15/05/2020

Changement de cap en Inde, vers le tout Tejas ! 

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La nouvelle va jeter un coup de froid aux avionneurs étrangers en course pour fournir de nouveaux avions à l’Indian Air Force (IAF). Le premier Ministre Modi vient lancer un appel à l’autosuffisance et prévoit d’acquérir un grand nombre d’avions HAL Tejas.

Rappel :

L’Inde est un pays compliqué et un nouveau chapitre semble se dessiner dans le pays. Le processus d'achat d'avions de chasse a commencé il y a plus de dix ans avec le programme MMRCA avec le choix du Rafale. Puis, l'Inde a annulé une commande tant attendue avec Dassault Aviation pour 126 Rafale d'une valeur de 11 milliards de dollars en 2015, mais a depuis acheté 36 des avions pour accélérer le remplacement des avions plus anciens.

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En avril 2018, le pays relance son projet d’avions de combat dans le but d’acquérir un total de 110 aéronefs. Ce nouvel épisode ressemble à un projet MMRCA II et enterre l’achat séparé d’avions monoréacteurs et de bimoteurs prévu entre-temps. Ce nouveau retournement de situation n’est que le troisième en une décennie. 

Changement de cap :

L'Inde prévoit maintenant de passer à des avions de combat fabriqués localement, deux ans après avoir demandé à des entreprises mondiales de soumettre des propositions pour fournir 110 avions de combat dans le cadre du plus gros contrat d'avions au monde.

L'armée de l'air du pays est en train de finaliser des plans visant à introniser des avions de combat légers fabriqués localement en l’occurrence le Tejas afin de renforcer les capacités de sa flotte d'avions de combat vieillissants, a déclaré le chef d'état-major de la défense Bipin Rawat dans une interview à New Delhi en fin de semaine. Selon le nouveau plan, le pays achètera 83 avions supplémentaires, en plus de l’accord antérieur pour 40 avions. Le montant est estimé à un peu plus de 6 milliards de dollars.

Cette décision ne va pas manquer d’alimenter les réflexions sur l’avenir des grandes commandes indiennes. En effet, l’Inde était depuis 20 ans un clients très gourmands en matières d’équipement militaire avec des capacités financières capables d’absorber plusieurs gros contrats simultanément. Il semble possible que les tracasserie bureaucratique et un début de crise financière ont finalement eu raison de l’appétit indien.

Un revers pour les avionneurs étrangers :

La décision a de quoi surprendre et sonne comme un revers pour Boeing, Dassault, Lockheed Martin Corp., Saab AB et le russe MiG qui étaient en course pour la commande de 15 milliards de dollars. Une nouvelle fois ceux-ci vont se retrouver avec une « gueule de bois ». On notera que l’avionneur Suisse Pilatus qui attend toujours une hypothétique troisième commande pour son avion école PC-7MKII est également dans le trouble, car aucune prise de position sérieuse n’est à l’ordre du jour.

Ce choix stratégique indien semble être directement lié par la finalisation du standard en configuration opérationnelle finale (FOC ) obtenu en mars dernier. Avec le premier vol du Tejas MkI au standard opérationnel c’est une nouvelle voie qui s’offre pour l’Inde et son industrie. A plus forte raison, la crise du COVID-19 pour également une telle décision.

Le FOC représente la finalisation des équipements de l’avion avec notamment une perche de ravitaillement en vol fixe. Du point de vue du combat, les principaux changements concernent l’adaptation et la validation des deux canons GSh-23 de 23 mm de conception russe et de la qualification du missile air-air Rafael Derby qui porte au-delà de la portée visuelle (BVM).

HAL a reçu le feu vert pour la production en série de la variante FOC en février 2019 et produira désormais 15 autres avions pour équiper un deuxième escadron LCA Mk1 au sein de l'Indian Air Force. Actuellement, le 45e Escadron « Flying Daggers » exploite 16 LCA Mk1 antérieurs dans la configuration opérationnelle initiale (CIO) à partir au sein des installations de Sulur Air Force au Tamil Nadu. Ses appareils devraient être mis à niveau à la norme FOC à un moment donné. L'escadron n° 18 « Flying Bullets » devrait être la deuxième unité dotée du Tejas MkI également basée à Sulur.

Commande débloquée prochainement : 

HAL et l'équipe de Tejas attendent maintenant le contrat pour commencer à construire 10 autres biplaces et 73 avions Tejas Mk1A. Ce contrat était en attente depuis 2016, mais les problèmes de mise au point l’avaient retardé. Il faut encore l'approbation du cabinet, le contrat est estimé à 5,3 milliards de dollars. Le Tejas Mk1 FOC reste cependant, une variante de transition dans l’attente du développement complet du Tejas Mk2. 

Le HAL Tejas Mk1A :

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La variante actuelle du Tejas MK1A CIO est dotée du radar ELTA Systems ELM-2032 à antenne mécanique. La variante FOC dispose du radar à antenne à balayage électronique ELTA Systems ELM-2052. Ce radar utilise un réseau de transmission / réception avec modules semi-conducteurs permettant la détection en réseau pour obtenir une plus longue portée de détection, avec une haute fiabilité avec un suivi multi-cible. Il peut également soutenir l'identification des cibles à haute résolution. Il peut détecter des cibles à très longue portée tout en suivant jusqu'à 64 cibles et engager simultanément plusieurs cibles avec des missiles. Dans les missions d'attaque au sol le radar prend en charge la cartographie de navigation et d'images haute résolution (SAR), soutenu par un faisceau réel (RBM) et Doppler (DBS). Le ELM-2052 est réalisé sous la forme d'un système modulaire, construit avec une capacité de croissance de calcul et de mémoire.

Le Tejas met en œuvre les missiles air-air Rafale Python et Derby, le tout avec une liaison de données numérique interconnectée. De plus, un système de guerre-électronique complet, également d’origine israélienne équipe le standard l’avion et complète définitivement le système de défense de l’avion indigène indien.

L’avion est doté du système de génération d'oxygène de bord (OBOGS). Les affichages du cockpit seront également améliorés. L’avion est motorisé par un General Electric F404-F2J3 de 53,9 kN et de 85 kN avec postcombustion.

Rappel : 

Le programme d’avion de combat léger (LCA) nommé Tejas (« Glorieux » en langue sanskrit) est un programme national indien lancé en 1982, dont la mise au point aura duré plus de 30 ans !  Il s’agit du plus petit avion de combat polyvalent au monde. Ce programme est sous la responsabilité du constructeur indien HAL (Hindustan Aeronautic Ltd).

L’histoire se répètera-t-elle ?

Pour Dassault, il a y de quoi être refroidit par cette décision. A l’époque l’Inde avait opté pour le Mirage 2000 à 59 exemplaires avec comme objectif d’en commander d’autres. Et puis les années passèrent et rien ! Avec la commande de 36 avions Rafale, Dassault était dans l’attente d’une seconde et pourquoi pas d’une troisième commande. A la vue des besoins indiens et des capacités de l’avion français, une telle option était parfaitement réaliste sinon nécessaire. La décision coupe nette les ambitions à courts termes de l’avionneur français. Pour autant, les faibles capacités du Tejas pourraient bien nous réserver quelques surprises, comme une énième relance de programme ?

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Photos : 1 Tejas 2 MMRCA II 3 Cockpit Tejas @ IAF 4 Tejas @David Oliver

 

 

 

Commentaires

Pour être sincère, je n'y crois pas. Vu les investissements déjà consentis par safran et Dassault et Inde et vu le tejas dont les capacité sont heu... pas au top, vu les deux interventions au Pakistan il y a quelques mois, j'ai globalement un gros doute.
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Gros coup de négo à la baisse des Indiens, genre c'est la 25e fois qu'il l'ont faite en 10 ans...
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Par contre que ça retarde de 2 ans une seconde tranche de Rafale, ça je n'ai aucun doute. Le gros doute c'était plutôt que l'Inde signe pour cette année...
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Ce n'est pas comme si l'Inde retardait de temps à autres les signatures de contrats d'armement.

Écrit par : v_atekor | 15/05/2020

@pk en Janvier, après les succès du Tejas en appontage (tests), la commande de 83 Tejas était déjà sur les rails, mais n'annulait pas la commande de 110 appareils + 56 marines...
.
D'ailleurs, sauf erreur, il s'agissait de 83 appareils "pour la garde côtière" et non de 73...

Écrit par : v_atekor | 15/05/2020

Au final cela sera les "équipementiers" qui seront content (en tout cas dans un 1er temps, le temps que l'équipement indien arrive à maturité...). Equipements électroniques et missiles israéliens, canon russe, réacteur américain...

Et aussi les grands voisins de l'Inde que sont la Chine et le Pakistan, parce que cela risque d'affaiblir l'IAF, en tout cas à court et moyen terme...

Écrit par : chris2002 | 15/05/2020

L'Inde est en effet un pays compliqué,et rare sont ceux dans le domaine militaire qui ont eu la patience de résister à cette guerre des nerfs sur des programmes qui semblent ne jamais aboutir . Mais l'expérience des (longues) années passées monte une chose , c'est l'incapacité assez surprenante des ingénieurs indiens à se hisser au niveau requis pour les besoins de la défense avec un environnement géopolitique toujours plus contraint . Et une nouvelle fois , les responsables indiens prennent la même posture volontariste , tout à fait compréhensible et payante politiquement au demeurant ,d'indépendance nationale en termes d'armement . Et Modi le nationaliste ne pouvait rester en retrait dans ce domaine , d'autant que son opposition lui a cherché bien des ennuis pour la poursuite du programme Rafale avec Dassault . Mais à moins que les ingénieurs d'Hindustan fassent subitement des progrès surprenants , attendons un peu que tout cela intègre le réel ,et nous aurons une suite aux achats à l'extérieur , et notamment du côté de Dassault , qui peut compter politiquement sur son implantation de production locale maintenant opérationnelle

Écrit par : philbeau | 15/05/2020

@V_Atekor: Relisez, l'article parle bien de 83 avions soit 73 + 10. Coup de négociations ? Peut-être, mais la commande de Tejas se confirme et que vous le vouliez ou non et la situation économique de l'Inde s'inverse et se complique. L'analyse finale laisse d'ailleurs la porte ouverte à une relance, mais quand ??? En ce qui concerne, les investissements de Dassault, celà est propre à leur volonté et soit les rsiques et périls dans un pays aussi particulier que ne l'est l'Inde.

Écrit par : Mathieu | 15/05/2020

waouw, dur dur pour Dasault qui espérait tant cette commande qui aurait fait tant de bien à l'avionneur. Avec l'incertitude suisse, ça commence à faire beaucoup !
Quelqu'un sait dire quels sont les autres marchés potentiels pour le Rafale ? Est ce que la version marine du Rafale reste d'actualité en Inde ?

Écrit par : Jos | 15/05/2020

Bonjour, Mathieu et Jos, vous êtes vraiment des novices dans cette affaire, l’investissement en Inde par Dassault était une obligation du contrat qui prévoyait de réinvestir environ 50% du montant du contrat et pour le reste, tant que les indiens n’aurons pas goûté aux rafale sur leurs propre base, ils passeront pas commande tout de suite pour une deuxième, mais vue qu’ils connaissent bien les avions Dassault, je me fait de soucis.

Écrit par : Adri74 | 15/05/2020

@Adri74: Un gros merci pour votre commentaire dénigrant qui est à la hauteur de votre méli-mélo dont le français laisse à désirer...

Écrit par : Mathieu | 15/05/2020

L'inde changeant de décision tous les 6 mois, je ne pense pas que tout soit perdu pour Dassault ou un autre. Le Tejas est très loin de pouvoir remplacer un rafale ou un autre concurrent. Face à des pays bien équipés comme la Chine ou le Pakistan le Tejas ne fera pas long feu
après il reste les avions pour leurs porte avions, là aussi je reste sceptique sur la capacité de ces avions à protéger efficacemeent leur le PA.
Bref on a tellement eu de rebond de la part des indiens qu'on peut aisément se dire que rien n'est perdu, rien n'est gagner et que ça va surement encore changé.
Par contre à force il est clair que cela va agacer et la prochaine fois je pense que les constructeurs ne seront peut etre plus aussi enthousiaste à faire des concession ou meme à se présenter à un nouvel appel d'offre

Écrit par : Albert6 | 15/05/2020

@philbeau ; je suis tout à fait d'accord avec ton analyse. Bref : rendez-vous dans 2 ans.

Écrit par : v_atekor | 15/05/2020

@Philibeau,
Ce n'est pas parce qu'une entreprise française a investi en Inde qu'elle obtiendra des commandes.
C'est une manière d'augmenter les chances très certainement, mais ce n'est en aucun cas une garantie.
Votre raisonnement me semble assez... particulier.

Quant à la version mk2 qui à terme est le but, elle est proche technologiquement des avions de 4e génération modernes.
Après, est-ce que techniquement, l'avion sera fiable, performant, et atteindra les objectifs fixés, c'est à voir. Mais ils essaient de se donner les moyens.
Et l'Inde étant une grande puissance en pleine expansion, c'est un choix parfaitement logique que d'investir dans la R&D, malgré les difficultés rencontrées (normal/attendu pour un constructeur développant ses compétences).
Si ce n'était pas le Tejas, cette commande aurait été probablement la dernière pour un fournisseur étranger. Et cette commande exigeait une production locale.

Écrit par : Fab | 15/05/2020

@Adri74,
Les investissements exigés par l'Inde ne sont pas sensés avoir lieu pendant l'appel d'offre... Sinon c'est des génies. Avec 4 avionneurs investissant 50% du contrat en Inde, les investissements totaux aurait été le double du contrat final.
L'exigence indienne est une exigence contractuelle. Les constructeurs étrangers se sont préparés à de tels investissements. LMproposait de construire une chaîne de production en Inde, Saab proposait de faire participer les Indiens à la conception de leur version du Gripen avec un transfert de technologies total !
Bref, les constructeurs devaient de une signer un contrat ayant cette clause, et de 2, convaincre les analystes que les offres étaient réalistes et correspondaient aux exigences.
L'investissement prématuré de Dassault est de sa responsabilité, et ce n'est absolument pas contractuel.
...
Quant à votre dénigrement et votre condescendance, vous pouvez vous les garder... La courtoisie dans les échanges ici est plus agréable. Et votre condescendance vous donne peut-être l'impression d'être plus intelligent, mais d'un point de vue externe, c'est tout le contraire.

Écrit par : Fab | 15/05/2020

@Albert6, V_AtekorAdro74: La mention de l'article en ce qui concerne un changement des finances en Indes notamment avec le COVID-19 et donc avec les échanges commerciaux joue un rôle nouveau dans ce pays. Oui, nous avons pris l'habitude de certaines turpitudes de la part du gouvernement indien, mais dans des périodes ou financièrement tout allait bien. Ce qui n'est plus de cas actuellement. Il faut donc prendre la mesure des choses. Oui le Tejas n'aura jamais la capacité du Rafale ou autres aéronefs. Mais les pays voisins vont également souffrir de la crise actuelle. Une remise en question en Inde n'est autre qu'une adaptation à une situation nouvelle qui va avoir des conséquences sur de nombreux mois. Cette raéction protectionniste n'est tout simplement pas irréaliste et nous allons en avoir d'autres exemple en europe et ailleurs. A ne pas sous-estimer comme semble être le sens de certains commentaires plus haut.

Écrit par : Fabrice | 15/05/2020

@tous
1 - La construction de ces avions est allé à HAL et à moins d'une profonde restructuration de cette société, elle ne sera pas capable de sortir ces avions autrement que artisanalement et encore il faudra que les processus industriels soit vraiment amélioré. Absolument tous les constructeurs ayant voulu s'implanter là-bas ont sorti un rapport accablant sur la qualité des avions produits par HAL.
2 - Encore une fois cet avion est léger et ne peut pas être comparé à autre chose que le f-16 ou le gripen. C'est surtout ces deux là qui perdent en intérêt. Tous les autres peuvent s'occuper de tâches de chasseur plus lourd dans lesquelles l'Inde a des besoins évidents.

Écrit par : Herciv | 16/05/2020

Il y a quand même 2 points importants qui joue en faveur du Rafale :
- le contrat déjà passé assure un coût réduit pour une nouvelle petite commande de Rafale. Les développements des spécifications indiennes ont déjà été payées (pour 1 ou 100 appareils c'est le même prix).
- le contrat déjà payé comprend des infrastructures pour 72 Rafales.
Un contrat de 36 nouveaux appareils serait beaucoup moins cher que le premier car pas de développement pas d'infrastructures (comme pour l'option de 12 Rafales qataris), et quand on sait que le Rafale en lui même représentait moins de la moitié du prix total dans le 1er contrat...

Si le tout tejas se confirme c'est la fin de l'espoir d'un énorme contrat (on parlait à certains moments de +100 appareils plus 57 pour la Navy), mais un "petit" est toujours possible.
Enfin dernier argument les avions indiens continuent malheureusement à tomber comme des mouches et donc leurs besoins, entre remplacement des trop vieux et des détruits, vont crescendo...

Écrit par : Emixam | 16/05/2020

@Herciv
D'ailleurs concernant le travail de HAL on sait ce qu'il est arrivé au 1er Mirage 2000 modernisés par HAL sans la supervision de Dassault...
RIP aux deux malheureux pilotes.

Écrit par : Emixam | 16/05/2020

Exemple de tâche que le tejas ne pourra pas remplir : la pénétration. SOn rayon d'action et son emport sont trop faibles. D'autre part pour faire de l'interception pour lequel il semble taillé il faudra multiplier les bases aériennes.
Soyons clair le premier ministre Indien donne une chance à HAL de continuer à exister malgré les casseroles récentes qu'elle traine.
De mon point de vue MODI va encourager la constitution d'un second champion. DRAL pourrait être celui-là.

Écrit par : Herciv | 16/05/2020

@ Herciv et Emixam
Le choix d'un avion est avant tout politique !
Les critères de qualité n'entrent pas en compte. Seul compte le coût reel et d'exploitation et les retombées industrielles. Et donc oui, l'inde va voler avec des avions bancals, mais comme pour la saga du F35, cela n'a absolument pas d'effet sur les décideurs politiques ! Je trouve parfois très puéril certains commentaires. Pour peu ils écriraient en Inde pour leur expliquer comment faire :-))

Écrit par : Jos | 16/05/2020

@Jos
Votre commentaire est parfaitement vrai a un détail près.
C'est vrai pour un pays en paix comme les pays européens ou le Canada.
L'Inde est en conflit permanent avec le Pakistan et en quasi guerre avec la Chine donc "les critères de qualité n'entre pas en compte" est totalement faux, demandez à SAAB ou Boeing quand le gripen et le F-16 ont été testés ils se sont fait défoncer par les militaires...

Écrit par : Emixam | 16/05/2020

@jobs : je suis 1000 fois d'accord sur l'aspect politique et exclusivement politique (et c'est ce qui me fait être d'accord avec Philibeau à 100%), mais la politique c'est aussi (et surtout en Inde) les deux 2 fronts chauds avec le Pakistan et la Chine.
.
Je pense que côté politique, tout le monde est aussi conscient des événements d'il y a 3 mois où les Mirage 2k ont fait le travail, et les mig21 se sont fait descendre. Et malgré le nationalisme politique très présent, il semblerait incroyable qu'HAL sorte un appareil capable (quantité+qualité+capacité) dans les temps pour affronter un conflit avec ces deux voisins. A priori le conflit avec la Chine est de loin celui qui engage le plus de craintes.
.
Donc w&s. L'Inde soutient son programme national, le fera entrer en service... mais ne renoncera pas aux Rafales qu'elle a déjà commencé à payer via les investissements locaux en plus de ceux des français.

Écrit par : v_atekor | 16/05/2020

@jos
Au risque de vous contredire une armée a des missions et s'équiper en conséquence. Le tejas ne peut pas remplir toutes les missions pas parce que sa qualité est trop basse mais parce qu'il n'est pas fait pour.

Écrit par : Herciv | 16/05/2020

@jos
Au risque de vous contredire une armée a des missions et s'équiper en conséquence. Le tejas ne peut pas remplir toutes les missions pas parce que sa qualité est trop basse mais parce qu'il n'est pas fait pour.

Écrit par : Herciv | 16/05/2020

Ce sont les militaires qui vont faire la gueule

Écrit par : James | 16/05/2020

@ Herciv : dans le meilleur des mondes, oui. Dans la réalité, les choses se passent autrement...

Allez demander à la Royal Navy (enfin à la Royal Air Force, mais c'est la Navy qui en a le plus besoin) s'ils étaient contents de ne plus avoir aucun patrouilleur maritime pendant presque 10 ans, ne serait-ce que pour protéger les départs en mission de leurs SNLE...
(et plus aucun chasseur embarqué depuis aussi longtemps)

Allez demander à l'US Navy si elle est contente de ces F-35C et même, plus fondamentalement, si elle veut vraiment des F-35...

Allez demander à l'USAF si elle ne voudrait pas plus de F-22 plutôt que de devoir moderniser des vieux F-15C/D ayant déjà 20 à 30 ans de service derrière eux, au minimum...

Allez demander aux canadiens ce qu'ils pensent de ce qui est arrivé au programme CF-105 Arrow, dont l'arrêt brutal a probablement été la plus grosse erreur stratégique commise par les canadiens pendant la guerre froide (au final des CF-101 moins performants et rejetés initialement par la RCAF ont du être achetés...)

Bref, l'armée comme tous les domaines de "l'administration publique" doit aussi composer avec des décisions politiques qui parfois vont contre ces besoins réels.

Écrit par : chris2002 | 16/05/2020

@Emixam,
"@Jos
Votre commentaire est parfaitement vrai a un détail près.
C'est vrai pour un pays en paix comme les pays européens ou le Canada.
L'Inde est en conflit permanent avec le Pakistan et en quasi guerre avec la Chine donc "les critères de qualité n'entre pas en compte" est totalement faux, demandez à SAAB ou Boeing quand le gripen et le F-16 ont été testés ils se sont fait défoncer par les militaires..."

Je me permets de répondre à ce commentaire... Pour commencer, vous généralisez bcp trop les pays européens.
La Suisse par exemple va chercher non pas la qualité, mais le rapport qualité prix (sur son cycle de vie, pas à l'achat), et la qualité des offsets. Mais ce ne sera pas un choix géopolitique, dans la mesure où chaque pays offrant un appareil est important pour l'exportation.
La Finlande étant comme la Suisse indépendante de toute alliance de défense, ils n'ont pas de liens particuliers à soigner et la Finlande étant face à la Russie, bien que n'ayant peu de chance de survivre à une attaque, elle se doit d'avoir une flotte crédible, et qui peut être entretenue à 100% sur place et qui offre un certain degré d'indépendance.
En réalité, les pays faisant des achats géopolitiques ne sont pas si nombreux. Beaucoup justifient le succès du F-35 par la géopolitique et les USA qui forcent leurs partenaires.
Mais quelle est la réalité?
- le F-35 est une collaboration internationale dans la conception et dans la production... Pour bcp de pays, seul le F-35 offrait la possibilité de les inclure dès la conception dans l'industrialisation de l'appareil.
- les partenaires sont au nombre de 8 (Royaume Uni, Pays Bas, Danemark, Norvège, Italie, Australie, Turquie, Canada).
Ce ne sont donc pas des importateurs des F-35 mais des collaborateurs avec une production locale équivalente à l'investissement (en théorie).
- Parmi les "réels" clients / importateurs du F-35, il y a :
1. la Belgique... Les responsables de l'armée de l'air sont convaincu depuis longtemps de l'intérêt stratégique du F-35, et au vu des missions réalisées par la Belgique et son rôle au sain de l'OTAN ainsi que sa position géographique à l'ouest de l'Europe, un chasseur bombardier furtif est un choix intéressant. De plus, collaborant bcp avec les Pays Bas en matière de défense (marine et armée de l'air principalement), ainsi que la collaboration sur le F-16 avec la Norvège et le Danemark, ce choix est dans la continuité.
De plus, la Belgique a depuis longtemps fait le "pari" d'acheter les appareils développés peu avant le changement d'appareil. La Belgique n'a pas acheté des modèles de conception ancienne depuis un moment.
2. Israël: Combien même l'alliance avec les USA est prmordiale pour Israël, il n'empêche que le F-35 apporte une capacité qu'Israël voulait depuis un moment, une capacité furtive (intérêt pour le F-22). Cette capacité leur permet d'ajouter un deuxième niveau de dissuasion auprès de ses ennemis potentiels.
La "dissuasion furtive" permet à un pays disposant de cette capacité de faire comprendre qu'elle peut à tout moment détruire des capacités vitales au pays sans se faire repérer. Cela décourage de se frotter à Israël dans l'état actuel de la technologie chez ses ennemis potentiels.
3. Le Japon cherche un avion furtif depuis un moment aussi, et le F-35 est le seul sur le marché. Le Japon cherche un avion jouant le rôle de chasseur multi rôle orienté bombardier, soit le F-35. Il est un bon complément au F-15 et F-2.
Le Japon n'a pas réellement considéré la concurrence. Le soutien des USA est vital pour la défense japonaise. Les désaccords territoriaux avec la Russie, la Chine, ainsi que la montée en puissance militaire de ces deux grandes puissances rend le support américain essentiel.
4. La CdS est dans une situation similaire au Japon, mais avec un risque de guerre plus élevé. Et l'aide américaine est essentielle pour avoir une gamme suffisante de capacités.
Dassault aurait pu gagner un contrat, mais la pression américaine a permis d'imposer le F-35. Dans ce cas, oui, la géopolitique était plus importante.
Mais ici, à nouveau le raisonnement est le contraire du vôtre.
La CdS risque réellement un conflit, et elle choisit la géopolitique plutôt que ce qu'elle considérait comme étant le chasseur le plus adapté à ce qu'ils cherchaient...
...
Maintenant, quelques détails:
- vous assignez le Gripen à Saab (correct), mais le F-16 n'est pas de Boeing mais de LM !
- quant à votre commentaire sur le Gripen, il ne correspond plus à la réalité actuelle. Le Gripen de 2011 n'est pas celui de 2020. En 2011 c'était un projet d'avion totalement refait, avec des essais sur une ancienne version.
En gros, c'était comme si un pays évaluait le Super Hornets en essayant le Hornets... Les capacités du Gripen E/F sont à des années lumières des versions C/D. A tel point que le Gripen intéressait bcp l'Inde, entre autre grâce à la qualité de la collaboration proposée qui aurait permis des transferts de technologies sans limite, et aurait permis d'intégrer facilement des éléments indiens (radars, missiles, etc...).
Et je doute personnellement que l'Inde ferme la porte aux importations. Et le Gripen est un avion de taille comparable au Tejas, avec une technologie au niveau des avions les plus avancés, mais à prix plus modeste. Donc idéal pour un pays se concentrant sur le segment des avions légers. D'autant plus qu'un concept de navalisation existe déjà et semble tout à fait réaliste

Écrit par : Fab | 17/05/2020

@FAB : attention quand même à la comparaison entre Gripen C/D et Gripen E/F et Hornet et Super Hornet car les Super Hornet Block I (au moins 135 appareils produits, probablement plus, je n'ai plus le chiffre exact) avaient quasiment les mêmes équipements électroniques que les Hornet C/D, seule la cellule (et donc les capacités d'emport) changeaient. Du coup un Super Hornet Block I a un rayon d'action et une charge utile plus importante, mais les capacités de détection étaient quasiment les mêmes que celles d'un FA-18 C/D...

C'est seulement avec le Super Hornet Block II, qui a été mis en service plus de 5 ans après le premier block que des améliorations significatives sont arrivées (nouveau radar AESA, tableau de bord amélioré, etc.).

Écrit par : chris2002 | 17/05/2020

@ Fab

J'ai pas lu toute votre réponse trop longue. Je pense qu'il faut aussi accorder plus de crédit au factuel plutôt que de se lancer dans des conjonctures incertaines en extrapolant "le peut être parce que". Vous me faites penser à un vendeur de voiture qui rate une vente d'un break mais qui espère que ses clients reviendront parce qu'ils ont une vieille voiture et beaucoup d'enfants. La politique est une chose sérieuse, même en Inde. Les choix ici impliquent un mode décisionnel organisé. Besoin/ choix des militaires qui référent au ministre de la défense qui réfère au gouvernement qui réfère au parlement. On ne bidouille pas un changement de cap aussi facilement. Surtout dans les démocraties lourdes comme celles de l'inde. Bien que le Tejas soit descendu en flamme, et comme nous sommes dans le domaine du subjectif et de l'extrapolation, je vous rappelle la collaboration avec les russes sur le SU-57 qui pourrait bien s'étendre aussi au Tejas.

Écrit par : Jos | 17/05/2020

@Fab
Mea culpa pour LM et le F-16 j'ai tapé trop vite.
Ensuite pour le F-35 il n'y a pas de compensation avec le F-35 comme pour les autres avions, les entreprises des pays partenaires peuvent participer aux appels d'offres (sans assurance d'en rapporter).
Ensuite pour le gripen E les capacités sont encore inconnues, Saab n'a pas été capable de présenter a la Suisse ou a la Finlande l'appareil seulement les prototypes avec la promesse de meilleurs performances sur l'appareil de série. Et pour ce qui est de la navalisation ... Déjà on parle d'un surplus de 1 tonne pour le gripen E, une navalisation représente encore un surpoids pas sûr que le SeaGripen soit réaliste.
Pour les cas des pays asiatiques les USA sont partis prenantes du système de défense de ces pays (Japon et Corée) donc ils font ce que l'oncle Sam leur dit.
israël bénéficie d'une dotation annuelle fourni par les USA pour acheter du matériel américain donc ils sont aussi soumis partiellement aux demandes des états unis.
Quand aux 8 partenaires dont vous parlez (7 maintenant car la Turquie a été exclue) 6 sont des pays occidentaux en paix depuis des décennies et où la défense est une variante d'ajustement dans les budgets...

Écrit par : Emixam | 17/05/2020

Beaucoup oublient que l'inde fait partie du programme PAK-FA sukhoi 57 qui est un chasseur de 5 ème génération. L'avion sera assemblé par HAL ! les indiens n'ont donc plus vraiment besoin du transfert de technologie de Dassault , ni du rafale, ils ont leur avion de supériorité aérienne face au Pakistan !

Écrit par : Claude | 17/05/2020

@Chris,
Ce que j'entends par cette comparaison, c'est que le Gripen E/F n'est pas une "évolution" du Gripen C/D (comme les différents blocks du Rafale le sont, avec une plateforme qui n'a pas bougé), mais il s'agit d'une plateforme nouvelle, tout comme pour le F-18 Super Hornets qui n'est pas qu'une évolution du F-18 C/D.
Quant au Super Hornets par rapport au Hornets, je considère la version qui était l'objectif, et pas le premier block produit.
Comme on le voit aujourd'hui, la plupart des constructeurs et des pays achètent des avions qui ne sont pas au niveau de l'onjectif, et les modernisent par la suite.
Saab ayant eu plus de temps pour fournir ses clients a la chance d'avoir un Gripen E/F très avancé avec peu de modifications à faire sur ses appareils en production en série actuellement.

Écrit par : Fab | 17/05/2020

@Jos,
Donc vous ne lisez pas tout, et vous interprétez tout de travers? Intéressant...
Quand vous dites que la politique est une chose sérieuse, vous me faites rire, parce que vous généralisez l'Europe à des acheteurs ne s'intéressant qu'à la géopolitique et pas la technique. En quoi vous prenez la politique au sérieux en disant ça, et en quoi vous êtes factuel?
Quant à l'Inde, à quel moment ai-je dit que leur processus de sélection n'est pas sérieux?
Quand je dis que la période n'est pas totalement fermée à l'importation, ce n'est pas pour dénigrer l'Inde ou les faire passer pour des incompétents...
L'Inde est un pays extrêmement complexe politiquement, et cela se ressent dans les contrats d'armement, avec des rivalités entre les différents politiciens qui vont chercher à faire capoter un contrat passé par l'administration précédente, ou qui lancent des accusations de corruption, etc...
Je ne dis pas que le contrat du Tejas ne va pas arriver au bout. Mais par contre, les besoins de modernisation sont tels qu'il n'est pas impossible que l'Inde ensuite importe des avions qui font partie de l'appel d'offre actuel.
Et c'est d'autant plus vrai que le projet du Tejas a pris beaucoup de temps avec des résultats mitigés. Il semblerait que le programme aille dans la bonne direction, et le choix de technologies pour le mk2 le mettrait au niveau des avions les plus modernes de génération 4++.
Après, il faut voir si les résultats suivent, ce qui n'est pas garanti.
...
Regardez la flotte de l'armée indienne...
- Su-30 MKI (multirôle relativement récent)
- 69 mig 29 à remplacer
- 49 Mirage 2000, multirôles mais orientés attaque au sol à l'achat, et emportant la bombe nucléaire. Rôle repris par le Rafale
- 139 Jaguar, chasseur bombardier pur
- 125 Mig 21
...
Les Mig 21 seront remplacés par le Tejas à priori avec ce contrat.
Par contre le Tejas n'est absolument pas adapté pour remplacer les Jaguar qui ont un rayon d'action très largement supérieur...
Un F-15, F-18 ou un Rafale semblent bien plus adaptés, à moins que l'Inde ne se dirige pour le Su-34...
Bref, penser qu'il n'y aura plus d'importation, dans la situation actuelle c'est utopique.

Écrit par : Fab | 17/05/2020

@Emixam,
Je n'ai pas dit que le F-35 garantissait des compensations.
Il n'empêche que les partenaires voient leur industrie de la défense mise à contribution en fonction du niveau d'investissement.
Pour l'Italie on parle de 10 milliards de contrat pour l'industrie d'ici à 2039 pour l'avion, et 4 milliards pour les moteurs.
Et certaines pièces ne sont produites que par un fournisseur, même pour les avions américains.
Donc il y a une forme de garantie.
---
Quant au Gripen, il n'a pas été testé en Suisse, mais il l'a été en Finlande cette année.
Le 3e prototype construit à l'identique des avions de série a décollé quelques jours avant les essais qui devaient avoir lieu en Suisse. Si ce prototype avait pu voler plus tôt, avec la plupart des technologies déjà testées sur le Gripen C/D, et un Gripen E/F proche du modèle final, des essais pertinents (permettant de faire une évaluation proche de la réalité) auraient pu avoir lieu.
Et c'est bien pour cela qu'ils ont eu lieu en Finlande. Et je me répète, le 3e prototype, le 39-10 est construit à l'identique des avions de série. Donc ce n'est pas un avion qui ne permet pas une évaluation proche du résultat final.
Et quand vous mentionnez que le Gripen a pris du poids, vous semblez oublier que la plateforme n'est plus la même, et que le Gripen a grandi, et donc ne regarder que le poids n'est pas pertinent, il faut regarder plus dans les détails pour savoir si sa capacité s'est améliorée ou si elle s'est réduite. Et à ça, ajoutez le nouveau moteur plus puissant. Structurellement, c'est comme pour le F-18 Hornets au Super Hornets, ce n'est pas le même avion.
...
Et si Saab a vendu cette capacité de navalisation, ce n'est pas basé sur rien. Saab fait partie des rares constructeurs sérieux aujourd'hui qui ne survendent pas leurs capacités. La R&D faite pour la version navalisée ne sort pas de leur chapeau, mais bien des bureaux d'ingénieur.

Écrit par : Fab | 17/05/2020

@Fab
Ce n'est pas le fait que le gripen ai pris du poids qui pose problème c'est qu'il ai pris 1 tonne de plus que prévu...donc déjà il y a un décalage entre ce qui est annoncé et les performances réelle (15% de masse en plus c'est tout sauf négligeable donc les projections de performance annoncés sont caduques), et une navalisation entraîne encore un surpoids (1 tonne sur le rafale par exemple ou 1,5 tonne sur le F-35). Navaliser un appareil ne s'improvise pas il faut que ça soit prévu des le départ ce n'est pas juste ajouter une crosse renforcée c'est toute la structure de l'appareil qui doit être prévue pour. Mais bon si tout ce que le service marketing d'un constructeur sort est parole d'évangile pour vous aucun soucis d'ailleurs Eurofighter avais aussi un projet parfaitement "crédible" d'eurofighter navalisé.
Et dites moi Saab qui est si sérieux annonce quoi comme date de mise en service du gripen E lors du 1er appel d'offre Suisse ?

Pour ce qui est de la forme de garantie pour les morceaux du F-35, je vous propose de revoir les déclarations du Trump à ce sujet et vous verrez que l'Italie ou le Royaume-Uni commence a avoir peur (je vous aide il a déclaré vouloir pouvoir fabriquer sur le sol américain toutes les pièces du F-35). Et Trump aussi con soit-il est capable de fourrer ses partenaires européens du F-35 si ça peut lui assurer un soutien des travailleurs américain et donc une réélection.

Écrit par : Emixam | 17/05/2020

@ Fab,

C'est inutile de répondre comme vous le faite. Vos messages sont trop long. Il faut savoir synthétiser et aller à l'essentiel. Il est inutile de rassembler à chaque fois toutes vos connaissances dans chaque post. 75 % de ce que vous dites est ce qu'on appelle du balastage déjà archi-connu en plus. Les grand messages font a peine 10 lignes, vous en êtes a presque 30 à 50 !

Écrit par : Claude | 18/05/2020

@jos : « accorder plus de crédit au factuel plutôt que de se lancer dans des conjonctures incertaines en extrapolant "le peut être parce que" » Vous écrivez ça et finissez sur la coopération Russe sur le Tejas. Alors restons dans le factuel.
.
Clairement, il n'y aura pas de coopération Russe sur le Tejas. A la fois car bien du matériel du Tejas est d'origine occidentale, à la fois parce qu'il y a déjà plusieurs coopérations en cours avec des occidentaux, et enfin car la coopération Russe sur le Su57... a connue des hauts et des bas.
.
Par contre, le factuel en Inde, :
* des missions de guerre/interception régulières sur les fronts pakistanais et chinois,
* des Mig21 à bout de souffle, des Mirage2k qui font le boulot, mais qui sont à mi-vie
* des mig29 passablement usés (même modernisés),
* 36 Rafales en commande, 5 livrés
* le Tejas I aux performances techniques décevantes,
* le Tejas I avec beaucoup d'armes prévues mais la plupart en « future développement » notamment sur les missiles Air-Air : ASRAAM, Python, Meteor (seul l'Astra fabrication locale du Matra Super 530D a l'air d'être supporté & testé)
* Le Téjas II avec un premier vol prévu en 2023, et donc pas de production de série avec au moins 2025 (version très très optimiste en regard du passé de HAL)
* Des investissements Indo-français en Inde autour du Rafale en grande partie payés.
* Un nationalisme politique fort

Écrit par : v_atekor | 18/05/2020

@Claude : "Beaucoup oublient que l'inde fait partie du programme PAK-FA sukhoi 57 qui est un chasseur de 5 ème génération. L'avion sera assemblé par HAL !"

=> L'inde s'est retiré du programme FGFA en avri 2108 : https://fr.wikipedia.org/wiki/Soukho%C3%AF/HAL_FGFA La finalisation du PAK FA est donc conduite exclusivement par la Russie.

"les indiens n'ont donc plus vraiment besoin du transfert de technologie de Dassault , ni du rafale, ils ont leur avion de supériorité aérienne face au Pakistan !"

=> Les Sukhoi 30 MKI/57 et Rafale ne sont pas dans la même catégorie. Aussi, les missions qui leur sont attribuées sont bien différentes. Par ailleurs, un avion de supériorité aérienne sert essentiellement... à la supériorité aérienne et rien d'autre !

Écrit par : FredericA | 18/05/2020

@Emixam,
Quelles sont vos sources pour la prise de poids du Gripen? Malgré des recherches, je ne trouve pas cette info...
Quant à la date de mise en service, un peu de bon sens ne vous ferait pas de mal...
La R&D sur le Gripen a été étalée dans le temps (financièrement optimisée) dans la mesure où aucun client n'en avait besoin plus tôt !
Saab n'est pas en retard sur sa phase d'essais pour ses contrats.
Quel industriel s'amuse à respecter des délais sur un contrat qui ne s'est pas fait?
Merci pour l'explication de la navalisation, je pensais qu'un pilote qui parlais à son avion pour lui expliquer qu'il ne devait pas craindre l'eau suffisait...
Vous croyez que Saab n'a pas fait cette évaluation sérieusement?
...
Quant aux propos de Trump, ils n'engagent que Trump.
Le F-35 s'est fait selon des accords contractuels qui ne peuvent pas être effacés d'un revers de main.
Trump fait bcp de déclarations, et c'est d'ailleurs sa politique. Il déclare des choses, il dénonce. Mais derrière il ne sait même pas s'il est possible de faire quoi que ce soit à ce sujet.
Et à aucun moment je ne parle de garantie. Je dis qu'au moment du choix de la participation dans le programme F-35, ce projet était le seul dans lequel ils pouvaient participer au développement et à la production.

Écrit par : Fab | 19/05/2020

En fait, ce qui se profile est l'annulation de l'appel d'offre (nous y sommes), ensuite un Tejas notoirement en retard et aux capacités réduites puis finalement un achat sur étagère en urgence en 2023 pour remplacer les Tejas manquants à l'appel...
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Or le seul qui est présent en Inde qui continue ses investissement locaux est le consortium dassalt/safran avec l'indien Reliance (qui continue également ses investissements). Et bizarrement, 2023, ce sera aussi la fin des livraisons des rafales sur étagère.
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Moralité, ça semble quand même être une grosse manœuvre politique d'éjection en faveur de Reliance (et de soutient à HAL) : des industriels indiens déjà impliqués, où le Rafale se trouverait de facto sans concurrent.
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Je pense qu'on en reparlera ^_^

Écrit par : v_atekor | 19/05/2020

Oui mais quand même en Inde rien n'est simple. Le Chef 'etat-major de l'IAF contredit le responsable du CDS et ne veut pas que le MMRCA2 soit annulé :
IAF chief contradicts CDS Rawat, says plan is to buy 114 foreign fighters besides LCA Tejas
https://theprint.in/defence/iaf-chief-contradicts-cds-rawat-says-plan-is-to-buy-114-foreign-fighters-besides-lca-tejas/424468/
Et donc maintenant politiquement ni le CDS ni l'armée de l'air ne peuvent plus rien faire l'arbitrage appartient à MODI qui a on sens va devoir trancher entre la poursuite du MMRCA2 et le choix de l'achat en G2G d'un chasseur moyen ou lourd.

Écrit par : Herciv | 19/05/2020

Beaucoup de spécialistes émettent des doutes quant aux capacités d'un éventuel Gripen navalisé.
Adapter un jet qui n'était pas conçu dès l'origine pour évoluer sur un PA est réputé très compliqué.
Il s'agit de surcroît d'un exercice très peu fréquent et dont on dispose de peu de données pour nourrir les modèles numériques.

Par le passé la France y est parvenu avec le Fouga Zéphyre, mais il s'agissait d'un avion d'entrainement, qui ne nécessitait donc pas d'une capacité d'emport importante.

En revanche des essais avec un Jaguar ont échoué, alors que sur le papier il constituait un candidat idéal : petit et réputé très solide en particulier au niveau des trains.

Écrit par : François-01 | 19/05/2020

@v_atekor Pleinement d'accord avec vous. Le consortium Rafale a l'air solidement engagé sur ce marché avec une première vente de 36 appareil et d'importants investissements industriels. Avec de surcroît la double perspective de l'armée de l'air et de l'aéronavale.

Pour mémoire, on parle souvent de 2012 comme la genèse de cette compétition, avec l'attribution du marché MMRCA de 110 appareils à Dassault.
Mais avant cela, l'avionneur français avait été éliminé prématurément de la compétition face aux concurrents US, russe, et européens, pour plus tard se voir réhabilité, et finalement vainqueur en 2012.

Écrit par : François-01 | 19/05/2020

Le MMRCA2 ne sera pas annulé par contre les critères de transfert de technologie sont très largement renforcés. L'Inde demande un transfert d'opérations important sur le sol Indien. Dassault ayant déjà anticipé cette demande n'est pas le plus désavantagé.
https://www.defensenews.com/global/asia-pacific/2020/05/21/indian-air-force-restructures-17-billion-fighter-jet-program/

Écrit par : Herciv | 22/05/2020

@Herviv: c'est un peu plus compliqué que celà en réalité. D'une part nous avons politique pour arriver à terme avec une construction nationale qu'est le Tejas. De l'autre, il y a les besoins réels de l'IAF et pour terminer une situation financière du pays qui se dégrade. Cette dernière inflince directement les grands programmes indiens en préparation. De fait, l'Inde va dans un premier temps jouer la carte du Tejas tout en repoussant un nouvel achat d'avions étrangers pourtant indiscutablement necessaire. Pour celà, le pays va user de diverses raisons comme des critères de transfert technoligique plus poussés. Sauf, que pour celà il faut une mise à jour des compétences indiennes en ingénierie. Ce qui n'est pas une évidence. Cette situation peut donc durer quelques années. Mais un jour, il faudra bien revenir à la réalité comme une seconde tranche de Rafale ou se décider sur un avion A ou B...! Là, comme par hasard, les choses vont s'accélérer ,selon les besoins du moment. Tel est le fonctionnement de l'administration indienne.

Écrit par : Pk | 22/05/2020

@pk
Oui votre analyse est plus pertinente que le mienne à cour terme mais je pense quand même que à moyen terme c'est bien dans cette direction que l'Inde va. Dassault est bien évidemment en mesure de réponde plus positivement, mais Thalès et SAFRAN devront également se positionner. Peut-être en rejoignant DRAL ?

Écrit par : Herciv | 22/05/2020

@pk je suis d'accord sur ça, et je pense tous les acteurs en sont conscients, et que les tractations (et les coups bas) vont se maintenir sotto voce : il faudra tendre l'oreille ;)
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Tu parles à raison de la formation des ingénieurs Indiens, et on découvre que Dassault, Safran et la France par la biais de l'école Supaéro ont investi localement dans la formation d'ingénieur aéro en liens étroits avec l'Inde...
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En parallèle, mon petit doigt me dit que le scaf serait vu par certains comme un bon candidat pour lancer l'Inde sur un avion de 5génération neuf qui enterrerait définitivement le Tejas tout en fournissant du make in India et un solide argument de vente pour la France...
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Mais les Russes ont déjà eu deux ou trois soucis de collaboration sur le su57, je ne suis pas certain que tout le monde soit d'accord ; d'autant plus que l'Italie et le RU sont probablement des candidats plus naturels, plus expérimentés... et qui représenteraient un volume de vente équivalent. W&S.

Écrit par : v_atekor | 23/05/2020

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