12/06/2020

La taxe sur les billets d’avion est-elle équitable ?

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Le Parlement suisse a voté en faveur de l'introduction d'une taxe environnementale sur les billets d'avion. Cette première étape doit encore passer la rampe du Conseil des Etats et peut-être que le paquet « environnemental » (qui touche aussi l’essence) devra-t-il passer devant le Peuple ?

De quoi parle-t-on : ?

Le Conseil National a approuvé la proposition par 135 voix contre 65, d'inscrire cette mesure dans la loi sur le CO2. Cette taxe incitative sera perçue sur tous les vols en partance de la Suisse. En seront exemptés les vols de transit, les vols effectués à des fins médicales et ceux destinés à des fins souveraines. Les vols privés seront aussi taxés. Mais contrairement aux sénateurs, le National ne veut pas inclure les avions légers, les vols effectués à des fins de formation ainsi que les vols d'usine et le travail aérien. La nouvelle taxe visant principalement l'aviation d'affaires ne devrait pas s'ajouter à la taxe sur les billets d'avion ni à l'impôt sur les huiles minérales. Elle s'appliquerait aux vols en partance de la Suisse et son montant se situera entre 500 et 5000 francs en fonction de la taille de l'appareil.

La fourchette de prix et de 30 francs suisses à un maximum de 120 francs suisses par billet en fonction de la distance et de la classe de voyage. Selon les Sénateurs, la moitié des recettes iront à un fonds climatique pour des initiatives de réduction des émissions, mais n'a pas encore déterminé comment cela sera utilisé, car les détails du plan sont très controversés.

Que pensez de cette taxe :

Tout le monde a bien compris l’urgence climatique du moment. Pourtant, l’industrie de l’aviation n’est pas un mauvais élève. Depuis 2000, le transport aérien a augmenté de 60%, mais la consommation n’a augmenté que de 10% et ceci grâce au remplacement d’anciens avions par de nouvelles machines plus économe. Imaginez, depuis 50 ans, les nouvelles technologies ont permis de réduire la consommation de 70 %. Les objectifs du secteur de l’aviation sont :

 

  • Réduction de 50% des émissions de CO2 des vols métropolitains d’ici fin 2024.
  • Renouvellement de la flotte pour réduire les émissions.
  • Objectifs de 2% de carburant alternatif durable dès 2025 et 50% dès 2035.

Cette taxe pose plusieurs problèmes :

Tout d’abord, cette taxe crée une distorsion de concurrence car les compagnies aériennes étrangères avec seulement quelques départs de Suisse ne répercuteront pas forcément la taxe. Si l’on prend le cas de SWISS, la flotte de cette dernière est l’une de moderne au monde et donc l’une des moins polluantes. Par conséquent, si un passager suisse choisi un autre transporteur, dont la flotte est moins moderne et plus polluante, soit, il ne payer pas de taxe, soit il payera le même prix qu’un passager à bord d’un avion moins polluant. Le principe du pollueur payeur n’est pas respecté. De fait, cette taxe ne sera pas incitative pour le passager.

Autre problème fondamental, concerne l’usage de l’argent de cette taxe qui doit être encore défini. Si, tout le monde s’accorde pour un usage en direction de projets environnementaux, il serait également important qu’une partie de la taxe puisse servir les projets de la transition énergétique de l’aviation comme : le développement des biocarburants encore trop peu présent, les améliorations en vue de réduire la consommation des moteurs d’avions, le remplacement des produits en plastique non réutilisables à bord.

Ne pas faire n’importe quoi :

Le monde du transport aérien suisse n’est pas forcément contre une telle taxe, mais celle-ci devrait être appliquée au niveau mondial d’une part. La taxe ne devrait pas péjorer les transporteurs ayant renouvelés leur flotte, mais au contraire viser les anciennes flottes. Pour toutes ces raisons, le secteur de l’aviation espère que le monde politique sera avisé de mettre en place une loi, si elle est acceptée, qui soit juste pour tous, et pas un simple nuage de fumée pour satisfaire à tort l’hystérie du moment.

Photo : A320neo de SWISS  tout neuf, l’avion consomme 20% de moins de carburant que l’ancienne version @ SWISS

 

 

Commentaires

Le problème est le déplacement en avion pour des motifs futiles tels que journée à Londres ou Barcelone, achats dans une autre capitale, repas à l'autre bout de la Terre. Comme pour tout, les tarifs des vols n'ont plus rien à voir avec leur nécessité. Un Genève-Londres coûtait CHF 600.- il y a 20 ans … maintenant 40.- … et encore! Ce sont ces abus que notre Société doit combattre.

Écrit par : Daniel Cochard | 12/06/2020

L'idée de lier la taxe à la pollution de l'avion (et pas de la moyenne de la flotte) me semble intéressante, mais pas sûr que ce soit facile à appliquer car le modèle exact ne sera souvent pas connu lors de l'émission du billet, mais il s'agirait de trouver un modèle de taxation qui s'en rapproche le plus possible

Écrit par : Pedro PAIVA | 12/06/2020

TAXES TAXES … vous côtoyez trop les français!! ON a la taxe Chirac sur le kéro chez nous , .. c'était pour aider l'Afrique! ils sont toujours aussi pauvres et nous on commence doucement. ET je passe sur toute s les autres taxes. Non seulement les Cies aériennes sont de vraies vaches à lait, mais inventer des taxes c'est le degré ZERO de la politique..

Écrit par : lotser68 | 12/06/2020

Vous écrivez:"Depuis 2000, le transport aérien a augmenté de 60%, mais la consommation n’a augmenté que de 10%". Cela s'appelle l'effet Boomerang. Nous ne devons pas simplement réduire l'augmentation des émissions CO2, nous devons la réduire. Donc, objectif pas atteint.

Vous écrivez:"...un simple nuage de fumée pour satisfaire à tort l’hystérie du moment.". Il n'y a pas d'hystérie mais un constat scientifique. Pour vous faire prendre la mesure de ce qui nous attend, je vous invite à écouter les conférences de Jean-Marc Jancovici sur You tube. Il est pro-nucléaire car le nucléaire est un problème bagatelle face au Co2 et donc, n'a rien à voir avec nos politiciens gauchistes dont les Verts font partis. C'est un scientifique rationnel et son discours est d'une cohérence limpide. Bonne écoute
https://youtu.be/Vjkq8V5rVy0

Écrit par : Wolff | 12/06/2020

@Wolff: Vous parlez d'effet boomerang , si les efforts n'avaitn pas été au rendez-vous, se ne sont pas 10 % d0augmentation de CO2 mais bien plus. Il faut ici mettre en paralèlle les nouvelles technologies appliquées qui ont permis de limité les émissions face à l'envolée de la demande passagers.

Lorsque je parle "d'Hystérie du moment" vient du fait que d'une part nous avons à juste titre une prise de conscience mais qui se traduit notamment par de nombreuse prise de position ou réaction qui dan les faits ne serviront à rien. Par contre, comme je l'écris, une "taxe qui serait juste" des actions réfléchies en matière d'amélioration sur le secteur de l'aivation ou ailleurs auront un véritable impact sur une transition écologique viable.

Écrit par : Pk | 13/06/2020

@Wolff: je vous cite : "Nous ne devons pas simplement réduire l'augmentation des émissions CO2, nous devons la réduire" Un joli charabia !

Pour reste avez-vous simplement compris le sens de cet article ? Visiblement pas. Il ne s'agit pas de dire "NON" aux taxes mais bien de poser le fond du problème pour que celle-ci puisse être juste et applicables. C'est pourtant simple à comprendre, non ?

Écrit par : Mathieu | 13/06/2020

@PK Le progrès technologique a en effet permis de réduire de façon substancielle les émissions de Co2 par passager et il faut remercier tous les ingénieurs qui y ont contribué mais si les efforts des uns sont annhiliés par le comportement des autres, c'est-à-dire l'augmentation des vols, on arrive à une augmentation absolue et donc, je conclus que l'objectif n'est pas atteint pour le secteur aérien. Tout comme il ne l'est pas dans beaucoup d'autres secteurs. Je ne comprends pas les gens qui se focalisent sur la pollution du secteur aérien car il y a des économies beaucoup plus substancielles de Co2 à réaliser dans le secteur du bâtiment par exemple mais il est clair que prendre l'avion comme nous le faisons aujourd'hui ne sera plus posible pour la prochaine génération.
Pour des raisons de Co2 mais cela n'est pas un argument percutant pour certains comme @Matthieu mais aussi parce que l'EROEI « Energy Returned On Energy Invested » du pétrole approchera bienzôt du seuil où cela ne vaudra même plus la peine d'aller en chercher. Je parle horizon 2030-2050 mais ça fait loin pour des gens qui se demandent comment ils vont finir le mois ou s'ils auront encore un job en 2021.

Écrit par : Wolff | 13/06/2020

@Wolff
Merci pour le lien, c'est édifiant !
Les élites sont donc au courant mais n'informent pas le peuple.
La question n'est pas de savoir si il faut taxer ou pas, mais bien du bon usage de toutes ces taxes.
@Mathieu, pour le coup, je crois que c'est vous qui n'avez pas compris Wolff.

Écrit par : Gian | 14/06/2020

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