23/10/2021

L’US Navy veut un avion formateur et agresseur moderne !

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L’aéronavale américaine vient de lancer une demande d'informations (RFI) pour un avion d’un nouveau genre soit un avion tactique de substitution (TSA), ce dernier doit être capable de prendre le rôle d’agresseur moderne destiné à l'entraînement au combat. Jusqu’ici les avions servant d’agresseurs étaient des aéronefs de seconde ligne comme les F-5, A-4, les premier F-16 A/B ou maintenant les F/A18 A/B et bientôt C/D.  

De nouveaux besoins

L’arrivée en de la 5ème génération en Chine en Russie et bientôt ailleurs poussent l’US Navy à avoir une nouvelle réflexion sur l’avenir de l’entrainement au combat. L’US Air Force à entamé, elle aussi, une telle mutation avec le début de la création d’une unité d’agresseurs dotée de F-35 de première série.

L'exigence relative aux avions tactiques de substitution (TSA) publiée ce 21 octobre verrait un nouveau type d'avion effectuer trois missions principales de formation des pilotes, à savoir augmenter le temps de vol et la formation dans les avions de série de modèles de première ligne, fournir un soutien aérien comme adversaire et servir d’avion de préparation vol pour les escadrons de remplacement de la flotte.

L'avion devra simuler et/ou reproduire les systèmes d'avions de combat actuels et futurs en fournissant l'environnement de formation et l'expérience pertinente pour développer les compétences tactiques, les compétences en gestion de systèmes et les compétences décisionnelles requises pour les actions d'emploi des systèmes d'armes. Ces actions seront influencées par les informations environnementales, l’avionique, les données des capteurs, les repérages d'armes et les éléments de manœuvre ».

La Navy désire un avion de type biplace avec une architecture ouverte et sécurisée, des affichages de grande surface et des capacités de transmission sécurisées, entre autres caractéristiques. L’avion doit être doté d’un visueur de casque de dernière génération, d’un système d'évitement automatique des collisions au sol, les logiciels et les s systèmes informatiques  doivent pouvoir disposer d’une capacité de croissance suffisante pour prendre en charge l'incorporation de suivi de contre-mesures électroniques, de capteurs infrarouges et des capacités de radar ou d'émulateur de menace. De plus ces derniers devront pouvoir évoluer rapidement pour suivre l’évolution de la technologie.

L’avion doit pouvoir également emporter des pylônes simples sous chaque aile pouvant transporter des armes, des réservoirs de carburant et/ou des nacelles de guerre électronique/d'attaque. Il devrait avoir une vitesse de Mach 0,9 à 10 000 ft, un plafond de service de 45 000 ft, une limite structurelle de +7,5 g et une endurance de 90 minutes (dont 30 minutes de manœuvres tactiques).

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Déploiement sur porte-avions

Vous le savez peut-être, la Navy prépare le remplacement du T-45 « Goshawk » (avia news 11.8.21) son cahier de charges précise que le futur avion se limiterait à effectuer des exercices d'atterrissage sur porte-avions sur le terrain (FCLP) et à bord des navires en effectuant des atterrissages posés-décollés uniquement. Cette vision du futur entraînement en a surpris plus d’un. Fini, les approches manuelles vers les porte-avions, nécessitant des niveaux d'habileté et de compétence sans compromis, avec peu de marge d'erreur. En effet, l’arrivée d’un nouveau logiciel de contrôle de vol a presque supprimé la nécessité du pilote de devoir lutter pour apponter sur un porte-avions. La technologie dite Delta Flight Path (DFP) a été conçue pour aider à rendre le F-35C Lightning II beaucoup plus facile à atterrir sur un porte-avions, même avec un pont sur une mer déchaînée. Cela a conduit à un programme dérivé pour les F/A-18E/F « Super Hornet » et EA-18G « Growler », connu sous le nom de Magic Carpet, ou PLM - Precision Landing Mode. Cela comporte également une logique de contrôle de vol améliorée qui est conçue pour rendre l'atterrissage sur porte-avions plus facile et plus prévisible pour le pilote. De fait, il en résulte beaucoup plus de « passes » (atterrissages arrêtés réussis) qui sont sûrs et cohérents. Les données montrent que le taux d'embarquement dans les escadres aériennes a considérablement augmenté depuis l'introduction du PLM. En conséquence, le vol manuel pur autour du porte-avions est devenu beaucoup moins fréquent pour les aviateurs de combat de la Navy. Le futur avion TSA devra en être équipé et servira également de remise à niveau des unités avant leur déploiement sur un porte-avions.

Le Boeing/Saab T-7 « Red Hawk » favori ?

Boeing est déjà sous contrat pour développer l’avion école T-7A, pour remplacer la flotte actuelle de T-38. L’avion est en course pour le remplacement du T-45 sous la dénomination T-7B. La Navy désire un futur appareil qui fasse partie d’une famille de systèmes d'entraînement avancé des pilotes compatible également avec l’US Air Force. Ce dernier pourrait donc bien combler l’ensemble des besoins de la Navy à l’avenir.

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Photos : 1 le T-7B aux couleurs de la Navy @ Boeing 2 F-5N aggressor @ Navy 3 T-45 @ Navy