07/01/2021

Le Tempest officialisé politiquement !

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Le projet du futur avion de combat Tempest est politiquement officialisé. Jusqu’ici le programme initialisé par BAe systems en Angleterre, Leonardo en Italie et le suédois Saab était principalement industriel.  

Accord politique :

Le ministre italien de la Défense Lorenzo Guerini, le secrétaire d'État britannique à la Défense Ben Wallace et le ministre suédois de la Défense Peter Hultqvist ont signé le 21 décembre un protocole d'accord trilatéral (MoU) sur le développement du Tempest Future Fighter, le ministère italien de la Défense (MoD) annoncé dans un communiqué de presse le 3 janvier.

 L'Italie, le Royaume-Uni et la Suède ont signé le 21 décembre un protocole d'accord trilatéral sur le développement de Tempest, décrivant le mémorandum d'accord sur la coopération future des systèmes aériens de combat (FCASC) comme « crucial pour l'équilibre des capacités militaires et industrielles aux niveaux européen et mondial », le ministère a déclaré que l'accord définissait « les principes généraux de la coopération sur une base d'égalité entre les trois pays comprenant toutes les activités, y compris la recherche, le développement et la conception conjointe nécessaires pour que les gouvernements acquièrent un système aérien avancé pour remplacer l'Eurofighter ». Le ministère de la Défense a ajouté : « L'accord sera suivi des dispositions du projet et de la phase de développement complet, actuellement prévue pour 2025.» Comme l'a souligné Guerini lors de la présentation du Documento Programmatico Pluriennale (Document de planification pluriannuelle, DPP) 2020-2022 au parlement italien en novembre, « Le programme Tempest fait partie des programmes prioritaires de défense », selon le communiqué de presse du ministère de la Défense, qui indique « Une première ligne budgétaire importante pour la participation italienne au Tempest a été clairement identifiée dans le programme Eurofighter pour permettre le démarrage concret des activités à travers la transition technologique dite « du l’Eurofighter au Tempest ».

Rappel :

Le Tempest a été lancé en 2018 après que la France et l'Allemagne ont opté pour leur propre programme aérien de combat de nouvelle génération sans le Royaume-Uni. Le projet étudie une suite de technologies à utiliser dans un système aérien de combat, qui pourrait impliquer des aéronefs avec et sans pilote, des drones et des armes laser.

Le Tempest est la pièce maîtresse de la stratégie aérienne de combat britannique et a été conçu pour aider à préserver l’expertise du pays en matière d’aérospatiale militaire. L'objectif est de développer un système aérien de combat de sixième génération qui entrera en service au milieu des années 2030. Le gouvernement a engagé 2 milliards de livres sterling pour financer les premières étapes du projet.

De nouveaux fournisseurs : 

Le programme Tempest a également de gagner en nouveaux fournisseurs, ces derniers mois le secrétaire à la Défense Ben Wallace, a annoncé les engagements des entreprises suivantes : GKN, Thales UK, Qinetiq, Martin-Baker.  

De nouvelles méthodes de travail : 

Le programme Tempest adopte de nouveaux processus et de nouvelles façons d'aborder les défis pour non seulement faire du Tempest FCAS un « système de systèmes », capable de vaincre la menace et d'obtenir avec succès les effets souhaités dans les opérations futures, mais également obtenu avec un développement et une fabrication ayant une efficacité maximale pour réduire les coûts et les temps de développement de moitié de ce qui peut être réalisé traditionnellement.

Au cœur du programme de développement, les initiateurs du programme Tempest mettent un accent beaucoup plus marqué sur la collaboration que sur les projets aériens de combat antérieurs, non seulement entre les entreprises britanniques, mais aussi au niveau international. Il s’agit par exemple de ne pas reproduire les erreurs commises avec le programme de l’Eurofighter.

La Team Tempest bénéficie désormais de l’expertise industrielle de l’Italie et de la Suède dans un effort tri-national. Travailler ensemble permet non seulement de tirer les innovations de tous les secteurs de l'industrie, y compris les PME, mais réduit considérablement la duplication des efforts et par conséquent, les coûts.

Les travaux sur la technologie FCAS se poursuivent sur une base nationale, mais les trois pays partenaires établissent rapidement une plate-forme solide pour fusionner les efforts dans un proche avenir pour lancer la phase de développement principale du programme. Une étude trilatérale a révélé des résultats encourageants en termes d'avantages pour les pays partenaires, leur permettant de conserver leurs bases de compétences nationales et d'assurer leur position mondiale dans l'industrie de la défense pour les années à venir, tout en conservant leur liberté d'action nationale.

Le Team Tempest a déjà remporté des succès considérables en un temps record et est en bonne voie pour atteindre ses objectifs, alors qu'elle se prépare à soumettre une analyse de rentabilisation au gouvernement vers la fin de l'année pour obtenir davantage de financement. Depuis le lancement du programme de stratégie aérienne de combat à Farnborough en juillet 2018, le pays a plus de 60 démonstrations technologiques en cours, dont certaines montrent déjà des niveaux de maturité au-delà de leurs objectifs, avec des tâches d'ingénierie de conception présentant d’importantes réductions.  D'autres ont obtenu les résultats souhaités avec 10% de la main-d'œuvre requise pour des tâches similaires en utilisant des méthodes traditionnelles. Environ 1’500 personnes travaillent actuellement sur le projet Tempest au Royaume-Uni.

La nouvelle approche du développement de Tempest consiste à introduire des innovations en dehors du secteur de la défense, en s'appuyant sur la technologie commerciale apportée par les industries de l'énergie, du nucléaire et de l'automobile, par exemple. Le secteur financier est également à l'étude pour apporter une assistance technologique significative dans le domaine crucial de la cybersécurité.

Le programme de développement Tempest verra également la technologie en cascade dans des industries autres que la défense et l'aérospatiale, ainsi que dans les avions de combat actuels tels que l'Eurofighter Typhoon et le Saab Gripen. Ce dernier est important non seulement en termes d'efficacité opérationnelle, mais aussi pour maintenir la crédibilité de ces types sur le marché d'exportation jusqu'à ce que le Tempest lui-même puisse être exporté.

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Photos : Maquette du Tempest @ BAe

 

 

 

Commentaires

On ne peut que saluer la volonté politique des britanniques "pour aider à préserver l’expertise du pays en matière d’aérospatiale militaire" . Notons quand même qu'elle arrive un peu tard , après l'engagement du programme F35 , qui vise , précisément , à tuer les capacités européennes à conserver une indépendance dans ce domaine . L'éternelle ambivalence des anglais , européens ,mais éternels vassaux des américains .

Écrit par : philbeau | 07/01/2021

N'importe quoi ! Il faut 1 seul avion Européen pas deux. Ils n'ont tjrs pas compris que l'union fait la force. Décidément !

Écrit par : Jean | 08/01/2021

@Jean : Les USA ont Boeing et Lockeed, en Europe on peut bien avoir deux consortiums, le problème est ailleurs, il faut que les européens achètent européen !

Écrit par : Marco | 08/01/2021

@Jean & Marco: il est malheureusement difficile de pouvoir intégrer tous les acteurs européens dans un seul et même projet. Donc deux appareils ne forment effectivement pas le noeud du problème. J’abonde dans le sens de Marco, l’Europe doit mieux considérer ses propres créations. Les actuels Rafale, Eurofighter et Gripen auraient pu a eux seuls combler les besoins sommes toutes différents de l’ensemble des pays de l’UE. Trop souvent l’idée du protectorat US fait son chemin au détriment de l’UE.

Écrit par : Martin | 08/01/2021

Les pays participant au TEMPEST sont impliqué dans le F-35 (Mis à part la suéde)
De l'autre coté, pour le SCAF, aucun des pays n'est impliqué dans le F-35.
Est-ce que les britanniques essaient de torpiller l'autre projet européen (SCAF) ?? En essayant de limiter le nombre qui pourraient participer au SCAF ??.
D'autant plus que le TEMPEST, va entrer en concurrence avec le futur avion américain vu que les américains planchent déjà sur le remplacent du F-22 (ou F-35)??
https://www.capital.fr/economie-politique/lus-air-force-developpe-un-mysterieux-avion-de-chasse-1381248
Quoi qu'il en soit, j'aurais aimer voir l'Italie participer au SCAF, surtout au vu de l’expérience de production de voilure, et montage des F-35 qu'ils font chez eux.

Écrit par : MBMW | 08/01/2021

Bonjour à tous

La division européenne est en train d’atteindre des sommets et si le programme Tempest réussissait ce que le programme F-35 ambitionnait ?

Contrairement à ce beaucoup pensent, le Royaume-Uni ne sort pas, dans le domaine aéronautique, affaibli par le BREXIT.
La coopération avec les USA continue à bien fonctionner et il n’est pas une semaine ou BAe, partenaire de classe 1 du programme F-35, n’engrange pas un nouveau contrat avec l’industrie de Défense américaine.
Ce même BAe affiche déjà ses ambitions , avec un projet de ‘’Cockpit portable’’ « révolutionnaire » au sein de ce programme.
N’oublions surtout pas RR, qui reste l’un sinon le meilleur industriel mondial dans la production de moteur d’avion à haute performance.
Les dernières publication de ce dernier sur les moteurs à très haute température et le nouveau système de gestion thermique, sans ventilation additionnelle, accroissement de la production électrique, indispensable pour l’alimentions exponentielle des sous-systèmes etc.
Tout cela pour dire que RR est incontournable dans la conception d’un turboréacteur à haute performance

Le Royaume-Uni, contrairement au triumvirat De, E, F, ne se contente pas de vue « européennes », mais ambitionne une coopération mondiale pour la réalisation du Tempest.
Ainsi, les Japonais ont déjà été approché dans le cadre de leur programme F-X, ou l’on retrouve R-R, BAe et LM.
Les Sud-Coréens sont également des observateurs attentifs, dans ce programme.
Il en est de même des Indiens, qui recherchent un « partenaire » pour leur propre industrie de défense suite à l’échec du PAK-FA.

L’Italie, (seul pays « européen » en course) également client privilégié dans le programme F-35, à placé Léonardo comme chef de file de l’électronique du programme Tempest, voit dans ce programme, l’opportunité de se démarquer technologiquement parlant au sein de l’Europe et d’y jouer un rôle de premier plan pour tous les programmes initiés par cette même Europe, tout en développant et maintenant une activité industrielle indigène appréciable.

La Suède suit une approche identique à celle de l’Italie, et voit également ses intérêts directs dans ce programme : préserver ses compétences et une opportunité de moderniser à moindre frais ses Gripen et en s’assurant ainsi une rentrée de devises substantielles.

Enfin, à terme, il n’est pas impossible que les USA, ne participent pas, d’une manière directe ou indirecte, via ses conglomérats, LM, Boeing, GE, PW, Northrop Grumman, et autres General Atomic à ce programme…

A cela, les 3 pays sus-cités ont étroitement associés les incontournables, Thalès et MBDA.

En face, qu’avons-nous RIEN de tout cela !
- Parité égale entre les 3 parties, surtout pas !; d’abord D, puis F, et enfin E…
- Moteurs : Si Safran sait faire des moteurs à réaction performants, ce n’est pas le cas de MTU.
- Le programme Tempest à su placer Thalès dans la boucle.
Le programme SCAF à tout fait pour l’éliminer (l’attribution du septième lot à Indra est une hérésie) !
- Idem pour MBDA, totalement incorporé dans le programme Tempest, mis à la marge par Airbus DS dans le programme SCAF.

PK nous le dit :

« Le Team Tempest a déjà remporté des succès considérables en un temps record et est en bonne voie pour atteindre ses objectifs, alors qu'elle se prépare à soumettre une analyse de rentabilisation au gouvernement vers la fin de l'année pour obtenir davantage de financement. Depuis le lancement du programme de stratégie aérienne de combat à Farnborough en juillet 2018, le pays a plus de 60 démonstrations technologiques en cours, dont certaines montrent déjà des niveaux de maturité au-delà de leurs objectifs, avec des tâches d'ingénierie de conception présentant d’importantes réductions.
D'autres ont obtenu les résultats souhaités avec 10% de la main-d'œuvre requise pour des tâches similaires en utilisant des méthodes traditionnelles.
Environ 1’500 personnes travaillent actuellement sur le projet Tempest au Royaume-Uni. »

Avez-vous, déjà entendu dés résultats CONCRETS sur le programme SCAF, hormis bien sûr le bla bla habituel des politiques ?

Suite au prochain épisode…

Écrit par : forêt10 | 08/01/2021

@ forêt : "le bla bla habituel des politiques ?" précisément ! le SCAF n'est rien d'autre qu'un affichage politique , fait par et pour les politiques . Avec des partenaires qui s'observent et ne sont pas loin de se regarder en chiens de faîence ; et dont la sincérité dans la coopération ne va pas de soi . Et vous avez raison , on ne voit pas sortir grand'chose depuis le début de l'aventure de cet attelage .

Écrit par : philbeau | 08/01/2021

forêt10:Je n'ai pas de résultats concrets pour le scaf, mais pas non plus pour le tempest. Pour le moment c'est de la politique, et l'officialisation du projet au lendemain du brexit n'est que politique. W&S.

Écrit par : pfff | 08/01/2021

Si les coopérations européennes sont nécessaires en matière de conception d'avions de chasse, il est vrai que les prétentions de chaque nation concernant l'appropriation des différents domaines de compétence est souvent difficilement gérable.
A ce titre la conception de deux avions de chasse en Europe serait peut-être justifiée. L'idéale serait que les deux aéronefs soient complémentaires afin qu'ils ne se fassent pas concurrence.
Par exemple le Tempest comme bombardier stratégique et le SCAF comme intercepteur léger. Ou l'un comme appareil piloté et l'autre comme drone accompagnateur.

Écrit par : François-01 | 08/01/2021

Il me paraît évident que les britanniques font beaucoup de com autour de leur avion mais qu'il est trop tôt pour juger de l'avancée ou de la qualité de quoi que ce soit.Je crois aussi que la culture de Dassault en la matière est la discrétion si ce n'est le secret. Le souci pour les britanniques et de rassembler des partenaires financeurs, ceci pouvant expliquer cette communication "urbi et orbi".
Par ailleurs, je partage l'avis de François-01 qui est de constater que ces 2 projets permettront à des industriels européens compétents de faire tourner leurs bureaux Recherche et Développement. Je crois à la saine émulation que cela produira. Par contre, si les 2 avions volent, j'espère qu'ils seront soit complémentaires soit totalement compatibles en termes de connectivité afin de parfaitement travailler ensemble.

Écrit par : sylvain | 08/01/2021

Je répète, l'Europe doit transcender ses divisions et ne proposer qu'un seul et même avion !! La France et le Royaume Unis devraient travailler ensemble! Sans cela, ils rentreront en concurrence l'un avec l'autre, et cela fait le jeu des américains ! Comme dit l'adage, diviser pour mieux régner !

Écrit par : Jean | 08/01/2021

@Jean : Oui, mais voilà ce n’est pas possible et pour de bonnes raisons : la première concerne le trop grand nombres d’acteurs dans domaine aéronautique, il faut de la place pour tous. Le second problème concerne le « Leadership », il suffit de voir ce qui se passe avec le SCaF. Safran devrait être le maître d’œuvre dans la motorisation avec un nouveau moteur,,mais les espagnols d’Eurojet tente d’imposer l’EJ200 (Eurofighter) pour l’avion démonstrateur. Histoire de se positionner ! Question radar, Thales France et l’allemand Hensold étaient attendu comme maître d’œuvre et c’est l’espagnol Indra qui a été choisi ! Incroyable non ?

A contrario : Rolls-Royce est seul pour la motorisation du Tempest avec comme sous-traitant GKN suède. Le radar sera sous la tutelle de Leonardo (Ex SElex-ES) et Saab travaillera en appuis et BAe systems. Là nous avons une juste attribution des parts de travail.

Donc entre le trop plein d’acteurs, les problèmes de leadership imposés par les politiques il vaut deux projets avec au moins une réussite sinon deux.

Écrit par : Martin | 08/01/2021

@Jean, Martin: il ne suffit pas de transcender ses divisions, qui de toute manière sont à l'origine des déboires de l'Europe. Effectivement, Martin, je vous rejoinds les accords sur des accords européens ont toujours souffert des décisions politique et du leadership: le projet de drone qui traîne depuis des lustres, missiles anti-chars avortés, difficulté dans les choix du futurs chars de combat européen.

Heureusement il y des projets qui ont fonctionné comme le SAMP/T, la coopération Thales/Saab dans le déminage.

Écrit par : Fabrice | 08/01/2021

@Philibeau,
Il ne faut pas faire de raccourcis dans vos raisonnements.
Pour quand est prévue la mise en service du SCAF?
Petit rappel de ce qui est fait, et du calendrier prévu:
- 2018, les besoins opérationnels communs sont définis
- 2019 (février), premiers contrats notifiés à Dassault et Airbus, étude de concept commun en vue d'intégrer les besoins communs définis, étude quant à l'industrialisation, le tout en vue d'une capacité opérationnelle complète en 2040. 2040!!!
Ce même jour, Safran et MTU signent un accord pour la conception du futur moteur.
Cette phase d'étude de concept se poursuit jusqu'à mi-2021. Cette phase est potentiellement la plus cruciale. Une erreur ici, et le programme pourra en souffrir jusqu'à son retrait de service. Donc oui, cette phase est longue et absolument nécessaire. La technologie est complexe, il y a des milliers de variantes à imaginer, et des arbitrages à faire pour les moindres détails. La discussion entre militaires et industriels prend du temps aussi. Avec ou sans partenaire étranger, cette phase prend du temps. Et comme la conception du successeur au Rafale est très anticipée, ce n'est pas un problème de prendre ce temps il me semble.
- 2020, février, Phase 1A du projet:
Contrat cadres avec les industriels marquant le coup d'envoi des démonstrateurs.
- 2025-6, premier vol du démonstrateur (NGF), essais au sol du nouveau moteur, potentiellement vol du drone du scaf.
- 2025-6, Décision finale quant à la collaboration et le début du développement du SCAF. Jusqu'à ce moment, le but est de développer l'appareil "grossièrement", surtout de mettre en place les technologies avec certaines inconnues, l'aérodynamique, les matériaux furtifs à vitesse supersonique, etc...
Suite à cette phase, le développement du NGF et des divers piliers peut commencer si les 2 nations se sont mises d'accord.
Si ce n'est pas le cas, chacun repart de son côté et bénéficie des technologies développées en commun. Ou alors certaines parties sont conservées en commun (effectueur + moteur par exemple) et les NGF sont indépendants.
- 2030, système de combat collaboratif possiblement testé et progressivement implémenté sur Rafale F5 et Eurofighter LTE. Première utilisation d'effectueurs. Et probablement premier prototype du NGF d'ici à 2030-2032,avec phase d'essais avant son industrialisation.
- 2035, première livraison à l'armée. Cela signifie aussi que Dassault et Airbus auront déjà volé l'appareil et auront déjà effectué une batterie d'essais préliminaires.
- 2040, capacité opérationnelle complète.
...
A noter que pour le Rafale, il a fallu bcp de temps entre la première livraison et la capacité opérationnelle complète.
Les standards F1 et F2 étaient certes opérationnels, mais leur capacité était inférieure au projet Rafale. Le standard F3 a marqué cette FOC.
Mise en service du standard F1 en juin 2004, premier Rafale Marine au standard F3 en 2014 (très tard, probablement pour raisons budgétaires).
L'entrée en service du standard F2 en 2005.
Standard F3 mis en service en 2009.
...
Bref, pour le moment, seule, la France n'irait pas plus vite qu'avec l'Allemagne.

Écrit par : Fab | 09/01/2021

@Forêt10 : Vous semblez très sensibles à la lecture des powerpoint distribués en flux tendus par le Team Tempest. L'expérience plus que mitigé du F-35 devrait plutôt inciter à la circonspection car le rêve ne s'est pas tout-à-fait transformé en réalité.

En outre, votre analyse à charge du projet SCAF souffre de plusieurs incohérences :

- "Le Royaume-Uni, contrairement au triumvirat De, E, F, ne se contente pas de vue « européennes »"
=> La Corée du Sud travaille étroitement avec LM depuis des années. L'Inde fait de même avec Dassault (Falcon, Rafale, Mirage) et Safran Aero Engines (Kaveri). Enfin, le Japon a d'ores et déjà signé un partenariat avec LM :
http://www.opex360.com/2020/12/16/lockheed-martin-aidera-au-developpement-de-lavion-de-combat-japonais-de-6e-generation-f-x/

- "La Suède suit une approche identique à celle de l’Italie"
=> Euh... Non. La Suède cherche à acquérir des briques technologique qu'elle intégrera a son Gripen. L'Italie cherche à acquérir des avions de combat qui collaboreront avec sa flotte de F-35

"à terme, il n’est pas impossible que les USA, ne participent pas, d’une manière directe ou indirecte,"
=> Après avoir mis à mal l'intégralité de la BITD Européenne, vous trouver positif que des avionneurs US entrent dans Team Tempest ? On refait entrer le loup dans la bergerie ?!?

- "Avez-vous, déjà entendu dés résultats CONCRETS sur le programme SCAF, hormis bien sûr le bla bla habituel des politiques ?"
=> Tout comme pour le Tempest, le SCAF s'inscrit sur une durée de développement de près de 20 ans (Fab a très bien résumé le calendrier). Aussi, il est illusoire d'attendre des résultats CONCRETS en 2021. Encore une fois, les grandes annonces du Team Tempest sont de l'affichage visant :
1. A décrocher des budgets qui pour l'instant ne sont PAS acquis
2. Chercher des partenaires technologiques ET financiers

Ceci fait, le chemin sera encore long puisqu'il faudra :

- Obtenir les budgets
- Sélectionner les technologies cibles avec (cette fois-ci) réalisme et pragmatisme
- Découper des lots technologiques entre les partenaires (vers un remake du découpage du SCAF ?)
- Maîtriser les technologies innovantes avec son lot d'inconnus, de déceptions, de renoncement... comme dans TOUT programme embarquant des technologies avancées
- Etc. etc. etc.

Dans la conclusion, de PK je retiendrais juste : "Le Team Tempest ... se prépare à soumettre une analyse de rentabilisation au gouvernement vers la fin de l'année pour obtenir davantage de financement"

En clair, tous ce qui a été fait et dit peut être remis en cause par le budget qui sera réellement alloué.

Écrit par : FredericA | 09/01/2021

@Fab : lisez si vous le pouvez cet intéressant article ,qui pose la question de la définition du programme SCAF : outre les sujets que j'évoque , se pose la question de la cible visée , et des moyens de l'atteindre . Et la question,en creux , des chances d'aboutir , en l'état , de ce programme , mais plus encore , l'avenir de Dassault et de ses partenaires , qui jouent gros en la matière .
https://www.meta-defense.fr/2020/12/14/les-ambitions-technologiques-du-programme-europeen-scaf-sont-elles-excessives/

Écrit par : philbeau | 09/01/2021

Le monde change, c’est fini le temps ou l’argent coulé à flots, aujourd’hui nous voyons déjà les complications d’achat d’avion, la lenteur des achats et ne parle même pas de leur financement.

Espérons que nous verrons le tempeste et le scaf dans une vingtaine d’années, comme je l’avais déjà annoncé dans un autre post, Dassault ne serait plus en mesure de faire cavalier seul pour le remplaçant du rafale et c’est ce qui est arrivé.

Que sera dans 20 ans et qui sera en mesure de présenter son avion, mais aussi a quel prix ? Nous allons arriver que seules les grandes puissances puissent en être équipées du futur avion, mais je pense que nous estimons mal le désastre du tempeste et du scaf ? Pour les petits pays, car ils ne seront incapables de c’équipé ou en nombre tellement faible qu’ils voleront que sur demande.

Regardons les USA une super grande puissance qui avec son F35 qui était prévu de remplacer plusieurs avions, mais qu’en est-il ? F16 et F18 sont toujours bien en commande par les clients et encore pour bien des années.

L’Europe évalue mal la situation dans le futur, Dassault avec l’arrêt du mirage qui a était une grave erreur, car elle aurait du ressortir une nouvelle gamme de mirages qui l’aurait permis de ce tenir au haut niveau.

Écrit par : jean1 | 09/01/2021

@Philibeau,
Justement, je pense que les ambitions sont assez raisonnables...
Passons en revue les différents piliers et les objectifs de chacun...
1. NGF - la conception d'un nouvel avion de combat (Dassault leader)
2. nouveau moteur (potentiellement utilisé pour les effectueurs
3. Remote carriers / effectueurs
4. Cloud tactique
5. « simlab », cohérence d'ensemble (Airbus, Dassault, Safran et MTU, ainsi que MBDA et Thales en sous-traitants)
6. Capteurs
7. Furtivité
---
Concevoir un moteur de nouvelle génération, des capteurs de nouvelles génération est tout-à-fait logique, et cela ne sort pas de l'ordinaire d'un projet d'avion de chasse de nouvelle génération. L'intégration de toutes les technologies en un projet commun est une étape de tout projet militaire, donc rien de bien nouveau.
Dans les piliers plus complexes, il y a:
Les effectueurs, le cloud et la furtivité.
- La furtivité a déjà été développée au sain du projet Neuron et Rafale en partie, ce n'est pas une nouveauté, mais l'implémentation d'années de recherche dans le dernier projet.
- Les effectueurs, d'un point de vue aérodynamique et armement, ils ont moins de contraintes qu'un avion de chasse habité. Donc à priori, ça ne sera pas forcément un gros challenge.
La partie complexe sera l'interaction avec le(s) pilote(s).
- le seul vrai gros challenge sera le cloud, le partage d'infos. Mais à nouveau, ce ne sera pas totalement nouveau. C'est en train d'être mis en place dans l'armée de terre, un cloud avec les infos tactiques partagées...
Et surtout, le standard F4 du Rafale va dans le sens de la connectivité. Donc en réalité, la technologie aura déjà 20 ans au moment de sa mise en service complète...
...
Donc technologiquement, il ne faut pas penser que le but n'est pas atteignable, les compétences et l'expérience existent déjà. La question sera plutôt celle de la pertinence des choix dans 40 ans.
Les seuls éléments pouvant être problématiques sur ce programme sont des questions politiques et/ou financières. Et en ce sens, une collaboration aide.

Écrit par : Fab | 10/01/2021

@FredericA

Que vous ne soyez pas d'accord avec mes les thèmes que j'ai évoqué, vous regarde, mais n'interprétez pas mon article en fonction de vos propres convictions et ne me prêtez pas des intentions que je n'ai jamais exprimées.

Relisez calmement mon article, et vous verrez que vos critiques sont quelque peu hâtives...

Quand à l'allusion, quelque peu déplacée; sur le Power Point, elle n'est pas digne de figurer sur ce blog...

Écrit par : forêt10 | 10/01/2021

@Forêt10 : Je suis un peu surpris d'être le seul destinataire de votre réponse alors que philbeau, pfff et sylvain arrivent aux mêmes conclusions que Moi, à savoir : wait and see.

Soit, j'ai peut-être surinterprété vos intentions... à moins qu'elles ne soient mal retranscrites dans votre écrit ? Dans tous les cas, je n'exprime jamais de convictions mais des faits vérifiables.


Pour ce qui est du caractère "déplacé" du powerpoint, nous avons malheureusement déjà vu, tous les deux, des commentaires autrement plus déplacés sur ce blog (no other comment).

Dans l'absolu, tant que le SCAF et le Tempest ne produisent pas de démonstrateurs technologiques, nous en sommes réellement au stade de la communication par powerpoint ou et autres images de synthèse.

Si vous remontez un peu dans le temps vous trouverez des annonces similaires faites par Dassault et Airbus DS au sujet du SCAF/NGF. Quelques exemples d'articles parus entre 2017 et 2018 :

https://www.usinenouvelle.com/article/airbus-realise-des-tests-de-combats-aeriens-autonomes.N750434
http://www.opex360.com/2017/11/06/airbus-veut-diriger-le-programme-davion-de-combat-franco-allemand/
http://www.paxaquitania.fr/2018/10/dassault-aviation-va-devoiler-un.html
http://www.opex360.com/2018/07/10/voici-a-quoi-pourrait-ressembler-successeur-rafale/
http://www.indiandefensenews.in/2018/07/f-35-replacement-airbus-reveals-details.html

Depuis lors, les budgets et la répartition des lots a été finalisée. Les différents constructeurs travaillent désormais de manière plus concrète et (surtout) plus discrète. C'est tout le mal que je souhaite au projet Tempest.

Écrit par : FredericA | 11/01/2021

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