08/01/2021

B737 MAX, Boeing reconnaît ses fautes !

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Dans le cadre des deux crashs ayant causés la mort des 346 passagers dans du vol 610 de Lion Air en octobre 2018 et le crash du vol 302 d’Ethiopian Airlines en mars 2019, l’avionneur reconnait ses responsabilités.

Accord avec la justice :

Boeing a conclu une entente de plus de 2,5 milliards de dollars avec le département de la Justice des États-Unis pour régler les accusations criminelles qui concernent deux employé de l’entreprise. Ces derniers sont accusés d’avoir sciemment tromper la FAA ainsi que l’AEG au sujet du système d’augmentation des caractéristiques de manœuvre (MCAS).

. « En raison de leur tromperie, un document clé publié par la FAA AEG manquait d’informations sur le MCAS, et à son tour, les manuels de l’avion et le matériel de formation des pilotes pour les compagnies aériennes manquaient d’informations sur le MCAS », selon l’enquête du département de la Justice.

Peu de temps après l’accident initial, l’AEG de la FAA « a appris pour la première fois le changement effectué en ce qui concerne le MCAS, y compris les informations sur le MCAS que Boeing cachait à la FAA AEG ». « Pendant ce temps, pendant que les enquêtes sur l’écrasement de Lion Air se poursuivaient, les deux pilotes techniques de vol 737 MAX ont continué d’induire en erreur d’autres pilotes, y compris chez Boeing et la FAA, au sujet de leur connaissance préalable du changement au MCAS. »

La culture d’entreprise pas remise en cause :

Suite aux deux crash et les premières révélations, la culture d’entreprise de l’avionneur Boeing avait été remise en cause. L’enquête du département de la Justice montre que même si deux employés de Boeing avaient trompé la FAA, « l’inconduite n’était ni omniprésente dans l’ensemble de l’organisation, ni entreprise par un grand nombre d’employés, ni facilitée par la haute direction ».

Par contre, l’enquête montre que plusieurs examens techniques ont mis en cause un manque de communication efficace au sein de la FAA lors de la certification du B 737 MAX.

Cette solution n’épongera pas le chagrin des familles des victimes, mais ces dernières obtiennent les éléments de réponses nécessaires au deuil qui les animes depuis plusieurs mois. De son côté, l’avionneur va pouvoir progressivement tourner la page la plus sombre de son histoire. Les retours en vol du B737 MAX ont débuté depuis l’année dernière et vont continuer.

Photos : les B737 MAX d’Américan Airlines de retour en vol  @ AA

 

Commentaires

Pratique de jeter la faute sur 2 lampistes ! Typique des grandes sociétés qui ne veulent pas remettre en cause leurs recherches de profits financiers. Mes condoléances aux Familles touchées par la perte de leurs proches.

Écrit par : Daniel Cochard | 09/01/2021

@Daniel Cochard: Non, il ne s'agit pas de "deux lampistes" en d'autres termes de "simples subalternes", mais de deux ingénieurs chefs responsables de la certification au sein de Boeing. Ces deux personnes ont été reconnues coupables par l'enquête d'une part et de malversations au sin de Boeing. Cette dernière a dû de son côté revoir ses procédures et se retrouve responsables en tant que fabricant de l'avion. Les responsabilités sont donc clairement établie à plusieurs niveaux.

Écrit par : PK | 09/01/2021

"Manque de chance" pour Boeing (note : c'est bien sûr dramatique ce qui s'est passé), un 737 s'est crashé en Indonésie ces derniers jours.

Alors certes c'est un 737-500 "Classic" et non un "Max", m'enfin pour la majorité des gens cela ne changera pas grand chose, surtout que le type de 737 n'est que rarement précisé dans les titres d'article.
Surtout que la reprise des vols commerciaux des 737 MAX a été annoncée il n'y a pas longtemps et continue d'être mentionnée de temps à autres, au fur à mesure que les compagnies reprennent leurs vols avec.

Écrit par : chris2002 | 10/01/2021

@PK,
Certes, la responsabilité légale est démontrée.
Mais par contre, il ne faut pas s'arrêter à ce fait. Le climat qui mène à cette situation est responsable de cela. Et les intéressements des employés sont trop souvent mis en place de manière à aller à l'encontre de l'intérêt de l'employeur à long terme.
Je m'explique:
- Concernant le climat des chaînes de production:
Boeing a viré des milliers d'employés dans la dernière décennie dont le rôle est le contrôle qualité. Et rien qu'en 2019, alors qu'ils ont des problèmes de qualité sur le B737 MAX, sur la ligne de production du B787 en Caroline du Sud (et qui estla seule ligne de production pour cet appareil maintenant), dans la production des KC-46, ils ont viré 900 inspecteurs qualité.
Malgré les problèmes avérés, ils ont continué avec cette stratégie. Quel est le message passé aux employés dans la chaine de production? Les profits sont plus importants que la qualité. Et comme dans l'aviation, qualité = sécurité, les profits > la sécurité.
- Climat dans les équipes de conception:
Quels sont les derniers appareils conçus par Boeing? Il y a le B777X en cours, il y a eu le B737 Max et le B787 avant cela.
1. B737-MAX: sur ce projet, Boeing avait un retard important sur Airbus. Initialement Boeing réfléchissait à un successeur au B737. Mais comme la famille NEO raflait toutes les commandes, Boeing a été obligé de réagir.
Boeing devait sortir son appareil au plus vite pour être concurrentiel. Et comme le carnet de commande d'Airbus était bien plein, si Boeing arrivait à développer le MAX rapidement, alors ils pourraient concurrencer Airbus en ayant des plages de production disponibles avant celles de Airbus.
Résultat? Ils ont dû aller très très très vite.
Et pareil qu'ailleurs, Boeing a coupé dans tous les coûts "non productifs". Et pour des économies supplémentaires, ils ont sous-traité certaines tâches, notamment l'écriture de certains codes.
Problème? Ils ont sous-traité en Inde alors que le groupe ne maîtrise pas l'aviation.
Et le problème le plus critique est le positionnement du moteur plus gros que la génération précédente. Il a donc été avancé, il a déséquilibré l'appareil, et ils ont compensé ça avec l'informatique, seule solution possible sans modifier la structure, le train d'atterrissage, sans formation trop longue pour les pilotes du B737 NG.
Et ce concept est plus que problématique. Un avion aérodynamiquement équilibré doit retourner à sa position de repos si le pilote ne donne aucune indication ou si certains systèmes tombaient en panne. Et le B737 MAX a une position instable à risque. Et la solution à ce problème n'a pas été mise en place correctement (la méthodologie n'était pas bonne, et en plus inconnue des pilotes, tout comme la tendance à cabrer au moment du décollage en poussant la manette des gaz...
Ici, l'argent a défini les solutions.
2. Le B787: Boeing a eu de la chance de ne pas avoir d'accident plus grave vu son début de carrière chaotique et vu ses défauts de production constants en Caroline du Sud. Qatar Airways a refusé toute livraison provenant de cette ligne d'assemblage, KLM a fait part de son mécontentement, etc...
La raison de l'ouverture de cette chaîne d'assemblage en Caroline du Sud? Parce que Boeing, basé à Seattle, a des employés qui font parties de syndicats, et qui ont un pouvoir important. Depuis, Boeing externalise pour baisser les coûts, et produit de moins en moins d'éléments seul. Et Boeing s'est installé dans l'Etat ayant le moins d'employés syndiqués aux USA... Et la Caroline du Sud n'est pas connue pour ses compétences aéronautiques. Sans l'Histoire et l'expérience, il est normal que la qualité est bien en dessous de ce qui se faisait à Seattle (Everett).
Et parmi les problèmes récurrents du B787 qui effraient certains pilotes, il y a:
- les essais des extincteurs qui échouent.
- Les problèmes du système d'oxygène en cas de décompression,1/4 ne fonctionneraient pas.
- Les panneaux du plancher sont fixés avec des systèmes d'attache en titane, et lors du serrage, les écrous laissaient des "pelures" en métal sous le plancher, là où tous les câbles passent. Et ces copeaux semblent être aussi coupants que des lames de rasoirs et mesurent jusqu'à 8 cm.
- Et durant une période assez longue, Boeing ne faisait pas de suivi conforme aux régulations concernant les pièces défectueuses. La FAA les a amendé pour ce problème.
- Ignorer les informations venant d'en bas concernant les problèmes, non suivi des procédures, aucune éthique,

3. B777X:
Peu de chose à dire pour le moment.
Toutefois, de tous les essais, le loupé de l'essai de charge statique est problématique. Le test d'efforts a vu la porte cargo être projetée vers l'extérieur. Certes cet essai est effectué avec des efforts supérieurs à ce que doit subir l'avion durant sa vie opérationnelle. Mais cela montre la conception ultra-limite de Boeing qui ne cherche pas à prendre la moindre marge de sécurité supplémentaire.
Si Boeing pouvait, ils auraient moins de régulations à suivre !

4. B767 - KC46:
Pas besoin de lister tous les problèmes tellement ils sont nombreux. L'USAF mérite ces problèmes, l'A330 MRTT avait gagné la compétition initiale pour remplacer les B707 ravitailleurs. L'A330 MRTT était prêt alors que le B767 était en phase de projet
...
Et last but not least, les liens entre Boeing et la FAA sont plus qu'inquiétants. La procédure rapide mettant de côtés certains aspects a permis la mise en service plus rapide que prévu. Mais bon, la corruption est normale aux USA. Les liens entre entreprises et diverses autorités est opaque, le lobbyisme et les financements de campagnes semblent normaux.

Écrit par : Fab | 15/01/2021

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