18/10/2020

Radar AESA pour le  H160M « Guépard » !

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Le futur hélicoptère interarmées Airbus H160M « Guépard » sera doté du nouveau radar AESA AirMaster C de Thales. Si, pour l’instant aucun contrat ferme n’est signé, le radar fait l'objet de travaux préparatoires pour son intégration sur le nouvel hélicoptère de 6 tonnes.

Notifiés par la Direction générale de l'armement (DGA), des études préparatoires sont menées par Thales en collaboration avec Airbus Helicopters pour l'intégration de l'AirMaster C à bord de l'hélicoptère H160M « Guépard », soit le futur hélicoptère léger de l'armée mixte, qui devra effectuer une grande variété de missions pour les trois armées françaises.

Un radar compact :

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Les missions de détection, d’identification et de surveillance des menaces dépendent de la capacité d’une force à opérer dans tout type d’environnement et dans toutes les conditions météorologiques. Fort de son expérience avec la série de radars à succès Master, Thales a développé un nouveau radar de surveillance ultra-compact avec des capacités de détection de cible améliorées pour les aéronefs à voilure fixe, les hélicoptères et les drones. Avec ses faibles coûts d'intégration et d'exploitation, sa disponibilité et ses performances élevées, l'AirMaster C établit une nouvelle norme pour les radars aéroportés.

L’AirMaster C associe une empreinte réduite à plusieurs avancées technologiques. Conçu pour une intégration sur des plates-formes plus petites, le « C » signifie compact. L’AirMaster C est équipé d’une antenne active 2D programmable rendue ultracompacte grâce à l’utilisation du Silicium-Germanium (SiGe). Avec un poids de moins de 20 kilos dans une seule unité monobloc, le radar est 30 % moins exigeant en termes de volume, de poids et de puissance (SWaP : Size Weight and Power) que les autres radars de cette gamme. 
La capacité multi polarisation (similaire à celle d’un appareil photo) permettra de sélectionner automatiquement le réglage optimal du radar offrant une meilleure performance de détection selon la mission. La capacité de détection simultanée du très proche et du lointain (similaire aux yeux) permettra d’accroitre les capacités de surveillance instantanée. De plus, grâce aux modes Navigation 2D et Météo, l’AirMaster C facilitera la navigation dans tous les types d’environnements et de conditions météorologiques.

L’AirMaster C est un radar à logiciel intelligent conçu pour réduire la charge de travail de l’équipage. L’autonomie des capteurs, l’auto-apprentissage et la capacité d’analyser et de classer de grands volumes de données, contribueront à accroître les capacités du radar, et permettront par exemple au radar de s’adapter automatiquement aux modes d’utilisation et aux changements de terrain et de domaine. L'antenne couvre un secteur de 120 °, Thales étant prêt à intégrer plus d'un système sur une même plateforme si le client a besoin d'une couverture à 240 ° ou 360 °. Les connexions entre les unités individuelles sont réalisées avec des câbles à fibre optique, qui réduisent le poids, simplifient l'intégration et sont insensibles aux interférences radiofréquences. Le radar comporte des éléments HUMS permettant une maintenance prédictive, ce qui ajoute encore à l'équation de disponibilité, le système étant conçu pour un MTBCF (Mean Time Between Critical Failures) de plus de 3’000 heures. En regardant vers l'avenir, "c'est un radar conçu par logiciel, donc l'introduction de nouvelles fonctionnalités et capacités ne nécessitera que des mises à niveau logicielles, sans avoir besoin de modifier le matériel, permettant ainsi une évolution facile du système. A l’avenir des améliorations d'algorithmes et une l'utilisation de l'IA pourront facilement être intégrées.

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Le H160M « Guépard » :

Le H160M « Guépard » sera la version militaire du H160 civil. Le « Guépard » est un hélicoptère léger mixte, Hélicoptère Interarmées Léger (HIL). Les premières livraisons des 169 hélicoptères « Guépard » 15 de plus que prévu dans la précédente Loi de Programmation Militaire (LPM) pourront se faire dès 2026 au lieu de 2028. Le programme HIL vise à équiper les trois services d’un modèle unique d’hélicoptère léger pour remplacer les cinq actuellement en service, le plus ancien depuis les années 70, soit : la Gazelle de l’Armée de terre, l’Alouette III et le Dauphin ainsi que le « Panther » de la marine et les « Fennec » de l’armée de l’air. Hélicoptère modulaire par sa conception, le H160 permettra dans sa version militaire de couvrir avec une plateforme unique des missions allant de l’infiltration de commandos à la lutte antinavire, en passant par l’interception aérienne, et l’appui-feu, afin de répondre aux besoins de l’armée de Terre, de la Marine nationale et de l’armée de l’Air dans le cadre du programme HIL.

Adossé à une plateforme qui sera mise en service dès l’an prochain, le programme HIL bénéficiera de nombreux avantages inhérents au H160 civil, notamment en matière de soutien avec une maintenance simplifiée et des coûts d’opération optimisés par rapport à la précédente génération d’hélicoptères de cette catégorie.

Le H160 intègre les dernières innovations technologiques d'Airbus Helicopters visant à offrir aux passagers un confort supérieur grâce aux lames Blue Edge réductrices de bruit et à une superbe visibilité extérieure pour les passagers et les pilotes, sans oublier les fonctionnalités de sécurité supplémentaires qu'offre Helionix protection de l'enveloppe et réduction de la charge de travail du pilote. Le nouveau modèle industriel d'Airbus Helicopters, basé sur la spécialisation du site et un processus d'assemblage de composants prêt à l'emploi, qui réduit le temps de mise sur le marché du H160 à 24 semaines, offrant ainsi plus de flexibilité aux clients. Cela permettra aux clients de confirmer leur configuration de mission à un stade ultérieur en fonction des besoins du marché.

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Photos : 1 & 4 Le H160M « Guépard » @ Airbus DS 2 & 3 L’AirMaster C et son intégration @ Thales

 

 

 

Commentaires

Ce radar pourrait être aussi pertinent sur le VSR700 pour la Marine et éventuellement sur les KA350 ALSR de l'armée de l'Air. La video de Thales semble le suggérer en tout cas...
Vidéo marketing de Thales : https://youtu.be/_03d1Z1qXoc

Écrit par : Candide | 19/10/2020

@Candide les dans la vidéo promotionnelle, au début, on vois des images du rendu du radar. Est-ce la résolution/précision réelle du radar ou bien est-ce juste une image juste pour la video de promotion.

@PK : Est ce que l'hélicoptère Tigre HAD est équipé d'un radar similaire et si NON est ce prévu de lui en ajouter un ?

Écrit par : Andre | 19/10/2020

Je trouve les technologies européennes tellement classiques ! On miniaturise et on est content ! Peux mieux faire ! Quand on voit les avancées outre atlantique, l'Europe est d'un ennui !

Écrit par : Bob | 20/10/2020

@Bob : "Quand on voit les avancées outre atlantique, l'Europe est d'un ennui !"

Je ne pense pas que le débat se résume à un Europe VS Etats Unis. Je parlerais plutôt de perspectives de business.

En clair, les constructeurs Outre-atlantique n'ont aucun mal a être inventifs puisque des marchés colossaux s'offrent à eux à la moindre commande des forces armées US.

On ne parle pas tout-à-fait des mêmes montants avec les armées Françaises, Italiennes, Britannique, Allemandes, etc...

Écrit par : FredericA | 20/10/2020

@FredericA

L'argent est le nerf de la guerre !

En Europe, le facteur innovation me semble bien loin des préoccupations du marché comparé aux grands (USA, Russie, Chine), or c'est la garantie de rester sur un marché qui se nourrit de nouveautés !

Écrit par : bob | 21/10/2020

La préoccupation des européens c'est d'avoir un appareil qui correspond au besoin. L'innovation viens éventuellement après si le budget suit.
Contrairement aux USA qui ont les moyens de jeter un programme qui a coûté des milliards (exemple le comanche au tournant des années 2000 7 milliards pour 2 prototypes, ou plus récent les Zumwalts 23 milliards pour 3 pauvres destroyers inutilisables), les pays européens se contentent de petit pas pour limiter le risque puis innovation viens après avec des évolutions selon les RETEX.
il faut également noté que l'innovation n'est pas forcément ce qui garantit des parts de marché, encore une fois un achat militaire est avant tout un achat politique et pas un achat lié aux performances (même si c'est aussi important).

Écrit par : Emixam | 21/10/2020

@Emixam. Le Commanche était très capbale, mais abandonné principalement sur des décisions politiques. Gaspillage tout de même. Pour ce qui est du Zumwalts, là c'est un énorme échec, cependant la troisième unité rentrera tout de même en service en 2021. Ils ne seront pas inutilisables, mais leurs capacités ne seront pas à 100 % du cahier des charges, on est d'accord. D'un autre côté, vous avez raison de souligner la prudence européenne, vue ces moyens.

Écrit par : Baz driver | 21/10/2020

@Bob : "En Europe, le facteur innovation me semble bien loin des préoccupations du marché comparé aux grands (USA, Russie, Chine)"

Les USA, la Russie et la Chine sont trois grandes nations autonomes. L'Europe est un continent et l'Union Européenne un conglomérat de 27 pays liés par des accords commerciaux. Comparer l'un à l'autre n'a donc pas de sens.

Écrit par : FredericA | 21/10/2020

@FredericA. On est souvent en désaccord, mais là, je ne peux qu'appuyer votre point de vue. Ces 27 nations de pouvoir très divergentes constituent une limite.

Écrit par : Baz driver | 21/10/2020

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