24/11/2021

Le Gripen E entre en phase de livraison !

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Ce 24 novembre, l’avionneur suédois Saab a tenu une réunion de haut niveau avec les autorités du Brésil et de la Suède pour présenter les six premiers avions de type Gripen E de série, qui ont quitté l'usine et sont entrés en phase de livraison. Les délégations des deux pays ont également eu l'occasion de discuter d'activités communes qui seront bénéfiques au programme Gripen.

La réunion a été suivie par : le général Carlos de Almeida Baptista Junior, commandant de l'armée de l'air brésilienne ; le général de division Carl-Johan Edström, commandant de l'armée de l'air suédoise ; Micael Johansson, président et chef de la direction de Saab et Jonas Hjelm, vice-président principal et chef du secteur d'activité Saab Aeronautics.

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« Ces livraisons constituent une partie importante du renforcement de nos capacités et de la défense de la Suède. Le JAS 39 Gripen E augmentera la capacité de défense de la Suède, nous permettant de construire une armée de l'air plus forte et tactiquement supérieure pour chaque situation », a déclaré le général de division Carl-Johan Edström, commandant de l'armée de l'air suédoise.

« C'est un plaisir de suivre l'accomplissement d'une nouvelle étape dans le processus de livraison de l'avion F-39 Gripen, qui dirigera l'évolution de la capacité de combat de l'armée de l'air brésilienne. Ce projet représente un nouveau niveau technologique pour le Brésil et il est d'une importance fondamentale dans le développement de notre base de défense industrielle », a déclaré le général Carlos de Almeida Baptista Junior, commandant de l'armée de l'air brésilienne.

« Le démarrage de la phase de livraison en série de ces quatre avions pour l'armée de l'air brésilienne et deux pour l'armée de l'air suédoise est une réalisation extrêmement importante pour le programme Gripen. Cela montre que nous avons un produit mature et que nous remplissons nos obligations contractuelles », a déclaré Micael Johansson, président et chef de la direction de Saab. « Tout cela a été possible grâce à nos méthodes de travail intelligentes, nos technologies de production innovantes et notre étroite coopération avec les clients », a-t-il ajouté.

Durant cette présentation, plusieurs avions de série et d'essai ont été présentés aux autorités, qui ont également eu l'occasion de tester le nouveau simulateur d'entraînement de mission Gripen et de voir une démonstration aérienne avec des Gripen suédois et brésilien.

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Première livraison

La Force Aérienne Brésilienne (FAB) a réceptionné officiellement 4 F-39E à Linköping en Suède.  
Cet événement marque non seulement la livraison officielle du premier F-39E à la FAB en tant que  premier opérateur de l’avion au monde. Les avions seront transférés par voie maritime au premier semestre de 2022, entrant en service dans le 1er groupe de défense aérienne (1er GDA) dans le quartier 2, à Annapolis d'ici le milieu de l'année prochaine.

Le calendrier initial prévoyait la livraison d'ici la fin de l'année. Cependant, certains retards et ajustements ont dû être apportés en reportant la livraison. Par ailleurs, on apprend qu’il faut encore mettre en place un cursus spécifique au Brésil pour former les nouveaux pilotes, en vue d’une conversion en direction du Gripen  E. Actuellement, les pilotes brésiliens s’entraînent avec le Gripen C/D.
 

Le programme Gripen E/F

Le partenariat avec le Brésil a débuté en 2014, avec un contrat pour le développement et la production de 36 avions Gripen E/F pour l'armée de l'air brésilienne, y compris les systèmes, le support et l'équipement. Un vaste programme de transfert de technologie, en cours depuis dix ans, stimule le développement de l'industrie aéronautique locale par le biais de sociétés partenaires participant au programme brésilien du Gripen.

Pendant cette période, plus de 350 techniciens et ingénieurs brésiliens participeront à une formation théorique et pratique en Suède pour acquérir les connaissances nécessaires pour effectuer les mêmes tâches au Brésil. Jusqu'à présent, plus de 230 professionnels ont suivi les cours et la plupart d'entre eux sont de retour dans le pays pour travailler au Gripen Design and Development Center (GDDN, du réseau anglais de conception et de développement Gripen).

Le Saab JAS Gripen E MS21 

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Radar AESA : le radar AESA (Active Electronically Scanned Array) ES05 « Raven » offre une ouverture exceptionnelle et unique au monde sur 200°, l'avion suédois peut voir là ou les autres sont aveugles et ceci grâce au système SWASHPLATE, alors que les radars concurrents ouvrent sur 140°. L'antenne radar produite par Selex-ES est de même conception que celle de l'Eurofighter.

IRST: (Infra-Red Seach and Track) le système de capteur passif/actif infrarouge Skyward-G produit par Selex-ES  est synchronisé (transmission de données d’acquisition entre les appareils) et offre également la capacité d’accrocher des missiles en rapprochement pour les combattre.

Electronique : le Gripen E dispose d’une nouvelle architecture électronique (Net Centric Warfare - NCW). Jugée dix fois plus rapide que ses concurrents. Le nouveau système central PPLI (Precise Participant Location and Identification) et relie l’ensemble aux pistes des capteurs internes et externes (RAVEN, IRST, EW39, pod ATFLIR) pour ensuite offrir les meilleures réponses aux menaces. 

Large palette d’équipement : la famille « Gripen » est optimisée pour un choix d’armement et d’équipements connexes particulièrement large. Un utilisateur peut donc choisir, entre différents systèmes d’armes européens, américains, israéliens et brésiliens et sud-africain. Il en va de même pour les nacelles « recco » et de désignation laser. 

Mode Super Cruise  & bio kérosène : le Gripen E dispose du nouveau moteur General-Electric F-414G avec mode « Super Cruise » qui permet de décoller sans postcombustion à pleine charge et d’atteindre Mach1,2. Avec ce mode, les décibels chutent à 99 contre 123 avec la postcombustion. De plus, le moteur F414G est le seul pour l’instant à être validé avec du bio kérosène. La Suède prévoit d’ici 2025, de fabriquer 25% de bio kérosène à base de compost à des fins écologiques, mais également pour diminuer sa dépendance au kérosène fossile.  

Optimisé pour les drones : les Suédois sont les premiers à avoir anticipé l’usage d’ici 10 ans de drones tactiques en binôme avec des avions de combat, de ce fait le Gripen E est le premier avion a disposer d’une architecture permettant le chargement de logiciel en vue d’un tel emploi.

Leurres actifs de nouvelle génération : le Gripen sera le premier avion a disposer du leurre actif anti-missiles de nouvelle génération « BriteCloud ». Une fois largué, le « BriteCloud » recherche les menacent prioritaires en utilisant la technologie de mémoire numérique autonome (DRFM). Les impulsions radars sont captées dans l'ordinateur de bord du « BriteCloud », puis copiées en utilisant les fréquences de répétitions pour ensuite simuler une « fausse cible ». Cette fausse cible, si convaincante que le système de menace ne peut pas détecter la supercherie. Le « BriteCloud » pourra séduire même les menaces les plus modernes, loin de la plate-forme de tir.

Protection de guerre électronique nouvelle génération : 

Ce système s’intègre dans une architecture complète de guerre électronique (Warfare System) qui comprend les derniers développements avec la détection des missiles en approche de type électro-optique EW39 (ultra-violet) qui fonctionne avec les lances-leurres Saab BOH/BOL de dernière génération (ADIS) couplés avec le système d'alerte aéroporté passif (PAWS-2) d'Elbit Systems. Le PAWS-2 est systèmes d'avertissement de missiles IR (Infrarouge). Il fournit une alerte au personnel navigant de la présence de missiles hostiles et actifs.

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Photos : 1,5,  Gripen E suédois & brésiliens 2 Cérémonie de remise 3 Gripen E 4 Cockpit @Cockpit 

 

 

Commentaires

Question bete
Comment sont livrés les avions ?
Convoyage aerien ?

Écrit par : Romain | 25/11/2021

Je sens que cela doit donner un sentiment de regret chez certains de nos voisins suisses , tant rappelons nous cet appareil semblait sur mesure pour la confédération . à juste titre .Dommage , quelque part ...

Écrit par : philbeau | 25/11/2021

Je réponds sans attendre aux objections : pensez vous que la Suède , infiniment plus exposée que la Suisse , soit moins bien défendue ?

Écrit par : philbeau | 25/11/2021

Si le peuple refuse le F35 en 2022, on pourrait revenir au 1er choix sous Ueli Morer(ou son pendant chez LM) et cette fois, l'argument de l'avion de papier ne pourra plus être évoqué.

Écrit par : Wolff | 25/11/2021

@Wolff: Encore un commentaire qui montre votre méconnaissance du dossier ! L'article des antimilitariste est très clair : Pas d'achat d'avion jsuqu'en 2040 et redistribution du budget des Force aérienne. Soit plus d'avion du tout et la fin des Forces aériennes et de l'armée en suisse à terme.

Écrit par : Marco | 25/11/2021

@Philbeau: Peut-être, mais l'ancine cahier des charges datant de 2004 prévoyait un remplacement partiel des F-5 uniquement. Aujourd''hui on parle de remplacer l'ensemble de la flotte en tenant compte des évolutions.

Écrit par : Steeve | 25/11/2021

@Philbeau: La Suède doit faire fonctionner son industrie, et son budget militaire est bien plus élévé que celui de la Suisse. La décision d'embarquer sur le Tempest (comme elle aurait pu se diriger en direction du SCaf) montre également un besoin de moderniser et de disposer d'un avion plus moderne et mieux adapter à ce que la génération Gripen peut apporter.

Écrit par : Steeve | 25/11/2021

@philbeau Avec des si, on met Paris en bouteille. La décision a été prise, le choix a été fait.
Le pire serait une non-decision.
S’il n’a pas pu être testé, c’est parce que Saab n’était pas prêt et la procédure exigeait des systèmes en service. Voilà tout.

Écrit par : Al&X | 26/11/2021

@Marco C'est bien connu, en Suisse on ne vote jamais deux fois sur le même sujet et la solution du milieu ne s'impose jamais.

Écrit par : Wolff | 26/11/2021

@Marco,
Ce que dit Wolff n'empêche pas ce que vous dites.
Et d'ailleurs, l'antimilitarisme n'est pas le seul responsable d'un tel vote. Lorsqu'il s'agit du service militaire, une très large proportion de la population y reste favorable.
Il y a donc qqch en plus de l'antimilitarisme qui justifie les votes serrés dans l'aviation de chasse. Et parmi ces sujets, il y a l'absence d'information de qualité quant à la mission, ce qui démontre aussi un problème de communication de la part de l'armée suisse. Mais aussi un problème de stratégie par le passé. Les "horaires de bureau" bien que révolus sont restés dans la tête de certains, et en travers de la gorge pour d'autres.
Et comme l'explique Wolff, l'avion papier a bcp pesé sur la votation. Ce n'est pas seulement l'argument, mais surtout la note du Gripen lors des essais. Or, il aurait fallu que l'armée / la confédération soit transparent au vu de la fuite, et démontre la justification du choix et la note potentielle du Gripen si les changements portaient leurs fruits.
Car il faut bien préciser que ce qui s'est fait lors des essais, c'est l'équivalent de tester le F-18 C/D (Hornet) pour évaluer l'Advanced Super Hornet.
Les notes minoraient très fortement tout ce qui était théorique / non prouvé / trop tôt dans la phase de développement. La notation était très prudente. Mais cette notation ne veut rien dire sans la grille de lecture, et sans le potentiel de cet appareil...
A cela, vous pouvez ajouter la désinformation notamment de Dassault et de la France qui ont fait un lobbying énorme depuis 2005 en Suisse, notamment auprès des médias, et en sont arrivés à faire croire qu'ils étaient favoris avant la décision, en se disant "si on gagne, tant mieux, si on perd, on utilisera le sommet Biden / Putin pour dire que Biden a menacé la Suisse ou un truc du genre".
Vous mélangez tout cela, et ça donne la situation de M que nous avons actuellement...

Un Gripen en remplacement des F-5, une participation importante dans le développement et l'industrialisation de celui-ci aurait été intéressant.
MAIS surtout, le principe de double flotte est un avantage stratégique énormissime. Déjà, cela permet d'être à la pointe de la technologie en permanence. Cela permet de prendre des risques dans les choix lorsqu'ils sont pertinents. Et cela permet une flexibilité plus importante dans la sélection d'une nouvelle flotte.
Avec un Gripen, la Suisse aurait pu maintenir son F-18 en vol jusqu'en 2035, voire un peu plus sachant qu'il devait être secondé par un appareil plus moderne.
Et 2035-2040, ça ouvre la porte à une vraie concurrence. Le problème actuel, c'est que l'appareil le plus moderne a des problèmes, mais en même temps, c'est le seul dans sa catégorie. Si une nation choisit la 4e génération pour une flotte composée d'un appareil pour une entrée en service en 2030, cela fait jusqu'à 2060-2070 pour avoir qqch de moins évident au radar.
Donc pour bcp de nations, notamment le nord de l'Europe, le F-35 n'a jamais été un choix. Il était le seul qui répondait au cahier des charges sur les 40 prochaines années. Et la Suisse avec l'abandon d'une flotte double se retrouve piégée dans des choix stratégiques critiques qui peuvent avoir de lourds impacts.
J'espère que le F-35 sera validé en référendum, sinon, je doute de la viabilité des forces aériennes... Et sans celles-ci, la défense suisse sera à la peine.
Si déjà pendant la Seconde Guerre Mondiale, la Suisse a dû se battre face aux Allemands et aux Américains pour maintenir la souveraineté de l'espace aérien, et qui malgré tout a subi d'importantes pertes civiles suite à des bombardements hasardeux des Américains, qu'en serait-il avec une aviation moderne sans rien à leur opposer?
...

Écrit par : fab | 26/11/2021

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