopération en Matière d'Armement) promeut la coopération européenne dans le domaine de la sécurité et de la défense et confirme l'initiative de s'appuyer de plus en plus sur projets d'armement multinationaux. Le développement, l'approvisionnement et l'exploitation seront effectués conjointement, ce qui permet de réduire les coûts et d'augmenter l'efficacité.

Photos : 1 Eurodrone @ Airbus 2 Catalyst@ GE Aviation

25/03/2022

Le Loyal Wingman devient le MQ-28A « Ghost Bat » !

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Boeing et la Royal Australian Air Force ont renommé le système de drones « Loyal Wingman » développé en Australie sous le nom de MQ-28A « Ghost Bat » (chauve-souris fantôme).

Le programme de développement du « Loyal Wingman » a été lancé il y a trois ans et a fait des progrès rapides dans le développement en tant que drone « équipié » (MUM-T). Le principe des drones MUM-T est de pouvoir voler à côté d’un avion de combat habité. 

La désignation militaire de la Royal Australian Air Force (RAAF) sera utilisée en Australie, le nom Loyal Wingman sera progressivement supprimé, tandis que le nom de produit de Boeing pour les clients mondiaux restera Airpower Teaming System.

Le MQ-28A « Ghost Bat » est également le premier avion de combat militaire produit en Australie depuis plus de 50 ans. Le ministre australien de la Défense, Peter Dutton, a annoncé la désignation et le nom lors d'une cérémonie dédiée qui s'est tenue à la base RAAF d'Amberley, dans le Queensland.

Suite du programme

Au cours de cette année, le programme MQ-28A « Ghost Bat » doit continuer à se développer à travers une nouvelle série de tests, en mettant l'accent sur les capacités des capteurs de capacité à effectuer des missions précises. Ces exigences continueront d'augmenter à mesure que Boeing se rapproche de l'objectif de fournir une capacité opérationnelle à l'ADF. Le MQ-28A va notamment fonctionner à l'aide de l'intelligence artificielle (IA).

Utilisation 

Selon la RAAF, le MQ-28A « Ghost Bat » sera utilisé pour soutenir les engagements des avions de combat Boeing F/A-18 E /F « Super Hornet » et Lockheed Martin F-35A « Lightning II » en augmentant les capacités de combat avec des possibilités de perturbation de l’adversaire.

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Photos : MQ-28A « Ghost Bat » @ Boeing