26/07/2021

Des CAC J-10C « Dragon Véloce » pour le Pakistan ?

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Le Pakistan négocie depuis plusieurs mois avec la Chine l’achat d’avions de combat CAC J-10C « Dragon Véloce ». Les négociations concerneraient un lot de 36 appareils. Mais pour l’instant les ministères de la Défense chinois et pakistanais n’ont pas confirmé l’information.  Reste donc à confirmer si un contrat a été ou va êre signé et de connaître la date des premières livraisons. 

Lors de l’exercice interarmée  « Shaheen-IX » organisé conjointement par le Pakistan et la Chine, des pilotes pakistanais ont pu se familiariser avec l’avion de combat chinois J-10C. Une telle acquisition serait une manière de répondre à l’arrivée du Rafale au sein de l’Armée de l’air Indienne.

CAC Jian J-10 « Dragon Véloce »

Initialement le projet du J-10 de la CAIC (Chengdu Aircraft Industrial Co) devait permettre à la Chine d’obtenir un appareil équivalent aux MiG-29 et Sukhoi 27 russe. Mais voyant le développement croissant d’avions de hautes technologies, dit multirôle en Occident (F/A-18, Rafale, Gripen, Typhoon II), le programme évolua vers un avion pouvant soutenir la comparaison. Mais les ingénieurs chinois se heurtèrent rapidement à des problèmes techniques insurmontables et durent faire appel à des entreprises étrangères pour mener à bien un tel projet. Le Pakistan tout d’abord, qui livra une cellule de F-16 A/B, puis le constructeur Israélien IAI qui venait d’abandonner son projet LAVI et qui accepta de vendre un peu de technologie à la Chine. Ce transfert de technologie a été particulièrement limité et ne touchait pas à des éléments sensibles ! Sans oublier, un peu d’espionnage industriel en Europe notamment.

Le premier prototype effectua son vol inaugural à la mi-1996, le second prototype, dont on ne connaît pas exactement la date du premier vol, fut perdu fin 1997, semble-t-il à cause d’une panne des commandes de vol électriques. C’est à partir de 1998 que la version dite officielle, du J-10 commença ses essais en vol. Il faudra attendre le 29 décembre 2006 pour la Chine reconnaisse officiellement l’existence de cet avion.La première escadrille de transformation sur le Jian-10 commença sa transition en 2003 au centre de formation et d'expérimentation de Guangzhou, mais de façon pénible car la dizaine de machines ne disposaient pas de radar.  Fait incroyable, le J-10 ne dispose pas d'aérofrein, mais utilise un bon vieux parachute de freinage, lors de l'atterrissage.

La version la plus moderne, le J-10C dispose de commande de vol électriques, d’un radar AESA. Initialement les J-10 sont propulsés par un moteur russe Lyulka Saturn AL-31FN lui conférant une poussée statique maximale d'environ 123 kN. La Chine a développé un tout nouveau moteur, le Shenyang  Liming WS-10, pour remplacer les moteurs russes. Nom de code Taihang, le WS-10 est un turboréacteur conçu et construit en République populaire de Chine. Le WS-10A est déjà utilisé pour alimenter le J-11B et le J-16. Il est prévu dans sa version WS10B pour propulser le Chengdu J-10. Le projet WS-10 tient ses racines dans le premier turboréacteur WS-6, qui a été abandonné au début des années 1980. Le développement du WS-10 a commencé en 1987 par le Shenyang Aeroengine Research Institute (Institut 606) de la China Aviation Industry Corporation et était basé sur le noyau des moteurs CFM International CFM56 importés des États-Unis en 1982. Ce noyau lui-même dérivant des moteurs General Electric F101. Le WS-10A aurait une poussée de 13’200 kg (29 100 lb) et un rapport poids poussée de 7,5: 1, ce qui le rend comparable au turboréacteur AL-31F.

Question armement, le J-10C est d'un canon Gryazev-Shipunov GSh-23, situé sous le côté bâbord de la prise d'air. Il emporte les nouveaux missiles chinois développé par l'Institut 607, le PL-15 (Pi Li), qui est le dernier missile air-air (BVRAAM) de fabrication chinoise. Ce missile a effectué son premier tir de qualification en septembre 2015. Propulsé par un moteur à fusée à double impulsion, le PL-15 a une vitesse maximale de Mach 4 et devrait atteindre une distance de 300 km. En comparaison, son prédécesseur PL-12 a une portée de 100 km, similaire à son homologue occidental, l'AIM-120C AMRAAM. Selon les rapports chinois, le PL-15 permettra à l’aviation militaire chinoise de réduire les actifs ennemis de grande valeur tels que les avions ravitailleurs et les avions AEW, au-delà de portée de leurs escortes.

Après sept ans de développement, l'AAM à courte portée PL-10 a été introduit sur le J-10C. Les médias chinois ont souligné que le PL-10 est le premier missile tout-aspect dans le PLAAF, avec une inclinaison de 90 degrés et des capacités de poussée vectorielle. Il est indiqué qu'il a une portée d'au moins 20 km et avec un capteur infrarouge à image multiple, le PL-10 est très résistant aux contre-mesures électroniques. L’avion emporte également des munitions non guidées et à guidage de précision telles que les bombes à guidage laser, les missiles air-sol tels que le KD-88, les missiles antinavires tels que le YJ-91A et les missiles anti-rayonnement tels que le YJ-91. 

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Photos : J-10C @ PLAAF