12/11/2021

F-35, le choix expliqué par un pilote suisse !

Italy-Iceland-F-35-3.jpg

Hier soir au sein de l’Université de Lausanne (UNIL), nous avons pu assister à une conférence explicative organisée par la Société des officiers et militaires du campus universitaire de Lausanne sur le thème : pourquoi le F-35 ? Pour répondre à cette question, l’association a invité le Colonel EMG Pierre de Goumoëns "Drago" pilote de F/A-18 Hornet.

Pas une évidence de prime abord

Je connais Pierre de Goumoëns depuis plusieurs années. Ce pilote d’expérience est direct et n’a pas sa langue dans sa poche, mais une bonne dose d’humour. A préciser qu’il n’a pas été impliqué dans le processus des essais de 2019, alors qu’il avait contribué à ceux de 2008. Une volonté de sa part pour rester impartial, car du fait de ses fonctions, responsable de l’acceptation du futur avion (Certification opérationnelle OPS). De fait, il peut aujourd’hui se concentrer sur le dossier F-35 de manière entièrement libre.

A l’annonce du choix du F-35 le 30 juin dernier, Pierre de Goumoëns, nous explique qu’il a été surpris dans un premier temps, car de l’extérieur aux essais, il ne voyait pas forcément ce choix. En 2008, lorsqu’il participait aux tests, c’est le Rafale qui avait remporté ces derniers. Puis, la compréhension s’est faite évidente.

Il faut préciser que les essais étaient compartimentés (comme je vous l’expliquais) et que chaque groupe d’essais (pilotes, ingénieurs de maintenance, équipe finances) travaillait sans connaitre les détails des autres équipes. Les avions testés ne se combattaient pas, mais devaient chacun à leur tour réussir des tests qui étaient les mêmes pour tous. Chaque avionneur avait eu connaissance à l’avance des objectifs demandés.

L’avancée technologique

25DDF59A-A264-4A70-ACE7-7F553E70904F.jpeg

Le choix du F-35 est clair du point de vue de la technologie. Durant essais l’avion a devancé le second appareil de 95 points sur un total de 336 points. Un score net, qui ne souffre d’aucune discussion. Une surprise pour Pierre de Goumoëns, mais qui s’explique par le fait que le F-35 est beaucoup plus récent que ses concurrents. L’avion intègre non seulement les technologies les plus modernes actuelles, mais il est également conçu pour un monde ou la fusion des données, la transmission de celles-ci vont devenir naturelles. Pierre de Goumoëns nous explique également que le F-35 n’en est qu’à ses débuts, l’avion va encore évoluer, soit une solution qui nous permettra d’être à la pointe pour les 30 prochaines années.

Il faut comprendre nous explique-t-il que de passer du F-5 au F/A-18 a été pour lui un saut technologique important, le F-35 sera quant à lui un saut encore plus important, car avec cet avion s’est tout le fonctionnement et l’organisation, la formation, la préparation de vol qui va évoluer. Les possibilités du F-35 en matière de détection air-air, air-sol, guerre-électronique sont quasi instantanées avec une précision sans commune mesure avec ce qui se faisait jusqu’ici. L’analyse immédiate des menaces et leurs transmissions instantanées en réseau, révolutionne le combat aérien. Le couple furtivité (Radar Cross Section) et les formidables possibilités de la guerre en réseau permettront une défense intérieure du pays très élargie.

Les données récoltées en vol servent ensuite à la mise en place de scénarios directement implantés dans les simulateurs, permettant ainsi aux autres pilotes de se former sur des menaces qu’ils n’ont pas encore rencontrées en réel.

4223684363.jpeg

Formation

Là encore, le F-35 fait la différence avec avec un système intégré à chaque appareil pouvant non seulement combattre ses adversaires réelles en vol, mais l’avion peut lui-même ajouter des « ennemis virtuels » et être engagé contre les simulateurs au sol. Cette manière de faire va contribuer à diminuer sensiblement les heures de vols, sans impacter le niveau de préparation des pilotes.

DwlI0q1X0AAPOI_.jpeg

Pierre de Goumoëns nous explique que des systèmes de type « Mock Up » seront engagés pour former au sol la maintenance et également les soldats d’aviation (miliciens). Ces maquettes grandeur nature vont permettre de travailler tous les gestes et procédures indépendamment de la flotte. Cette méthode évite d’immobiliser un avion pour la formation. Là, encore une solution qui permet de réduire de manière substantielle les coûts d’exploitations.  

DwlJN79WsAUkoCA.jpeg

Coûts

Si le prix à l’achat est moindre que la concurrence, cela se justifie par le nombre de F-35 livrés à ce jour, soit 720 (chiffres au 10.11.2021) ainsi que le nombre d’avions cours de commande. Pour les coûts d’exploitations Pierre de Goumoëns a eu comme moi et d’autres, un moment d’incompréhension. La réduction substantielle des heures de vol, la formation basée sur un nouveau mode, l’achat en paquet complet (avions, pièces détachées et les équipements connexes), une flotte au totale diminuée par rapport à l’actuelle (24 F-5 + 30 F/A-18) justifie cette réduction. La maintenance prédictive va permettre d’agir en prévision d’une révision et d’agir au bon moment-là où il faut.

Mais Pierre insiste sur le fait que nous achetons le système F-35 à l’État américain via un contrat FMS et que les coûts sont garantis par le pays sur la période de 10 ans. Il en fût de même pour le F/A-18 « Hornet ».  

Pierre de Goumoëns précise également que la taille du F-35 permet une adaptation aux infrastructures actuelles sans difficulté, ce que certains concurrents ne permettaient pas. A noter, que le système de parachute adopté par la Norvège sera également prévu en Suisse, notamment pour les atterrissages en hiver sur les pistes complexes comme celle de Meiringen, mais également pour faciliter des engagements sur pistes de dégagement (routes, anciens aérodromes de montagne pouvant être réaffectés). Le système de parachute s’adapte sur n’importe quel F-35, par un système de clip et peut-être retiré à volonté.

f-35-aim-120.jpg

Usage en Suisse

Avec le standard Block IV, 4 F-35A peuvent fonctionner en meute de loups et une telle capacité offre une capacité de défense à 360 degrés importantes pour la Suisse qui est positionnée au cœur d’une Europe où les débordements des crises peuvent affecter ses intérêts et sa sécurité. En temps de paix, le F-35 continuera d’effectuer les missions de police du ciel 24/24, telles que testées et démontrées lors des essais. La capacité d’engagement multirôle en binôme avec le système sol-air Patriot permettra de créer un véritable dôme de protection face aux diverses menaces actuelles et en devenir. Le F-35A permettra également de reprendre la capacité de frappe d’appuis au sol avec des systèmes à guidages de précision. La Suisse restera souveraine dans ses décisions, mais bénéficiera des avantages du « Club F-35 ». Des échanges de données, de compétences et d’expériences seront réalisées avec nos voisins et les nombreux utilisateurs européens du F-35, tout comme l’accès au magasin central de pièces détachées (ceci en complément de notre propre stock). Pierre de Goumoëns insiste notamment sur le fait que la maintenance faite en Suisse combinée avec un réservoir de pièces détachées, permettra de fonctionner en totale autarcie durant 6 mois.

Et ces fameuses maladies de jeunesses

A juste titre, notre pilote nous rappelle que tous les avions militaires ou civils, traînent des problèmes techniques et surtout à notre époque des problématiques de logiciels, si une personne vous affirme que son avion est parfait, il vous ment. Le F-35 arrive à maturité, les principaux défauts sont aujourd’hui corrigés ou en passe de l’être. Des correctifs de logiciels vont encore être apportés, des problèmes seront réglés, mais Pierre de Goumoëns insiste sur le fait que certains problèmes secondaires ne seront jamais résolus, on doit vivre et voler avec. Il en va même pour n’importe quel avion, dont l’actuel Hornet. Souvenez-vous du F-16, de l’A320, à l’époque des avions révolutionnaires électroniquement, ces deux appareils ont subi de nombreuses critiques durant de nombreuses années, ils sont par la suite devenus des « Best-Seller » en termes de vente.

Au final

Pour Pierre de Goumoëns le choix du F-35 ne souffre d’aucune discussion, c’est l’avion le plus moderne, le plus sophistiqué et qui peut le mieux garantir la modernité de nos Forces aériennes pour les 30 prochaines années. C’est aussi l’avion qui répond le mieux en termes de coûts par rapport à notre budget qui rappelons-le, reste limité.

Colonel EMG Pierre « Drago » de Goumoëns

Sans titre.png

Titre universitaire MA Military Operational Art and Science

Air University, Maxwell AFB, USA

Carrière 

1991 – 1992 Ecole d'ingénieur EPFL à Lausanne 

1993 Lieutenant, breveté comme pilote de chasse sur F-5 E Tiger 

1993 – 1996 Formation de pilote professionnel et d'instructeur de vol 

1996 Instructeur de vol PC-7, Hawk & F-5, école centrale 1(EC1) 

1997 Capitaine 

2001 – 2012 Pilote d'essai opérationnel @ essais évaluations opérationnels (OEE) 

2002 Ecole de pilote d'essai opérationnel (ETPS), Angleterre 

2003 Instructeur formel et tactique, chef de double patrouille F/A-18 

2006 Stage de formation de commandement 2 (SFC2) 

2007 Major 

2007 – 2013 Chef Gestion du secteur technique de la Guerre électronique & remplaçant de chef de projet de la mise à jour des F/A-18 

2008 - 2010 Ecole d'état-major général I, II & III 

2011 - 2012 Lt col EMG, Air Command and Staff College, Maxwell AFB, AL, USA 

Président de classe des officiers internationaux, récipiendaire du prix du leadership international "Robbie Risner" 

2013 Conseiller du Cdt des Forces aériennes suisses, 

Ecole d'état-major général IV

2015 Col EMG, Ecole d'état-major général V 

2017 Chef de la Régulation de l'aviation militaire & Chef de projet MAA 

2018 Chef de l'Autorité de l'aviation militaire 

Expérience de vol 3500+Hrs 

1800+Hrs F/A-18C/D, 700Hrs F-5E, 500Hrs Hawk, 500Hrs PC-7 

Réalisations spéciales 

A été chargé de l'introduction à la troupe pour les Forces aériennes suisses de plusieurs logiciels de configuration pour les F/A-18 de 2001 à 2013. 

A été pilote de projet opérationnel pour la mise en place de plusieurs systèmes sur F/A-18 suisse telles que le nouveau missile infrarouge (AIM-9X), système anti-collision avec le sol Terrain Avoidance Warning System (TAWS), viseur de casque Joint Helmet Mounted Cueing System (JHMCS), Tactical Moving Map (TAMMAC), liaison digitale (Link 16) et nouveau logiciel de commandes de vol (FCC 10.7) pour les Forces aériennes suisses. 

A été chargé de la conception, du développement, des essais et de l'introduction du système radio intra-auriculaire « OMARA » pour les Forces aériennes suisses. 

A été mandaté en 2017 par le Conseiller fédéral Guy Parmelin, Chef du département de la défense, de la protection de la population et des sports, pour développer, mettre en place et déployer l'Autorité de l'aviation militaire Suisse. 

1er Chef de l’Autorité de l’aviation militaire suisse.

Remerciements : Pierre de Goumoëns, Lt James Crot

Photos : 1 F-35A @ Aeronautica Militare 2 & 3 Technologie 4 & 5 Mock Up @ LM 6 Armement 7 Pierre de Goumoëns

 

 

 

 

EasyJet rejoint l’initiative “Race to Zero” !

Easyjet-A320neo-e1542829646400-678x381.jpg

Le transporteur « low cost » easyJet a rejoint l’initiative mondiale « Race to Zero », soutenue par les Nations Unies visant à atteindre le zéro-émission carbone nette d'ici 2050 au plus tard.  

En rejoignant « Race to Zero », la compagnie aérienne s'engage à se fixer un objectif transitoire et basé sur la science pour 2035 et à atteindre zéro émission nette d’ici 2050 en conformité avec les critères et les recommandations de l'initiative Science Based Targets (SBTi). La compagnie prévoit de présenter sa feuille de route vers le net zéro carbone dans les mois à venir.

En 2019, easyJet est devenue la première grande compagnie aérienne au monde à compenser toutes les émissions de carbone du carburant utilisé pour tous ses vols, et reste la seule grande compagnie aérienne en Europe à le faire. Un engagement qui n'entraîne aucun coût supplémentaire pour ses clients et qui soutient uniquement les projets certifiés par Gold Standard ou Verified Carbon Standard, normes de certification reconnues au niveau international.

La compagnie easyJet considère cette mesure comme provisoire et estime que l'aviation doit opérer des changements radicaux. Pour ce faire, easyJet travaille avec ses partenaires Airbus et Wright Electric pour accélérer le développement de technologies à zéro-émission. La compagnie est optimiste quant à la possibilité de faire voler régulièrement ses clients sur des avions électriques, hydrogènes ou hybrides d'ici 2035.

Le transporteur « low cost » exploite des avions de nouvelle génération Airbus Neo, permettant une réduction des émissions de carbone de 15 % et une réduction de 50 % du bruit. Ces nouveaux appareils font d’easyJet l'une des plus jeunes et des plus économes flotte en carburant d'Europe. 

La compagnie s'efforce également depuis de nombreuses années de réduire la consommation de carburant dans ses opérations quotidiennes, avec le roulage sur un seul moteur et l'utilisation d'informations météorologiques poussées pour améliorer son pilotage. Depuis 2000, easyJet a réduit de plus d'un tiers les émissions de carbone pour chaque kilomètre parcouru par un passager.

Diminution des plastiques jetables

Au-delà de la réduction de son empreinte carbone, easyJet se concentre sur la diminution du plastique - en 2020, plus de 27 millions d'articles en plastique à usage unique ont été éliminés - ainsi que sur la réduction des déchets au sein de ses opérations plus larges et de sa chaîne d'approvisionnement. A titre d’exemple, la compagnie a récemment introduit de nouveaux uniformes d'équipage fabriqués à partir de bouteilles en plastique recyclées. Quarante-cinq bouteilles entrent dans la composition de chaque tenue, ce qui permettrait d'éviter que 2,7 millions de bouteilles en plastique ne finissent dans des décharges ou dans les océans au cours des cinq prochaines années. Les vêtements sont fabriqués à partir d'un matériau de haute technologie issu de sources d'énergie renouvelables et dont l'empreinte carbone est inférieure de 75 % à celle du polyester traditionnel.

À propos de « Race to Zero »

« Race to Zero » est une campagne mondiale soutenue par l'ONU qui rassemble les acteurs non étatiques - y compris les entreprises, les villes, les régions, les institutions financières, éducatives et de santé - pour qu'ils prennent des mesures rigoureuses et immédiates afin de réduire de moitié les émissions mondiales d'ici à 2030 et d'offrir à terme un monde sans carbone plus sain et plus juste.Tous les membres s'engagent à atteindre le même objectif global réduire les émissions dans tous les domaines, rapidement et équitablement, conformément à l'accord de Paris, avec des plans d'action transparents et des objectifs solides à court terme.Menée par les champions de haut niveau pour l'action climatique - Nigel Topping et Gonzalo Muñoz - « Race To Zero » mobilise les acteurs en dehors des gouvernements nationaux pour qu'ils rejoignent l'Alliance Ambition Climat (Climate Ambition Alliance), qui a été lancée lors du Sommet de l'action climatique 2019 de l'UNSG par le Président du Chili, Sebastián Piñera.

À propos de 2030 Breakthroughs

Les 2030 Breakthroughs articulent ce que les acteurs clés doivent faire, et à quel moment, pour apporter le changement de système dont nous avons besoin pour atteindre un monde résilient et sans carbone dans plus de 30 secteurs de l'économie réelle. Les 2030 Breakthroughs s'inspirent des Climate Action Pathways, un ensemble de feuilles de route sectorielles complètes visant à respecter l'accord de Paris conformément à la norme de 1,5 °C, élaborées par les Champions du haut niveau pour le climat des Nations Unies et le Partenariat de Marrakech.

Photo : A320 neo easyJet @ Matti Blume